‹ Ossian en FranceChapitre 60 sur 232 · Journal des Savants, 1762, p · texte numérisé non relu

Journal des Savants, 1762, p

Les cinq petits poèmes de 1762 1 3/

mières publications de ce genre, et l'obligation qui s'impose aux auteurs « de faire connaître successivement les morceaux les plus intéressants qui composent cette collection curieuse ». Plusieurs de ces poèmes sont précédés d'un résumé, traduit ou adapté de celui de Macpherson. Lathmon est accompagné de notes, et le sujet en est rapproché de l'épisode de Nisus et Euryale. Grimm de son côté compare celui à'Oïthona à un morceau fameux du Tasse :

Vous [y] trouvez la situation de Tancrède et de Clorinde expirante, qui vous fait tant de plaisir dans le Tasse. C'est un amusement de bon goût que de comparer deux pinceaux admirables qui ont traité le même sujet*.

Virgile, le Tasse: Ossian commence décidément à prendre rang parmi les poètes souverains, dont l'œuvre est le patrimoine commun de toutes les intelligences cultivées.

Que voyait-on dans ces cinq nouveaux poèmes, courts encore, mais bien plus étendus que ceux que l'on avait pu lire jusque-là ? Nous avons résumé chacun d'eux dans Vlntvodiiction de cet ouvrage. Pour le fond, ce sont des aventures variées, et les poèmes ont dû être choisis par Suard en raison de cette variété même. Des guerriers chevaleresques, qui rivalisent, entre eux et avec l'ennemi, de générosité et de grandeur d'âme ; des ombres qui planent autour du barde et réclament la lamentation funèbre à laquelle les morts ont droit ; une amante éplorée qui, poursuivie par un lâche ravisseur, périt sous l'armure qu'elle avait prise pour seconder ses défenseurs ; une autre qui, également travestie, est percée du coup mortel par celui même qu'elle aime et au secours de qui elle accourait ; une autre enfin qui meurt de joie en revoyant vivant et victorieux le héros qu'elle pleurait : voilà quelles aventures touchantes et terribles, plus touchantes encore que terribles, le Journal ^ves(\\ie. chaque mois raconte à ses lecteurs. L'imprévu, l'extraordinaire y sont de règle, et le romanesque y règne partout. Ces aventures sont aussi mal expliquées que mal définies ; tout y reste vague et conventionnel. Les sentiments ne sont

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