II
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(9) Pour éclaircir ce passage , il est à propos de remettre sous les yeux du lecteur le plan des deux batailles précédentes. Entre les collines de Mora et de Lona s'étendait la plaine de Lena, qui était traversée par le Lubar. La première bataille où Gaul , fils de Morni , commandait , fut livrée sur Jes bords du Lubar. Comme on remporta très-peu d'avantage de part et d'autre, les armées gardèrent à peu près la même position qu'elles avaient avant le combat. A la seconde bataille où Fillan commandait , les Irlandais , après la mort de Foldath , furent chasses de la colline de Lona ; mais Cathmor étant venu à leur secours , ils regagnèrent le terrain qu'ils avaient perdu , et chassèrent à leur tour les Calédoniens , de sorte que le Lubar serpenta une seconde fois au milieu de leur armée.
(10) Borbar-Duthul , père de Cathmor, était frère de Colcuila qui se révolta contre Cormac , roi d'Irlande , comme nous l'avons vu au commencement du qua* trième chant. Borbar-Duthul avait hérité de la haine de ses ancêtres contre la race de Conar. Ce court épisode jète un grand jour sur l'histoire de ces temps recules. Il parait que , lorsque Swaran descendit en Irlande, il n'y eut que les Calédoniens qui habitaient iUlster et le nord de l'île , qui lui résistèrent. Calmar, fils deMatha, dont la mort est rapportée dans le troisième chant de Fin gai, fut le seul des Firbolgs qui se joignit aux Caeis ou Calédoniens d'Irlande. Sans douté on avait apporté à Borbar-Duthul l'arme qui avait fait périr Calmar.
(11) Ossian appelle souvent les bardes d'Erin, de Morven , etc. , les Yoix d'Erin, de Morven, etc.
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(12) Clungalo était femme de Conmor, roi d'Inîshuna , et mère de Sulmalla. Sulmalla suppose que sa mère rentre dans sa demeure et ne la retrouve point. Si l'on en croit les montagnards qui savent par coeur les poe'sies d'Ossian , et à qui elles sont parvenues par tradition , il manque ici une partie de l'original.
SOMMAIRE
Lb poète fait la description du brouillard qui s'élève pendant la nuit du lac de Lego. On croyait que les araes des morts restaient enveloppées dans ces vapeurs , jusqu'à ce que les bardes eussent chanté leur éloge funèbre. Apparition de l'ombre de Fillan sur la caverne où était son corps. Sa voix réveille Fingal sur le rocher de Cormul. Fingal frappe le bouclier de Trenmor, pour avertir ses guerriers qu'il va prendre les armes et combattre en personne. Effets extraordinaires du son de ce bouclier. Sulmalla se réveille en sursaut et court éveiller Cathmor. Elle veut l'engager à demander la paix. Il reste dans la résolution de continuer la guerre; il lui ordonne de se retirer dans la vallée de Lona , où demeurait un vieux druide , et d'y attendre la fin de la bataille, qui devait se livrer le lendemain. Il réveille son armée , en frappant sur son bouclier. Description du bouclier de Cathmor. Le barde Fonar raconte le premier établissement des Firbolgs y en Irlande , sous leur chef Larthon. Le jour parait. Suiraaila se retire dans la vallée de Lona.
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yUAND les portes de l'occident se sont fermées sur le soleil, et cachent le monde à son œil perçant, de sombres vapeurs s'élèvent des eaux duLégo, et des bois qui couvrent ses bords : F épaisse fumée s'étend au loin sur le torrent de Lara : la lune , comme un obsr cur bouclier, nage dans les flots de ces noires exhalaisons. C'est de ces vapeurs que les ombres des morts s'enveloppent quand elles marchent dans l'espace, et qu'elles effraient les mortels par leurs gestes terribles. Souvent elles se mêlent avec les vents de la nuit, et soufflent sur la tombe de quelque guerrier le brouillard où son ame doit rester captive % jusqu'à ce que • les bardes . aient- chanté sa gloire (i). Un bruit soudain part du désert; c'est l'ombre de Conar qui vole sur l'aile des vents, et va souffler sur le corps de Fillan le brouillard qui enveloppait son ombre/ L'ame du jeune guerrier se ■ penche tristement du sein de son épaisse vapeur; les tourbillons l'emportent quelquefois; nuu's l'aimable fantôme revient sans cesse y il revient les yeux
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baissés, et sa chevelure aérienne flotte sur les vents.
Les ténèbres régnaient sur la plaine (2) : les armées tranquilles dormaient sous les voiles de la nuit ; la flamme s* éteignait sur le rocher où Fingal appuyé sur son bouclier reposait à Fécart. Ses yeux étaient à demi-fermés par le sommeil. La voix de Fillan vint frapper l'oreille du roi. « H dort, l'époux de Clatho, le père du guerrier qui n'est plus! Tranquille et solitaire dans les ombres dé la nuit, tu m'oublies donc, ô mon père, au milieu de tes songes »!
« Pourquoi viens-tu troubler mon som-*meil, dit Fingal en se levant? Puis-je t' oublier, ô mon fils? Puis-je oublier ta course glorieuse dans le champ de bataille? Non, leà actions des braves ne s'effacent point dé l'âme de Fingal, comme l'éclair qui brille et n'est plus; je me souviens de toi, ô Filten! et je sens ma fureur s'enflammer ».
À ces mots Fingal saisit sa lance homicide:
ans les ténèbres il frappe son bouclier, funeste signal du combat (3). De tous côtés les ombres épouvantées fuient dans les airs. Leurs formes fantastiques roulent Tune sur l'autre au milieu des vents. Trois fois du fond des vallons s'élèvent les voix de la mort (4);
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les harpes des bardes roulent d'elles-mêmes un son lugubre et plaintif.
Fingal frappe une seconde fois son bouclier : l'image des combats se mêle aux songes de ses guerriers : ils croient voir rouler les flots sanglans de la bataille; les rois armés d'un bouclier bleu voler au combat; l'ennemi fuir en regardant derrière lui ; l'éclat éblouissant de l'acier leur dérober la moitié des exploits des héros.
Mais quand le troisième son du bouclier de Morven frappa les airs , les chevreuils réveillés en sursaut tremblèrent dans le creux de leurs rochers : les oiseaux effrayés poussèrent des cris aigus et s'envolèrent au loin. Les enfans de Morven portent la main à leur lance : ils ont reconnu le bouclier de leur roi : mais bientôt le sommeil revient sur leurs yeux ; le calme et les ténèbres régnent dans la plaine.
Le sommeil n'avait point enchaîné tes sens, aimable fille de Conmor. Sulmalla entend le bruit du bouclier et se lève au milieu de la nuit; elle marche vers Cathmor, et veut l'avertir du danger; mais le danger peutr il émouvoir lame intrépide de Cathmor? Elle s'arrête les yeux baissés : le ciel brille de tous les feux de la nuit.
Le bouclier retentit de nouveau; Sulmalla
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court; elle s'arrête ; elle veut parler ; sa voix expire ; elle voit Cathmor qui se reposait sous ses armes rayonnantes. La crainte ne lui permet pas d'avancer : elle se retire. « Pourquoi réveilles-tu le chef d'Atha, se dit-elle en s'éloignant? Fille d'Inishuna, tu nés point l'objet de ses songes »!
Mais le son du bouclier devient plus terrible. Sulmalla tressaille ; son casque tombe et roule : l'acier fait retentir au loin les échos du rocher de Lubar. Cathmor s'arrachant avec peine aux songes de la nuit, se lève à moitié sous son chêne. Il aperçoit Sulmalla sur le rocher. Une étoile rougeâtre étincelait dans ses cheveux épars.
« Qui s'approche ainsi de Cathmor au milieu de ses songes? dit le chef d'Atha: Vienstu me parler de la guerre? Qui es-tu, enfant de la nuit? Es-tu l'ombre d'un héros des siècles passés, ou une voix qui sort du sein d un nuage pour m'avertir du danger d'Erin? — Je ne suis point un fantôme errant dans les ténèbres , une voix sortie du sein d'un nuage; mais je viens t' avertir du danger d'Erin. Entends-tu ce bruit terrible? Il n'est pas faible, roi d'Atha, celui qui trouble la nuit de ces sons formidables! — Que l'ennemi fasse retentir à son gré le signal des combats ; les
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sons harmonieux de la harpe sont moins doux à l'oreille de. Cathmor. Ma joie est grande , enfant de la nuit : elle embrase mon ame toute entière. Telle est la musique qui plaît à l'oreille des rois, quand l'image des combats enflamme leurs cœurs intrépides.
Le faible reste dans son obscure vallée , où les vapeurs du matin étendent leur voile épais sur les fleuves tranquilles. — Chef des braves , les héros de ma race n'étaient point de faibles guerriers : on les a vu soutenir aussi de longues guerres dans les pays étrangers, Mais le signal de la mort ne plaît point à mon ame. Il s'avance, celui qui ne céda jamais : réveille le barde de la paix (5) ».
Semblable au rocher dégouttant des eaux qui tombent de sa cime, Cathmor se lève tout en pleurs. La voix de Sulmalla, plus agréable pour lui que le doux murmure du zéphir, réveille dans son ame attendrie le souvenir dlnishuna : Inishuna , pays heureux qu'habitait Sulmalla, avant qu'il vînt au secours de Conmor.
« Aimable étrangère, lui dit-il, (à ces mots , Sulm^la tremblante détourne son visage) depuis long-temps j'ai reconnu sous son armure le jeune rejeton dlnishuna. Mais, jne §uis-je dit alors, la tempête de la guerre rien*
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vironne : pourquoi mon ame s' occuperait-elle de cette belle , avant que je retourne avec la pai$ dans le palais de son père? M as-tu vu pâlir t quand tu m as averti de craindre Fingal ? L'instant du danger est l'instant le plue doux pour mon ame. C'est alors que mon courage s'éveille et m'entraîne au milieu des enne* mis. Sous le rocher de Clona, habite Clonmal, le roi des harpes (6). L'âge a blanchi ses cheveux. Une onde pure serpente auprès de sa demeure. Au-dessus de sa tête, on voit s'élever une forêt de chênes et bondir le chevreuil léger. Le bruit de nos armes frappe ses oreilles, tandis que sa pensée sonde les abîmes de l'avenir. C'est là , belle Sulmalla , qu'il faut te reposer et attendre la fin du combat. Reste auprès de ce vieillard, ô ma bienaimée, jusqu'à ce qu'au milieu des vapeurs, dont le matin couronne le sommet du Lona , tu voies ton amant revenir triomphant ».
Un rayon de joie luit au fond du cœur de Sulmalla. Les paroles de Cathmor y raniment l'espoir. Elle tourne vers lui son beau visage: <* ô Cathmor, on arrêterait plutôt le vol de l'aigle dans les airs, quand il voit errer sa proie dans la plaine, qu'on ne détournerait les pas du sentier de la gloire. Puissé-je te voir bientôt sortir des vapeurs du matin,
CHANT SEPTIEME. l3§
quand elles rouleront autour de moi sur les ruisseaux du Lona ! Mais tandis que tu seras loin de moi, frappe, ô mon héros, frappe sur ton bouclier. Je l'entendrai , appuyée contre le rocher : je l'entendrai , et la joie rentrera dans mon ame abattue. Mais si tu
périssais dans le combat Cathmor je suis
dans la terre des étrangers. Ah! parle du moins du sein de ton nuage , parle à l'infortunée Sulmalla. — Jeune rejeton de Lumon, pourquoi la tempête de la guerre te fait-elle trembler? Cathmor n'est-il pas revenu souvent du combat? Les traits de la mort sont pour moi comme la grêle impuissante : je les ai vus cent fois bondir sur mon impénétrable bouclier. Cent fois je suis sorti de la mêlée, comme un brillant météore du sein d'un nuage. Va, Sulmalla, ne quitte point ta retraite quand tu entendras le rugissement de la bataille, de peur que l'ennemi n'échappe à mon épée, comme il échappa jadis à l'un de mes ancêtres ».
« [ Sonmor (7) apprit que Clunar avait été tué par Cormac : pendant trois jours il pleura, la perte de son frère. A son silence farouche, son épouse prévit qu'il marcherait bientôt au combat. Elle prépara secrètement un arc pour suivre son héros. Sulallin pleura dans
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Atha, quand son époux partit pour la guerre. Les enfans d'Àlnecma quittent pendant la nuit les bords de leurs fleuves , et se répandent dans la campagne. Sulallin les suivit de loin. Elle brillait sur le sommet des collines, quand ils traversaient les vallées profondes: ses pas majestueux foulaient le gazon des vallées , quand ils étaient sur les vertes collines. Sulallin tremblait d'approcher de Tépoux qui l'avait laissée dans Atha : mais quand le rugissement de la bataille s éleva dans les airs, quand les armées se heurtèrent , elle accourut les cheveux épars : son cpoux suspendit le carnage pour sauver cette belle, l'amour des héros. L'ennemi s'enfuit pendant la nuit, et Clunar dormit privé du sang qui devait arroser sa tombe. Le courroux de Sonmor ne s'alluma point contre sa bien-aimée ; mais le chagrin empoisonna ses jours. Sulallin errait au bord de ses torrens, les yeux baignés de larmes. Souvent elle regardait son héros, quand il était absorbé dans ses sombres pensées; mais elle évitait ses regards et se retirait loin de sa présence. Bientôt la guerre revint et dissipa la tristesse de Sonmor. Il revit avec joie Sulallin dans son palais : il revit avec plaisir sa main blanche voltiger sur la harpe ] ».
CHANT SEPTIÈME. xl±\
Cathmor prend ses armes, et marche vers l'endroit où son bouclier était suspendu à un arbre au-dessus des ondes du Lubar. Sept bosses s'élèvent sur ce bouclier. Ce sont \e» sept voix du roi , que les vents apportent à ses chefs, et les chefs distribuent ses ordre* à ses tribus.
(8) Sur chaque bosse est gravée une étoile de la nuit. On y voit Caumathon avec ses longs rayons, Colderna sortant d'un nuage, Uloïcho enveloppée dans le brouillard, et les doux rayons de Gathlin qui brillent sur un rocher. On aperçoit, comme dans le lointain, Reldurath dont la lumière tremble dans les ondes de l'occident. L'étoile rougeâtre de Berthin semble regarder au travers d'un bois épais le chasseur qui revient à pas lenta chargé de la dépouille des chevreuils. Au milieu brille pure et sans nuages la lumièrè de iThontena qui éclaira sur les flots agités la course deLarthon; Larthon, le premier de la race de Bolga, qui osa voyager sur l'abîme à laide des vents. Ses voiles enflées le conduisaient vers Inisfail : tout à coup il fut en-^ veloppé des ténèbres de la nuit. Le vent changeait à chaque instant dans les airs, et roulait son vaisseau de vague en vague. Alors Thontena se leva et sourit au héros au travers
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des nuées. Larthon se réjouit à la vue de lastre bienfaisant qui le guidait en éclairant faiblement de ses rayons les ondes tumultueuses (9).
Cathmor fait résonher sur son bouclier la voix qui réveille les bardes : ils arrivent de toutes parts en touchant leurs harpes. Le roi se réjouit à leur vue, comme le voyageur brûlé par le soleil, quand il entend le murmure lointain d'un ruisseau qui tombe du rocher dans la plaine.
«Pourquoi, ditFonar, avons-nous entendu la voix du roi dans les heures de son repos ? Les sombres fantômes de tes pères viennentils troubler tes songes? Peut-être sont-ils sur ce nuage, et attendent-ils les chants de Fonar. Souvent ils descendent dans les plaines où leurs enfans doivent combattre. Ou bien veux-tu que nos voix chantent le guerrier qui ne lève plus la lance, Foldath, ce feu dévorant dans le champ de bataille? »
Chantre des temps passés, répondit Cathmor, je n'ai point oublié çe brav* guerrier. Sa tombe, monument éternel de s* gloire, s'élèvera au-dessus des autres daw la plaine; mais en ce moment, reporte ame aux siècles de mes pères, à ces tempsoù ils voyar gèrent pour la première fpis sur les mers
CHANT SEPTIÈME. ifi
cTInishuna. Ce nest pas à Cathmor seul que plaît le wsouvenir de Lumon , séjour heureux des belles au sein d'albâtre ».
« O colline de Lumon, que chanta Fonar, Lumon que mille torrens écumeux arrosent, ton souvenir plaît à Tame de Fonar (10). Le soleil dore tes flancs, et éclaire la verdure des arbres qui s'inclinent sur tes rochers. On voit bondir le chevreuil au milieu de tes genets touffus. Le cerf y lève sa tête bran* chue, quand il aperçoit le limier à demi* , caché dans la bruyère. Les jeunes filles marchent à pas lents dans la vallée. Leurs mains délicates tiennent des arcs peSans. Elles lèvent leurs beaux yeux sur la colline , elles n'y voient plus Larthon, le chef d'Inishuna. Il fendait les flots de l'Océan, porté sur le çhéne qu'il avait coupé dans les forêts de Lumon et creusé de ses mains pour s'élancer sur l'abîme : les jeunes filles détournent la vue , de peur d'être témoins de la mort du roi : jamais elles n'avaient vu de vaisseau monter sur les vagues. -
« Déjà Larthon a osé appeler les vents et l'enfoncer dans les brouillards de F Océan. Déjà la terre dlnisfaii a'i&Ve à sa vue au milieu d'une fumée bleuâtre : tout à coup 1* suit descend sur le» flots ; les fils de Bolga
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tremblent; mais l'étoile de Tonthena se lève, et la baie de Culbin reçoit le vaisseau dans le sein de ses forêts. Là, jaillit une onde vive de l'horrible caverne de Duthuma, et l'on voit souvent errer à l'entour les ombres in* formes des morts. Les songes descendirent sur Larthon : sept esprits de ses aïeux lui apparurent, il entendit leurs paroles à demiformées ; il vit confusément dans l'avenir les rois d' Atha , conduisant leurs armées au combat, comme les vents d'automne rassemblent les vapeurs du matin sur les forêts d'Alnecma».
Larthon fit élever au son des harpes le palais , de Samla (i i). Il poursuivit les chevreuils d'Erin: sur les bords de leurs tôrrens, mais il n'oublia point Lumon. Il bondit souvent sur les flots vers la colline où était la belle Flathal (12). O Lumon , que mille torrens écumeux arrosent, ton souvenir ptait à l'ame de Fonar. r; .r *> t
Le jour s'éveille à l'orient : les> montagne» lèvent leurs têtes couronnées de brouillard. JLes vallées commencent àimdntrer le cours tortueux de leurs ruisseau*. Le bouclier de Cathmor se fait entendre à son armée; Tous ses guerriers se lèvent à la fois* SeïnWables aux ondes amoncelées de la mer* quand elle
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commence à sentir les ailes des Tents ; les vagues roulent en désordre, et lèvent toutes à la fois leurs têtes blanchissantes.
La triste Sulmalla se retire à pas lents vers la colline deLona, et se retourne souvent en arrière : mais quand elle est parvenue à la colline, ses yeux se remplissent de larmes: elle jète encore un regard sur Cathmor, et disparaît derrière le rocher»
Fils d'Alpin, pince tes cordes harmonieuses. S'il est dans les sons de ta harpe quelque douceur consolante , verse-la dans l ame d'Ossiart : elle est enveloppée de ténèbres. Je t'entends, 6 barde, dans la nuit qui couvre mes yeux. Mais interromps tes sons légers» Il n'est plus pour Ossian, dans ses dernières années, d'autre plaisir que celui de s'abîmer dans sa douleur.
Epine fleurie de la colline des fantômes, dont la tête est souvent agitée par les vents de la nuit, je n'entends aucun bruit dans tes rameaux» N est-il point dans les airs quelque ombre dont la robe en passant fasse frémir ton feuillage ? Souvent on voit les amcs des morts voyager dans les tourbillons des vents, quand la lune part de l'orient et rouie dans les cieux.
Ullin, Carril, Ryno, bardes des temps