FIN DU POËME DE LÀ MORT D'OSCAR ET DE DERMID
SUJET
IiATiraoir , après avoir été yaincii par Fîn«al , comme on l'a va dans un des poèmes précédens, se retira dans son pays. Gaul l'y accompagna. Nuath, père de Lathmon, re^ut magnifiquement le héros calédonien , qui ne put voir Oithona , sa iillc , sans l'aimer. Oithona répondit à l'amour de Gaul , et l'on avait fixé le jour où l'on devait les unir, quand Fingal envoya ordre à Gaul de se rendre à Morven , pour l'accompagner dans une expédition qu'il projetait contre les Bretons. Le fils de Morni obéit ; mais , en partant , il promit a Oithona que , s'il survivait à cette entreprise , il reviendrait sur-le-champ , et il fixa même le jour de son retour. D'un autre côté , Lathmon fut aussi obligé de suivre Nuath à la guerre , et Oithona resta seule à Dunlathmon, séjour ordinaire de sa famille. Elle avait autrefois dédaigné l'amour de Duromat, souverain de l'île d'Uthal , qu'on croit être une des Orcades. Cet amant méprisé profita de l'absence des héros qui pouvaient défendre Oithona , l'enleva , la conduisit dans une île déserte nommée Tromathon , et la cacha dans une caverne. Le poeme commence au moment •ù Gaul revient» DuulaUimon, et n'y trouve plus sa maîtresse..
POÈME
L'obscurité règne dans le palais desert de Dunlathmon : il n est éclairé que parles faibles rayons de la lune qui ne montre que la moitié de son globe sur sa colline. La fille de la nuit semble détourner ses regards, et prévoir la tristesse qui va régner dans ces murs.
Le fils de Morni est dans la plaine ; mais quel silence dans le palais de son amante ! Nul rayon de lumière qui perce l'épaisseur des ténèbres. La voix d'Oithona n'est point entendue au milieu du bruit des torrens.
« Où donc es-tu, belle Oithona? Lathmon, ton frère, est dans le champ de la gloire; mais toi, tu m'avais promis de demeurer dans ton palais , tu m'avais promis d'y attendre le retour du fils de Morni : j'avais vu à mon départ tes belles joues se mouiller de larmes, et ton sein se gonfler de soupirs? Pourquoi ne viens -tu pas audevant de ton amant, en accompagnant tes. chants de joie des sons de ta harpe » ?
Telles étaient les plaintes de Gaul en approchant des tours de Dunlathmon. Les portes étaient ouvertes ; aucune clarté dans
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le palais : les vents impétueux mugissaient dans les salles : les arbres avaient jonché le seuil de leurs feuilles , et Ton n'entendait au dehors que le murmure de la nuit.
Triste et rêveur, le fils de Morni s'assied sur un rocher. Son ame frisonne dans Fincertitude du sort de son amante; il ne sait dé quel côté tourner ses pas. Morlo , qui l'a-r vait accompagné, s était arrêté à quelque distance : il vit la douleur profonde de son ami, et il n'osait lui parler.
Le sommeil descend sur les deux héros, et avec lui les visions de la nuit. Oithona apparaît au fils de Morni. Sa noire chevelure flottait en désordre, ses yeux charmans roulaient dans les pleurs, le sang coulait sur son bras de neige, sa robe cachait à demi la plaie de son beau sein : Il dort, le fils de Morni, lui que mes yeux contemplaient avec tant d'amour ! Gaul repose sur ce rocher, loin de son amante abîmée dans le désespoir ! Une mer vaste environne l'île de Tromathon : là, je suis assise dans les pleurs au fond d'une sombre caverne, et je n'y suis pas seule, ô Morni : l'affreux Duromath y est avec moi. Il est avec toutes les fureurs de l'amour : que peut faire la malheureuse Oithona »?
Une bouffée de vent ébranle plus violem-