‹ Ossian, fils de Fingal, barde du 3e siècle; poésies galliquesChapitre 17 sur 64 · O I THON A · texte numérisé non relu

O I THON A

ment la cime des chênes, et la vision s'évanouit. Gaul s éveille, saisit sa lance, et se lève furieux : il tourne sans cesse ses yeux vers l'orient, et maudit la lenteur du jour. Enfin l'aurore paraît : il déploie ses voiles : les vents soufflent, et son vaisseau bondit sur l'abîme. Le troisième jour l'île de Tromathon sort à ses yeux du sein de l'Océan : elle semble un bouclier bleuâtre au milieu des eaux, et la vague blanchissante mugit contre ses rochers. La triste Oithona était assise sur le rivage , les yeux attachés sur les flots et baignés de larmes. ^ Quand elle aperçut Gaul couvert de ses armes éclatantes , elle tressaillit d'horreur, et détourna la vue. Elle penche son visage vers la terre ; la honte rougit ses belles joues ; ses bras tremblans pendent à ses côtés. Trois fois elle veut fuir, et trois fois ses genoux chancelans se dérobent sous elle.

« Oithona, lui cria Gaul, pourquoi veuxtu me fuir? La mort est-elle dans mes yeux, ou la haine dans mon cœur ? Tu es un rayon de l'aurore qui vient m'éclairer dans une terre inconnue : mais quoi ! la tristesse obscurcit ton front ! Ton ennemi est-il près de toi ? Mon ame brûle de le rencontrer ; mon épée s'agite à mon côté, impatiente de briller dans ma main. Parle , fille de Nuath ,

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