‹ Ossian, fils de Fingal, barde du 3e siècle; poésies galliquesChapitre 25 sur 64 · TROISIÈME BARDE · texte numérisé non relu

TROISIÈME BARDE

Le vent continue de mugir dans le creux des montagnes, et de siffler dans le gazon des rochers. Les sapins tombent déracinés : la cabane de chaume est emportée : les nuages volent partagés au travers des cieux , et lais* sent voir par intervalles les étoiles qui étincellent. Le météore, présage de la mort, voltige et brille dans l'épaisseur des ombres ; il s'arrête au haut de la colline je vois à sa clarté la fougère desséchée , le noir sommet du rocher, le chêne renversé! Quel est celui que je vois près du torrent, enveloppé de ses vêtemens funèbres? Les vagues se poussent à flots pressés sur le lac , et battent les ro-* chers de ses bords. Une barque est sur le côté , les rames se balancent sur les flots : -4me jeune bergère est assise près du rocher? et regarde tristement couler le torrent. Son amant lui a promis de venir à la fin du jour j elle a vu sa barque sur le lac. Ahlsi c'était celle qu'elle voit brisée sur le rivage ! Sont-ce

„ du MOiâ d'octobre. 237

les gémissemens de son amant qu elle entend; dans le sifflement des vents ? , Ecoutez comme la grêle tombe ; des flo-» cons de neige descendent en silence des

nues 2 la cime des monts blanchit* les vents se taisent, la nuit est inconstante et froide ! O mes amis , sauvez-moi de la nuit.

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