‹ Ossian, fils de Fingal, barde du 3e siècle; poésies galliquesChapitre 24 sur 64 · SECOND BARDE · texte numérisé non relu

SECOND BARDE

Le vent s'est élevé, la pluie descend, l'esprit de la montagne crie, les arbres se choquent et tombent avec fracas , les portes battent contre les cabanes. L'ouragan chasse de la colline le cheval, la chèvre et la génisse mugissante ; battus de la pluie ils tremblent auprès du bord qui s'écroule. Le torrent se gonfle, et roule à grand bruit son onde écumante. Le voyageur sonde le gué : entendezvous ce cri ? Il meurt. Le chasseur se réveille brusquement dans sa hutte solitaire, il rallume les dernières étincelles de son foyer. Ses dogues humides et fumans se rangent au~ to.ur de lui. H presse la bruyère dans les crévasses de sa cabane : près de la porte , deux torrens qui descendent de la montagne» se choquent £t se mêlent en mugissant. Le berger égaré, .-s'assied, triste et rêveur, sur le penchant de la coUinè ; il attend que la lone se lève pour le guider vers sa chaumière.

Les fantômes montent sur l'orage : on croit entendre les sons de leurs voix faibles, dans les intervalles que laissent les bouffées de Vent ; leurs chants sont de l'autre monde. La pluie a cessé : un vent sec souffle : les torrens grondent : des gouttes froides tombent du

toit. Je vois le ciel semé d'étoiles ; mais la pluie s amoncelle de nouveau : le couchant est chargé d'épais nuages. La nuit est orageuse, épouvantable. Mes amis, sauvez-moi de la nuit.

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