L'INCENDIE DE TURA
POËME
Oui s avance , en gémissant dans les ténèbres ? — Es-tu l'ombre d'un héros qui n'a pas eu sa portion de gloire ? Es-tu encore forcée d'errer sur les vapeurs qui s'élèvent des marécages , et viens-tu déposer ta plainte dans l'oreille d'Ossian ? Eh bien ! enfant des ténèbres , continue de gémir. Mon oreille , enveloppée de ma chevelure blanchie , se penche afin d'écouter ton histoire. Gémis , ombre nocturne , si tu veux que le barde soit instruit de ton nom.
Le son approche ; il vient, pareil au murmure du ruisseau qui descend entre les arbres, de la cime des rochers , et dont le bruit parvient au chasseur, dans les intervalles où, parmi des nuages d'écume , il sort pour quelques momens de son lit ténébreux. « Lora , dit le chasseur en écoutant du fond de sa chaumière , on entend avec plaisir le bruit de ton onde ; j'aime ton murmure au sein de la vallée pierreuse : je l'aime , quoique souvent il annonce l'orage ».
.Oui, chasseur, on entend avec plaisir le
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murmure du Lora dans le calme du soir; mais le son qui parvient à l'oreille d'Ossian, a mille fois plus de charmes. Il est doux, comme la voix des bardes qui ne sont plus. Il est doux et triste, comme le chant de Malvii\a., lorsqu'elle aperçoit l'ombre d'Oscar. * La soirée est calme , et le vent balance à peine le duvet du chardon solitaire. Elle vient : c'est elle, c'est l'amante de mon Oscar. Tourterelle délaissée , elle vient , pa7 reille à la lune éclairant les montagnes désertes, lorsqu'elle s'avance lentement parmi les nuages, et qu'à travers un léger brouillard, elle se montre couverte de pâleur; elle vient , cette belle lumière , pleurer la mort de ses compagnes. Leur séjour est sombre, leurs traces sqnt perdues, comme les vestiges des étoiles qui sont tombées du palais d'azur qu elles occupaient dans le ciel. Oui, Malyina, leur séjour est sombre ; et tes pas , conduits par la douleur sûr ces collines couronnées de bruyère , n'y trouvent que solitude. Fille deToscar, donne -moi ma harpe. Que tes chants embrasent lame du barde. Fais -lui secouer le sommeil de la vieillesse. La nuit du vieil âge est obscure et fâcheuse. Elle est obscure, Malvina ; mais ton ch^nt est un rayon de lumière. Le son de ta voix est doux comme