‹ Ossian poésies galliques en vers françaisChapitre 13 sur 38 · DU FANTOME DE LODA · texte numérisé non relu

DU FANTOME DE LODA

TJ À n D reviendra ma brillante jeunesse ?

Resplendissant sous mes armes d’airain, Qnand irai-je aux combats déployer mon adresse. Et de tous scs forfaits pnnir un souverain?

O Setma! revois'tes riantes collines;

Fingal s’offre à mes yeux entouré des héros Qui reviennent vainqueurs deS nations voisines. Mon pere est an milieu des Bardes mes rivaux:

Hs chantent ses exploits, sa donce bienfaisance, La force de 'son bras craint même par les morts ; Et le roi de Morven^ appuyé sur sa lance.

Ecoute en souriant leurs beUiqueux accords.

Quels regards il lançoit aux jours de sa colere! Que ses yeux étoientdoux an sortir des combats T Mais, hélas! il n’est pins, ce guerrier tutélaire ; L’ceil ne peut retrouver l’empreinte de ses pas r Snr sa tombe, qne voile une mousse ondoyante.

P O este s D’OS SI A N. 8i

Le chevreuil du désert paît l'herbe verdoyante. Souvent pour la toucher dé mes tremblantes mains J’y traîne ma douleur et mes pas incertains.

Approche, Malvina; d’une douce lumière'

Les phosphores du soir rempUssent mes forêts. Asseyons-nous tous deux sur la pâle bcnyere; •'

Par des hymnes tous deux endormons nos regrets. Apporte de Selma la harpe secourable ;

Unis ta voix légère à mes tristes accents ; . '

Le Barde va chanter un combat mémorable..,. ,

Vois ce qu’étoit F ingai à la fleur de ses ans.

L'ombre voiloit et les monts et les plaines ; Tout reposoit dans les camps ennemis;

Les casques d’or des guerriers endormis,. , Etinceloient au feu mourant des chênes.

Mon pere seul, consumé de chagrin, . .

Au doux sommeil se déroboit eucore,

Et promenoit sonrregard incertain Sur les débris du palais A' Inistare* . ' -

Déjà Cut/t/m sur un lit de frimas . ■ ‘ S’étoit assis, et sourioit au monde.

Dans les détours de la forêt profonde ' ■ A sa lueur Fihgal porte ses pas : ‘

Soudain les vents se heurtent et mugissent;

P O Ë s I E'tr

Du firmament les clartés s’obscnrcissent «

Et, da milieu d’un nuage entr’onvert,

. Fond à grand bruit un fantôme homicide,’'

De feux, de sang, et de tetrenr couvert : '

Un glaive ardent armé sa main livide f L’éclair jaillit de ses yeux irrités;

• La mort s’éténd sur son visage pâle)

Et les accents de sa voix sépulcrale^

Grondent an loin par l’écho répétés.

sourit à cette horrible vue;

Et, s’avançant vers lé spectre jaloux i « Fils de la Nuit, retourne dans ta nue, a Et sur tes vents échappe s mon courroux;

' a Pourquoi t’offrir sous ta forme hideuse?

a Te flattois-tn d’intimider mon cœur? \ a Que peut dis -moi, ta lance nébuleuse,

,t Ton arc de neige, et ton glaive imposteur? a. Jouet des vents tu roules dans l’espace, a Et tu croirois m’inspirer quelque effroi.^, a Fantôme vain, fuis, et dérobe-toi a Au châtiment dont mon bras te menace.

— - a’ Ignores-tu qu’en ces bois révérés ’ a Un peuple entier se prosterne et m’implore ? a Dois-je quitter l’enceinte on l’on m’adore, a Où tout fléchit^sons mes ordres sacrés ?

a mes accents les tempêtes rugissent ;

iro S;^S I A N, 8Ï

« Mon soofSe exhale et la ^erre et la mon ; a Des nations mes mains teglent le son, a Et devant moi leurs rois s’évanônissent ;

« Tandis qn’assis snr mon trdne d’aznr,

U Enseveli dans une paix profonde ,

« J’entends gronder les orages du monde '

« Flottant sons moi comme un broùiUavd obscur.

M Repose donq sur ton trône mobile,

« Et laisse-moi ponrsnivre mes desseins.

« Fingal jimaia troubla-t-il ton asyle?

« Ya, contre ldi tes efforts seront vains.

« De l’ennemi les tribus menaçantes « En le voyant frémissent de respect : a Fingal connoit tes armes impuissantes ;

« Epargnerlui l’borreur de ton aspect.

— « Roi de ikfowTi, regagne fa patrie « J’appaiserai les vents impétueux:

« Embarque-tôi ; des dots tumultueux - '

« Mon bras puissant calmera la furie. r

« Ton adversaire est le roi de Sora :

« Depuis long- temps je veille sur sa gloire;

•< En ce moment il assiégé Lora^

« Et mon secours lui promet la victoire, a Fuis donc, on crains ma trop juste furenr. « L’Ombre, à ces mots, penchant sa tête informe, Contre Fingal pousse une lance énorme : .

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