‹ Ossian poésies galliques en vers françaisChapitre 16 sur 38 · C0KAL.A · texte numérisé non relu

C0KAL.A

Que par-tont la mort t’environne, - Transfuge de nos étendarts,

Qni, du trouble on je m’abandonne.

Repais tes avides regards !

Qu’nne amante désespérée,

Témoin de ton juste trépas.

D.’O S SI A N

Sar ta tombe déshonorée Pleore et meurtrisse ses appas.

Barbare , ton récit coupable Comble l’horreur de mon destin :

Sans toi le malheur qui m’accable Pourroit être encore incertain ;

Un arbre, un rocher, un nnage, Anroicnt pu séduire mes yeux.

Et m’ofTrir la trompeuse image ^ De mon héros victorieux.

B O s UIIT A.

Qnel drapeau ^ns l’air se déploie ?

Quel bruit entends-je sur Atvenf Comala-, renais à la joie,

Voici les braves de Morven.

Dépositaires de la gloire.

Bardes, commencez vos concerts; Et que les chants de la victoire ■ Retentissent dans' ces déserts.

O Cqma/a, fille charmante, - ‘ ’

Viens applaudir à mes exploits^

Sors de tes rochers, mon amante, Que j’entende ta douce voix.

C O M i. L A , ( croyant parler à VOmbre de Fingal. )

Enipofte-iBoi dans tes nnages,

Ombre si chere à mon amour.

Fih GA't.

Fingal des vents et des orages lï'babite pas le noir séjonr;

11 a revu l’objet qn’il aime, n le presse contre son cœur .....

Comala^ reviens à toi-même,

Et souris à Fingal vainqueur.

C o M AI. A.

C’est mon héros. . . . ma main tremblante Touche son invincible main ;

Voilà ses traits, .son front serein,

Et sa chevelure flottante An souffle des vents du matin.

Mais quoi! . . . mes forces s’affoiblissent .... Je cede à l’excès du bonheur ;

,Et dqa mes yeux s’obscurcissent Chargés d’une noire vapeur.

HlDAXIiAir.

Elle e^ire .... O douleur tardive !

Û ’O .S^ S I A . V i Pourqnoâ d’ane amante craintive Ai-je éveillé le^déBéapoiT ^I- ' •

Mes yenx ne pourront pl^s là voir Foroer la bû5he fugitive: v ’f ' • '

Et nul dans le calme, du soir »...

N’écoutéra sa voue plaintive. 'Ci k, '

Fi WG an. ^

Jeune homme aux farouches regards , (i)

Eloigne-toi, fuis ma présence

Abandonne mes étendards, ' “ '

Et dans la honte du silence "L

Ta languir parmi les vieOlarda. ,

Vous, Bardes, chantez cette belles •

Chantez au bord dé ce torrent ; ^

Et qu’tme plainte solemnelle ‘ '

Console ce, fantôme errant.

■ Comala repose sans vie ;

Ses yeux sont éteints pour jamais ;

Le trépas, d’une ombre ennemie , Enveloppe ses doux attraits.

Quand rouvriras-tu ta pattpiere,

O la plus belle des beautés ?

Quand viendras-tu sur la bruyere

POESIES D’OS SI A N

Presser les daims épouvantés ?

' Aussitôt que la nuit obscure Aura bruni,razur.des deux, - OhlTreviens enchanter nos yeux.

Laissant flotter à l’aventure Les plis du voile nébuleux ' Qui va te servir de parure.

NOTE

(i) Les rois n’infligeoient à lenrs sujets aucune peine capitale. Fingal^ désespéré delà mort de Ca- TTtala victime d’un faux rapport , se contente' de bannir Hidallan.TiK tous les affronts c’étoit le plus sensible pour un guerrier: pen y survivoient; plnsienrs se donnoient la mort^ ou la demandoient à leurs peres. La canse de ce désespoir décdnloit de la croyance ou ils etoient que l’ame d’un gnerrier banfii par son chef deroit, avant d’étre reéue dans les nnages , gémir plnsienrs siècles an bord des torrentl) bourbeux j ou dans des plaines arides.

LA MORT D’HIDALLAN.

De palais de Morven pour jamais exilé ,

Hidallan furieux , l’œil morne , échevelé , Franchissant les torrents, lesrochets,les bmyeres, Regagnoit tout pensif l’asyle de ses peres.

Durant trois jours entiers il erra sur les monts;

Et déjà le soleil, couronné de rayons Faisoit de pourpre et d’or resplendir l’étendue. Quand les tours du Balva s’offrirent à sa vue.

Son pere en ce moment sous nn chêne voisin Respiroit la fraîcheur et l’air pur du matin ;

Ses yeux depuis long-temps étoient voilés par l’âge ; Seul au bord du ruisseau, dans son désert sanvage. Il songeoità son Sis, espoir de ses vieux ans.

Et des siedes passés il mnrmuroit les chants. Soudain à son oreille nn bruit confus résonne Le vieillard attentif et se tait , et frissonne ;

Il pressent le retour de son fils bien aimé.

Entends-je dû Hidallan le pas accoutumé?

POESIES D’OSSIAN

Ou bien n’est-ce qn'nne ombre errante, fugitive j Qui près de moi s’arrête et gémit sur la rive?

Mon fils, as-tu péri sur les bords du Carton ,

Et ne me reste-t-il que ta gloire et ton nom ?

Mais , si tu vis encor, qu’as-tu fait de nos braves ? Ont-ils perdu le jour? hélas! sont-ils esclaves?

Jadis , avec la paix regagnant tes foyers,

Tu me les ramenois au bruit des boucliers.

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