H1DXL1.AN
Mon pere, les héros si chers à ta mémoire
Yivent pour les combats', et se couvrent de gloire
De gloire.... il n’en est plus pour ton fils malheureux: Le destin me condamne à languir dans ces lieux , Tandis qne,loin de moi, plus prompt qtie le tonnerre Le fer brille sanglant sur l’aile de la guerre.
L A. ni O R. ;
Ah ! lorsque les périls invitoient les hécps,
Tes aïenx s’indignoient des douceurs du repos. Regarde cette tombe on sommeille mon pece ; - Chargé d’ans et de gloire 11 finit sa carrière : N’entends-tu pas sa voix qni me crie : « O mon fils , ' a Qne fais-tn loin de moi? tes destins sont remplis;
Digilized by Googl<
POESIES
« Yiensjoindre ta dépouille à ma cendre honorée : « Tombe de Germalon^ tonAesi révérée.
Dans ton sein désormais penx-ta me recevoir*? ' Hidallan^ mon orgueil, a trahi son devoir.
Roi du sombre Bcdva^ n’afflige point mon ame;
Ah ! le même courage et m'anime et m’enflamme :
Ne me reproche point une molle langnenr;
Yois quel est mon destin, et connois sa rigueur. Fingal^ de Comeda pleurant la mort fatale.
Charge de cette mort ma tendresse rivale.
U me défend la gloire , et dérohe aux combats Par an ordre jalonx ma jeunesse et mon bras :
a Retourne, m’a-t-il dit , retourne dans tes plaines ;
. a Ya , eonrs te dessécher aux bords de tes fontaines, ^ <■ Comme un sapin vieilli dont la neige et les vents « Yers la terre ont courbé les rameaux langniseants. »
Lamor.
Lorsque mes yeux enplenrs, du sommet des nuages, Tcmiheront sur ces bords témoins de mes outrages. Naissez, épais broaillards,.fils de l'olÿscnrité,
•. D' O èi s I A k. 97
Et cachez à son pere irrité ! ' . •
• .1 Hl DA LT. A N. -,
Plains un jeune guerrier qne son chef déshonore. Mais pour te consoler que puis-je faire encore ? - Dois-je porter ma lance en de nouveaux climats?
Sur ces monts', couronnés par d’éternels frimas ,
Si je jionrsuis le daim, la biche aux pieds rapides.
Si Branno , si Luath , mes dogues intrépides , Forcent le sanglier dans ses retranchements, Souriras-tu, mon pere, à ces amusements.
Et , le: ccenr satisfait , le Tront brûlant de joie, v De tes tremblantes mains toucheras-tu ma proie ?
Aux murs de ce palais bâti par mes aïeux Le fer de Germalon va s’offrir à tes yeux. .
Prends, mon fils, pren(^$c(^r^t l’apporte à ton pere. Hid allait obéit. « Près de cette onde claire,
« Dit encor le vieillard , et sous le chêne épais , ,
n Dans son asyle étroit ton aïeul dort en paix;
« Guide mes pas ». Â. peine il en touche la pierre:
« Toi, dont ToeU nébuleux veille sur cette terre,
yS PpESIJES D’OSSIAnI
B IlhiÂtre Germa/oM, du haat du firmamvQt « Coutemple ta famille à sou demier moment, a Comme sa honte, hélas ! sa donleur est extrèthe. > 11 dit, frappe son fiU, et se frappe lai^méme.
l.ormA;
• SUJET
Fin gai, à son retonr dTrlande d'où il' avoit cliassé Swatan , donna une fête à tous ses héros : il oublia' ' d'inviter Marfinnal et Mathos , deux chefs qui ne l'avoient point accompagné dans son expédition. Us conçurent un vif ressentiment dé cet oubli, et passèrent au service àiErragon , l’ennemi déclaré de Fingal, et roi d’un canton delà Scandinavie , appelé Sora. La valeur de Mathos liii acquit bientôt une grande réputation dans Sora; tiLorma, femme d’J?r- ^ ragon , conçut pour lui une violente péssion. Il'troura les moyens de s'évader avec elle , et de revenir auprès de Fingal , qui demeuroit alors à Selma, Erragon^ fit une descente en Ecosse , et fut tué dans le combat par Gau?, fils de ilfor/if ,| apeès. avoir rejeté les propositions de paix que Fingal lui avoit offertes. Ma~, thos fut tué par Erragon son rival ; et l’infortunée Eorma mourut de douleur.
’ ‘ Eîïfasx dé la roche isolée (i),
'Les doux sons de ta voix réjouissent mon coeur; Rs se mêlent au bruit jQatteur
loo POESIES
- Oa clair rnisseaa qi^i baigne la vallée :
Solitaire élranger^ sur ces' gazons flétris, ... ! .
Un moment qoe ton oeil s’arrête: T
Là , s'élève nne tombe an milieu des débris
Que dn sommet des monts a ronlés la tempête ;
Là tn dors , Erragon , chef des rois belliqueux
De l'éclat de ton nom Sora n’eat plus frappée,
Et la rouille de&aus a noirci ton épée
• Dans le palais de tes aïenx ; - '
Un long deuil de tes mers attriste les rivages.
O toi, pour les' combats, pour la gloire nourri.
Taillant chef de Sora y comment as-tu péri
Sur ces bords lointains et sauvages? "
.Swaran étoit vaincu ; Fingal et ses gberriers Revoyoient de Sclma les murs hospitaliers.
Mon pere satisfait nons commande nne fête : v ,
A remplir tous ses voeux chacun de nons s’apprête; Nous tendons l’arc fatal j le trait obéissant
Va percer dans les bois le chevreuil bondissant; • .
Et tous vers le palais', pleins d’orgueil et de joie.
Nous revenons, chargés d’une sanglante proie. ;
Les Bardes an banquet invitent les héros: -
Deux seuls sont oubIiés,Jl/n/on«fl/ et MathoS^
Un faronche,dépit dans leurs yeux étincelle; . ■ Sinistres, à travers la joie universelle.
lOl
DOS SI A N
Ils s'élèvent, pareils à deux brouillards errants Qui pesent sur les flots azurés et riants : -
L’aquilon est muet, le ciel est saus nuagé^; ’ . . Mais le vieux nautoniifer tremble et prévoit l’orage^
■ Partons, dit Maronnai ; que nos légers vaisseau x « Fendent des mers du Nord les turbulentes eaux: ‘ « Mathos^ on nous oublie, et des chefs de l’armée '
n Nous ne partageons point la fete accoutumée^
R Du superbe Fingal quittons les étendards ; ,
R Krragqn nous appelle. à denonveanx hasards; a Son palais retentit des chants de la victoire : / • ■
« T iens, et dans ses combats allons chercher la gloire, <» Ils voguent , et bientôt arrivent à Sora De présents et d’honneurs Erragon les combla.
Et les vit, sous ses lois, par d’éclaUnts services^
Lui rendre chaque jour les destins- plus propices. Mais do jeune Mathos la grâce et la valeur De l’aimable Lorma snreut toucher le coeur.
Epouse à' Erragon, I-orma dans son aurore Brilloit comme la fleur que le printemps colore;
Ses yeux charmants rouloient dans les feuxdel’amour: Assise chaque soir au sommet d’oUe tour.
Elle s!entretenoit des peines de son ame : >
Lasse enfin de combattre une amoureuse flamme., Elle fait à Mathos le plus doux des aveux ;
Et du palais des rois ils s’éloiguent tous deux
joa POESIES ‘ ■ '
Tous deax gagnent Mon>e«. Les regards de monpere S’allnmcnt à l'instant d’un feu sombre et s«i^vere : . -
« Infidèle Mar Aos, lui dit-il, est-ce à moi ' ^
« -D’appaiser la fureur d’un époux et d'un roi ?
« Dois-je contre Erragon défendre ces murailles ,
« Et briser dans ses mains la lance des batailles? -, n Injuste ravisseur, qui voudra désormais . y.
« Recevoir mes guerriers au sein de son palais?
« Retourne dans tes bois, .va dans leur solitude a Déplorer et ta faute et ton ingratitude ;
« Tn rallumes la guerre en ces tiistës climats.
» O mon pere ! ô Tremnor! des ombres du trépas ' « Tois quelle est de ton' fils la fatale vieillesse :
« Au milieu deffcombatsj’ai'passé ma jeunesse; , . « Faut-il, hélas ! faut-il combattre de nouveau, -,
« Et marcher dans le sang jusqu'aux bords du tombeau? a O Morven! l’avenir se découvre à ma vue ;
« Je vois sur mou palais la tempête étendue « En écraser les murs si long- temps glorieux.
« Quand la mort de ines fils aura fermé les yeux,
• -Une race timide, habitant ce rivage, ' • , ■ •
■ Y trouvera mon nom consacré d’àge en âge ,
« Et de tous mes exploits le brülttnt souvenir ’
« Ne parokra qu’un songe-aux siècles à yenir. >
Erragon cependant, enflammé de furie ^
D ’O S S I A N. io3
A la liàle rassemble une foule agueirie :
Il s’embarque avec elle, et déjà nos forets ,
S’oflrent à ses regards farouches et distraits ; ' ■
A peine de Morven ses pieds touchent la terre.
Il députe à Selnia le Barde de la guerre.
Tous nos jeunes guerriers en ce moment fatal Chassoient dans lè desert , éloignes deFingal.
Ce héros, entouré de ses amis fideles,
De ces hardis vieillards, nos illustres modèles,
Se rappeloit près d’eux les antiques combats.
Lorsque le vieux Narmor^ précipitant ses pas,
Entre dans le palais : «. Braves guerriers, aux armes î
O à sa suite entraîne les alarmes ;
K Son Barde vous appelle aux combats meurUiers.
« Prends, lui répond Fîngal.^ les superbes coursiers « Que nous avons conquis sur les maîtres du moude ^ « Et que de mes projets ton ze\e me réponde.
« Ala fille, tu suivras ce généreux vieillard:
« Va trouver Erragon-, et dis-lui de ma part if Que , s’il vient se placer au banquet de ton pere, ■ M Plous serrerons les noeuds d’une amitié sincere; - « Dis-lui que de Mathos les trésors souverains,
« S’il peut les^esirer, vont passer dans ses mains;
« ■ Dis-lni qu’en mon jialaia nous sommes sans défense « Et que l’âge a glacé notre antique v^lauce. »
11 se tait. Bosmiria i, yevs le camp ennemi,
PO E s I E s
io4
S’avance le front calme et d’un pas affermi ;
Sa main droite soutient une coupe dorée,
Dans sa gauche étincelle nne fléché acérée :
Sa taille, sa beauté, son souris gracieux,
Sur elle en un moment attachent tous lés yeux J Et le sombre Erragon de sa douleur extrême A son aimable «spect est consolé lui-même. • '
< Roi, lui dit Bosmifta^ie t’apporte la paix:
"Viens t’asseoir avec nous sous le feuillage épais « Qui voile de Selma les tours silencieuses ,
M Et laisse reposer tes armes belliqueuses.
«' Si les trésors des rois peuvent flatter tes sens,
. Du généreux Mathos accepte les présents : .
« n te donne cent chars, cent cuirassés légères,
« Cent rapides faucons, cent belles étrangères, ^
« Cent superbes coursiers accoutumes au frein, a Cent dogues anx flancs noirs,et cent casques d’âiraiu: « D’or et de diamants dix coupes radieuses « Brilleront à iSora dans tes fêtes joyeuses ; •
« Oh bien, si pour ton cœur,plein,de justes regrets^ « Une infidèle épouse a les mêmes attraits i « A ton amour bientôt Lorma sera rendue r'
« Mais qu’une paix durable à ce prix soit conclue. »
Fille aimable des rois , lui répobd l’étranger,
« A «fléchir sous F ingai penses-tu m’engager ?
« Que lui-mitne à mes- pieds dépose ses richesses ,
D 'O R s I A N. ' ia5
• Qu’il me cede deux monts, et joigne à ces largesses a Les armes qu’auf refois portèrent ses aïeax ;
« Mon armée à ce prix abandonne ces lieux.
— « Krragon ^ dit ma sœur avec un fier sourire,
« A de pareils traités Fingal ne peut souscrire. *
« - De l’ennemi jamais il ne reçut la loi :
« Regarde, et vois la mort prête à fondre sur toi, »
Elle dit, et retourne an palais de mon pere.
en la voyant taciturne et sévere, ,
Se love furieux, prend son armure d’or, , v«.
Et couvre ses cheveux du casque de Tremnor.
Quand il porte la main à sa lance fatale, ' ’ ’
Le soleil à regret verse une clarté pâle ,
Un nuage sanglant des deux voile l’azur.
Mille ombres, se penchant sur leur brouillard obscur, Pré.sagent le trépas de cent guerriers célébrés,
^t semblent murmurer des chants sourds et funèbres: Une gaieté terrible anime nos vieillards ;
Le zele belliqueux brille dans leurs regards;
''Tous, songeant aux beaux jours de leur adolescence, / Autour de leur vieux roi se pressent en silence :
Us marchent. Mais soudain les dogues aboyants Annoncent le retour des chasseurs triomphants.
Oscar estle jivemiet', Gaul , Fergiis et Dermide i S’élancent sur les pas du guerrier intrépide ; ' .
Némi vient après eux; il porte dans ses mains • '
La déponilie d’dn cerf hôte des monts voisins. Ossian les suivoit : il est pen.sif; son ame,
En songeant an passé, s'attendrit et s’enflanune. Notre aspect imprévu fait sourire Fingal:
£ui-même du combat il donne le signal;
Mille glaives, brillant d’une affreuse lumière, Kayounent à la fois sur la verte bruyère ;
Et trois Bardes plaintifs, commençant Icnrs concerts Du chant de la bataille épouvantent les airs.
'' L’étendard de Morveii, dans les deux se déploie : Assis sur la colline, et palpitant de joie,
Mon pere suit de l’œil ses enfants généreux,
Et, fier de leur valeur, se sent renaître en eux.
Mais le cor retentit, et le combat s’engage :
Le farouche Erragon s’enivre de carnage j Des tribus de Morçén,stn\ il soutient l’effort.
Et sur nos bataillons il prom'ene la mort, ^
Quel est donc ce guerrier qui s’offre à sa colere,
Et mord en expirant la sanglante poussière.^ • Pleûre, belle Lorma; ton amant a vécu. ... ' ^
Gaul s’aVançoit alors ; il voit Mathos vaincu Au-devant à' Erragon aussitôt il s’élance; ’ ' •
A son glaive homicide il oppose sa lance;
Le jette sur le sable, et lui perce le cœur. ■ 'Hélas ! il est tombé ce superbe vainqueur !
0~Sora^ dans tes murs quelle morne tristesse!
Ton l'üi bouillant d’ardeur^ de gloire, et de jeupeste, Ne te défendra plus contre tes cnuemis....
Il dort sur la colline auprès de ses amis :'
La victoire, à sa mort ne fut plus indécise.
Près d’uu cbène enflammé languissamment assise, ’ Lorma veilloit alors au palais de Mathos Elle attend le retour de l’aimable héros.
Sur la plaine déjà la nuit est descendue;
La cascade du mont s’arrête suspendue ;
Le zéphyr est muet ; et Lorma dans les pleurs En. mots entrecoupés exhale ses douleurs:
« iVfflzAos ne revient pas; la tristesse et la crainte K Peuplent de son palais la solitaire enceinte : '
« Aimable et beau chasseur, qui peut te retenir.^
« Hélas ! avec le soir tu devois revenir !
« Le cerf, qne'poursuivorent tes fléchés meurtrières, « T’ânra-t-il' entraîné par-delà nos bruyères ?
U Les .étoiles' du soir s’élèvent sur les monts.
« Pourquoi n’entends-je pas tes dogues vagabonds P O Descends, 6 mon amourd descends de ta colline. » Elle dit , et se tait : sur la roche voisine Un fantôme se montre à ses yeux effrayés ;
De poussière et de sangles cheveux sont souillés ; Son bras agite encore un tronçon de sa lance :
' Il s’arrête, soupire, et s’éloigne en silence.
Digiîized by Googic
POESIES
loS
Lorma comprit alors que Mathos n’étoit p^s • Pâle, d’an oeil avide, et les sens éperdus,
Le long de la brnyere elle sait l’Ombre errante. J’entendis les sanglots de sa voix déchirante j Tel murmnrc un zéphyr à travers le' gazon D’un antre solitaire ou d’un sombre vallon.
J nsqn’an champ de bataille enfin elle se traine :
Elle trouve Mathos étendu sur l’arenc....
La mort deux jours après termina ses douleurs : ..
Les Bardes attendris chantèrent ses malheurs.
Tous les ans, quand l’antomne^et l’humide froidure . Dépouillent les coteaux de leur fraîche verdure.
Les filles de Mon>en pleurent cette beauté.
Solitaire habitant de ce roc écarté (a).
Tu foules une terre en batailles féconde :
Chante ces morts, la gloire, et la .splendenr du monde. Quand Li reine des nuits, commençant à briller, . Luira dans la caverne où tu dois sommeiller.
Sur un rayon tremUant que Lorma descendue, Rêveuse, et belle encor, se présente à ta vue:
Tu l’entendras gémir; elle pleure toujours, '
Et redemande aux vents l’ol^t de ses amours.
Digilized by Googïe
NOTES
(1) Ossian adresse ce poëme à an des premiers missionnaires cbrétiens qui furent envoyés en Ecosse. On les appeloit Guidées^ c’est-à-dire solitaires, à eanse de la vie retirée qn’ils menoient.
(2) Le poète parle an solitaire à qni il a adressé ce poëme.
MINVANE,
D U haut d’un roc, voisin des mers, Solitaire, triste, muette,
Minvane\ sur les flots amers,
Egaroit sa vue inquiété:
Elle appercat tons nos guerriers.
Couverts de leurs armes brillantes Du sein des combats meurtriers Ils revoloient vers leurs amantes.
Mais Rino n’est point' avec eux,
Rino que Minçanc idolâtre :
Des pleurs obscurcissent ses yeux ;
Elle frappe son sein d’albàtrè,
Et de ses cris trouble les deux :
>< Couché sur la verte prairie,
« Dort-il mon invincible amant?
« Le bras qui l’étendit sans vie U Etoit donc un bras bien puissant !
« Il n’est plus celui que j’adore, a Zéphyrs , qui frémissiez encore < Dans les flots de mes longs cheveux, ‘ a- Zéphyrs, interrompez vos jeu^;
« Cessez de parler à la rose « Le doux langage des plaisirs;
A mes pleurs mêlez VOS soupirs;
« Loin de moi mon amant repose.
« Où sont ses dogues vigilants,
« Son bouclier impénétrable,
« Son arc, ses traits étincelants ?
Hélas ! peut-être sur le sable U Ses armes roulent au hasard ;
« Pent-être un vainqueur implacable ' •I De cette dépouille honorable « Rqouit son affreux regard.
« Cher Rino , la voix de l’ Aurewe « Ne te dira-t-elle jamais :
« La nuit rentre dans son palais {
« D'un Jeu pur l’horizon se dore :
« Jeune chasseur , éveille-toi ,
« Prends ton arc, et répands l’ejf roi a Dans les Joréis €jue je colore.
a Fille du jour, cache tes fenx:
n L’ami de Minvane shccombe ; à Les cerfs bondissent snr sa tombe,
« Us foulent son arc paresseux.
« Mon héros, dors en assurance ; a Ton sommeil sera respecté ; a Dans un religieux silence
POESIES D’OSSIAN
« Je vais m’étendre à ton côté :
« An sommet blanchi des montagnes « Demain mes agiles compagnes « Me demanderont à l’écho ;
« J’aurai compté ma dérniere heure, « Et dans son obscure demeure « Je dormirai près de iît«o. » '•
EYELINA,