‹ Ossian poésies galliques en vers françaisChapitre 24 sur 38 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

SOMMAIRE

L'action commence au matin. Caïrbar est éloigné desqu armée, et décliiré par ses remords. Morannan ,qa'i\ avoit envoyé à la découverte , «eut lui annoncer l’arrivée de Fingal. Il assemble ses guerriers , et tient un conseil , où Malthos et Foldath , deux de ses chefs , different d’opinion. II fait préparer une fête dans la plaine de Lena, et députe un Barde à Oscar, fils di'Ossian , pour l’inviter à s’y rendre. Oscar arrive : il s’élève pntre Caïrbar et lui une dispute au sujet de la lance qu’Oscor avoit reçue jadis du malheureux Cormac , et dont il étoit armé en ce' moment. On eu vient aux mains. L’un et l’autre perdent la vie. L’armée de Fingal entend le bruit du combat , et vole au secours diOscar. L’armée de Cairinr prend la fuite , et va s’unir à celle de Cathmor fçsx accouroit se joindre à son frère. La nuit vient, exAlthan raconte à Fingal le meurtre de Cormac.

Di, K la mer d’î7//i«, aux rayons d’un jour pur, Sons l’aile du zéphyr, rouloit ses flots d’azur;

«56 POESIES D’OSSIAN

Les monts voisins brilloient d’nne douce lumiete ; Les chênes seconoient lenr épaisse crinière^

Et l’aigle, matinal planoit an haut des cieux.

Denx coteaux, couronnés de pins audacieux Qui balancent dans l’air leur tête échevelée, Dominent nne étroite et riante vallée:

Là coule un clair ruisseau. CdirAorsnrseà bords.

Tel qd’nne ombre échappée an noir séjour des morts , Pâle, les yeux hagards et chargés de tristesse,

Veille, en proie anxrèmords qui le rongent sans cesse. L'image de Cormac^ par' sa main massacré.

Tout-à-coup se présente à son œil égaré:

Le fantôme est couvert de blessures profondes ;

Plus foible qu’un zéphyr qni soufflé snr ks ondes.

Sa voix d’un sourd reproche alarme l’assassin,

Et des torrents de sang jaillissent de son sein.

Le roi A'Atka (i) , saisi d’horreor et d’éponvante, Vent repousser en vain cette Ombre menaçante ; n agite an hasard ses gigantesques bras,

Et d'nne voix troublée appelle ses soldats ;

Leurs rangs autour de lui se pressent , se confondent. Et les échos des bois à leurs clameurs répondent.

Là sont C/oraor, Dunacar^ des braves redoutés. Et le jeune HidalUm , cher à tant de beautés.

Sous son casque de fer, Cormar^ aux traits farouches. Voile un front téméraire, et roule des yeux louches.

LA BATAILLE DE TEMORA. iS-j Le regard de Malthos est plas terrible encor.

A leurs côtés, Foldath brandit sa lance d’or; Homicide guerrier, U a soif do carnage.

Et le dédain^toojours perce dans son langage. D’antres, non moins fameux, environnent leur roi. Quand soudain Morannan^ pâle, glacé d’effroi.

Des bords de l’océan accourant hors d’haleine ; ,

U Eh qnoi! dit-il, eh quoi! dans une oisive plaine « Erin et son armée attendent mou retour. . .-

a Aussi calmes qu’un bois vers le déclin du jour I « F ingai est sur la côte : il s’avance, il menace ; n A peine de ses pas l’œil peut suivre la trace,

R Et mille bataillons lui servent de rempart.

— O As-tu vu ce guerrier r interrompt Caîrbar.

R Ses héros roulent-ils comme un torrent sauvage « Dont la course écumante ébranle le rivage?

R Leve-t-il contre nous la lance des combats,

R Ou vent-il que la paix régné dans ces climats ? ,

— R Non, j’ai vu dans sa main la lance delà guerre ; R Sa voix éclate et gronde à l’égal du tonnerre ;

R II est vieux; mais les ans respectent sa vigueur,

« Et la même fierté fait tressaillir son cœur.

R Elle pend près de lui cette fatale .épée R Que la mort accompagne et n’a jamais trompée.

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POESIES D’OSSIAN

« 0£5iara ( 2 ), si iàmenx par sa harpe et sa voue,

« Et ce fils de Morfii (3) , faaeste à tant de rois, a Et le léger Conno/, et l’aimable « .S’élèvent à côté db vieillard intrépide. * .

« Pillan bande son arc..-., mais qnel est ce héros « Dont la jeune valeur s’indigne du repos ?

■t C’est le fils d’Osw’an, Oscaf; son beau visage « A l’éclat d’une étoile , on d’un soir sans'nuage ;

« Ses longs cheveux , jouets des zéphyrs du matin ,

« Volent abandonnés à leur souffle incertain ; •• n A chacun de ses pas ses armes retentis.sent;

« Sa cuirasse est d’or pur, et des feux en jaillissen i. « O Caïrbar! ']e fuis ses regards lùenaçants.

— « Quelle indigne terreur s'empare de tes sens.^ n Dit Foldath ( 4 ) en courroux ; enfant dç la mollesse , « Au bord de tes ruisseaux va cacher ta foiblesse.

« Cet Oscar, que ta crainte exagere aujourd’hui,

^ ■ N’ai-je pas autrefois combattu contre lui ?

• Né du sang des héros , il est brave , sans doute ;

« Mais penx'tn bien penser que Foldath le redoute? j C’est à toij Caîrbar, de remplir tous mes vœux.

<t Laisse-moi m’opposer à ce torrent fongueux ; il Tn connois ma valeur, et tn sais si ma lance U Est un foible roseau que le zéphyr balance.

LA BATAILLE DE TEMORA. iSg

ira- t-il seul oombattrè l’étranger?

« Répond A/fl/r/toi; ignorant le danger, ,■ '< Peni-il donc oublier que la mer turbulente n 'A vomi sur ces bords une foule Taillante,'^

. « Que ses chefs ont jadis ensanglanté leur main « Dumeurtrede Sw(aran{ 5), Vainqueur même d’ Erin? « Présomptueuxi^ô/rfarA, apprends-nousla victoire,

K Et que Malthos de loin applaudisse'' à ta gloire.

<1 Je pourrCis à mon tour faire valoir mes droits ;

« Mais c’est au Barde seul de compter mes exploits.

— « Guerriers, mettez un terme à ces débats frivoles,

« Ou craignez que F ingai n’entende vos paroles,

< Dit le sage Cathol; et, sans vous outrager,

M Sous les drapeaux à' Erin accourez vous ranger;

'• Et que Fingal^ contraint à céder la victoire,

« Pleure dans ses vieux ans la perte de sa gloire. »

Comme on voit an sommet du Cromla sourcilleux Se former lentement l’orage ténébreux :

Une lueur rougeâtre éclaire la valléé ;

Par la foudre bientôt la roche est ébranlée ;

Les esprits en courroux s'enveloppent d'éclairs.

Et sur le char des vents se heurtent dans les airs :

Ainsi le roi à' A tha^ dans un morne silence.

Roule an fond de son coeur des projets de vengeance;

i6o POESIES D'OSSIAN.

Maissoadain : « Qù’bn-prépare une fête eii ces lieux.

« Mes Bardes, commencez vos chants harmonieux ;

« Dans la plaine aiqourdTini faisons régner la joie;

« Demain sur l’ennemi que-la mort se déploie 1 « Toi , Ded'gal^ prends ma harpe, et va trouver Oscar;

« Au festin de tou roi qu’il vienne prendre part ;

« Ses exploits sont connus des chefs de mon armée ;

Moi-méme, je chéris sa haute renommée :

K II ose cependant, sans égard pour ma foi,

« En discours insultants éclater contre mm ;

(< Du meurtre de Cormac il noircit mon courage

« Demain son sang- versé laverâ cet outrage ».

Mille cris à ces mots s’élèvent jusqu’aux cieux.

Nous (6) cependant, surpris de ces Iransportsjoyeux, Nous crûmes que le roi, suspendant sa colere, Célébroit le retour de son généreux frere.

Tous deux doivent leur sang aux plus nobles aïeux; Mais combien en vertus ils different tous deux !

L’ame de Càirbar é toit la nuit profonde.

Et l’ame de Cathmor^ le jour qui brille au mooik.

Sous ses heureuses lois Atha goùtoit la paix.

Sept routes conduisoient à sou vaste palais ,

Sept tours le couronnpient ; et les fils des tempe tes, (7) Par sept chefs introduits , prenoient place à ses fêtes. Dedgal invite Otfcar; mon fils arme son bras.

lA BATAILLE DE TEMORA. ifti

l’art y et trois cents guerriers aecompagnent ses pas. '

Les dogues devant lui bondissent dans la plaine.

Fingal suit mon Oscar d’une vue incertaine :

n sait que Caïrbar peut ourdir des complots,

Et tremble pour les jours du premier des héros. (8)

A l’approche à.' Oscar ^ les cent harpes frémissent;

Les cent Bardes d’£rin par leurs chants l’applaudissent;

Les guerriers et les chefs admirent sa beauté

Et dans leurs yeux, se peint une douce gaité:

C’est le rayon mourant de l’astre tacitucue ' - ,

Prêt à cacher son front dans l’orage nocturne.

La lance de Corrnac brille en-Ia main à' Oscar.

A ce fatal gspect , le sombre Caïrbar

Fronce ses noirs sourcils'; les cent harpes se taisent, ■

Et les transports joycuxau même instant s'appaiseut.

Dedgal dans lé lointain entonne un chant de mqrt.

Mon fils , mon cher Oscar déjà prévoit son sort ;

Mais de ses ennemis il brave la puissance. ^ .

« Oscar, lui dit le roi, cede-moi cette lance,

n L’orgueil de mou palais, et la mort des guerriers.

« Mes aïeux la levoient aux combats meurtriers. .

— n Moi , répond le héros, moi te céder la lance • é « Dont le jeune Cormac honora ma vaillance! > /.■' ■> ' n Crois-tu qir’il l’ait remise en de timides mains i' ^

DiuiiiziJU by CjOOgIc

POESIES -D’OSSIAN

lOa

« Qae m’impotrtent ta rage et tes chants assassins ?

« Me Tois-tu.frissonner au bruit de ton armure? a Me crois-tu le jouet dé- ta lâche imposture ?

» Que le foible te Toie et coure se cacher,

« 'Je n’en suis point snrpris>--i Oscareat on rocher.

— « Cesse, fils d’Osjia», une vaine menace.

«. Ftng:a/ a-t-il nourri ton impuissante audace?

« A-t-il mis dans ton cœur ces dédains orgueilleux ?

« Fîngal^ roi décrépit de cent monts sourcilleux ', n Ne combattit jamais que le guerrier timide :

O Qu’il vienne ; et telle on voit nne vapenr humide O S’évanouir aux feux d’nn soleil matiml,'

U Tel s’évanouira le débile Fingal.

— « Si jusqu’à toi abaissoit-son courage,

« Que bientôt ton Erin deviendiroit son partage !

« Assassin de Cormac, respecte ce vieillard;

« Il est comblé de gloire , et sons son étendard « Marchent avec respect les nations rivales/

« Insulte-moi plutôt nos forces sont égales.

On interrompt la fête, on se leve , et soudain Chacun a revêtu son armure d’airain ;

Tous fondent surOscnr... Pourquoi verser des larmes.

LA BATAILLE DE TEMORA. i63 Aimable Malvina? modéré tes alarmes.

Le destin, il est vrai, doit tromper son effort;

Mais avant de mourir il donnera la mort.

Cent héros sons ses coups ont mordu la ponssiere: Connachar ferme au jour sa pesante paupière,

Et Clochai se débat dans son sang répandu. .

A ce spectacle affreux Caïrbar éperdu Fuit derrière un rocher ; et là, brûlant de rage.

L’œil fixé sur mon fils, il l’attend au passage.

Le frappe; et mon héros, percé d’nn trait mortel. Chancelle ; mais, plus prompt que la foudre du ciel. Il se redresse, atteint la tète du barbare, .

Et le glaive vengeur de son corps la sépare.

Mais il tombe lui-même ; Erin et ses enfants Font retentir les airs de leurs cris triomphants.

F ingai entend ces cris ; il pâbt, il soupire....

« Peut-être loin de nous mon jeune Oscorexpire,

« Nous dit-il; mes héros, volons à son secours.

Tels qu’on voit des torrents,décbaînés danslenr cours. Rouler avec fracas leurs ondes turbnlentes A travers les ravins et les roches tremblantes.

Tels on nons voit franchir le mont audacieux.

La plaine de Léna se découvre à nos yeux.

Quel coeur, même d’acier, eût bravé ma colere?

Quel courage eût vaincu le courage d'un perc '

POESIES D’^OSSIAN

En proie an désespoir, de farenr eniTré...? •* >

Erin cede, tout fuit^ on tombe'massacré.

Nous trouvâmes Oscar sans force, sans haleine Languissamment couché^ son cœur hattoit à -peine. Nous pleurons; mais Fingal^ retenant ses sanglots, Se penche sur mon fiils^ et prononce ces mots:

«Qu elle main de nos plenrg- ponrroit tarir la souixse ? « Ce hel astre s’éclipse an niiUeu de sa course ! •

« Quelle somhre doulenr va régner dans Selmal R Oscar ^ est-il éteint le feu qni t’anima.^

« Pingal restera-t-il le dernier de sa racePv « L’âge a hlanchi ma tête, et ma gloire s’efface ; '

« Privé de tons les miens, me faudra-t-il, hélas l « Dans mon palais désert attendre le trépas?

11 se tait: les sonpirs se pressent dans sa honche.. ' ' Seul à l’écart, je garde nn silence farouche :

Et Luatk et Eranao^ dognes .reconnoissants.

Poussent aux pieds à'Oscàr de tristes hurlements.

Quand mon fils apperçoit la foule gémissante,

11 soulevé à regret sa tète languissante :

« Ce deuil , dii-U , ces chants qui viennent jusqn’à moi, « Ce mélange inconnue de tèndresse et d’effroi,

« Les plenrs de ces vieillards , de ces dognesliddes.

■ Font à ce cœnr si fier des blessures ecuelles.

Dim'

LA BATAILLE DE TEMORA. i6ô

« porte-moi sur mes'côteanx chéris; •

« Roi des concerts , éleve une tombe à ton fils.

X Du roc voisin, pent-étre , un jour l’onde échappée « Entraînera le sablooù sera mon épée,. (9) .

X Et le chasseur, sur elle attachant un regard,

X Dira, morne et pensif. Voilà le fer d’O&cm. »

O mon fils, seul appni qn’attendoit ma vieillesse. L’inexorable mort t’enleve à ma tendresse ;

Tu ne poursuivras pins les timides chevreuils;

Tu ne braveras plus la mer et ses écueils;

D’autres fils, secondéspar les destins prospères.

Des récits de la gloire attendriront leurs peres ;

Seul je n’entendrai plus les accents de ta voix.

Plus douce qu’un zéphyr soupirant dans les bois. Quatre pierres sans art, et de mousse couvertes,

A ttrislent de leur deuil mes collines désertes; - Là repose à jamais le plus grand des guerriers.

Nous pleurâmes Oscar durant trois jours entiers. Mais Fingnl^ repoussant une longue tristesse :

X Enfants des monts, dit-il, point d’indigne foiblesse ;

X Des regrets éternels et des larmes d’amour X Au brave qui n’est plus ne rendent pas le jour.

X Nous naissons pour mourir;mais,entourésd’hommag(‘.s X Conquérons en mourant le palais de nuages. -• '

ï66 poésies Û’OSSIAN. -

« ï7//i/i, porte à «S«/ma le corps inanimé

• Du héros que je pleure, et qne j’ai tant aimé ; . ■

* Aux filles <ie Morven va demander dés larmes ,

« Et qu’on voile fnnebre enveloppe leurs charmes.

U Noos , restons dans ces lieux ^ et combattons Erin.

■ Mes jours, vous le savez , penchent vers lenr déclin ;

« Mes aïeux, fatigués de me voir sur la terre,

« M’appellent dès long-temps au séjour du tonnerre;

« Ma vie autour de moi répand assez d’éclafl'

'• Guerriers, je touche enfin à mon dernier combat.

Il se tait. Cependant, taciturne, voilée, .

La nuit ronloit son char dans la plaine étoilée.

On prépare la fête. Au pied d’un ehéne assis, Mon.pere s’abandonne à ses mornes soucis.

Le vénérable Althan ( i o) commence un chant de ^oire , Et dn jeune Cormac nous raconte l’histoire.

• Cormac^ dit-il, régnoit sur les peuples à' Erin f « Sa jeunesse brilloit comme l’astre serein

« Qui seme d’un or pur la rive orientale, ^

s Et baigne ses rayons dans l’onde matinale ;

* J’habitois avec lui l’antique Terrtora;

O Mais un jour des hauteurs dn mont de Slimora V Roule et se précipite une puissante armée, •

« Par la voix de son chef au carnage animée.

■ Cairbar la conduit. Tranquille en son palais.

LA BATAILLE DE TEMORA. *67 « Cormac^ ea ce moment se livroit à la paix.

« Cent Bardes lui cbantoient les exploits de «on pere ÿ «Et, comme un jeune lis qui s’ouvre à la lumière « Et reprend, au matin, la vie et la fraîcheur, '

« 11 sentoil à nos chants s’épanouir son cœur.

R D'homicides guerriers, poussés parla vengeance,

R Inondent tout-à-coup le palais sans défense.

« Caïrùar^ l’œil farouche, et le glaive à la main,

R S’élance sur Corntac^ et lui perce le sein.

R Mon jeune roi chancelle, et de sa voix mourante R Adresse au meurtrier une plainte touchante.

R Témoin de son trépas, et, tout baigné de pleurs:

R Fils à'yirtho , m’écriai-je, objet de nos douleurs,

R Va rejoindre ton pere au milieu des orages,

R Avec toi de nos cœurs emporte les hommages;

R Sois du moins consolé par les larmes à.' Erin;

R Cormac, paix à ton ombre, et mort à l’assassin.

R Le lâche Cdirbar de ma plainte murmure :

« Il m’enferme aussitôt dans une tour obscure ; ^

R Et cependant son bras , au meurtre accoutumé,

« N’osa verser le sang d’un Barde renommé, (i i)

R Là je chantai long-temps mon malheur déplorable : R Mais CatÂtnor arriva. Ce héros secourable,

R Emu par mes accents si plaintifs et si doux,

R Et jetant sur son frere un regard de courroux;

« lui dit-il, tou cœur impitoyable

i68 POESIES' D’O S SI AJN.

« Oe larmes et de sang est donc insatiable;

K Tu promènes par-tout le ravage et l’effroi : •

« Mais Cathmorest ton frere; il combattra pour toi :

(I Ta bassesse obscurcit cette immortelle flamme n Que la gloire alluma dans le fond de mon ame.

« Rends à la liberté ce Rarde malheureux :

« Nous mourrons, Ca/r^ar/maissesebantsgénéreux,

« Que le làcbe dédaigne, et que le brave implore,

« Dans les siècles futurs retentiront encore.

« On détache mes fers. Ma voix d’un chant flatteur « Paya l’humanité de mon libérateur.

« Nous allons le revoir. Enflammé de colere, ,

« II. accourt pour venger le trépas de son frère.

Qu’il vienne, dit Fingal; j’aime un tel ennemi :

Contre tons les dangers son cœur est affermi ; * iDes braves et des rois Cathmor est le modèle ;

Il vécut pour la gloire, et lui sera Rdele.

La nuit sur nous encore étend son voile épais ;

Des hauteurs du Mora rien ne tronble la paix : Craignons que l’ennemi ne vienne nons surprendre. Sur le penchant du mont hâte-toi de descendre, '

O /^{7/<zn, ô mon-^s, veille jusqu’au matin,

Et du premier péril donne on signal certain.

Songe que la vieillesse afioiblit mon audace.

Et que tu dois veiller à l’honneur de ta race.

LA BATAILLE DE TEMÔRA. 169 11 dit: Fillan s’éloigne, et nos mille héros , . '

Sons de sombres sapins se livrent an repos ;

Mon pere au doux sommeil s’abandonne lai-mème :' Moi seul, le cœur rempli d’un désespoir extrême,

Je veille, et de Filian^ au bas du mont altier, J’entends de loin en loin frémir le boucher.

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