‹ Ossian. Poesies galliquesChapitre 13 sur 29 · CHANT DE MINONA · texte numérisé non relu

CHANT DE MINONA

Colma.

LiOiN de moi Salgar eH errant; Par-tout règne la nuit profonde ; Sous mes pieds mugit le torrent.

Sur ma tête la foudre gronde ; Pas un asyle où me cacber ; Tout me délaisse et m'abandonne; Je suis seule sur le rocber Que la sombre mer environna.

O lune, sors du sein des monts; Paroissez, étoiles nocturnes, Paroissez, et que vos rayoni^

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Eclairent mes pas taciturnes :

Conduisez- moi vers mon amant; Qu'il entende ma voix plaintive :

OSalgar, songea ton serment.

Rejoins une amante craintive;

Le rocher, l'arbre, le ruisseau, Sont les témoins de ta promesse :

Ils t'attendent sur le coteau.

Et répondent à ma tristesse.

Nos pères furent désunis.

Mais nous, seul objet de ma flamme, Nous ne sommes point ennemis , La haine n'est point dans notre anig.

Ah ! la lune paroît enfin ; Mais , à l'éclat de sa lumière Qui s'élève du mont voisin , Qu'apperçois-je sur la bruyère ?

Hélas! deux guerriers teints de sango..

La mort a fermé leur paupière.

Le glaive est encor dans leur flanc.

Que vois-je ! Salgar et mon frère.'

O mes amis, répondez-moi; Qu'avez-Tous fait dans mon abience .''

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Parlez, dissipez mon effroi.

Ils se taisent .... cruel silence !

Mes yeux de larmes sont trempés.

Salgar^ mon frère, quelle haine L'un par l'autre vous a frappés?

Pourquoi dormez- vous dans la plaine ?

Combien vous m'étiez chers tous deuxi Faut-il , hélas ! vous perdre ensemble ! Mes amis, exaucez mes vœux.

Qu'un même tombeau nous rassemble :

Dans ses flancs je veux me cacher.

O Salgar! Ombre que j'implore, Près du ruisseau, près du rocher. Tu m'entendras gémir encore.

Au sein des nuages mouvants , Quand la nuit versera son ombre, Je viendrai sur l'aUe des vents Attrister la colline sombre ; Ma voix aura de la douceur ; En plaignant deux guerriers célèbres i Trctnblant et charmé , le chasseur L'écoutera dans les ténèbres.

Ainsi cbantoit la tendre Minona :

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tîne aimable rongeur couvroit son bean visage; Et nos larmes couloient en songeant à Colma. JJllin chante à son tour: dans la force de l'âge Ullin nous embrasoit an feu de ses accords. Il entendit un soir, au retour de la chasse, La voix du vieux ^//7in , chantre illustre des morts ; Rino^ dont vainement nos yeux cherchent la trace, Etoit alors auprès de ce vieillard :

Ils déploroient la chute de Morar.

Minona fut sa sœur. Quand la harpe plaintive

Nous redit sous les doigts A'Ullin Les plaintes de Ritio , le désespoir à' Alpin :

Semblable à la lune cralutive Qui prévoit la tempête, et dans l'épais brouillard

Cache sa tète radieuse , jVf/nowa disparut, triste, silencieuse.

Et jetant sur Ullin un douloureux regard.

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