HYMNE AU SOLEIL
Invincible héros, roi du monde et du jour, Quelle main, te couvrant d'une pompeuse armure . Dans les plaines de l'air te marqua ton séjour, Et sema d'un or pur ta blonde chevelure? Nul astre dans les cieux ne marche ton rival ; Les filles de la nuit à ton éclat pâlissent ; La lune devant toi fuit d'un pas inégal , Et ses rayons douteux dans les flots s'engloutisseui Sous l'effort redoublé de l'âge et des Autans Tombent le chêne antique et le pin solitaire ; Le mont même , le mont , accablé par les ans , Incline sous leur poids sa tête séculaire : Mais les siècles jaloux respectent ta beauté; Un printemps éternel sourit à ta jeunesse; Tu traverses l'espace en monarque indomté. Et l'azur lumineux t'environne sans cesse : Quand la tempête éclate et rugit dans les airs, Quand les vents font rouler au milieu des éclaira Le char retentissant qui porte le tonnerre , ToQ disque ouvre la nue, et console la terre.
Hélas ! depuis long-temps tes rayons glorieux Ne viennent plus frapper ma débile paupière ! Je ne te Terrai plus, soit que, dans ta carrière Tu verses sur la plaine un océan de feux , Soit que, vers l'occident, le cortège des ombres Accompagne tes pas, ou que les vagues sombres T'enferment dans le sein d'une humide prison ! Mais peut-être , ô Soleil , tu n'as qu'une saison ; Peut-être, succombant sous le fardeau des âges, Un jour tu subiras notre commun destin : Tu seras insensible à la voix du matin , Et tu l'endormiras au milieu des nuaget.
CARTHON.
Clessamor, roi des vallées de Lora, fut jeté par une tempête à Balclutîta. Reuthamir, roi de cette ville, le reçut chez lui , et lui donna en mariage sa fille JMoïna. Un chef étranger, qui en étoit épris, insulta C/ewa/wor. Les deux rivaux se battirent : le chef fut tué; mais ses guerriers forcèrent Clessamor de s'enfuir et de se re. tirer à Morven près de Fingal. Moina , que C/essamor avoit laissée enceinte, donna le jour à un fils nommé Carthon , et mourut peu de temps après. Carthon étoit encore dans l'enfance lorsque Conihal, père de Fingal, prit et brûla la ville de Balclutha. Carthon fut sauvé du carnage par les soins d'un Barde fidèle ; mais , quand il fut en âge de porter les armes, il résolut de venger le malheur de sa patrie sur Fingal, qui depuis la mort de Comhal régnoit à Morven. Voilà où commence l'action du poème: Clessamor, qui a quitté sa retraite pour féliciter Fingal sur la uouvelle expédition dont il est sorti vainqueur , se met , malgré son grand âge , au nombre des guerriers du roi de Morven : il combat contre son fils Carthon sans le «onnojtrc , et lui donne la mort.
CARTHON.
Xjvènements des siècles écoulés, Qu'à votre souvenir le Barde se réveille. Tes ruisseaux, 6 Lora, plaisent à mon oreille, Et rendent la vigueur à mes sens accablés.
Malvina^ (i) vois ce mont couronné de bruyère
D'où pendent trois pins sourcilleux Qui versent en tout temps une ombre funéraire :
A leur pied les vents amoureux
Caressent la fleur matinale ,
Et le vallon silencieux Respire, en souriant, le parfum qu'elle exhale.
Entre ces rocs que la mousse a voilés Un couple belliqueux sommeille.
Evénements des siècles écoulés , Qu'à votre souvenir le Barde se réveilla (î).
Environné de ses guerriers , Quel héros traverse la plaine ?
L» paix semble adoucir ses regards meurtrier»
Ils ne respirent plus la haine;
Calme comme un rayon du soir
Qui luit à travers les nuages , Ou comme un roi des airs dont l'aimable pouvoir
Enchaîne les bruyants orages , Il revient glorieux des rives du Balva. C'est le roi de Mon'en; c'est Fingal^ c'est mon père. Mille flambeaux (3) brillants d'une vive lumière Eclaii'ent à sa voix les voûtes de Selma. La coupe de la jt)ie , à la ronde vidée , Eveille dans nos coeurs les transports les plus doux.
« Pourquoi donc C/e55flwor n'est-il poiut avec nous?
« Dit Fingal; de douleur son ame possédée
a S'endort dans le silence et dans l'oisiveté r
« Mais je le vois.... il vient d'un pas précipité...
« Teluncoursier fougueux, queles vents avertissent,
« Sent de loin ses lîers compagnons ; '< Ses yeux lancen t l'éclair, ses longs crins se hérissent ;
a Agile, du sommet des monts « Il accourt, et ses pieds sur les rocs retentissent. « Salut à Clessamor. Fils des braves , pourquoi « Ne viens-tu pas t'asseoir à mes nocturnes fêtes ? » — Roi de Mor^en^ mon cœur jouit de tes conquêtes ; « Mais un foible vieillard , que pourroit-il pour toi .'' « Ils ne sont plus ces jours et de gloire et d'ivresse ,
« Ces jours où Moïna, fille aimable des rois , « Vit Clessamor pour la première fois , « Et lui donna sa naïve tendresse.
« — Raconte-nous tes premières amours :
" Au bord de tes ruisseaux , accablé de tristesse ,
" A d'éternels ennuis tu livres tes vieux jours ;
« Dis-nous quels noirs chagrins en on t troublé le cours.
Clessamor.
Le zéphyr souffloit dans mes voiles ,
Et mon vaisseau fendoit les mers
A l'éclat trompeur des étoiles;
Soudain les vents troublent les airs.,
La tempête s'élève, gronde,
Et, le front allumé d'éclairs.
Un noir esprit tourmente l'onde ;
Battu des flots, jouet des vents.
Enfin de Balcltu/i a j'ahorde le rivage.
ReiUhamir par des soins touchants
Me consola de mon naufrage.
Je vis sa fille Moina :
L'amour descendit dans mon ame ;
Elle fut sensible à ma flamme ,
Et son père me la donna.
Mais un chef étranger brùloit aussi pour elle; H arrive au palais; et son orgueil jaloux
Empoisonne le cours de l'ardeur la plus belle.
Nous combattons ; il tombe sous mes coups : De ses guerriers soudain les armes étinoelent.
Des flots de sang sous mon glaive ruissellent; Mais je cède moi-même après de longs efforts ; Je lance mon esquif sur la mer azurée. Et le flot mugissant m'éloigne de ces bords. Moïna sur la rive, inquiète, éplorée, Ses noirs cheveux épars, son sein mouillé de pleurs, M'apparoit; mais les vents emportent ses douleurs, Et je fuis, entraîné par l'onde impitoyable. Hélas! depuis ce jour tristement mémorable, Mes yeux n'ont point revu la belle Moïna: Elle dort, m'a-t-on dit, aux murs de Balclntha; Elle dort; et souvent son ombre gémissante Du sein des brouillards entr'ouverts Vient m'attrister; semblable à la lune naissante Quand la neige en flocons tombe du haut des airs, Et que des vents du Nord la fureur rugissante Epouvante les bois déserts.
« Pleurons cette beauté chérie, « Dit mon père : des ans le fleuve s'est accru ; << Moïna repose sans vie...
" Balclntha même a disparu. >>
Le matin cependant nous trouve dans la joie;
Auos yeux satisfaits l'horizon se déploie, Le firmament sourit à l'éclat d'un jour pur, Et le calme s'assied sur son trône d'azur. O surprise! soudain la mer gronde, s'allume. Et roule en bouillonnant ses flots blanchis d'écunle; De l'abyme s'élève une sombre vapeur; Elle a pris d'un vieillard le vêtement trompeur; Déjà de tous ses traits l'œil démêle la forme; Bientôt c'est un géant, c'est un fantôme énorme : Il nous montre le trait qui tremble dans son flanc. Se dissout, et sur nous fond en gouttes de sang. Témoin de ce prodige , et le cœur plein d'alarmes, De son aieul Tremnor (4) Fingal revêt les armes. Les héros de Morven^ l'œil attaché sur lui, Iminobiles,.muets, partagent son ennui; Dans ses traits menaçants chacun croit voir la guerre, Et dans ses yeux l'éclair, messager du tonnerre: Les dogues, pénétrés d'une secrète horreur. Par de longs aboiements annoncent leur terreur (5) : Les lîUes de Selma, d'épouvante glacées, Ne roulent dans leur sein que de sombres pensées ; Et nous, prêts à combattre, à vaincre résolus, Nous attendons du roi les ordres absolus : « O mes héros , dit- il, un orage s'apprête, Il Et la mort en courroux plane sur notre tête : « Une ombre protectrice a prévu le danger j
« La mer roule en ses flancs le superbe étranger ;
« Remplissez vos carquois de flèches meurtrières,
« Détachez de ces murs les armes de vos pères (G) ,
Il Du pesant boucher chargez vos bras nerveux,
>< Et qu'un casque d'airain presse vos noirs cheveux. •'
Des cris se font entendre : une foule ennemie
Par le flot écumant sur nos bords est vomie;
Triomphante, elle fuit l'empire des écueils :
Tel qu'un cerf entouré de rapides chevreuils,
Tel s'élève Carthon; ses armes frémissantes
Sous des étoiles d'or brillent resplendissantes.
'< O Carril^ dit Fingal^^ va, sors de mon palais,
'< Et porte à ce guerrier des paroles de paix ;
« Dis-lui que les combats plaisent à nos courages,
« Que nos fers, de héros, ont peuplé les nuages;
« Mais que le brave, admis à nos bantpiets joyeux,
a S'en retourne chargé de présents glorieux ;
« Dis-lui que de Tremnor le pouvoir me seconde,
M Et qu'au bruit de mon nom tremblent les rois du monde (7 ) .
Carril part en chantant; et mon père rêveur
De loin sur l'ennemi jette un œil de douleur.
« Que ta démarche est noble, enfont du mont sauvage !
« La lance entre tes mains est un feu qui ravage;
« Ta jeunesse est un chêne au front audacieux,
a Qui supporte la voûte où reposent les cieux :
3 Mais cet arbre superbe, atteint dans sa raeint^
D ' o s s I A ri. 7»
« Bientôt de ses débris va joncher la colline;
«1 Ta belle éponse en pleurs vainement sut les eaux
a D'un regard inquiet cherchera tes vaisseaux. »
Déjà près de Carthon le messager fidèle Entonnoit fièrement son iiymne solemnelle. « Clief des braves, salut ! Jusque dans ces climats <t Quel fantôme de gloire a pu guider tes pas.' « Regarde autour de toi ces collines désertes : ■< Sous ces pierres, de deuil et de mousse couvertes, I Dorment d'un roi puissant les foibles ennemis. K Ah! plutôt dans 5e/ma que tes braves admis.... » « — Moi , répond le héros , moi guerrier sans audace, >i Aux fêtes de Selma que j'aille prendre place! >( O Barde de Morven! connois-tu bien mon cœur.' ix Va dans celui du lâche éveiller ta terreur: 1 Sais-tu bien que la guerre éleva mon enfance , . Et que le sang des rois a coulé sur ma lance.' « Eh quoi donc ? sous les coups de Comhal furieux '< J'aurois vu Balcliuha s'abymer dans les feux, ' Et j'irois, trahissant ma race glorieuse, « Partager de son fils la fête injurieuse! « Et j'irois de la paix serrer les doux liens < Avec le fils d'un roi fléau de tous les miens! •< J'étois bien jeune alors, et ne pouvois comprendre « D'où naissoient tous les pleurs que je voyois répandre « En voyant nos ajnis s'enfuir de toutes parts,
« Une innocente joie auimoit mes regards; « J'ainiois à contempler ces flammes meurtrières « Qui dcToroient les murs élevés par mes pères : « Mais quand l'âge eut enfin éclairé mes esprits, « Quand je vis du palais les informes débris, « La ronce serpenter autour de nos murailles, « Et la pierre couvrir le champ des funérailles, « Des héros décédés plaignant le triste sort, « Furieux, j'appelai la vengeance ou la mort; « Mes soupirs éclatoient au lever de l'aurore, « Et la nuit dans les pleurs me retrouvoit encore : « Ne combattrai-je point? me disois-je tout bas; « Et le lils de Comhal ne me verra-t-il pas ? t< Il me verra bientôt. Va, fuis de ma présence, « O Barde ! Tout mon cœur frémit d'impatience : « D'une guerre sans fin j'allume le flambeau, « Et je n'offre à ton roi que la paix du tombeau. >
Il dit, et de ses yeux quelques larmes jaillissent : Mille fers à sa voix dans les airs resplendissent. Et de loin au combat il appelle Fingal. « Dois-je attaquer moi-même un si jeune rival .^ « Dit mon père, et faut-il que, d'une main fatale, « J'arrache avant le soir cette fleur matinale? « Quelle honte pour moi si les Bardes futurs « Plaçoient cette victoire au rang des faits obscurs ! « Si pour vaincre un guerrier foible et sans renommée
s Ils disoient que F in gai eux besoin d'une armée. a Je ne marcherai point; debout sur la hauteur, « Je serai du combat tranquille spectateur; Œ Mais si Carillon triomphe, alors, prenant ma lance « Sur lui, tel qu'un torrent à grand bruit je m'élance. « Amis , lequel de vous marchera le premier .''
L'intrépide Connais Connal aux flancs d'acier.
Attaque l'étranger , et mesure la plaine ;
Cathol le suit; Carthon le renverse, et l'enchaîne.
Digne ami de mon père , illustre Clessamor ,
Dans un repos oisif tu sommeUles encor;
Qu'attends-tu ? le destin à nos vœux est contraire....
"Va, terrasse l'orgueil d'un jeune téméraire.
Mais Clessamor se levé, et marche. Cependant
L'audacieux Carthon sur le rocher pendant
S'arrête. Il voit de loin, à travers la poussière.
S'avancer fièrement son nouvel adversaire ;
Il soupire , et sur lui jetant un long regard :
« Tremperai-je mes mains dans le sang d'un vieillard?
« Se dit-il à lui même : affamé de carnage,
« Carthon ne doit-il rien aux vertus de son âge?
3 Ah ! mon cœur malgré moi s'émeut à son aspect,
CI Et ses cheveux blanchis commandent le respect.
Mais déjà Clessamor d'un bras nerveux encore
Le frappe , et fait gémir son armure sonore,
« Que me veux-tu , vieillard ? ton invincible roi
« Ne peut-il m'opposer d'autres guerriers que toi ?
(I Ou n'as-tu point de fils dont l'ardente jeunesse
n Couvre d'un bouclier ta débile vieUlesse ?
« Quel est tonnom, ton rang? puis-je sans déshonneur
•1 Sur un chef inconnu signaler ma fureur ?
— « Jeune présomptueux , je me ferai connoître;
■< Mais apprends qu'un héros, qui te vau t bien peut-être ,
" Du plus beau sang des rois illustre rejeton ,
« A l'ennemi jamais ne révéla son nom :
'< Ces lieux sont pleins encor de mon antique gloire ;
n Le Barde à l'avenir portera ma mémoire :
a Cède, ou , sans m'accabler d'un reproche insultant,
<< Donne-moi le trépas, que ma douleur attend. «
Ils combattent. Can/zo«, que la pitié modère. Semble craindre en frappant de frapper son vieux père; Enfin de Clessamor le fer vole en éclats : Déjà pour l'enchaîner Carthon levé le bras , Mais le vieillard, honteux d'une semblable injure. Le perce d'un poignard caché sous son armure.
Fingal a vu tomber Clessamor pâlissant ; Du sommet du Cro?nla, furieux, il descend.
D'OS s I AN. ;•>
L'armée à son aspect s'arrête tout émue : Tel, avant que l'éclair ait déchiré la nue, Quand un tonnerre sourd résonne au haut des monts ^ Le chasseur inquiet tremble dans les vallons. Le roi de Balclutha , qui se soutient à peine , Voit accourir Fingal enflammé par la haine ; Appuyé sur le roc , le front toujours serein , Il l'attend avec joie, et le glaive à la main. A l'aspect de son sang Fingal troublé s'arrête : tt Jeune héros, dit-il, mon triomphe s'apprête ; <i Tu meurs ; mais tes aïeux dans leurs palais mouvants « Vont te revoir porté sur les ailes des vents; « Qu'un sort si glorieux dissipe ta tristesse : .> Cède au roi de Morven ; tu le peux sans foiblesse.
— « Es-tu donc ce guerrier, fameux par tan t d'exploits. « Et cet astre de mort qui consume les rois.'
« Moins rapide est un aigle aux ailes étendues ,
•< Moins terrible un torrent du mont voisin des nues,
ft Ah ! que n'ai-je péri sous ton bras redouté !
« Par les Bardes lointains mon nom seroit chanté ;
« Mais je meurs inconnu , la gloire m'est ravie ,
'i Et le glaive du foible a terminé ma vie.
— « Va , Carlhon àoit laisser un brillant souvenirs < Emporte cet espoir: les fils de l'avenir.
. Par la harpe avertis de ta gloire immortelle ,
X A leurs fiers descendants t'offriront ponr modèle ,
u A l'heure où, fatignés de la longueur des nuits,
« Ils rediront les faits des temps évanouis.
Sur les traits de CartJionhriUe un rayon de joie; Il sourit à la mort qui vient saisir sa proie. S'avance d'un pas lent vers Fingal attristé , Et remet en ses mains son glaive ensanglanté, o Conserve, lui dit-il, conserve cette épée, •1 FoLble et vil instrument de ma gloire trompée : 4 Que tes Bardes du moins par-delà le trépas « D'un chant injurieux ne me poursuivent pas. « J'ai brillé pour m'éteindre au matin delà vie; « Mais de quels pleurs amers ma mort sera suivie ! u Quel long deuil va régner sur les bords du Lora^ « Et combien va gémir léponx de Moina! »
Il expire à ces mots : Clessamor, sur le sable. Tombe près de son fils , le reconnoît sanglant , Jette un cri douloureux, et meurt en l'embrassant.
Trois jours entiers à leur fin déplorable Nous donnâmes de justes pleurs;
Trois jours entiers la harpe lamentable En funèbres accords exprima nos douleurs. Fille du grand Toscar, au pied de cette roche
S'élève leur tombeau , du chasseur respecté ; Un noir Amtôme en interdit l'approche:
Et quand de son char argenté La lune épanche une clarté douteuse, De Moïna l'Ombre mystérieuse Y vient gémir en liberté.
(i) La plupart des poèmes d'Ossian sont adressas à Mah'ina. EUe ëtoit fille de Toscar^ roi de VUhter, et avoit éponsé Oscar, fils d'Ossian. Ce Barde célèbre devint aveugle sur la fin de ses jours. Mali>ina ne l'abandonna point : elle le conduisoit par-tout , apprenoit par cœur ses ouvrages, et les chantoit en s'accompagnant de la harpe. Les soins touchants qu'elle prodiguoit à ce vieillard, la reconnoissance de celuici, prouvent, comme l'observe judicieusement AfrtCpherson, que la noblesse des sentiments n'est point le partage exclusif des peuples civilisés.
(2) Ossi'an termine quelquefois sa première strophe par les deux vers qui l'ont commencée.
(3) C'étoient sans doute des flambeaux de cire qui faisoient partie du butin que les Calédoniens avoient rapporté d'une province romaine.
(4) Trcmnorent deux fils, Trathal, et Com/ial père de Fingal. Fingal eut à son tour cinq enfants, Fergus.) Ryno , Fillan.^ Ossian, et la belle Bosmina,
(5) On croyoit que les animaux voyoient les Ombres des morts: aujourd'hui même, dans les montagnes d'Ecosse, lorsqu'un animal tressaille subitement sans aucune cause apparente, le peuple attribue ce mouvement à l'apparition d'un fantôme.
(6) Lorsqu'un guerrier n'étoit plus en âge de porter les armes, il les attachoit aux murs de son palais. Rien n'égaloit le respect religieux que ses enfants avoient pour elles; et ce n'étoit que dans les occasions importantes qn'ils escient s'en revêtir.
{7) Les Romains.
COMBAT DEFINGAL