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Argument.
Après unc.apostrophe a Malvina, fille de Ti a con-
tinue el raconte ><>n expédition .1 Fuarfed, lie de la Scandinavie. Mal-orchol, roi <!<• Fuarfed, étant vivement pn -- 1 parles troupes de Ton-Thormod, roi de Sar-dronlo, ( « | ■ m i avait vainement demandé en mariage la 1 1 1 ! < • •!«• Mal-orchol Pingal envoya Ossian .1 ton lecoura Osstan , mu joui nprèd -««il arrivée , livra bataille •» Ton-ihormod el le lii prisonnier. Mal-orchol offre sa fille Oina-morul .1 Osaian; mais celni-ciayant découvert sa passion pour Too-tbormod, l.i rend généreusemenl a ion amant et amène une réconciliation entré l<> déni rois.
Comme on voit fiiir le soleil inconstant sur la verdoyante colline de Larmon, ainsi, pendant la nuit, les récits «les vieux temps passent «levant mon âme. Quand les bardes se sont retirés, quand les harpes sont suspendues dans la salle deSelma, alors une voix vient à Ossian et réveille son âme. C'est la voix des années envolées! Elles roulent «levant moi avec tous leurs liants faits. Je saisis, à mesure qu'ils passent, les récits mémorables et je les répands dans mes chants. Le chaut d'Ossian n'est point un torrent troublé; c'est le réveil de la musique s'élevant des cordes de la harpe de Lutha. Harmonieuse Lutha, les rochers de tes torrents ne restent point muets, quand les mains blanches de Malvina se promènent sur la harpe. Lumière des sombres pensées qui volent à travers mon àme, ô fille de Toscar, ne veux-tu point écouter mon chant? nous évoquerons, vierge de Lutha, les années qui ont roulé loin de nous.
Ce fut dans les jours du roi, lorsque ma chevelure était jeune encore, que sur la vague nocturne
5 i OINA-MORUL.
de l'océan j'observais au ciel l'astre de Concathlin (i). Je dirigeais ma course vers l'île de Fuarfed, l'habitante boisée des mers! Fingal m'avait envoyé au secours de Mal-orchol, roi de la sauvage Fuarfed, car la guerre l'environnait et nos aïeux s'étaient rencontrés dans les festins.
Dans Col-coiled je pliai mes voiles : j'envoyai mon épée à Mal-orcbol des coupes. Il reconnut le signal d'Albion et sa joie s'éveilla. Il descendit de sa haute demeure et me serra la main avec tristesse. u Pourquoi la race des héros vient-elle au secours d'un roi qui tombe? Ton-thormod aux lances nombreuses est le chef de l'île de Sar-dronlo ; il vit et aima ma fille, Oina-morul , aux seins blancs; il la rechercha, je la lui ai refusée, car nos ancêtres étaient ennemis; il est venu avec une armée à Fuarféld et mon peuple a été repoussé. Pourquoi la race des héros vient-elle au secours d'un roi qui tombe?»
Je ne viens point, lui dis-je, pour assister comme un enfant à cette lutte. Fingal se souvient de Malorchol et de son hospitalité pour les étrangers; quand ce guerrier descendit des vagues sur cette île de forêts, tu ne fus point comme un nuage devant lui, tes fêtes et tes champs l'accueillirent. Pour ceci mon épée se lèvera et tes ennemis succomberont peut-être ; nos amis ne sont point oubliés clans leur danger quoique distante soit notre patrie. »
Descendant de l'audacieux Trenmor, tes paroles sont comme la voix de Cruth-loda, le puissant habitant du ciel, quand il parle du haut de son nuage entr'ouvert. Bien des guerriers se sont réjouis à mes fêtes, mais ils ont oublié Mal-orchol! J'ai tourné mes yeux vers tous les vents du ciel et n'ai point vu de blanches voiles; car le fer résonne dans mes sal-
(2) Concathlin «doux rayon des flots» Il est difficile de dire à quelle étoile on donnait jadis ce nom.
OINÀ-MORl i
tetel non les coupes joyeuses. \ ieni à ma deim fiii <l<- béros! la uuit an noii manteau appro< be viens entendre la voix mélodieuse «l«- la vierge de I ii.ii \\'(\. »
.Nous vînmes. Sur la harpe errèreni les blanches main- rie < tina-moi ul. Bile fit chanter sa triste histoire à chaque corde iremblante. Je gardais l< iilence, car brillante soua ses boucles était la fille des > yeux étaient deux étoiles qui regardent .1 travers an voHe de pluie : le marin les contemple dans le ciel et bénit leurs rayons charmants. avei le jnin-, imiis noua élançâmes au combat buv la rive retentissante dm Tormul. L'ennemi avançait aux sons «lu bouclier «le Ton-thormod. D'une aile à l'autre la lutte s'engagea. J'en vins aux mains avec Ton-thormod. Son bouclier brisé vole en éclats. Je le saisis, ci les bras fortement liés, je le lii re à Malorchol, l'hôte des coupes. La joie éclata au festin de Fuarled, car l'ennemi avait succombé. Ton-thormod détournait son visage deOina-morul des iles.
« Fils de Fingal, nie dit Mal-orcbol , tu ne partiras point oublié de moi; Dans ton navire habitera une lumière, Oina-Morul aux yeux doux et lents. Elle allumera ta joie dans ton aine poissante, et sans être remarquée dans Selma, cette vierge ne passera point dans la demeure des rois.
Dans le palais je me couchai la nuit. Mes yeux étaient à demi fermés par le sommeil. A mon oreille vint une musique douce, semblable au lever de la brise, qui d'abord balance la barbe du chardon et fait ensuite ondoyer les herbes. C'était la fille de la sauvage Fuarfed. Elle faisait entendre son chant uoeturne : elle savait que mon âme est un torrent qui coule aux sons mélodieux.
« Quel est, disait-elle, ce guerrier qui regarde du haut de son rocher les brouillards qui environnent l'océan? Ses longues boucles, semblables à l'aile du
56 OINA-1IORUL.
corbeau, errent sur la brise. Majestueux sont ses pas dans la douleur! Des larmes sont dans ses yeux ! Son sein viril se gonfle sur son âme oppressée! Retiretoi! Je suis loin, bien loin de toi! J'erre sur une terre inconnue. La race des rois m'entoure et cependant mon âme est triste! Pourquoi nos pères ont-ils été ennemis, ù Ton-tliormod , amour des jeunes filles? »
« Douce voix del'iledes torrents, lui dis-je, pour quoi gemis-tu dans la nuit? Les fils du courageux Trenmor ne sont point noirs dans l'âme. Tu n'erreras point sur des rives inconnues, ô Oina-morul aux yeux bleus ! Dans mon sein est une voix : elle n'arrive point à l'oreille des autres, mais elle ordonne à Ossian d'écouter les malbeureux à l'heure de leur infortune.
Retire-toi, douce chanteuse de la nuit! Ton-thormod ne gémira point sur son rocher!
Dès le matin je détachai les liens du chef et je le rendis à la vierge aux longs cheveux.
Mal-orchol, au milieu de ses salles, écouta mes paroles : u Roi delà sauvage Fuarfed, pourquoi Tonthormod gémirait-il? Il est de la race des héros, c'est une flamme dans la guerre. Vos aïeux étaient ennemis, mais leurs ombres maintenant se réjouissent dans la mort. Elles étendent leurs mains de vapeur vers la même coupe dans Loda. Oubliez leur colère, 6 guerriers! Ce fut le nuage des années passées ! »
Telle fut la conduite d'Ossian lorsque sa chevelure était jeune encore : telle fut sa conduite, quoique la beauté d'une robe de rayons enveloppât la fille des îles!
Nous évoquons, vierge de Lutha, les années qui ontroulé loin de nous!
COLNA-DONA.
POÈME
l'in;; il envoie Ossian el Toscar , fila Je Coolocli el père «!<■ .M.iImu.i , élever un monument sui les bords du torrent de Crooa, (i) pour perpétuer !<■ souvenii d'une victoire qa il y i\ ni remportée: Tandis qu'ils sont <><• n[>- - i cet ouvrage, Car-ul (a), roi du voisinage, les invite à im<- fête. Ils s'y rendent et Toscar devient éperdumenl amourem de Colna~dona (3), Hllo de Car-ul. Colna-dona éprouve les mêmes sentiments pour Toscar. In incident, dans une partie de chasse, mène leurs amours à une heureuse issue.
Col-amon (4) aux ondes troublées, brune voyageuse à travers les vallons éloignés, je vois ta course entre )es arbres, près du palais de Car-ul. C'est là que demeurait la belle Colna-dona, la fille du roi. Ses yeux étaient deux étoiles ; ses bras étaient aussi blancs que l'écume des torrents. Son sein s'élevait doucement à la vue, comme la vaj'ue enflée de l'Océan; son âme était une source de lumière. Qui, parmi les jeunes filles, qui fut semblable à l'Amour des Héros ?
A la voix de Fingal, nous marchâmes vers le torrent de Crona, Toscar de la verte Luth a, et Ossian, jeune aux champs des combats. Trois bardes nous
(i) Crona, « murmurant» nom d'une petite rivière qui se déchargeait dans leCarron.
(2) Car-ul, « aux yeux noirs. >»
(3) Colna-dona, « l'amour des héros. »
(4) Col-amon «rivière étroite.»
58 COLNA-DONA.
suivaient en chantant. Trois boucliers étaient portés devant nous; car nous allions ériger la pierre en mémoire du passé. Près des rives moussues du Crona, Fingal avait dispersé ses ennemis; il avait fait reculer les étrangers, comme une mer troublée. Nous arrivâmes à ce lieu.de renommée. La nuit descendit des montagnes. J'arrache un chêne de la colline, une flamme s'en élève et je prie mes ancêtres de nous regarder du haut de leurs palais de nuages, car ils se réjouissent dans les airs de la gloire de leur race.
Je prends, au chant des bardes, une pierre dans le torrent. A ses herbes limoneuses pendait encore le sang des ennemis de Fingal. Je place sous cette pierre, à distances égales, trois bosses de boucliers ennemis, tandis que monte ou descend la cadence du chant nocturne d'Ullin. Toscary pose un poignard et une cotte d'armes d'acier. Nous amoncelons de la terre autour de cette pierre et nous lui ordonnons de parler aux années futures.
« Verte fille du torrent, ô pierre qui maintenant t'élèves sur la terre, parle aux faibles quand la race de Selma se sera éteinte Abrité! d'une nuit orageuse, le voyageur se couchera sous tes flancs, ta mousse bruissante frémira dans ses songes et les années qui ne sont plus reviendront à sa pensée. La bataille se lèvera devant lui; il verra les rois aux boucliers bleus descendre au combat, et la lune obscurcie regarder du haut du ciel sur la plaine agitée. Avec le matin il s'éveillera de ses songes et verra autour de lui les tombes des guerriers. Il demandera quelle est cette pierre , et les vieillards lui diront : « Cette pierre grisâtre fut élevée par Ossian, un chef des autres temps. »
De Col-amon vint un barde envoyé par Car-ul, l'ami des étrangers. Il nous convia à la fête des rois dans la demeure de la belle Colna-dona. Nous al-
COLNA-DON \
Limes .ni palaia des Barpea. Car-ul rayonna de j<»i«entre leabouclei de sa vieillesse, quand il vit devant lui, semblables a deux jeunes rameaux, lea fils de les amis.
Fila <!<'* puissants, dit-il, voua me rappelés l< m joins du passé, quand pour la première fou i< descendia des vagues sur la murmurante vallée de Selma. .le poursuivais Duthmocarglos, rhabitant de l.i mer. .Nos pères avaient été* ennemis. Noua combattîmes près dea eaux ainueuaea «le (luth.». Il s'enfuit aur l'Océan , mais mes voiles riaient déployées derrière lui. La nuit, je m'égarai sur Fabîme. J'abordai a la demeure dea rois, a Selma . séjour des blanches jeunes filles. Fingal sortit accompagné de ses bardes el <l<- Conloch, le bras de la mort. Trois
jours je lus fêté dans le palaia et je contemplai lea yeux bleus de la vierge d'Erin, de Roacrana, la fille des héros, la lumière de la race de Cormac. Je partis comblé d'honneurs; les rois donnèrent leurs boucliers a Car-ul. Ils sont suspendus aux voûtes de mon palais en mémoire du passé. Fils des rois belliqueux, vous me rappelez les jours qui nesontplu> ! n
Car-ul alluma le chêne des fêtes. Il prit deux bosses de nos boucliers, les plaça dans la terre, sous une pierre, pour qu'elles parlassent aux descendants des héros. « Quand rugira la guerre, dit le roi, quand nos fds courroucés seront au moment de combattre, les guerriers de ma race jetteront peutêtre les yeux sur cette pierre en préparant leurs lances. — Nos pères ne se sont-ils pas connus dans la paix? — Ils diront et déposeront leurs boucliers. »
La nuit descendit. Dans sa longue chevelure s'avance la fdle de Car-ul : mêlée à la harpe s'élève la voix de Colna-dona aux blanches mains. Triste à sa place, Toscar devint rêveur devant l'amour des héros. Elle passait sur son âme troublée, comme un rayon sur les houles sombres de la mer, quand il
6o COLS A -DON A.
s'échappe d'un nuage et qu'il dore les flancs écumeux des vagues.
Avec le jour nous réveillâmes les bois et nous poursuivîmes les chevreuils. Ils tombèrent près de Leurs torrents accoutumés. Nous revenions à travers la vallée de Cloua, quand de la foret sort un jeune homme avec un bouclier et une lance sans pointe.
u D'où vient ce rayon fugitif, dit Toscar de Lutha? La paix habite-t-elle à Col-amon autour de la belle Colna-dona? »
« Près des rives de Col-amon, dit le jeune homme, demeurait la belle Colna-dona; mais maintenant sa course est à travers le désert avec le fils du roi, celui qui fascina d'amour l'âme errante de la jeune fille. » — « Etranger, dit Toscar, as-tu remarqué la route du Guerrier? Il faut qu'il meure! Donne-moi ce bouclier! » Furieux, il le saisit; mais beau, derrière le bouclier, s'élevait le sein d'une vierge; blanc comme celui du cigne, lorsqu'il monte gracieux sur la molle ondulation des vagues. C'était Colna-dona des Harpes, la fille du roi. Ses yeux bleus avaient erré sur Toscar , et son amour s'était éveillé !
(i )I1 y a ici une lacune.
OITHONA.
POÈME
Argument.
Lathmon, après avoir été vaincu par Fingal, comme on l'a mi dans 1111 poème précédent, ne retira dam son paye. Gaul, fils de Moini, I v >ui\it ii lui bien reçu par Nuatb, père de Lathmon. Il uevint amourtmi d'Oitnona, fille de Nuatb, qui e'épril aussi d'amour pour Gaul. On avait fixé un jour pour leur mariage, quand Fingal envoya l'ordre à Gaul île ne rendre a Morven pour l'accompagner dans une expédition contre les Bretons. Il obéit; mats, en partant, il promit à Oithona de revenir -<'il survivait à cette guerre, et il fixa le jour de son retour. De son coté, Lathmon fut obligé de suivre Nuatb à la guerre, et Oithona resta seule a Dunlatbmon, séjour de sa famille. Dunrommath, seigneur d Vihal, qu'on croit être une des Orcades, profilant de Pabsence dis héros, vint et enleva Oilhona, qui avait autrefois dédaigné son amour; il la conduisit dans une île de'serte, nommée Tromathon, et la cacba dans une caverne.
Gaul revint au jour marque; il apprit cet enlèvement etjnit à la voile vers Tioin aihon pour aller se venger de Dunrommath. Arrivé sur la cote ennemie, il y trouve Oithona désolée et résolue à ne point survivre à la perte de son honneur. Elle lui raconte l'histoire de ses infortunes et la terminait à peine, lorsque Dunrommath, suivi de ses guerriers, paraît à l'autre bout de l'île. Gaul se prépare à l'attaquer; il recommande à Oithona de se retiier dans sa caverne jusqu'à ce que le combat soit terminé. Elle obéit en apparence, mais elle s'arme secrètement et s'élance au plus épaisde la mêlée. Elle est mortellementbîessée. Gaul, poursuivant les ennemis en fuite, la trouva expirante sur la plaine. Il la pleura, éleva sa tomhe et retourna à Morven. Telle est l'histoire conservée par la tradition ; elle n'est point altérée dans ce poème, qui commence au moment où Gaul revient à Dunlathmon, après l'enlèvement d'Oithona.
62 OITHONA.
L'obscurité règne autour de Dunlathmon, quoique la lune montre à moitié sa face sur la colline. La fille de la nuit détourne ses regards; elle voit s'approcher la tristesse.
Le fils de Morni est sur la plaine; aucun bruit dans le palais. Nul rayon de lumière n'arrive en tremblant à travers les ténèbres.
La voix d'Oithona n'est point entendue au milieu du bruit des torrents de Duvranna. « Où es-tu allée dans ta beauté, fille aux noirs cheveux de Nuath? Latbmon est sur le cbamp des braves, mais tu m'avais promis de demeurer dans ton palais jusqu'au retour du fils de Morni; jusqu'à ce qu'il revint de Strumon vers la vierge de son amour! Des larmes étaient sur ta joue à son départ, de secrets soupirs gonflaient ton sein. Mais au devant de lui tu ne viens pas avec tes cbants, avec le son tremblant et léger de la barpe ! »
Telles étaient les paroles de Gaul en approcbant des tours de Dunlathmon. Les portes étaient ouvertes et sombres. Les vents mugissaient dans le palais. De leurs feuilles les arbres avaient jonché le seuil, et le murmure de la nuit s'entendait au dehors.
Triste et silencieux, le fils de Morni s^assied sur un rocher. Son âme tremble pour la jeune fille ; mais il ne sait où diriger sa course. Le fils de Leth, arrêté à quelque distance, écoutait le vent dans sa chevelure touffue; mais il n'élevait point la voix, car il voyait la tristesse de Gaul.
Le sommeil descend sur les héros. Les visions de la nuit se lèvent. Dans un rêve, Oithona se présente aux yeux du fils de Morni. Ses cheveux étaient en désordre, son œil charmant roulait dans les larmes, le sang tachait son bras de neige, et sa robe cachait à demi la blessure de son sein. Elle s'arrêta sur le chef, et sa voix se fit entendre faiblement: « Dort-il,
OITHONA.
le ftlfl de Morni, celai <|ui était si beaa aai yeux <|( tithona ? Gaul i eposc-t-il sur le rocher éloigné, quand la Bile « I < ■ Nuatli s'affaisse sous son <l< m npoir? La in«r roule autour <l«' 111e sombre «le Tromalhon; là je m'assieds toui eu larmes dans une caverne; mais \c h \ suis pas seule, 6 Gaul, le sombre h>i de Cuthal est avec moi! il y est «fins la Fureur de ton amour ! Que peut faire < h' thon a?
In vent plus violent passe a travers !<• chêne, et le rêve «le la nuit s'envoie, Gaul prend sa lance de frêne, et debout dans la rage <l<' son .une. il tourne >ans cesse les yeux vers 1< Prient. Il accuse la tardive lumière! Enfin le jour parait, et le héros déploie les voiles. Les brises en frémissant descendent «le la colline : il bondit sur les vagues «le l'abîme. I>< troisième jour Tromathon se levé, comme un bouclier bleu, du milieu de la mer. La vague blanchissante rugissait contre les rochers, et sur la côte était assise la triste Oithona. Elle regardait rouler les flots et ses larmes descendaient. Mais «juand elle vit Gaul dans ses armes, elle tressaillit et détourna les yeux. Sa Le] le joue rougit et se penche, ses bras blancs tremblent à ses côtés. Trois fois elle cherche à fuir «le sa présence j trois fois ses pieds se dérobent sous elle!
Fille de Nuath , dit le héros, pourquoi donc fuis-tu Gaul? Mes yeux lancent-ils la flamme de la mort? La haine assombrit-elle mon âme? Tu es pour moi le rayon de l'Orient se levant sur une terre inconnue. Mais ton visage se couvre de tristesse, ô fille de Nuath! L'ennemi d'Oithona est-il près de ces lieux? Mon âme brûle de le joindre au combat. L'épée frémit au côté de Gaul, car il lui tarde de briller dans sa main. Parle, fille de Nuath! Ne vois-tu pas mes larmes?
Jeune chef de Strumon, répondit-elle, pourquoi sur la vague sombre et bleue viens-tu vers la triste
64 OITHONA.
fille de Nuath ? Pourquoi n'ai-je pas, dans le secret, passé comme la fleur du rocher, qui lève inconnue sa tète charmante et répand ses feuilles fanées sur la brise! Pourquoi viens-tu, ô Gaul, entendre mon dernier soupir? Je m'évanouis dans ma jeunesse; mon nom ne sera point prononcé, ou sera prononcé avec tristesse, et des larmes tomberont des yeux de Nuath. Tu seras triste, fils de Morni, de la gloire flétrie d'Oithona; mais elle dormira dans la tombe étroite loin de ta voix qui la pleure!
Pourquoi vins-tu, chef de Strumon, sur ces rochers battus des flots?
« Je suis venu pour combattre tes ennemis, fille de Nuath! Je vois la mort descendre sur le chef de Cuthal...., ou le fils de Morni succombera! — Oithona! si Gaul périt, élève ma tombe sur ce rocher sauvage ! Quand tu verras passer un vaisseau bondissant, appelle les fils de la mer (i), et donne-leur cette épée : qu'ils la portent au palais de Morni. Le chef aux cheveux gris cessera dés-lors de regarder vers le désert, dans l'espoir du retour de son fils! »
u La fille de Nuath te survivra-t-elle, répondit Oithona avec un profond soupir? Dans Tromathon survivrai-je au fils de Morni? Mon cœur n'est point fait de ce rocher; mon âme n'est point insoucieuse comme cette mer qui lève ses vagues bleues à tous les vents, et roule sous la tempête ! Le souffle qui te renversera, couchera sur la terre les branches d'Oithona. Nous nous flétrirons ensemble , ô fils de Morni! La pierre grise des morts^ leur étroite demeure me plaisent : et jamais plus je ne quitterai Tes rochers, ô Tromathon entourée par la mer!
La nuit descendit avec ses nuages, après le départ de Lathmon. Il était allé combattreaveesonpère sur les rochers moussus de Duthormoth. La nuit
(i) Les matelots.