‹ Ossian, uvres complètesChapitre 28 sur 102 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Morna : n « Morna, «'• la pins belle parmi le* femmea, charmante fille «le Cormac au brai puissant ' Pourquoi es-tu seule dans le eercle de pierres? dans la caverne <lu rocher? Le ruisseau murmure; l'ai bre vieilli gémit au veut : le lac est troublé devant toi ; sombres Boni les nuages <lu ciel ! Mais tu es la neige sur la bruyère; ta chevelure est le brouiMard «lu Cromla, quand il Notre sur la colline ou qu'il brille ans rayons du couchant ! Tes seins sont deux rochers polis vus (le Branno des ruisseaux; tes bras

deux colonnes blanches dans le palais «lu grand

Fin pal. »

D'où viens-tu, répondit la blonde jeune fille, d'où

viens-tu, Ducliomar, le plus sombre des hommes?

tes sourcils sont noirs et terribles; rouges sont teyeux roulants! Swaran parait-il sur la mer? Quelles nouvelles de l'ennemi? — Je reviens de la colline, <*> Morna, de la colline des biches à la peau brune ; j'en ai tué trois avec mon arc tendu; trois avec mes chiens de chasse élancés etbondissants. Charmante fille de Cormac, je t'aime comme mon âme et, pour toi, j'ai tué un cerf majestueux. Superbe était sa tète à l'épaisse ramure, et ses pieds, légers comme le vent. « Ducliomar, répondit la jeune fille, avec calme, je ne t'aime pas, homme farouche! dur est ton cœur de rocher, sombre est ton front terrible. Mais Càthba, jeune fils de Torman, tu es l'amour de Morna, tu es un rayon de soleil dans les jours de sombre orage! As-tu vu le fils de Torman, charmant sur la colline de ses biches? La fille de Cormac attend ici la venue de Càthba. »

«( Longtemps attendra Morna, dit Ducliomar, Càthba se fera longtemps attendre! vois ce glaive nu! Ici coule le sang de Càthba. Longtemps attendra Morna. Il est tombé près du ruisseau de Branno ! J'élèverai sa tombe sur le Cromla, fille de Cormac, au bouclier d'azur. Tourne tes veux vers Ducliomar; son

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bras est fort comme la tempête ! » Le fils de Torman est-il tombé? s'écria la jeune fille d'une voix désespérée; est-il tombé sur ses sonores collines, le jeune homme à la poitrine de neige ; le premier à la poursuite des chevreuils; l'ennemi des étrangers, les fils de l'Océan? Tu es sombre (i) à mes yeux, Duchomar, ton bras est cruel à Morna! Donne- moi cette épée, mon ennemi! j'aime le sang répandu de Câthba! »

Il céda l'épée à ses larmes, elle la plongea dans sa mâle poitrine! 11 tombe, comme la rive verdoyante d'un torrent de montagne minée par les eaux: et étendant la main, il parle : « Fille de Cormac au bouclier bleu, tu m'as abattu dans ma jeunesse! L'épée est froide dans mon sein ; Morna, je la sens froide! Rends mon corps à Moina la jeune fille : Duchomar était le rêve de ses nuits; elle élèvera ma tombe; le chasseur chantera ma gloire : mais retire ce glaive de mon sein, Morna, ce fer est froid! » Elle vint dans toutes ses larmes, elle tira l'épée de sa poitrine. Il perça son beau flanc ! Sa blonde chevelure est étendue sur la terre; le sang jaillit en bouillonnant de sa blessure ; son bras blanc en est rougi. P^lle se roula dans la mort et les échos de la caverne ont redit ses soupirs !

Paix, dit Cuthullin, aux âmes des héros, leurs actions fuient grandes dans la guerre! Qu'ils chevauchent autour de moi sur les nuages; qu'ils montrent leurs figures guerrières; alors mon àme sera ferme dans les dangers ; mon bras sera comme la foudre du ciel ! Mais toi, Morna, viens sur un rayon de la lune, viens près de la fenêtre de mon repos; quand mes pensées seront celles de la paix, et que le fracas des armes ne se fera plus entendre. Assemblez les forces des tribus! marchons aux guerres d'Erin! suivez mon char de bataille! réjouissez-vous du bruit

(i) Elle fait allusion à sou nom « l'homme sombre ».

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