LIVRE TROISIEME. i Si
lance, kffiiibli esi l<; bras du guerrier; mais pleine Je loue < si Pâme du héros! u Tu es l<- bienvenu , lils «le Mfatha! lui di( ConnaJ ; tu ei le bienvenu au milieu de tes amis! Mais pourquoi ce loupir étouffé échappc-t-il au guerrier qui n'a jamais connu la crainte? — Et qui ne la connaîtra jamais, Connal, cbefà la lance aiguë! Mon âme brille dana 1<- danger ci dana le bru il des armes. Je suis de la race des braves, «'i mes pères n'ont jamais connu la crainte.
(i Gormar lut le premier <!<• ma race, Il se jouait au milieu «les tempêtes de la mer. Son noir esquil bondissait sur l'Océan : il voyageait sur les ailes
du vent. Une lois, un esprit troubla la nuit. Les mers s'enflent, les rochers retentissent <'t les vents
(liassent devant eux les nuages. Les «clairs volent sur des ailes de feu. Il eut peur et revint au rivage; niais aussitôt il rougit de sa frayeur. Il se précipite <le nouveau au milieu des values, pour chercher l'Esprit des vents. Trois jeunes hommes1 guident la barque bondissante ; il est debout, 1 epée nue. Quand passa près de lui la vapeur abaissée, il la saisit par sa tête crépue, et de son épée, il laboura ses flânes ténébreux. L'Esprit des vents abandonna les airs : la lune et les étoiles reparurent. Telle était la hardiesse de ma race. Calmar ressemble à ses pères. Le danger fuit devant un glaive levé. Qui ose, réussit !
« Mais vous, maintenant, enfants delà verte Erin, retirez-vous de la plaine sanglante de Lena. Rassemblez les tristes restes de nos amis, et rejoignez le glaive de Fingal. J'ai entendu le bruit des armes de Lochlin qui s'avance. Calmar restera pour combattre. Ma voix, ô mes amis, sera aussi puissante que si des milliers de héros se tenaient derrière moi. Mais souviens-toi de moi, fils de Semo ; souviens-toi du corps inanimé de Calmar. Quand Fingal aura dévasté !e champ de bataille, place-moi sous quelque
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pierre de souvenir, pour que les temps futurs apprennent ma renommée; pour que la mère de Calmar se réjouisse de sa gloire! »
Non, fils de Math a, dit Cuthullin , jamais je ne te laisserai ici. Ma joie est dans un combat inégal et mon âme grandit dans le danger. Connal, et toi Carril des temps passés, conduisez les tristes enfants d'Erin. Quand le combat aura cessé, revenez nous chercher dans cet étroit passage. Car nous tomberons près de ce chêne, dans le torrent de la bataille des mille! Fils de Fithil, vole avec la rapidité de l'aile sur la plaine de Lena; dis à Fingal qu'Erin a succombé. Prie le roi de Morven de venir. Oh! qu'il vienne, comme le soleil dans un orage, éclairer et ranimer notre île! »
Le matin blanchit sur le Cromla : les enfants de la mer le gravissent. Ferme, les attendait Calmar, dans l'orgueil de son âme brûlante : mais pâle était le visage du chef. Il s'appuyait sur la lance de son père, sur cette lance qu'il apporta de Lara, quand l'âme de sa mère était triste; l'âme de la solitaire Âlcletha, qui s'éteint par degrés dans la tristesse des années. Mais le héros s'affaisse et tombe comme un arbre sur la plaine. Le sombre Cuthullin reste seul, semblable à un rocher dans un vallon sablonneux : la mer vient avec ses vagues et rugit sur ses flancs endurcis : sa tête est couverte d'écume et les collines retentissent alentour.
Dans la grise vapeur de l'Océan apparaissent enfin les blanches voiles de Fingal. Haute est la forêt de mâts qui se balancent sur les vagues roulantes. Swaran les aperçut de la colline et cessa de poursuivie les enfants d'Erin. Comme la mer rugissante reflue à travers les cent îles d'Inistore; ainsi, immense et bruyante, revient contre Fingal la vaste armée de Lochlin. Mais triste et penché dans ses pleurs, Cuthullin marche à pas lents, traînant sa longue lance
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derrière lui : il Renfonce dans les boil du Crouila, ( ; gémit mut la chute «le w g amis. Il redoutai! !<• ule l'm;;.il, accoutumé .1 le féliciter, quand il revenait des chainpt de la gloire, u Combien , disait-il, gisent li de m !â héros! les chefs de la race d'Erin, ceux qui se. réjouissaient dans la salle des festins, quand r< sonnait le bruit des coupes ! .!<• ne rencontrerai plus leurs pas sur la bruyère; je n'entendrai plus leurs voix .1 la chasse. I aies et silencieux, iU sont couchés Bur leurs lits sanglants, ceux qui furent m* s .unis I () esprits de ceux qui viennent de mourir, venex trouver Cuthuliin sur la bruyère; venez sur lis vents converser avec lui quand gémira 1 .11 bi <• (!«• la caverne de Tura. Là, loin « I « - i«>u>, j'habiterai inconnu. Nul barde n'entendra parler de moi; nulle pierre grise rie sera élevée à ma gloire. Pleure-moi parmi les morts, <> Bragéla! ma gloire s'esi évanouie! » Telles étaient les paroles <!<• Cuthuliin, lorsqu'il s'enfonçait dans les bois du Cromla.
Fingal, majestueux dans son navire, étendit devant lui sa lance brillante. Terrible était l'éclat de l'acier! C'était comme le vert météore du trépas, qui sepose sur la bruyère de btfalmor, quand le voyageur ni etque la pleine lune est obscurcie dans le ciel.
« La bataille est finie, dit le roi, j'aperçois le sang de nies amis. Triste est la plaine de Lena ; pleins de deuil sont les chênes du Crouila! Les chasseurs sont tombés dans leur force. Le Bis de Semo n'est plus! Ryno et Pillan, mes fils, faites retentir le cor de Fingal. Gravissez cette colline sur le rivage et appelez les enfants de l'ennemi. Appelez-les non loin du tombeau de Lamdarg, le chef des temps passés. Que votre voix soit comme celle de votre père, quand il entre dans les combats de sa force. J'attends le superbe étranger; j'attends Swaran sur le rivage de Lena. Qu'il vienne avec toute sa race: puissants daus les combats sont les amis des morts f»
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Le blond Uyno brille et vole comme l 'éclair; le noir Filian passe comme l'ombre de l'automne. Sur la plaine de Lena leur voix se fait entendre. Les fils de l'Océan reconnurent le cor de Fingal. Gomme le tourbillon rugissant de l'Océan, qui revient du royaume des neiges; aussi forts, aussi sombres, aussi rapides descendent les enfants deLochlin. A leur tète parait leur roi dans le sinistre orgueil de ses armes. La rage brûle sur son visage bruni, et ses yeux roulent dans le feu de sa valeur. Fingal aperçut le fils de Starno et se souvint d'Agandecca; carSwaran avait pleure les pleurs de sa jeunesse sur sa sœur à la blanche poitrine. Fingal lui envoya Ullin aux doux chants pour l'inviter au festin des coupes; car douce à famé de Fingal, revenait la souvenance de son premier amour !
Ullin s'avance dans les pas de la vieillesse et dit au fils de Starno : « O toi qui, semblable à un rocher, habites loin de nous, environné de tes vagues, viens au festin du roi et passe ce jour dans le repos. Combattons demain, 6 Swaran, demain brisons les boucliers retentissants. » — « Aujourd'hui, répond le fils emporté de Starno, nous briserons les boucliers retentissants : demain mon festin sera étalé , mais Fingal sera couché sur la terre. » — « Que son festin soit donc étalé demain , dit Fingal avec un sourire ; aujourd'hui, mes enfants, nous allons briser les boucliers retentissants. Ossian, tiens-toi pi es de mon bras: Gaul, lève ton épée terrible: Fergus, bande ton arc recourbé , et toi, Filian, fais voler ta lance à travers le ciel. Levez vos boucliers semblables à la lune obscurcie; que vos lances soient des météores de mort. Suivez-moi dans le sentier de ma gloire et égalez mes actions dans le combat. »
Comme la foule des vents surMorven; comme les torrents de cent montagnes; comme les nuages qui volent l'un après l'autre sur le ciel; comme les noirs
I mil. I ROI81I Mi
iti Je Vi taéan < antre le 1 1\ âge du déseï I aussi rugissantes, .m>-i aussi terribles, M mé-
l.ui les .11 mées im la pi. une ret< ntissante «!«• I,ci i.i. Lei géintssementi des guerrier! se répandent sur les collines, comme le tonnerre de la nuil l<>r> que la oue éclate au-dessus de Cona,etque mille fantômes ensemble poussent des cris aigus dans le v i < I c . I < ta \ e 1 1 1 1 .
Fingalse précipite dans sa force, terrible comme l'esprit deTrenmor, lorsque dans un tourbillon il vieni a Morveo visiter les enfans <!<• Bon orgueil : l< m < lunes gémissent sur leurs montagnes et les rochers s'écroulent devant lui: a moitié vu dans les éclairs de la nuit , il marche à grands pas <lc colline en colline. Sanglante était la main de mon père, quand il taisait voler autour de lui l'éclat de son épée. Il se souvient des combats de sa jeunesse et son acier moissonne le champ de bataille.
ltyno s'avance comme une colonne de feu. Sombre est le front de Gaul. Fergus s'élance rapide comme le vent, Fillan, comme le brouillard de la colline. Ossian, comme un rocher, descend dans la mêlée. Je m'exaltais devant les hauts faits de mon père. Nombreuses furent les victimes de mon bras, lugubre la lueurde mon épée ! Mes cheveux alorsn'étaient pas blanchis et ma main ne tremblaitpas de vieillesse. Mes yeux n'étaient point voilés parles ténèbres, mes pieds, à la course, ne m'abandonnaient pas.
Qui peut raconter la mort des guerriers, les hauts faits des puissants héros, quand Fingal, brûlant dans son courroux, consumait les enfants de Lochlin? Gémissements sur gémissements s'élevaient de collines en collines jusqu'à ce que la nuit eût tout enveloppé. Pâles, hagards, comme un troupeau de daims, les enfants de Lochlin s'assemblent sur la plaine de Lena. Nous nous assîmes pour écouter la harpe joyeuse, près du doux ruisseau de Lubar.
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Fingal se tenait près de l'ennemi : 11 écoutait les récits de ses bardes, qui dans leurs chants, disaient sa race illustre, les chefs des temps passés. Attentif, appuyé sur son bouclier, était assis le roi de Morven. Le vent siffle à travers ses cheveux et ses pensées sont des jours du passé. Près de lui, sur sa lance qui plie, se tenait mon jeune, mon vaillant Oscar. Il admirait le roi de Morven et ses hauts faits agrandissaient son âme.
Fils de mon fils, commença le roi, 6 Oscar, orgueil de la jeunesse, j'ai vu l'éclat de ton glaive; je me suis glorifié de ma race. Continue la gloire de nos pères; sois ce qu'ils ont été, quand vivaient Trenmor le premier des mortels et Trathal le père des héros ! Ils ont combattu clans leur jeunesse; ils sont le sujet du chant des bardes. O Oscar, ploie le bras du fort; mais épargne les mains de la faiblesse. Sois pour les ennemis de ton peuple un torrent aux vagues nombreuses; mais pour ceux qui réclament ton secours, sois la brise qui effleure le gazon. Tel vécut Trenmor; tel fut Trathal, et tel a été Fingal. Mon bras fut le soutien de l'opprimé; le faible s'est reposé derrière les éclairs de mon glaive.
Oscar, j'étais jeune comme toi, quand vint la gracieuse Fainasollis, ce rayon de soleil, cette douce lumière d'amour, la fille du roi de Craca (i). Je revenais de la plaine de Cona et peu de guerriers étaient à ma suite. Une barque à la blanche voile apparut dans le lointain; nous la vîmes comme un brouillard volant sur la brise de l'Océan. Elle s'approcha bientôt. Nous vîmes la belle jeune fille : sa blanche poitrine était gonflée de soupirs; le vent était dans ses noirs cheveux dénoués et sa joue rosée avait des larmes. « Vierge de beauté, lui dis-je avec calme, quel soupir est dans ton sein? Jeune comme
'i) Craca était probablement une des îles Shetland.
l.ivni. TROISII ME. - ■
Î8, puis- je te défendre, fille del*Océan?Mon épée n'est pas sans égale dans la guerre; mats mdomptable est mon cœur, n
u Je vole vers toi , < I i i -< ■ 1 1 « • en soupirant , «'» pi ince des hommes puissants, |e % < >!<■ vers i<>i, ehefaui coupes généreuses, sontiende la faiblesse. Le roi de Craca voyait en moi le rayon brillant <!<• sa race et les collines du C roi nia ont entendu les soupirs d'amour adressés a la malheureuse PainasollislLechef
<!c Sora me vit dans ma beauté; il aima la fille de
Craca. Son épée sur son Banc est un rayon <!<■ lumière; mais son (Vont est sombre et les Orages sont
dans son âme. Je le fuis sur la mer rugissante; mais le chef de Sora me poursuit. »
« Repose-toi, lui dis-je, derrière mon bouclier! repose en paix, ô doux rayon de lumière! Il luira le sombre chef de Sora, si le bras de Fingal ressemble à son âme. Je pourrais, fille de la mer, tecacber dans quelque caverne solitaire; mais Fingal ne fuit jamais. Partout où menace le danger, je me réjouis dans la tempête des lances. » Je vis des larmes sur sa joue ; j'eus pitié de la belle enfant de Craca.
Mais au loin, comme une vague terrible, apparut le vaisseau de forageux Borbar. Ses mats élevés se penchaient sur la mer derrière leurs voiles de neige et les vagues écumantes roulaient de ebaque côté. La voix de l'Océan mugissait, « Descends, lui dis-je, du rugissement des flots, ô toi qui ebevauebes la tempête. Viens partager les fêtes de mon palais : c'est la demeure des étrangers. »
La jeune fille se tenait tremblante à mes côtés. Il bande son arc : elle tombe. « Sûre est ta main, lui dis-je, mais faible était ton adversaire » Nous combattîmes. Terrible fut cette lutte de mort. 11 tomba sous mon épée. Aous plaçâmes sous deux tombes de pierre ces jeunes et infortunés amants.
«Tel je fus dans ma jeunesse. Que ta vieillesse,
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Oscar, ressemble à celle de Fingal. Ne cherche jamais le combat; mais, s'il se présente, ne l'évite jamais] Fillan et Oscar à la brune chevelure, vous qui êtes légers à la course, volez sur la bruyère en ma présence; observez les fils de Locblin : j'entends d'ici le bruit de leurs pas, comme des sons éloignés dans les bois; allez, qu'ils n'échappent point à mon glaive sur les vagues du nord. Car, combien de chefs de la race d'Erin gisent ici sur le sombre lit de la mort! Us sont tombés les enfants de la guerre, les fils du Cromla aux échos retentissants! »
Les deux héros volèrent comme deux sombres nuages, deux sombres nuages qui servent de chars aux fantômes, quand les sombres enfants de l'air viennent effrayer les hommes. Alors Gaul, fils de Morni, s'avance et s'arrête immobile comme un rocher dans la nuit; sa lance brille aux étoiles; sa voix est semblable à de nombreux torrents.
«Enfant de la bataille! s'écria le chef, ô Fingal, roi des coupes, que tes bardes, par leurs chants, appellent le sommeil sur les amis d'Erin! Fingal, laisse dormir ton épée de mort, et permets que ton peuple combatte. Nous nous fanons sans gloire; notre roi est le seul qui brise les boucliers. Quand le matin se lèvera sur nos collines, contemple de loin nos exploits. Que Locblin sente l'épée du fils de Morni; que les bardes chantent mes hauts faits. Telle fut jusqu'à présent là coutume de la noble race de Fingal; telle fut la tienne, roi des glaives, dans le combat des lances. »
« Fils de Morni, répondit Fingal, je me glorifie de ta gloire. Combats, mais ma lance sera près de toi pour t'aider dans le danger. Elevez, élevez la voix, enfants de l'harmonie, et que vos chants bercent mon sommeil. Ici reposera Fingal, au milieu des vents de la nuit. Et toi, Agandecca, si tu es près de ces lieux, parmi les fils de ton pays , ou si tu es as-
LIVRB Ql Allill.Ml .
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Bien des \ni\ ei bien des barces unirent leurs sons mélodieux : elles chantaient les nobles actions .!<• I m;;. il , elles chantaient sa noble race; et quelquefois, bu milieu des <l<>u\ sons, s'entendait le nom d'Ossian. Souvent j;ii combattu, souvent j'ai triomphé dans le combat des lances; mais aveugle , abandonné et dans les larmes, je marche avec des hommes dégénérés! <> l'iii;;.i! ! je ne i<- vois j > I » «< au milieu <le ci noble race <!<■ guerriers! Les chevreuils sauvages paissent sur la verte tombe «lu puissant roi de Moiven! Bénie soit i<»n âme, roi des épées, <> i<»i le plus renomme sur les collim s de Cona!
LIVBE QUATRIÈME.
Argument.
L'action du poème étant interrompue par la nuit, Ossian eu profite pour raconter ses propres exploits prés du lac «le Lego , et son amour pour l£vcrallin, mère d'Oscar, f|ui mourut quelque temps avant l'expédition de Pîngal en Irlande. Son ombre apparaît à Ossian et lui dit qu'Oscar, <jui avait été envoyé au commencement de la nuit [jour observer l'ennemi, avait engagé le combat avec un parti avance; et qu'il était presque accablé par le nombre. Ossian vole au secours de son Hls et une alarme prévient Fingal de l'approche de Swatan. Le roi se lève, rassemble son armée et, comme il l'avait promis la nuit précédai te, en confie le commandement à Gaul, fils de Morni. Après avoir recommandé à ses enfans de se conduire vaillamment et de défendre son peuple, il se relire sur une colline (Ton il
pouvait voir te combat. La bataille s'engage ;le poète dit les grandes actions d'Oscar. Mais tandis qu'Oscar avec son père triomphaient sur une aile , Gaul, attaqué par Swaran en personne, était au moment d'opérer sa retraite. Fingal envoie sou barde 01 lin pour l'encourager par un chant de guerre. Gaul et son armée sont obligés de se retirer. Fingal descend de la colline, rallie ses guerriers. Swaran cesse de les poursuivre, s'empare d'une hauteur, rétablit l'ordre dans ses rangs et attend l'approche de Fingal. Celui-ci ayant encouragé ses hommes, donne les ordres nécessaires et recommence le combat. Culhullin, qui s'était retiré à la caverne de Tura avec sou aini Connal et Carril son barde , entendant le bruit de la mêlée, vient sur le sommet de la colline qui dominait le champ de bataille et voit Fingal aux prises avec l'ennemi. Dissuadé parConnal d'aller joindre Fingal qui était sur le point d'obtenir une victoire complète, Cutliullin envoieCarril féliciter le héros de son succès.
Quelle est celle qui, avec ses chants, descend de la colline, semblable à Tare de la pluvieuse Lena? C'est la vierge à la voix d'amour, la fille aux blanches mains de Toscar. Souvent tu as écouté mes chants , souvent tu m'as donné les pleurs de ta beauté. Viens-tu pour contempler les combats de ton peuple ou pour entendre le récit des actions d'Oscar ? Quand cesserai-je de gémir près des torrents de la retentissante Gona? Mes années se sont écoulées dans les combats et la douleur obscurcit ma vieillesse !
Fille à la main de neige (t), je n'étais pas aveugle et triste : je n'étais pas si sombre et si délaissé lorsqu'Everallin (2) m'aimait! Everallin à la brune chevelure, la fille aux seins blancs de Branno. Mille héros recherchèrent la jeune fille, mais elle refusa son amour à mille héros. Elle dédaigna les fils de lepée , car Ossian était gracieux à ses yeux. J'allai vers les ondes noires du Lego, pour demander cette
(1) Marvina.
(2) Prononcez Evcralline.