LIVRE CINQUIEMI
guerrier des rivei du Lola. Je rais mourii sur la plaine <!<• Lena : des bardes étrangers parleroni <l« moi : mon large baudriei < ouvre ma bu isorc moi telle et je le jette aux rents ! »
l'n s,iu;; h. tu jaillii de >< m i Banc : il tombe pâle sur l.i bruyère de Lena; il expire. Fingal se p< m be s m lui et rappelle Bes jeunes chefs. « Oscar et Pillan, mes enfants, élevés la tombe d'Or la. Qu'ici repos* le guerrier aux cheveux bruns, loin <!«• Pépousi de ion amour; «[«fil repose ici dans son étroite demeure, loin du murmure du Lola. Le faible un joui verra
son arc dans SOS salles, mais il OC pourra l«' bander.
Sea chiens fidèles hurlent sur ses collines, et 1< ^ sangliers qu'il avait coutume de poursuivre ge réjouissent Il est tombé, le bras «le la bataille, il est tombé, le puissant parmi les braves! EÀtvei la voix, que le
cor retentisse, enfants du roi «le Muivcn! Ri touillons vers Swaran et dissipons lanuit par nos chants.
I illan, Oscar et Rvno, volez sur la bruyère de Lena. Mais où es-tu, Kyno, jeune enfant de la gloire? Tu n'avais pas coutume de répondre le dernier à la voix de ton père! » Kyno, répondit Ullin, le premier «les bardes, Ryno est avec les ombres augustes de ses pères : avec Trathal, le roi des boucliers, avec Trenmor aux actions glorieuses. Le jeune bomme est tombé, le jeune homme est pâle; il repose sur la plaine de Lena. »
« 11 est donc tombé, s'écria le roi, le plus léger à la course, le premier à bander l'arc! A peine as-tu été connu de moi! Pounjuoi le jeune Ryno est-il déjà tombé? Mais dors doucement sur Lena, Fh;;;al te reverra bientôt. Bientôt ma voix ne sera plus entendue, et l'on cessera de voir la trace de mes pas. Les bardes diront le nom de Fingal : les pierres parleront de lui. Mais tu n'es plus, ô Ryno, et tu n'as pas reçu ta gloire. Ullin, touche la harpe pour Ryno; dis ce qu'il eût été un jour. Adieu, toi le premier
*;<> F1NGAL.
dans le champ des combats. Je ne dirigerai plus ton javelot. Tu étais si beau ! Je ne te vois plus! Adieu! n
D< s pleurs sont sur la joue du roi, car son fils était terrible clans la guerre; son fils qui ressemblait à un rayon de feu5 la nuit, sur la montagne, quand les forêts tombent sous son passage, et que le voyageur tremble au bruit de leur clmte : mais les vents l'emportent au delà des rocs escarpés; il disparait à la vue et les ténèbres triomphent.
« Quel est celui dont la gloire est dans cette verte tombe? dit le roi des coupes généreuses. Quatre pierres , avec leurs tètes de mousse , marquent l'étroite maison de la mort. Près de là, que Ryno repose; qu'il dorme voisin des braves! Peut-être gît ici quelque chef renommé, qui s'envolera avec mon fils sur les nuages. O Ullin, dis les chants du passé : réveille leur mémoire ensevelie dans leur tombe. S'ils n'ont jamais fui dans le champ des batailles, mon fils reposera près d'eux; il reposera, loin de Morven, sur les plaines de Lena. »
Ici, dit le barde harmonieux, ici reposent les premiers des héros. Silencieux est Lamderg dans cette tombe, muet est Ullin (i), le roi des épées. Mais quelle est celle qui, douce et souriant sur son nuage, me montre son visage d'amour? Pourquoi, vierge, pourquoi es-tu si pâle, toi la première des filles de (îromla ? Ne dors-tu point avec les ennemis, blanche fille de Tuathai? Tu fus l'amour de mille guerriers; mais Lamderg fut ton seul amour. Il vint vers les tours moussues de Tura, et, frappant son noir bouclier, il dit : « Où est Gelchossa mon amour, la fille du noble Tuathai? Je l'ai laissée dans le palais de Tura quand j'allai combattre le puissant Ulfada. u Reviens bientôt, ô Lamderg, me dit-elle, car je
(j ) Ullin, fils de Cairh.ir qu'il ne faut par confondre aree
le barde de ce nom.
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mus ici, assise dans ma douleur, Lei soupirs loule- 1 son sein blanc et sa joue était mouillée «!<• larmes. Mais je ne la trois point venir au-devant de moi pour calmer mon âme après la gu« m Bili ncieux < si le palais de ma j« »i« ■ •. je n'entends pas la v..i\ du barde. Bran, .1 la porte, n'agite [muni ses chaînes, joyeux a la v< nue de Lamderg. <>n est Gelchossa, mon amour, la douce fille «lu généreux Tuathalr h Lamderg, dit Perchios, filsd*Aidon,Gelchossa erre sur le Crotnla. Elle poursuit avec les filles <l<- Parc les chevreuils fugitifs. 1 — « Perchios, répond le chef de Croinla, nul bruit D'arrivé à l'oreille <l<; Lamderg. l'a- un sun dans les bois de Lena. Aucun chevreuil ne fuit (levant mes yeu*; aucun chien haletanl ne le poursuit. Je ne vois point Gelcfa mon amour, belle comme la pleine lune se couchant sur les collines. Va, l'en liios , va vers Allad, l'enfant du rocher aux cheveux blanchis. Sa demeure est dans le cercle de pierres. Il sait peut-être où se trouve la belle Gelchossa. »
Le fils d'Aidon va et parle à l'oreille du vieillard : * Allad, tremblant el solitaire habitant des rocheis, qu'ont VU les yeux de ta vieillesse?» — « J'ai vu, répondit le vieux Allad, j'ai VU Ullin, le fils de Cairbar; du Cromla il est descendu dans les ténèbres. H murmurait un chant lugubre, comuie le vent dans une foret sans feuilles. 11 entra dans le palais de Tura : « Lamderg, s eeria-t-il , 6 toi le plus redoutable des hommes, combats ou cède à Ullin ; » — « Lamderg, le fils de la bataille, répondit Gelchossa, n'est point ici: il combat Ulfada, le chef puissant; il n'est point ici, 6 toi le premier des hommes! mais Lamderg ne céda jamais; il combattra le fils de Cairbar! » — u Tu es belle , reprit le farouche Ullin, fille du généreux Tuathal ! Je t'emmène au palais de Cairbar, et le brave aura Gelchossa. Trois jours je resterai sur le Cromla pour at-
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tondre Lamderg, l'enfant de la bataille; le quatrième, Gelctiossa sera à moi, si le puissant Lamderg fuit! »
u Allad , dit le chef de Crorala, paix à tes songes dans ta caverne! Ferchios, fais retentir le cor de Lamderg, et qu'Ullin l'entende de sa demeure. » Lamderg, comme une tempête rugissante, monte sur la colline; il murmure, en marchant, un chant teiTible et sombre comme le bruit d'un torrent dans sa chute. Sombre, il s'arrête sur la colline, pareil à un nuage variant ses formes aux vents. 11 roule un rocher, signal de la guerre, et Ullin, dans la demeure de Cairbar, en entendit la chute. Avec joie il entend son ennemi. Il saisit la lance de son père; un sourire éclaire ses joues brunies, et il suspend son glaive à son côté. Le poignard étincelle dans sa main; il s'avance en sifflant.
u Gelchossa vit le chef silencieux, comme une colonne de brouillard, monter sur la colline. Elle frappe son sein palpitant : muette et dans les pleurs, elle tremble pour Lamderg. u Cairbar, chef aux cheveux gris, dit la vierge à la main blanche et douce, je veux aller tendre l'arc sur le Gromla; j'y vois les biches au poil fauve. » Elle vole sur la colline ; mais en vain ! déjà combattaient les farouches guerriers. ■ — Pourquoi dirai-je au roi de Selma comment ont combattu ces héros courroucés? Le sauvage Ullin succomba. Le jeune Lamderg revint, mais pâle , vers la fille de Tuathal. « Quel sang, mon amour, dit-elle toute tremblante , quel sang coule sur le flanc de mon guerrier? n — « C'est le sang d'Lllin , répondit le chef. Gelchossa, ô toi plus belle que la neige, laisse-moi ici reposer quelque temps! » — Le puissant Lamderg mourut. — « Et si tôt dors-tu sur la terre, ô chef de l'ombragée Tura?» Trois jours elle se lamenta auprès de son amour. Les chasseurs la trouvèrent froide: ils élevèrent cette tombe