CHANT TROISIÈME
Argument.
Ossian, après quelques réflexions générales, décrit la situation de Fingal et la position de l'armée de Lochlin. Entretien de Starno et de Swaran. L'épisode de Corman-trunar et de Foinabrâgal. Starno veut qu'à son exemple Swaran surprenne Fingal, qui s'est retiré seul sur une colline voisine. Sur le refus de Swaran, Starno tente l'entreprise ; il est vaincu et fait prisonnier par Fingal, qui le remet en liberté après une réprimande sévère sur sa cruauté.
D'où sort le torrent des années? Où roulent-elles? '1) Ul-loch!in — le guide à Lochlin, nom dune étoile.
CHANT THOISIKME l3
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de diverses couleurs)
Je regarde dans les temps du passé, mais aux yeux d'Ussian, ils paraissent obscurs comme les rayons de la lune réfléchis sur un lac éloigné, le « s'élèvent les flammes rouges de la guerre ; là repose silencieuse une race affaiblie qui passe avec lenteur sans marquer les années de ses glorieuses actions. o loi qui demeures entre les boucliers, toi qui réveilles l'âme assoupie, de ta muraille, barpede (loua, descends avec tes trois voix! Virus avec ce qui rallume le passé , ai lais sortir les formes «les vieux temps de leurs ténébreuses années.
U-Thorno, colline des orages , je vois nia race sur tes Mains! Fingal se penche dans la nuit sur la tombe de Dulh-Maruno. Près de lui sont les guerriers de ce chef, les chasseur* du sanglier. Sur la rive du Turthor, Tannée de Lochlin esl plongée dans les ténèbres. Leurs rois irrités se tenaient sur deux collines : appuyés sur leurs boucliers, ils contemplaient les rouges étoiles de la nuit cheminant vers l'Occident. Cruth-Loda, semblable à un météore informe, se penche du sein des nuages. 11 déchaîne les vents et les marque de ses signes. Starno prévoit que le roi de Morven ne cédera point dans le combat.
Deux fois Starno frappe avec colère l'arbre de Loda. Il s'élance vers son fds, il murmure un chant menaçant et prête l'oreille au bruit du vent dans ses cheveux. Tournés chacun d'un coté opposé, ils se tenaient debout, comme deux chênes qui, courbés par des vents contraires, se penchent, chacun sur son ruisseau, et secouent leurs branches dans la course des vents.
« Annir , dit Starno des lacs, était un feu qui consumait jadis. Ses yeux lançaient la mort dans les champs de bataille; sa joie était dans la chute des
ij GATH-LODA.
hommes. Le sang, pour lui, celait le ruisseau d'été qui, de ses rochers moussus, va porter la joie aux vallons desséchés. Il descendit au lac Luth-Coimo pour combattre le majestueux Corman-trunar, celui qui, venu d'Urlor des torrents, était le soutien de l'aile des armées.
Le chef d'Urlor était venu à Gormal sur ses navires au noir poitrail. Il vit la fille d' Annir, la blanche Foina-Brâgal : il la vit et les yeux de Foina ne se tournèrent point avec indifférence sur le chevaucheur des values orageuses. Vers son navire elle s'enfuit, dans la nuit, comme un rayon de lune à travers une vallée nocturne. Annir les poursuivit sur l'abiuie, il appela les vents du ciel; mais il n'était pas seul le roi ! Starno était à ses côtés : semblable au jeune aigle d'U-thorno, j'attachais mes yeux sur mon père.
Nous entrâmes dans la mugissante Lïrlor; le majestueux Corman-trunar vint à nous avec son peuple. Nous combattîmes mais l'ennemi triompha. Mon père debout, dans sa fureur, ébranchait les jeunes arbres de son épée et roulait des yeux enflammés de rage; j'observai rame du roi et me retirai dans les ténèbres. Je pris sur le champ de bataille un casque brisé, un bouclier percé par le fer, et, tenant dans ma main une lance sans pointe, j'allai trouver l'ennemi.
Sur unrocher, près d'un chêne embrasé, était assis le majestueux Corman-trunar; à ses côtés, sous un arbre, était Foina-Bràgalàla belle gorge. Je jetai devant elle mon bouclier brisé et je prononçai des paroles de paix. « Près de ses vagues houlleuses repose Annir le roi de bien des lacs. Il a été percé dans le combat, et Starno doit élever sa tombe. Il m'envoie, moi, un des enfants de Loda, vers Foina aux blanches mains, pour lui demander une boucle de ses cheveux qui doit avec lui reposer dans la terre. Et
CIIAM rROlSIÈME.
toi , roi de la mugissante Urlor, fais i ;<i i e
jusqu'à ce que Aniiir ail réÇU la CÛUDe des inain> de
( !ruth-Loda. n
Fondant en larmes elle se lève el arrache une boucle <!<■ ses cheveux, une boucle qui flottait .1 la
brise MU' son sein gonflé de -a n;;l< >ls. ( loi ma n-h u-
nar m'offrit la coupe et m'invita a me réjouit
lui; je me reposai dans l'ombre «le la nuit et cachai mon visage dans mon casque profond. Le sommeil descendit sur L'ennemi, .le me levai comme un fantôme errant et je perçai le sein de Corman-trunar ; Foinane m'échappa point; elle roula, ses seins baignés dans le sang. Pourquoi, fille des héros, p ■-
quoi réveillas-tu ma rage? Le matin se leva: l'ennemi s'était évanoui comme le brouillard. Annir frappa sur son bouclier et appela son fils aux noirs cheveux.
J'arrivai couvert de sang : trois fois le roi poussa un cri de joie, semblable à l'éclat d'un vent impétueux qui, pendant la nuit, s'élance des flancs d'un nuage. Trois jours nous nous réjouîmes de la mort de nos ennemis et nous appelâmes les oiseaux voraces; ils descendirent de tous les vents du ciel pour se repaître des ennemis d'Annir. Swaran, Fingal est seul sur sa colline de nuit. Que ta lance perce en secret le roi, et, comme Annir, inon âme se réjouira!
« Fils d'Annir, répondit Swaran, je ne tuerai point dans les ténèbres; je marche dans la lumière; les oiseaux de proie s'élancent alors de tousles vents du ciel. Ils sont accoutumés à suivre ma course sanglante à travers la bataille. »
Brûlante éclata la rage du roi ! Trois fois il lève sa lance étincelante, mais tressaillant, il épargne son fils et s'enfonce dans la nuit. Près du torrent de Turthor est une caverne sombre, demeure de Conban-Càrglas. Là, il pose le casque des rois et ap-
i6 CATH-LODA.
pelle la fille de Lulan; mais elle est loin, bien loin', clans le palais de Loda! Gonflé de rage, il marche vers l'endroit où Fingal reposait seul. Sur sa colline secrète le roi était couché sur son bouclier.
Farouche chasseur des sangliers, ce nTest point une faible vierge qui repose devant toi! Ce n'est point un enfant sur son lit de fougère, près de la rive murmurante du Turthor ! Ici est étendue la couche des puissants, la couche d'où ils se lèvent pour des actions de mort! Chasseur des sangliers, n'éveille pas le terrible !
Starno s'avance en murmurant. Fingal se lève dans ses armes. « Qui es-tu, fils de la nuit? n Starno sans répondre lui jette sa lance; ils engagent une lutte ténébreuse. Le bouclier de Starno tombe fendu en deux : le guerrier est lié à un chêne. Les rayons du matin se lèvent et Fingal reconnaît le roi. Il roule quelque temps ses yeux en silence; il pense aux jours dupasse, lorsque Agandeccala vierge aux seins blancs, glissait douce et légère comme la musique des chants. Il délie les mains de Starno. « Fils d'Annir, dit-il, retire-toi! retourne à Gormal des coupes. Un rayon qui s'est couché m'apparait : je me rappelle ta fdle aux seins blancs; roi terrible loin de moi! Retire-toi dans ta demeure, ténébreux ennemi de la beauté! que l'étranger t'évite, toi qui vis sombre dans ton palais! »
Un récit des temps qui ne sont plus!
COMALA.
POÈMB DRAMATIQUE.
Argument.
Ce poème est important à cause de la lumière qu'il répand ^ir I antiquité <li"< compositions d'Ossian. Caiacnl, di.ru il est
mention ici, est le même que Caracalla, Hls «li Sévère, «pu, m 2 1 i , <-oiiiiu.il h Lut une expédition eontre les Calédoniens. I.a variété du mètre montre qne ce poème fut, daci l'origine, mis ni musique et chanté peut-être (levant les chef* ilans les occasion* solennelles. La tradition a conservé 1 histoire plus complète qu'elle ne Test dans le poème. Comala, fille <Ie Sarno, roi ûTlnistore ou «les îles ( hneades, s'éprit d'amour pour Fingal, fils d»* Comlial, à une fête où Sarno l'avait invité à son retour de Lochlin, après la mort d'Agandecca. I.a passion de Comala devint si violente qu'elle se déguisa en jeune guerrier, demandant à être employée dans les guerres de Fingal. Elle fut bientôt reconnut; par IIkI.iII.ui. fils «le L.iinor, un des héros de Fingal, dont elle avait dédaigné l'amour quelque temps auparavant. Sa passion romantique et sa l»eau(é louchèrent tellement le roi qu'il avait résolu de l'épouser, lorsqu'il appiit l'expédition de Caraeul. Il se mit en marche pour arrêter les piov;tès île l'ennemi, et Comala l'accompagna. Kn partant pour le combat il la laissa sur une colline, en vue de l'armée de Caracul, ri lui promit, s'il survivait, de revenir le soir même. On verra dans le poème la suite «le l'histoire.
FlKGSL.
IllIULLAK.
CoMALA.
Personnages.
Melii.com a,
Dersagreka,
Bardes.
filles de Morm.