LIVRÉ PREMIER
réjouir e( son bras en devenir plus puissant sur dos terres. Vous êtes braves, o guerriers, vous êtes des u mpétes dans ! Vous êtes semblables au*
;n qui sans crainte rencontrent les rochers el inent 1 i èts. Mais avançons lentement el en force, comme un nuage ramassé! Alors tremblera le puissant ; la lance tombera de la main «lu vaillant. Nous voyons, diront-ils, le nuage de la mort, tandis que des ombres passeront sur leurs visages. Fin gai se désolera dans sa vieillesse, il verra s'envoler sa renommée. On ne verra plus à Morven les pieds de ses héros <•( la mousse des années croîtra dans Selma. -
Cairbar, en silence, ('coûtait leurs paroles, semblable à la une orageuse <|ui s'arrête sombre sur le Cromla jusqu'à ce que les éclairs jaillissent de ses Haix s : la flamme du ciel éclaire la vallée et les esprits de la tempête se réjouissent. Tel se tenait silen< ieux Je roi de Témora; il laisse enfin tomber ces mots :
uQu'on prépare une fête sur la plaine de Lena. Que mes cent bardes s'y rendent. Toi, Olla aux cheveux roux, prends la harpe du roi. Va trouver Oscar, chef «les épées, et invire-le à notre festin. Aujourd'hui, nous fêtons, nous écoutons les chants : demain, nous briserons les lances! Dis-lui que j'ai fait élever la tombe de Cathol; que mes bardes ont donné aux vents l'ombre de son ami. Dis-lui que Cairbar a entendu parler de ses exploits sur les rives retentissantes du Carun. Cathmor mon frère n'est point ici; il n'est point ici avec ses milliers, et nous sommes faibles en nombre. Cathmor est un ennemi de toute querelle au i?iiliea des festins! Son âme est brillante comme ce soleil ! Mais il faut, chefs de la verte Témora, que Cairbar combatte Oscar! Que n'a-t-i! pas dit sur la mort de Cathol? Cairbar
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en brûle de colère. Il tombera sur la plaine de Lena et ma gloire se lèvera dans le sang, »
La joie brillait sur tous leurs visages; ils se répandent sur la plaine de Lena et la fête des coupes est préparée. Les chants des bardes s'élèvent. Les chefs de Selma entendirent leurs réjouissances. .Nous crûmes que le puissant Cathmor s'avançait, Cathmor l'ami des étrangers, le frère de Cairbar aux cheveux roux. Leurs Ames n'étaient pas semblables. La lumière du ciel habitait Pâme de Cathmor. Ses tours s'élevaient sur les rives d'Atha : sept sentiers conduisaient à son palais. Sept chefs se tenaient sur les sentiers et conviaient l'étranger à ses fêtes. Mais Cathmor demeurait dans les bois pour fuir la voix de la louange!
Olla vint avec ses chants. Oscar se rendit à la fête de Cairbar. Trois cents guerriers s'avancent sur la plaine murmurante de Lena; les chiens gris bondissent sur la bruyère et Ton entend leurs hurlements au loin. Fin gai vit partir le héros : L'âme du roi s'attrista; il redoutait les sinistres pensées de Cairbar, même au milieu delà fête des coupes.
Mon fils portait la lance de Cormac. Cent bardes en chantant vinrent au devant de lui. Cairbar cachait sous un sourire la mort qu'il méditait dans l'ombre de son âme. Le festin est étalé; les coupes résonnent. La joie éclaire le visage des guerriers; mais c'est le rayon mourant du soleil quand il est près de cacher sa tête ardente dans la tempête.
Cairbar se lève en armes. Les ténèbres s'amassent sur son front. Les cent harpes se taisent à la fois. Le bruit des boucliers se fait entendre (i); Olla, dans
(i) Quand DO chef avait pris la résolution de faire mourir quelqu'un qu'il tenait en son pouvoir, c'était l'usage de lui signifier son arrêt de mort, en frappant sur un bouclier avec le bout d'une lance sans pointe, tandis qu'un barde chantait dans lcloi^nemrnt le chaut de mort.
1 1 loigm iik'iii , «■■■iciiini* mi chant de douleur. Mou fil g rccorinaii le signal de mort et, se levant, il sa lance. — « Oscar, «lit Cairbar aux chevetn roux, j'aperçois la lance cl'Erin. Fils des bois <]<■ Morven . dans ta main brille la lance de Témora, l'orgueil de cent rois, la mort «les béros «les siècles pi Cède-la, lils d'Ossian, cède-la à Cairbar le chef des chars ! n
u Je céderais, repril Oscar, le présent de l'infortuné roi d'Erin! le présent que Cormac aux blonds cheveux fit à Oscar, lorsque je dispersai ses ennemis ! Quaud Swaran eut fui devant Fingal , je me rendis an palais de CÔrmac. La joie se leva sur le du jeune chef; il me donna la lance de Témora. Et il ne l'a point donnée à nn lâche, 6 < 'airbar, ni à une âme débile! Les ténèbres de ta tare ne sont point une tempête pour moi; ni tes yeux, les flammes de la mort! Est-ce que je m'effraie du bruit de ton bouclier? Est-ce que je tremble au chant d'Olla? Non : Cairbar, épouvante le faible; Oscar est un rocher! »
« Tu ne céderas pas la lance, reprit Cairbar avec orgueil? Tes paroles sont-elles si superbes parce que Fin gai est proche? Fingal, ce roi aux cheveux blancs des cent bois de Morven"? 11 n'a combattu que des hommes dégénérés, mais il s'évanouira devant Cairbar, comme une colonne de brouillard devant les vents d'Atha ! » — « Si celui qui n'a combattu que des hommes dégénérés était en présence du chef altier d'Atha, le chef d'Atha, pour éviter sa fureur, abandonnerait la verdoyante Erin! Ne parle plus du puissant, ô Cairbar! tourne ton épée contre moi! Notre force est égale, mais Fingal est renommé, Fingal est le premier des mortels! »
Les guerriers observent leurs sombrçs chefs; leurs pas se pressent et retentissent au loin; leurs yeux roulent dans le feu: mille épées sont à moitié tirées,
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Le roux Oila entonne le chant de bataille j le cœur d'Oscar en tressaille de joie, de cette joie familière à son cœur quand se faisait entendre le cor de Fingai. Sombre comme la vague enflée de l'Océan avant le réveil des vents, alors qu'elle penche sa tête vers la côte, telle s'avance l'armée de Cairbai !
u Fille de Toscar, pourquoi cette larme ? Il n'est point encore tombé ! Nombreuses sont les victimes de son bras, avant que mon héros soit lui-même abattu! — Vois-les tomber devant mon fils comme les arbres du désert, lorsqu'un fantôme furieux s'élance à travers la nuit, et dans sa main emporte leurs vertes têtes. Morlath tombe! Ma-ronnan expire, Connachar se débat dans son sang. Cairbar recule devant le glaive d'Oscar : il se glisse en rampant derrière une roche , lève sa lance et, sans être vu, perce le flanc de mon Oscar! Il tombe en avant sur son bouclier, mais il se soutient sur un genou , et sa lance est toujours dans sa main. Vois Je traître Cairbar ! il tombe! le fer a percé son front et va sortir derrière entre ses cheveux sanglants ! Il repose étendu, comme un roc éclaté que le Cromla détache de ses flancs hérissés, lorsque la verte Erin secoue ses montagnes d'une mer à l'autre mer. »
Mais jamais plus Oscar ne se relèvera! Il s'appuie sur son bouclier et sa lance est dans sa main terrible. Les enfants d'Erin restent à quelque distance , immobiles et sombres; leurs cris s'élèvent comme les bruits confus des torrents, et les échos de Lena leur répondent au loin. Fingal entendit ces cris; il saisit la lance de Selma. Ses pas nous devancent sur la bruyère; il nous adresse ces paroles de douleur: « J'entends le bruit de la guerre; le jeune Oscar est seul. Levez-vous; enfants de Morven, et rejoignez le glaive de ce héros ! »
Ossian s'élance sur la bruyère ; Filian bondit sur Moi-lena. Fingal, dans sa force, s'avance à grands