‹ Ossian, uvres complètesChapitre 62 sur 102 · LIVRE PREMII i · texte numérisé non relu

LIVRE PREMII i

pas •. l'éclat de son boucliet est terrible. Les fils • Il un l'aperçoivent dams l'éloigucmcmt ; ils tremble ni dans leurs âmes ; ils comprennent que le courrons: du roi s'est allumé; ils prévoienl leur mort Nous arrivâmes les premiers ei nous combattîmes. I < s chefs d'Erin soutinrent notre fureur; mais, quand arriva l<- roi dans l'impétuosit de < 1 1 1 « - 1 cœur d'acier eûl pu résister '. Les guerriers d'Erin raient sur Moi-lena; la mon poursuit leur Cuite. Nous trouvâmes Oscar sur son bouclier; nous vîmes s. »ii sang autour de lui. Le silence consterne tous les visages ; chacun tourne le dos et pleur. . Le roi s'efforce <!<• cacher ses larmes : le vent siffle dans sa barbe grise; il penche la tête sur le héros, et ses paroles sont entrecoupées de soupirs.

« Et tu tombes, ô < )scar ! au milieu <!e ta course ! Le coeur d'un vieillard palpite sur toi ! Il voit les batailles qui t'attendaient! tes batailles à venir, il les voit! mais elles sont enlevées à ta renommée. Quand la joie habitera-t-elle dansSelma? quand la douleur s'éloignera-t-elle de MorvenîMes fils tombent l'un après l'autre : Fingal est le dernier de sa race. Ma gloire commence à s'éclipser; ma vieillesse sera sans amis; je resterai dans mon palais, comme un nuage obscur, et je n'entendrai pas le retour d'un fils au bruit retentissant de ses armes. Pleurez, héros de Morven, Oscar ne se relèvera plus! »

Ft ils le pleurèrent, ô Fingal ! le héros était cher à leur cœur. Il allait au combat, l'ennemi disparaissait. Il revenait avec la paix au milieu de leur joie. Nul père ne pleura son fils tué dans sa jeunesse; nul frère, le frère de son amour : ils périrent sans être pleures, car le chef du peuple était tombe ! Bran hurle à ses pieds, le noir Luath est triste; car souvent il les avait conduits à la chasse des cerfs bondissants du désert.

Quand Oscar vit ses amis autour de lui, sapoi-

*4* TEMORA.

trine se gonfla de soupirs. « Les gémissements des chefs anciens, dit-il, les hurlements de mes chiens, les accents soudains des chants de douleur, ont attendri l'âme d'Oscar; mon âme, qui jamais encore ne s'était attendrie : elle était semblable à l'acier de mon épée. Ossian , porte -moi sur mes collines; élève les pierres de ma renommée ! Place le bois d'un cerf, place mon épée à mes cotés! Le torrent, par la suite, peut emporter la terre; le chasseur trouvera ce fer et dira : « geci fut l'épée d'Oscar, l'orgueil des années passées ! b

Et tu succombes, fds de ma gloire ! Oscar, ne te reverrai-je jamais? Quand d'autres entendront parler de leurs fils, moi je n'entendrai plus parler de loi ! La mousse est sur tes quatre pierres grises, et ie vent est plaintif à l'entour. On combattra sans toi ! tu ne poursuivras plus les biches fauves. Quand un guerrier reviendra de la guerre et parlera des contrées étrangères: «J'ai vu, dira-t-il, près d'un torrent mugissant, un tombeau, sombre demeure d'un chef; il est tombé sous les coups d'Oscar, le premier des mortels! » Peut être alors entendrai-je sa voix, et un rayon de joie se lèvera dans mon âme. »

La nuit serait descendue clans la tristesse et le matin serait revenu dans l'ombre de la douleur; nos chefs, debout sur la plaine de Lena, comme de froids rochers qui distillent l'eau, auraient oublié la guerre ; si le roi , bannissant sa tristesse , n'eût élevé sa voix puissante. Les chefs, comme éveillés d'un rêve , lèvent leurs têtes autour de lui.

« Combien de temps pleurerons nous sur Moilena?combien de temps, dans Erin, verserons-nous des larmes? Le puissantne reviendra pas, Oscar ne se lèvera plus dans sa force! Les vaillants, à leur jour, doivent tomber et n'être plus connus sur leurs collines. Où sont nos pères, ô guerriers! les chefs des temps passés? Ils se sont couchés, comme les as-

l IVRE PREMIER

ii brillé. Noua U ndons plus que

le lu un de l< ura louanges, et cepen lanl il- fu Fameux dans leurs jours, ils furent la terreur de leurs temps! Ainsi nous passerons nous-inétm jour de notre < hute. Kendons-nous donc fam tandis que nous le pouvons, ei derrière noua sont notre renommée, comme le soleil ses di m < lai tés, lorsqu'il cache 1 1 tète ardente dans I « dent. Le voyageui regrette Bon abseï pelant la Bamme de ses rayons.

lin. ancien de m< prend- le \ ai--

du roi et porte Oscar à la Selma des harpes! Que les vierges de Morven pleurent, et nous, combat dans Erin pour la race de gormac assa joins de mes années commencent à décliner; je sens la faiblesse de mon bras. Mes pères se penchent sur leurs nuages puni recevoir leur (ils dont l 'a blanchi les cheveux. Mais avant (pie, je parte d'ici, un rayon de gloire s'élèvera; mes jours se termineront comme mes années ont commence, avec gloire, et ma vie sera pour les bardes futurs un toile lumière! »

l llin déploya ses blanches voiles; le vent du sud souffla, et sur les vagues il bondit vers Selma. — Je restai dans ma douleur, mais sans foire entendre une parole. La fête est préparée sur la plaine de Lena. Cent héros érigent le tombeau de Gairbar, mais pour ce chef aucun chant ne s'élève : son âme a été noire et sanguinaire. Les bardes se rappelaient ■urtre de Cormac, que pouvaient-ils dire à la louange de Gairbar?

La nuit descend. De cent chênes, la flamme monte et brille. Fingal était assis sous un arbre. Le vieil Althan, debout au milieu des guerriers, fit le récit de la mort de Cormac. Althan, le fils de Connacharetl'ami de Guthullin des chais, demeurait avec Cormac dans Téniora, lorsque le fils de Semo tomba prés du

a5o TÉMORA.

torrent de Lego. Althan raconta ainsi sa touchante histoire, et des larmes étaient dans ses yeux.

«Le soleil couchant jaunissait le sommet du Dora, le gris crépuscule commençait à descendre. Les bois de Te'mora s'agitaient au souffle d'un vent inconstant. Un nuage épais se formait dans l'Occident, une étoile rouge parut à son extrémité. J'étais seul dans la foret : j'aperçus un fantôme dans les airs assombris. Ses pas s'étendaient d'une montagne à l'autre, et sur ses flancs était son obscur bouclier. C'était le fils de Semo ; je reconnus les traits du guerrier. Mais il s'évanouit dans une bouffée de vent et tout devint sombre à l'entour! Mon âme était triste. Je revins à la salle des coupes : mille lumières y brillaient, et les cent bardes avaient accordé leurs harpes. Corinac, au milieu d'eux, ressemblait à l'étoile du matin, lorsqu'elle se réjouit sur les collines de l'Orient, et que ses jeunes rayons se baignent dans la rosée : brillante et silencieuse est sa marche dans les cieux, mais le nuage qui doit la voiler est proche! L'épée d'Artho était dans les mains du roi. 11 en contemplait avec joie la brillante poignée. Trois fois il essaya de la tirer, et trois fois il l'essaya en vain : ses cheveux dorés étaient épars sur ses épaules; animées étaientles joues de sa jeunesse. Je pleurais sur ce rayon de jeunesse, car il devait bientôt s'éteindre! »

«Althan, me dit-il avec un sourire, as-tu connu mon père? Lourde est l'épée du roi; sûrement son bras était fort ! Ah! que ne suis-je comme lui dans la bataille, alors que s'allumait le feu de sa colère! J'aurais alors, comme Cuthullin, combattu le fils de Cantéla ! Mais les années viendront, ôAlthan, et mon bras deviendra fort. As-tu entendu parler du fils de Semo, du chef de la haute Témora? Il devrait être de retour avec sa gloire; il avait promis de revenir cette nuit. Mes bardes, avec leurs chants, l'atten-

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