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aussi levé la lance. Nous n'étions paa faible* 6 ta laite, mais l'ennemi était puissant. »
Cathmor remarqua la colère croissante et l'attitude hostile des deux chefs : à demi tii<< i3 il- u n aient leurs épéei e( roulaient des yeus silencieux. Bientôt ils ><• fussent engagea dans mu- lutte 1 » « > * — rible, si n'eèt éclaté le courroui de Cathmor. Il tira son épée : elle brilla dans la nuit à la clarté du chêne enflammé. « lils de l'orgueil, s'écria le roi, calmes nos âmes irritées! Retirez-vous dans la nuit. Pourquoi réveiller ma colère? Me faudra-t-il vous combattre tous deux? ('-<■ n'est point Ici l<- temps des querelles! Retirez-vous <!<; ma fete, sombres bu N'irritez plus mon âme! »
!)<■ chaque côté, ilfl disparaissent «le la présence du roi, tels <|uc deux colonnes de brouillard, quand le soleil se levé entre elles, du sein de ses rochers étincelants : sombres, elles roulent des deux cotés, chacune vers son étang que couvrent les roseaux.
Les chefs se sont assis en silence à la fête. De temps à autre ils regardaient le roi d'Atha, qui se promenait sur le rocher et calmait l'agitation de son âme. Les guerriers se couchent au loin dans la plaine; le sommeil descend sur Moi-lena. La voix de Fonar s'élève seule, sous un arhre éloigné : elle s'élève à la louange de Cathmor, fds de Larthon du Lumon. Mais Cathmor n'écoutait point ses éloges : il se couche près du rugissement d'un torrent, et les brises de la nuit sifflent dans ses cheveux.
Son frère, à demi voilé dans les plis traînants de son nuage, lui apparut en songe. Une joie sombre éclairait son visage. Il avait entendu le chant de Carril (i) : les vents soutenaient le nuage obscur qu il avait saisi dans le sein de la nuit, lorsqu'il monta avec sa gloire vers son palais aérien. Il laisse
(+) L'élégie Funèbre chantée sur la tombe de Cairbar.
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tomber ces faibles paroles qui se mêlent au bruit <lu torrent : « Que la joie, ù Cathmor, vienne au devant de ton âme! Ta voix s'est fait entendre sur Moi-lena et les bardes ont chanté pour Cairbar. Il chemine sur les vents. Mon ombre est au palais de mon père, semblable à l'éclat d'une lumière terrible qui, dans une nuit d'orage, s'élance à travers les déserts. Nul barde, quand tu seras couché sous la terre, ne manquera d'environner ta tombe, car les fds des chants aiment le brave! Ton nom, Cathmor, est une brise agréable! Des sons lugubres s'élèvent! Il est une voix sur la plaine du Lubar! Chantez plus haut encore, ô fantômes ténébreux! Ce sont des morts qu'environnait la gloire ! Le faible son devient plus fort et plus perçant! L'on n'entend plus qu'une brise plus aiguë ! Ah ! Cathmor bientôt ne sera plus ! »
L'ombre, à ces mots, roulée sur elle-même, s'envole au large sur les ailes des vents. Le vieux chêne ressent le mouvement de son départ et balance sa tête gémissante. Cathmor se réveille en sursaut et saisit sa lance meurtrière : il lève les yeux autour de lui, mais il ne voit que la nuit au manteau ténébreux.
« C'était la voix du roi, dit Cathmor, mais son fantôme a disparu. Votre vol à travers les airs, ne laisse point de traces, ô enfants de la nuit! Souvent, comme un rayon réfléchi, on vous aperçoit sur le désert stérile ; mais avant que nos pas ne puissent vous approcher, vous vous retirez dans vos nuages. Fuyez donc, ô race débile! La science de l'avenir ne réside point en vous! Vos joies sont vaines et semblables aux rêves de notre sommeil, ou à la pensée aux ailes légères, qui vole à travers notre âme ! Cathmor sera-t-il bientôt à bas, couché dans la nuit de son e'troite demeure où jamais ne vient l'aube aux paupières entr'ouvertes ! Loin de moi , Ombre vaine! Combattre est mon partage : loin de
moi toute autre pensée! .!<• m'élance sut lei ailes de l'aigle pour saisir l<- rayon de ma gloire. Dam la 10litaire vallée des torrents habite l'âme «lu faible. Les années s'écoulent , les saisons reviennent , a reste toujours inconnu. Dans les vents la mdrtobs( -hit arrive, et sur !<■ *<>l couche ^.i tête blan< Me. Son fantôme est roulé dans la vapeur des plaines marécageuses, <'i sa course n est jamais sur les collines , ni sur la mousse <1< -s \ allées de la brise. ( lath« morne pari ira point ainsi ! Ce n'était p<»inf nn enfant de la plaine, qui ne remarque encore «pu- le lit <l< e chevreuils sur la montagne des échos. .(<• sortais avec les mis, <t je me réjouissais su» les plaines sanglantes où 1rs armées brisées étaient roulées «levant moi, comme devant la tempête, les vagues de
la mer! »
Ainsi parlait le roi d'Alneema, rayonnant flans le transport de son âme. La valeur, comme une flamme généreuse, étincelle dans son sein. Majestueuse est sa marche sur la bruyère ! Les rayons de l'orient se répandent de tous côtés. Sur la plaine il voit sa vaste armée étendant au loin ses rangs dans la lumière. Il s'en réjouit, comme un esprit du ciel qui s avance sur les mers, lorsqu'il voit les flots paisibles autour de lui et que les vents se sont tous apaisés : mais l'esprit réveille bientôt les vagues et , larges , il les roule vers quelque côte retentissante.
Sur les rives herbeuses d'un torrent, dormait la fille d'Inis-huna. Le casque était tombé de sa tête et ses rêves étaient dans le pays de ses pères. Là, le jour est sur la plaine , les gris torrents bondissent du haut des rochers et les brises , en ondulations ombreuses, volent sur les roseaux des plaines. Là, s'entendent le bruit d'une chasse qui se prépare et le mouvement des guerriers qui sortent du palais. Mais, grand au-dessus d'eux se voit le héros d'Atha :
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dans sa démarche majestueuse il penche son œil d'amour vers Sul-malla : elle détourne la tète avec fierté et bande négligemment son arc.
Tels étaient les rêves de la jeune fille, quand vint Cathmor d'Atha. Il voit devant lui ce beau visage au milieu de ses boucles flottantes : il reconnaît la fille de Lumon. Que doit faire Cathmor? Il soupire, ses larmes coulent : mais soudain il se détourne. « Ce n'est point ici le temps, ô roi d'Atha, de réveiller le secret amour de ton âme ! La bataille roule devant toi comme un fleuve troublé. »
Il frappe sur son bouclier cette bosse du signal (i) où réside la voix de la guerre. Erin se lève autour de lui avec un bruit semblable à celui des ailes de l'aigle. Sul-malla se réveille en sursaut, dans le désordre de ses cheveux ; elle saisit son casque par terre et tremble à sa place. « Aurait-on reconnu dans Erin, la fille cFInis-huna? Elle se rappelle qu'elle est de la race des rois , et la fierté de son âme se réveille. Elle se retire derrière un rocher, non loin d'un torrent dont les ondes bleues serpentent dans une vallée, où demeuraient les biches fauves avant que n'éclatâtla guerre. Là, de temps en temps, la voix de Cathmor arrivait à l'orreillede Sul-malla. Son âme est profondément triste. Elle répand ces paroles sur la brise :
« Les rêves d'Inis-huna sont partis : ils se sont évanouis de mon âme. Je n'entends plus la chasse dans mon pays. Je suis cachée sous le voile de la guerre. Je regarde hors de mon nuage, mais nul rayon ne paraît pour éclairer mes pas. Je vois mon guerrier terrassé ; car le roi au large bouclier s'approche; celui qui triomphe des dangers, Fingal venu
(i)Ponr comprendre ce passage, il est ne'cessaire de jeter les yeux sur la description du bouclier de Cathmor dans le septième livre.