‹ Ossian, uvres complètesChapitre 80 sur 102 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Argument.

Le poêle, après une courte invocation à la harpe de Cona, décrit l'ordre de bataille des deux armées sur les rives du Lubar. Pinçai donne le commandement de la sienne à Fillan, mais en même temps ordonne à Gaul, fds de Morni, qui avait été blesse à la main dans la batadle précédente, de l'aider de ses conseils. L'armée des Fir-bolgs est commandée parFoldath. Description de 1 action générale. Grandes actions de Fillan: il tue Rothmar et Cuirai n. Mais tandis que Fillan triomphe à une aile, Foldath pousse vivement l'autre : il blesse Dermid, fils de Duthno et met toute l'aile en fuite. Dermid délibère un instant et prend la résolution d'arrêter les succès de Foldath en le provoquant a un combat singulier. Tandis que ces deux chefs s'avancent l'un sur l'autre, Fillan vient tout à coup au secours de Dermid, engage le combat avec Foldath et le ttie. Conduite de Malthos envers Foldath. Fillan met en fuite toute l'armée des Fir-bolgs. Ce livre se termine par une apostrophe à Clatho, mère de Fillan.

Toi qui demeures entre les boucliers suspendus dans le palais d'Ossian, descends de ta place 6 harpe

2ç)o TEMOltA.

etque j'entende ta voix. Fils d'Alpin, touches-en les cordes; c'est à toi de réveiller l'âme du barde. Le murmure du torrent de Lora a roulé loin de moi la mémoire de mes chants. Je suis au milieu du nuage des années : il n'ouvre sur le passé que de rares perspectives, et encore quand la vision arrive, n'este î 1 e qu'obscure et confuse. Je t'entends, harpe de Seluia, et mon âme revient, comme une brise que !c soleil ramène dans lavallée où séjournerait le brouillard paresseux !

Le Lubar brille devant moi dans tous les détours de sa vallée. De chaque côté, s'élèvent, sur leurs collines, les tailles majestueuses des rois. Leurs guerriers répandus autour d'eux se penchent pour les écouter, comme si leurs pères leur parlaient en descendant des airs. Au milieu d'eux, les rois ressemblent à deux rochers, lorsqu'on voit dans les déserts, au-dessus des brouillards épais, s'élever leurs têtes noires de sapins : de leurs fronts escarpés les torrents jaillissent et répandent leur écume au souffle des vents.

A la voix de Cathmor, Erin se répand avec un bruit semblable à celui des flammes. L'armée se déploie et descend vers le Lubar. Foldath marche devant elle. Cathmor, sous un chêne incliné, se retire sur sa colline. Près de lui un torrent roule ses eaux ecumantes ; il lève par instants sa lance étincelante : c'était, dans la guerre, une flamme aux yeux de son armée. Près de lui, appuyée sur un rocher, se tenait la fille de Conmor. Sa joie n'est point dans les combats, son âme ne se plaît point dans le sang. Derrière la colline s'étend une vallée verte qu'arrosent trois bleus torrents. Là, le soleil se repose en silence; là, les chevreuils descendent de la montagne : c'est sur eux que se tournent les yeux de la pensive Sul-malla.

Fingal sur la colline aperçoit Cathmor, fils de Bor-

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