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« Pourquoi, dit le roi, te méles-tu aux songes de de ton père? Puis-je l'oublier, mon fds, puis-je ou- J)lier ta course de feu dans le champ de bataille? Non, les actions des braves ne passent point ainsi sur l'âme de Fingal. Elles n'y brillent point comme l'éclair qui se montre et n'est plus. Je me souviens de toi, Fillan, et mon courroux commence à s'enflammer, o
Le roi prit sa lance meurtrière et frappa son bouclier retentissant, ce bouclier suspendu dans les ténèbres , ce funeste signal du combat. Les fantômes fuient de tous côtés et roulent sur les vents leurs formes ramassées. Trois fois, de la vallée qui serpente, s'élèvent les voix de la mort. Les harpes des bardes, sans être touchées, résonnent tristement sur la colline.
Le roi frappe de nouveau son bouclier, et les combats se lèvent dans les songes de ses guerriers. La bataille aux vastes flots brille dans leurs âmes : des rois aux boucliers bleus descendent au combat; des armées fuient en regardant derrière, et de glorieuses actions sont à moitié cachées par l'éblouissant éclat de l'acier.
Mais quand le bouclier retentit pour la troisième fois, les chevreuils s'élancèrent des fentes de leurs rochers ; les oiseaux remplirent le désert de leurs cris aigus et s'envolèrent effrayés sur les vents. Les enfants de Selma s'éveillent à demi et saisissent à moitié leurs lances. Mais le silence se répand île nouveau sur l'armée : elle a reconnu le bouclier du roi; le sommeil revient sur ses yeux, et la plaine est sombre et tranquille.
Le sommeil, dans cette nuit obscure, n'était point descendu sur tes .yeux bleus, ô fille de Gonmor! Sul-malla entend le bouclier terrible et se lève au milieu de la nuit. Ses pas sont vers le roi d'Atha. <t Le danger, dit-elle, peut-il ébranler son âme au-
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dacieuse? » Incertaine, elle s'arrête lei yeux baissé». I ,e < iel brûle de toute* lei étoileï (i).
Le bouclier retentît de nouveau. Elle s'élance; elle s'arrête. Sa voix s'élève .1 moitié' mais expire sur Bes lèvres. Elle le v<>ii au milieu de -ses armes qui brillent au Feu «lu ciel; elle le ^>ii caché sous ses cheveux qui Qottent sur le vent de la nuit. De< rainte elle retourne sur ses j > ; » s : h Pourquoi réveilleraistu le roi d'Erin? Tu nés point ]<• rêve de son sommeil, fille d'Inis-huna! n
Plus terrible encore retentît le bouclier. Sulin.illa tressaille. Son casque tombe; il roule sur le rocher, et «In bruit de Pacier résonnent au loin les échos <lu Lubar. STarrachant aux songes de la nuit, Cathmor se lève à moitié sous son arbre. Au-dessus de Lui, su i le rocher, il voit la Forme de la jeune fille. Une étoile rouge aux tremblantes lueurs brillait à travers sa flottante chevelure.
« A travers la nuit qui s'avance vers Catlunor, à l'heure de ses rêves? M'apportes-tu des nouvelles de guerre? Qui es-tu, fils de la nuit? Es-tu quelque ombre des temps passés, une voix descendue du sein d'un nuage pour m avertir du danger d'Erin?»
— « Je ne suis point un messager solitaire, ni une voix descendue du sein d'un nuage, dit-elle, mais je viens t'avertir du danger d'Erin. Entendstu ce bruit? Ce n'est pas le faible, ô roi d'Atha, qui répand ses signaux sur la nuit. »
« Que le guerrier répande ses signaux, répondit Cathmor, ce sont pour moi les doux sons de la harpe. Ma joie est grande, ô voix de la nuit, elle embrase toutes mes pensées. Voici qu'elle est pendant la nuit la musique des rois sur leurs collines solitaires, quand ces fils des glorieuses actions enflamment leurs âmes intrépides ! Les faibles seuls
(i) Ilaven bnrns wiih ail ils stars.
lia TÉMORA.
demeurent dans la vallée des brises, uù le brouillard enlève son voile matinal des ondes bleues et sinueuses des torrents. »
«Roi des hommes, ils n'étaient pas faibles les pères de ma race. Ils habitaient le sein de la bataille, dans leurs contrées lointaines. Mon âme cependant ne se plaît point dans les signaux de la mort! Il s'avance, celui qui ne céda jamais ! oh ! envoie vers lui le barde de la paix! »
Cathmor, dans ses larmes, était semblable au rocher du désert d'où l'eau tombe goutte à goutte. La voix de S d-malla passait comme une brise sur son âme et réveillait le souvenir du pays où, près de ses torrents paisibles, elle habitait avant qu'il vint combattre pour Conmor.
« Fille des étrangers, dit-il (elle, tremblante, se détourna), depuis longtemps j'ai reconnu sous ton armure, le jeune pin d'Inis-huna ! Mais mon âme, me suis-je dit, est enveloppée dans un orage et ce rayon d'amour ne doit se lever pour moi qu'au retour de la paix. Ai-je pâli en ta présence, quand tu m'as invité à redouter le roi? Le temps du danger, ô vierge, est la saison de mon âme; car elle grandit alors, et, torrent impétueux, elle me roule à l'ennemi!
a Sous le rocher de Lona que couvre la mousse, non loin de son torrent, blanc sous ses boucles de vieillesse, demeure Clonmal, le roi des harpes. Audessus de lui un arbre gémit au vent et les chevreuils bondissent. Le bruit de nos armes arrive à son oreille, tandis qu'il se penche sur les pensées des siècles. Sul-malla, repose-toi dans ce lieu jusqu'à ce que le combat ait cessé; jusqu'à ce que de retour dans mes armes, je sorte du sein des nocturnes brouillards cfui flottent sur Loua, près de la retraite de mon amour. »
Un rayon de joie tomba sur l'âme de la jeune fdle : ravonnante, elle se leva devant le roi. Elle