LIVRE 81 i" i n M l u
tourne \<is ( 'al Inm m son vis.»;;, que voileiM te*
chevaux ondoyants: (L'aigle du < :iel serait | • I u i •'» r détourne de sa i ourse .1 travei - l< venta impétueux, quand il voit devant lui sa proie, !<• jeune 8I1 de la biche botidissante, que toi , 6 Cathmor, tu ne détourné d'une lutte glorieuse! Puisse -je, 6 guerrier, te voir bientôt sortir «lu sein des brouillards «lu suit, quand ils flotteront amour «le moi, sur Lona «les torrents. Mais pendant que tu seras loin <lc moi, Frappe, <"> Catbmor, frappe sur t«>n bouclier pour que Ja joie revienne à mon âme assombrie, tandis que je m'appuierai sur la mousse du
rocher. Mais si lu snn ombais ! Je SUIS Sur la terre • le- étrangers! Ob! <ln sein de ton nuage, Pais entendre ta voix à la Bile dlnis-huna! »
<i Jeune branche de lannon à la tète verdoyante,
pourquoi trembles-tu dans la tempête? Cathmor est souvent revenu des Bots sombres de la guerre. Les
traits de la mort sont pour moi coin me la grêle ;
souvent ils ont rebondi contre mon bouclier. Radieux, je suis sorti des combats, connue un météore, d'un nuage orageux. Astre charmant, ne quitte point ta vallée, quand grandira le rugissement de la bataille; l'ennemi pourrait alors m 'échapper, comme autrefois il échappa à mes pères, m
u On apprit à Son-mor que Clunar avait été tué dans un combat par C.ormac. Son-mor pleura trois jours sur la mort de son frère. Son épouse, voyant le roi silencieux, prévit qu'il marcherait au combat. Elle prépara son arc en secret pour suivre son héros au bouclier bleu. Pour elle, les ténèbres habitaient dans Atha, quand son roi n'y était pas. De leurs cent torrents descendirent pendant la nuit les enfants d'Alnecma. Ils avaient entendu le bouclier du roi et leur race s'était éveillée. Dans leurs armes retentissantes ils marchèrent vers les forêts d'Ullin. Sonmor, le chef de l'armée, de temps à autre, frappait
.1,4 TÉ.VIORA.
son bouclier. Loin derrière eux, Sul-allin les suivait à travers les collines qu'arrosent les torrents. Elle brillait sur la montagne quand ils traversaient les profondes vallées; mais ses pas étaient majestueux dans les vallées quand ils montaient sur les vertes collines. Elle craignait d'approcher du roi qui l'avait laissée dans Atha. Mais quand s'éleva le rugissement de la bataille, quand l'armée se rua sur l'armée, quand Son-mor rayonnait comme le feu du ciel au milieu des nuages: Sul-allin accourut, les cheveux en désordre, car elle tremblait pour son roi. Il suspendit le combat acharné pour sauver l'amour des héros! l'ennemi s'enfuit pendant la nuit, etClunar dormit privé du sang qui devait être versé sur sa tombe.
« Le courroux de Son-mor n'éclata point; mais ses jours étaient mornes et sombres. Sul-allin , les yeux remplis de larmes, errait aux bords de ses torrents. Souvent elle contemplait le héros, lorsqu'il était enveloppé dans ses pensées; mais craintive elle évitait ses yeux et portait loin de lui ses pas solitaires. La bataille bientôt éclata comme un orage et emoorta les brouillards de son âme. Il vit avec joie les pas de Sul-allin errer dans le palais et ses blanches mains voltiger sur la harpe. »
Le chef d' Atha s'avance dans ses armes vers l'endroit où dans la nuit son bouclier était suspendu ; il était suspendu à une verte branche au-dessus des eaux bouillonnantes du Lubar. Sept bosses s'élèvent sur ce bouclier. Ce sont les sept voix du roi que les vents apportent à ses cbefs et que les cliefs rendent à toutes leurs tribus.
Sur chaque bosse est représentée une étoile de la nuit : Canmathon aux longs rayons ; Colderna sortant d'un nuage; Ul-oicho vêtue de brume; et le doux rayon de Cathlin étincelant sur un rocher. Souriante sur ses ondes bleues Rel-durath cache à
IJVRE SEPTIÈME.
moitié sa lumière dans les vagues du couchant. L'œil rouge de Berthin regarde .1 travers la forêt I'- chasseur qui revient de nuit, avec 1rs dépouilles du chevreuil bondissant Au milieu, brille large et sans nuage la lumière de Ton-théna, cette étoile qui guida sur 1rs Ilots agités, la course «le Lafthon; Larthon , le premier «le la race de Bolga, qui voyagea sur les vnits. Ce 1 ni avait déployé ses blanches voiles vers Inis-Cail des torrents; la nuit obscure déroula devant lui ses voiles <le brouillard. Les vents étaient contraires et !<• roulaient de vague en vague. Alors Ton-théna a la chevelure de feu se leva et sourit du
haut <le son nuage divise. Larthon bénit le rayon hien connu qui brillait faiblement sur l'abîme. Sous la lance de Cathmor résonne cette voix qui
réveille les bardes. Ils arrivent de tous côtes errant dans les ténèbres et précédés des sons de leurs harpes. Le roi se réjouit à leur vue, comme le voyageur, dans un jour de soleil , quand il entend le murmure éloigné de quelque frais ruisseau qui tombe , dans le désert, du rocher des chevreuils.
Pourquoi, dit Fonar, entendons-nous la voix du roi aux heures de son repos? Les fantômes obscurs de tes pères sont-ils descendus dans tes rêves? Peutêtre se tiennent-ils sur ce nuage et attendent-ils les chants de Fonar. Souvent ils descendent dans les plaines où leurs fils doivent lever la lance. Ou bien, notre voix chantera-t-elle pour celui qui ne lève plus la lance; pour celui qui consumait la bataille, (i)le fils de la verdoyante Moma? »
Ce nuage des batailles n'est point oublié, 6 barde des temps passés. Sa tombe , séjour de la gloire, s'élèvera sur la plaine de Lena. Mais en ce moment ramène mon âme aux siècles de mes pères, aux années où, pour la première fois, ils se levèrent sur les
(2) Foldath.
;>i6 TÊMORA.
values (finis huna.de n'est point à Cathmor seul que plaît le souvenir de Lu mon que les forêts ombragent; de Lumon des torrents, le séjour des vierges aux seins blancs! »
«Jjumon (i) des torrents, tu te lèves sur lame de Fonar! Ton soleil est sur tes flancs, sur les rochers de tes arbres inclinés. On voit le chevreuil dans tes genêts touffus; le cerf y lève sa tête branchue, car il voit, par moments sur la bruyère, le limier qu'elle ne cache qu'à demi. Lents, sur la vallée, sont les pas des jeunes vierges, les filles de l'Arc aux mains blanches. Elles lèvent sur la colline leurs yeux bleus que voilent leurs boucles ondoyantes. Mais ce n'est point là qu'est la marche de Larthon, le chef d'Inis-huna. Dans la baie houleuse de Cluba il monte les vagues sur son noir chêne natal; ce chêne qu'il a coupé dans les bois de Lumon, pour bondir sur la mer. Les jeunes filles détournent les yeux de peur de voir périr le roi; car elles n'ont jamais vu un navire, noir chevaucheur des vagues.
u Larthon ose appeler les vents et se mêler aux brumes de l'Océan. La bleue Inis-fail se lève au milieu de la fumée, mais sur les flots descend la nuit au noir manteau. Les fils de Bolga tremblent. Thonthéna à la chevelure de feu se lève, et la baie de Culbin reçoit le navire dans le sein de ses bois qu'habitent les échos. Là, un torrent jaillit de l'horrible caverne de Duthuma, où brillent de temps à autre les formes indéfinies des esprits.
« Les songes descendirent sur Larthon : il vit sept esprits de ses pères, il entendit leurs paroles à demi formées et vit confusément les siècles à venir. 11 vit les rois d'Atha, les fils des jours futurs. Sur les champs de bataille ils conduisaient leurs armées, semblables
(ï) Lumon: colline dans l'île d'Inis-huna, près île la demeure de Su'-malla.
UVUE SEPTIEME.
a des colonnes débrouillard que les venta répandent «H automne sur les forêts d'Atna.
« Au sou des harpes, Lartlion éleva le palaii de Sauil. i. Il chassa les chevreuils d'Erin aux hardi de
Ictus toi nuis accoutumés; mais il n'oublia point Luiiiou à la téta verdoyant*. Souvent il bond Usai i sur ces nn'is que Llatlml aux blanches mains regardai! de la montaî;u<' des chevreuils, latmon aux toi rente écumeux, tu te lèves sur lame de Louai! »
De l'Est se répand ta lumière : les montagnes lèvent leurs tètes bruineuses et les vrillées montrent de toutes parts le cours sinueux de leurs ruisseaux. Les guerriers de Cathmor entendirent son bouclier: autour de lui ils se lèvent tous ensemble comme la foule des vagues, quand elles commencent à sentir les ailes des vents : ces vagues ne savent point où elles doivent rouler, mais elles lèvent leurs têtes agitées.
Triste et lente, Sul-malla se retire vers Lona des torrents. Elle s'éloigne et souvent se retourne : ses yeux bleus roulent dans les larmes. Mais quand elle parvint au noir roeber qui couvre de son ombre la vallée de Lona, dans l'émotion de son âme elle regarda le roi et disparut aussitôt derrière le roeber.
Frappe tes cordes, fils d'Alpin, et s'il est quelque joie dans la barpe, verse-la dans l'àuie d'Ossian! elle est enveloppée débrouillards. Dans ma nuit, ô barde, je t'entends! mais interromps tes sons légers et tremblants. Au milieu de ses obscures années, Ossian n'a d'autre joie que la joie de la tristesse !
De la colline des fantômes, ô verte épine qui balances ta tête aux vents de la nuit , je n'entends aucun bruit dans tes rameaux! N'est-il point quelque esprit dont la robe aérienne frémisse dans tes feuilles? On voit souvent les morts dans les noirs tourbil-
3i8 TÉMORA.
Ions des vents quand la lune , obscur bouclier, sort de l'Orient et roule à travers les cieux.
Ullin, Carril, Ryno, voix des jours du passé! que je vous entende tandis qu'il fait sombre encore : charmez et réveillez mon âme ! Je ne vous entends pas, ô fds de l'harmonie! Dans quel palais de nua$;e vous reposez-vous? Est-ce aux lieux où le soleil frémissant se lève au-dessus des vertes têtes de ses vagues, que, revêtus des brouillards du matin, vous louchez vos harpes aériennes?