‹ OstafiévoChapitre 15 sur 20 · PRINCE · texte numérisé non relu

PRINCE

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Son fils, le prince Paul Pétrovitch, né à Varsovie le 2 Juin 1820, entra en possession d’Ostafiévo du vivant de son père. Il se consacra à continuer son œuvre malgré les différences de caractères et de goûts qui existaient entre eux. En tous cas, le nouveau possesseur d'Ostañiévo héritait de la même passion pour les voyages. Il fut d’abord diplomate; et cest à Constantinople qu’il épousa Mme Marie Beck, née Stolypine, tante du poète Lermontoff et petite-fille de l’amiral Mordvinotf. Il quitta le ministère des Affaires Étrangères, pour être attaché à celui de l’Instruction Publique, comme curateur des écoles du gouvernement de Kazan. Il quitta ensuite le service jusqu'au momentoù l’empereur Alexandre III, dès le début de son règne, le nomma chef suprême du département de la presse. En 1877, il fonda la Société des amis des anciens textes russes, présidée actuellement par son gendre. le comte Serge Chéréméteff; il mourut sénateur de l'Empire. le 29 Juin 1888.

Le prince Paul a laissé de nombreux ouvrages. Voici le titre des principaux :

Sur la chanson d'Igor.

Les loups et les cygnes dans le monde lécendaire.

Sindi, Zound et Soundari.

Les pèlerins scandinaves lraversaient-ils la Russie en se rendant à Jérusalem ?

Description des collections de manuscrits russes à Moscou.

Sur la signification des manuscrits russes enluminés.

Souvenirs de Pouchkine, d’après les archives d’Ostafiévo el d'après mes propres souvenirs.

Les couvents du lac Ladoga et du lac Loubensky.

Lermontoff et M": Hommaire de Hell.

Le prince Paul, comme l'indique ce dernier ouvrage, était lié d'amitié avec Lermontoff dès 1839. « Quand je revins de « l'étranger, dit-il, en l’année 1840, Lermontoff arriva à « Pétersbourg; je le trouvai agité, préoccupé et froid à mon « égard. Je ne me souviens pas s’il habitait chez les frères

« Stolypine; mais, chez eux, nous nous réunissions chaque « nuit. C’est là que, la veille de son départ pour le Caucase, « Lermontoff me traduisit, sur ma demande, les strophes de « Heine : Le sapin et le palmier. »

Le goût pour la littérature ancienne des bylines et des légendes s'était révélé de bonne heure chez le prince Paul. En voici une preuve : A l’âge de onze ans’, il avait, comme garcon d'honneur, porté l’image sainte au mariage de Pouchkine?. Après la cérémonie religieuse, on s'était réuni à la maison pour fêter les nouveaux époux. Au bout d'un certain temps, on s’aperçut de l’absence du jeune Paul; on le cherche, et Pouchkine le trouve dans une chambre, absorbé par la lecture d’une byline. Saisi d'enthousiasme, le poète fit comprendre à l'enfant la beauté de la légende et, cependant, la mariée et les invités étaient oubliés.

Très érudit et grand collectionneur, le prince Paul réunit à Ostafiévo non seulement des spécimens de l’art russe, mais aussi de celui des autres pays.

Au xvin° siècle et principalement sous le règne de Catherine, beaucoup de livres, de tableaux, de marbres, de bronzes ont été apportés en Russie. On appréciait beaucoup alors les œuvres d'art de l'Occident; les palais et les habitations seigneuriales se peuplaient de meubles venant de l'étranger, surtout de France. C’est durant cette période que vivait le prince André Wiazemsky.

Plus tard, une époque de quasi-indifférence survint et ces objets, tant admirés peu auparavant, furent négligés. Alors commença l’exportation de ces trésors rassemblés avec passion par les générations précédentes, car on les considérait comme inutiles et sans intérêt. Le prince Pierre Wiazemsky était contemporain de cette époque.

Mais une renaissance du goût pour ce qui est beau et élégant se produisit et les fins connaisseurs en œuvres d'art se multiplièrent en Russie. Le prince Paul Wiazemsky fut du

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2. Souvenirs du prince Paul Wiazemsky sur Pouchkine, publiés à l’époque de son jubilé, en 1880.

nombre et travailla à s’entourer de belles choses rappelant le passé. Son portrait a été tracé par le comte Serge Chéréméteff :

« Le voici dans son cabinet de travail; assis dans un fau- « teuil très bas, entouré de livres, de paperasses, de carton- «niers ; on voyait aussi de la gomme, des couleurs, de l'encre, « des cendriers et un gros porte-cigare en bois de bouleau;

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