‹ OstafiévoChapitre 14 sur 20 · RES DT · texte numérisé non relu

RES DT

Là-bas, la guerre se déroule cruelle et terrible. Là-bas, coule notre sang national.

Là-bas, tout est larmes et prières.

Là-bas, tout est angoisse, espoir, confiance et amour !

Ici, vainement la nature, sous ses vêtements d’apparat, nous convie à sa propre fête. Mais, partagé entre la crainte et l'espoir, nous attendons anxieusement les nouvelles de notre terre natale.

L’incertitude met le trouble en notre âme. L’angoisse, l’amertume obscurcissent cette journée si belle et voilent toute la contrée de nuages et de ténèbres.

Ni l'aspect riant de la vallée, ni le bleu Léman ne peuvent tromper notre tristesse. L'ombre de la forteresse de Sébastopol s'étend sur ma poitrine comme un linceul!

L'âge et les épreuves n'avaient cependant pas anéanti la jovialité du prince Pierre. En effet, quelques années avant sa mort, 1l écrivait de Hombourg, en vers, à sa petite-fille et à son gendre :

Mes enfants, que Dieu vous soit en aide et qu’il vous donne de réussir en toutes choses, car vous avez envoyé à votre vieille ganache de grand-père de nouvelles bottes.

Afin de pouvoir compter sur une existence longue et heureuse, à ces bottes, ajoutez donc une paire de galoches.

Loin de cet Ostafiévo qu'il avait tant aimé et si bien chanté, le prince Pierre Andréïévitch Wiazemsky mourut à Bade le 10 novembre 1878.

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