‹ OstafiévoChapitre 5 sur 20 · Nicolas Mikhaïlovitch Karamzin, né en 1766, mort en · texte numérisé non relu

Nicolas Mikhaïlovitch Karamzin, né en 1766, mort en

2. Une partie de cette correspondance a été publiée par le comte Serge Chéréméteff.

« Mon père, disait le prince Pierre Andréïévitch Wiazemsky, « était l’un des hommes les plus instruits de son temps. Il € avait le don de la parole, il aimait les conversations, les € échanges d'idées et d'opinions; il aimait même les disputes, « non pas par entêtement n1 par orgueil d’un caractère satis- « fait de lui-même, mais par amour de l’art et pour animer € la conversation. Il aimait la discussion, comme une gym- « nastique de l'esprit, comme un tir innocent visant une « cible, ou comme l'escrime qui contente l’amour-propre « personnel, mais qui ne cause pas de blessures. Depuis son « Jeune âge, mon père avait accès auprès du grand-duc Paul € Pétrovitch et fut un de ses proches camarades. Mais, sous « le règne de ce prince, il dut quitter le service. Il avait alors « cinquante ans. »

Le prince Pierre Wiazemsky naquit à Moscou en 17092 dans la maison de son pèret. Il eut d’abord des professeurs anglais, allemands et français, entre autres un M. d’Andilly, parent d’Arnaud d’Andilly. Mais ce mode d'instruction ne répondit pas aux désirs de son père. Il résolut de placer son fils à Pétersbourg, dans une école dirigée par les Jésuites. Celui-ci conserva un bon souvenir de ses maîtres et leur demeura attaché. Élevé à une école française, le jeune Pierre, bien qu'il cultivât toutes les littératures, avait pour les lettres françaises une prédilection marquée. Son éducation terminée, il revint à la maison paternelle où fréquentaient des jeunes gens d'une rare intelligence avec lesquels il devait se lier d'amitié.

La tutelle de Karamzin influa certainement sur la formation du caractère du prince Pierre. Ce n’est pas dans la carrière des armes qu’il devait s’illustrer. Cependant les événements l’obligèrent à débuter dans l’armée; en effet, Napoléon avait envahi la Russie. Le prince Pierre se fit inscrire comme volontaire dans le régiment de cosaks Mamonoff. Il eut deux chevaux tués sous lui à Borodino?. La guerre terminée, il se consacra de nouveau à la littérature.

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