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sous-jacent est sain. Elle donne une belle image de tissu spongieux.
Le fragment prélevé se montre formé par du tissu conjonctif adulte normal, c’est-à-dire de véritables écheveaux de fibres collagènes, avec des cellules conjonctives en proportion normale, par rapport à la substance collagène.
Le tissu osseux est sain. Les travées osseuses sont bien calcifiées et on un aspect lamellaire typique, avec des ostéoblastes bien dentelés. La moelle est du type graisseux avec de nombreuses cellules graisseuses et des cellules rondes qui parsèment un réticulum fibrillaire fin et lâche.
Hyperphasie chronique du maxillaire supérieur. — Westmacott (1) et Douglas Guthrie (2) ont décrit sous le nom d’hyperplasie chronique du maxillaire supérieur une affection survenant dans le jeune âge et dans l’adolescence, caractérisée par l’hypertrophie progressive d’un maxillaire supérieur, en arrière de la région canine qui comble la cavité sinusale, et déforme la joue. L’os est devenu spongieux et vasculaire. Il acquiert la consistance de la pomme de terre crue. Cette hypertrophie a une évolution extrêmement lente et après ablation, on ne note pas de récidive. ’
Westmacott a apporté huit observations et Guthrie deux autres. Elles sont sensiblement calquées les unes sur les autres et nous rapportons l’observation 8 de Westmacott comme la plus typique, puisqu'elle nous donne avec le récit clinique, une description histologique détaillée. ;
Cas 8 de Westmacott
Femme de 20 ans, ayant souffert des dents depuis trois ans, ayant présenté une saillie de plus en plus prononcée de la joue droite. Il y avait des racines cariées dans l’arcade alvéolaire droite,
(1) Frédéric Westmacoll. — Hyperplasie chronique du maxillaire supérieur (17e Congrès international de médecine. Londres 1913, section XV. Rhinologie et Laryngologie.)
(2) Douglas Guthrie. — Chronic hyperplasia of the upper Jaw : its relationship to otter osseous tumours and to otosclerosis (The Journal of Laryngology and olology, November 1923, p. 575.)
qui était plus épaisse que normalement. On constalail une saillie à la place de la fosse canine, s'étendant en haut jusqu’au rebord orbitaire et en dehors jusqu’au sommet de la pyramide maxillaire.
On procède à l'extraction des racines et, à la gouge, de toute la partie malade, jusqu'au plancher de l'orbite et à la suture maxillo-malaire. L’os était spongieux et très vasculaire.
Histologiquement, travées osseuses bien constituées. On remarque également des couches,d’ostéoblastes en voie de division. Un point important est l’érosion au niveau du tissu osseux. Ces zones d’érosion sont nombreuses et étendues et les ostéoclastes sont bien formés. Le tissu interstitiel est richement vascularisé et contient du tissu conjonctif abondant ainsi que du tissu fibreux. Pas de cellules rondes.
Westmacoot fait de tous ces cas une maladie spéciale et écrit qu'il n’a pas trouvé de renseignements bibliogra- phiques concernant cette affection osseuse. Guthrie donne de ses deux observations la description histologique suivante : « On trouve un réseau d’os nouveau, irrégulier en forme et en structure, dont les mailles sont remplies par du tissu fibreux, avec de nombreux capillaires ; alors qu’à la périphérie, plusieurs séries d’ostéoblastes forment de l’os nouveau. Très peu d’ostéoclastes. Il n’y à pas de processus inflammatoire évident ». Il rapproche ces lésions de celles de l’otosclérose.
Or, nous sommes frappés en lisant ces descriptions histologiques de voir combien elles se rapprochent de celle de l’ostéite fibreuse.. Nous ne sommes pas en face d’une hyperplasie simple, comme l’a écrit Westmacott ; puisque cet os est mou (il a la consistance de la pomme de terre crue), et que sa moelle est fibreuse. Aussi, nous sommes assez tentés de croire qu'il s’agit d’une forme localisée de l’ostéite fibreuse.
D'ailleurs, Dawson et Struthers étudiant ces coupes disent que les lésions trouvées dans certaines zones localisées de l'os ressemblent de facon frappante à celles décrites dans l’ostéite fibreuse et 1ls pensent que cette hyperplasie est intermédiaire entre l’ostéite fibreuse, reliquat d’inflammation chronique, et l’ostéite fibreuse, dystrophie osseuse ?
Tumeur para-dentaire. — Une seule tumeur para-dentaire peut prêter à confusion avec l’ostéite fibreuse, sur-
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tout lorsque celle-éi occupe le maxillaire inférieur, c’est l’épithélioma adamanth, qu’il soit kystique ou solide. Dans tous les cas, c’est une tumeur bénigne à évolution très lente:
Lorsqu'il s’agit d’une forme solide, l’image radiographique est celle d’une plage de raréfaction osseuse. L’examen histologique enlèverait, d’ailleurs, tout doute sur le diagnostic parce que l’on trouverait au mieu d’un stroma conjonctif fibreux des formations épithéliales du type pavimenteux ou adamantin.
L’épithélioma kystique adamantin est une image multiloculaire. Il existe de gros kystes, d’autres plus petits formant de multiples logettes, véritable image en nid d’abeilles, toute différente de l’aspect floconneux des parois . du kyste de l’ostéite fibreuse. D'ailleurs, le kyste adamantin est un véritable kyste, avec une paroi épithéliale ; à la différence des pseudo-cavités kystiques de l’ostéite fibreuse; et le tissu interkystique est du même type que celui décrit pour l’adamantinome solide.
B. Hyperostoses d’origine infectieuse. — Il n’y a guère que la syphilis et l’actinomycose qui puissent donner des hyperostoses à marche lente, dont le diagnostic soit à
discuter.
Syphilis. — Mais la syphilis frappe rarement les maxillaires. Elle parsème de préférence le squelette crânien de bosses arrondies, oblongues, dures et lisses et, en général, de petit volume.
Ces exostoses très dures et parfois indolentes, peuvent être des accidents de périostose précoce, survenant à la période secondaire. Cornil en donne une bonne description anatomo-pathologique. La moelle osseuse prolifère activement. D'abord jeune, très vasculaire, elle subit ultérieurement la transformation fibreuse. Les nouvelles couches osseuses se sont apposées perpendiculairement à la surface du périoste.
(1) Cornil. — Histologie pathologique, p. 769, tome I.
Les exostoses secondaires ont été signalées, bien que rarement, au niveau du maxillaire inférieur, dans la région de l’angle.
À côté de celles-ci, existent des hyperostoses tertiaires, reliquats d’une ostéomyélite gommeuse, dans laquelle le processus hyperostosant a toujours tendance à prendre le pas sur le processus gommeux, destructeur.
Cependant aux maxillaires et surtout au maxillaire inférieur, les hyperostoses tertiaires sont rares, parce que la lésion spécifique s’infecte très rapidement par voie buccale et revêt alors une forme nécrosante.
Actinomycose. — L’actinomycose des maxillaires est d’un diagnostic difficile lorsqu'elle se présente sous une forme centrale néoplasique.
Son évolution est, en effet, extrêmement lente. Les deux tables osseuses sont refoulées et écartées par de nombreuses poches kystiques, à contenu variable et ces lésions s’objectivent par une tumeur osseuse siégeant le plus souvent à l’angle de la mâchoire.