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d’iodure de potassium par jour sans aucun résultat. Le diagnostic provisoire est ostéo-sarcone, puis ostéome.
Le 9 février, intervention. Incision de la muqueuse, dans la partie supérieure du sillon gingivo-jugal. Le périoste se laisse facilement détacher. L’os est mou, mais a bon aspect. On en resèque une quantité importante. On n’ouvre pas le sinus. On extrait deux dents.
Trois mois plus tard, la malade est réhospitalisée. La mâchoire supérieure a repris son premier aspect. Elle est œdématiée, sensible à la pression. Les douleurs accusées par la malade sont vives. On pratique une nouvelle opération analogue à la première. Avec la curette, on enlève toute la substance osseuse molle jusqu’au contact de l’os dur. On a enlevé ainsi une quantité importante d'os. Le maxillaire supérieur droit présentait une cavité de la grosseur d'un œuf de poule, limitée en haut par le plancher de l'orbite, en bas par le palais osseux, La paroi interne confinait à la paroi externe de la fosse nasale droite. La cavité s'est épithélialisée peu à peu, malgré une suppuration abondante.
Après cette deuxième opération, la malade a cessé de souffrir pendant quelques mois, puis les douleurs ont réapparu. La cavité s’est comblée peu à peu, puis le maxillaire s’est retuméfié.
En février 1912, les douleurs augmentèrent et devinrent intolérables, au point que la malade fut hospitalisée dans la clinique oto-rhino-laryngologique de l’Université.
On porta le diagnostic d’ostéome et l’on opéra comme précédemment. Après cette intervention, les douleurs s’atténuèrent quelque temps, puis réapparurent avec leur violence primitive.
Depuis, la malade a souffert avec des périodes d’äccalmie et de recrudescence. Au cours de la dernière année, les douleurs ne sont pas restées rigoureusement localisées dans le maxillaire supérieur droit, mais irridiaient vers le nez et le front, ainsi que dans l’hémimaxillaire inférieur droit.
Parfois, elle s’est plainte de céphalée d’une autre espèce, siégeant à la nuque, s'’accompagnant de nausées, mais sans vomissements.
Dernièrement, la malade a eu de la diplopie.
28 Novembre 1913. Elle a été réhospitalisée dans l’établissement où elle avait été reçue la première fois.
C’est une jeune fille pâle, maigre. L'examen médical est négatif, le Wassermann négatif.
A l’examen de la face, on trouve la joue droite nettement enflée, mais n’atteignant pas le volume de la tuméfaction du début. L’œil droit est dévié en dehors. La fosse canine est comblée par une masse dure de consistance osseuse. Le malaire droit paraît épaissi. L’arcade alvéolaire est doublée d'épaisseur, incurvée sur sa partie vestibulaire et aussi un peu en dedans au niveau du palais. Le gonflement s'étend de la canine jusqu’à l'extrémité postérieure de l’arcade alvéolaire. La muqueuse est d'apparence normale, les deux
Fa O0 er grosses molaires manquent. Au milieu de la branche droite du maxillaire inférieur, on sent un gonflement de la grosseur d’un œuf de pigeon, à surface plane.
6 Décembre, intervention, incision de la muqueuse dans le sillon gingivo-jugal. L’os est dur et ne se laisse pas attaquer à la curette. Quelques parties saillantes sont enlevées à la gouge.
Incision dans le sillon gingivo-jugal inférieur droit au-dessus de la tumeur. La couche osseuse superficielle est assez dure et est enlevée au maillet et à la gouge. Au-dessous, on trouve des masses consistantes se laissant enlever à la curette. La cavité est tamponnée et au bout de dix jours, la malade est libérée.
2 Mars 1914. Réhospitalisée,; parce que les douleurs dans le maxillaire supérieur droit n’ont pas été supprimées par l'opération. A celles-ci se sont associées subitement, il y a trois semaines, des douleurs dans le maxillaire supérieur gauche. Cet os était si sensible à la pression que la malade ne pouvait dormir sur le côté gauche. Les douleurs duraient deux heures après lesquelles la malade remarquait un léger gonflement qui augmenta ensuite progressivement.
Même état du maxillaire supérieur droit. Au milieu de la moitié droite du maxillaire inférieur, un gonflement fusiforme dur et lisse, plus gros qu'avant la première opération. Dans la fosse canine gauche, une tuméfaction dure comme de l’os, ovalaire, de la grosseur d’un haricot.
On intervient. Après libération de la muqueuse et du périoste, on enlève le gonflement à la gouge et au maillet. Une partie de la masse est molle et peut être enlevée à la curette. Les débris d’os enlevés correspondent à peu près au volume d’une noisette. Suture de la muqueuse.
En Janvier 1915, la malade revient. Pendant un an, la malade a continué à souffrir de la même manière, surtout dans le maxillaire supérieur, avec irradiation dans tout l’hémicrâne droit. Elle se plaint à nouveau de diplopie. Le visage paraît élargi. L’œil droit est dévié en dehors. L’apophyse nasale droite est nettement épaissie. Le gonflement du maxillaire inférieur semble ne pas avoir évolué.
En 1916, nouvelle intervention à l'hôpital Marie.
En Février 1919, la malade vient me voir. Elle avait éprouvé une sédalion de ses douleurs depuis dix-huit mois. Sa figure était asymétrique. Le maxillaire supérieur droit et le malaire étaient considérablement tuméfiés. L’œil était dévié en avant et en dehors.
Recherches microscopiques. — Même aspect que le cas n° ?, au niveau du maxillaire inférieur, mais pas de lésions inflammatoires. Tout à fait en dehors existe une couche de tissu compact, mince par endroits, épaisse par ailleurs, dans laquelle les cavités médullaires sont de plus en plus allongées vers l’intérieur, jusqu’à ce que le tissu spongieux se compose de tissu spongieux à grosses mailles,
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mailles remplies de tissu conjonctif dont la richesse en cellules varie d’un endroit à un autre. On voit aussi des régions pseudo-sarcomateuses, avec des travées osseuses disséminées. Dans ces zones, les cellules et les fibrilles conjonctives sont disposées concentriquement autour des vaisseaux, en sorte que des images en tourbillons apparaissent sur les coupes.
Dans les zones de transformation-où les cavités médullaires sont en voie d’accroissement, se trouvent des ostéoclastes en plus grand nombre que dans le cas n° 2. Dans la région la plus éloignée de la face superficielle, il y a des différences fondamentaies avec le cas n° 2. On voit au centre des jeunes travées osseuses des masses granuleuses de structure plexiforme, se colorant en bleu à l’hématoxyline, alors que les régions périphériques des travées apparaissent en rouge dans les préparations H Van Giesen. Dans la région des bords de ces masses granuleuses, on voit des formations analogues à des corpuscules osseux. Dans les préparations €, les bords des travées restent incolores, tandis que les masses granuleuses apparaissent en rouge foncé.
De telles formations n'existent pas dans les deux premiers cas. Il s’agit d’une formation osseuse très primitive par calcification du tissu conjonctif, pouvant être comparée à l’existence de concréments et ne peut être considérée comme identique à une formation d'os plexiforme.
Dans les tissus fibreux, on trouve du pigment jaune très abondant, en amas extra-cellulaires, dans lequel la réaction du bleu de Berlin montre du fer. Les morceaux reséqués du maxillaire supérieur sont formés de tissu spongieux de structure lamelleuse ou plexiforme. Les mailles sont remplies de tissu conjonctsf à fibres assez épaisses, un peu plus riche en cellules. En dehors des fibreblastes, on v voit des mastzellen, des cellules migratices au repos et des lymphocytes.
Il y à à peine lieu de douter que le cas précité appartient au groupe Paget Recklinghausen, mais il se laisse encore moins que le précédent cataloguer sans difficulté dans l’un ou l’autre cas. Cliniquement, il pouvait être décrit comme hyperostose du maxillaire, ou léontiasis ossea, mais il se distingue histologiquement de façon très nette de cette dernière affection.
Le cas constitue à mon avis, un type particulier voisin de la maladie de Paget et auquel deux de mes cas appartiennent.
Cette disposition concentrique du tissu conjonctif autour des vaisseaux a été vue par Frangenheim dans un cas d’ostéite fibreuse du crâne.