‹ Ostéite fibreuse des maxillairesChapitre 56 sur 61 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Il existe des ostéopathies chroniques qui se traduisent anatomiquement par la destruction du tissu osseux ancien, la transformation fibreuse de la moelle osseuse et la production de tissu ostéoïde, mal calcifié. Pour ces raisons, les auteurs étrangers les qualifient de « malacies. métaplasiques ».

20 Elles peuvent se présenter sous des formes généralisées : maladie de Reklinghausen, maladie de Pagel, léonliasis ossea ;

39 Mais elles peuvent revêtir aussi des formes. localisées. Cette localisation peut être réelle. Dans d’autres cas, elle n’est que le début d’une maladie dont on ne peut prévoir l’évolution ultérieure. Mais le plus souvent, elle n’est qu’apparente. En effet, un examen radiographique systématique permet de découvrir les lésions osseuses parfois étendues, mais latentes.

De toute manière, ces formes localisées ne doivent pas être méconnues, sous peine d’être confondues avec des tumeurs. Cette erreur de diagnostic entraînant des opérations inutilement mutilantes.

40 Les auteurs étrangers groupent ces maladies dans une même famille pathologique pour des raisons purement anatomiques. Elles ont, en effet, même formule histologique et si leurs lésions macroscopiques diffèrent, elles sont néanmoins dûes au même mécanisme anatomique ; tout

dépend de l'intensité respective des deux processus osseux constructeur et destructeur qui les produisent.

Mais cette parenté déjà discutable au point de vue anatomique, puisque le processus de sclérose osseuse est un mode de réaction banale que l’on rencontre dans nombre d’affections osseuses, doit rester uniquement anatomique et être prise dans un sens générique.

Il est possible que l’étiologie de ces ostéopathies ne soit pas en accord avec la division anatomique. Actuellement cette étiologie nous échappe complètement.

Enfin, cliniquement, ces affections sont tout à fait différentes et doivent rester comme des entités cliniques distinctes.

Si bien que dans ce groupe pathologique, que nous serions assez tentés d'appeler « cirrhoses osseuses », on peut décrire quatre affections ;

a) La maladie de Reklinghausen, véritable cirrhose atrophique aboutissant à des productions. kystiques et à des tumeurs brunes à myéloplaxes ;

b) La maladie de Pagel, cirrhose hypertrophique, déformant et hypertrophiant les os longs et ceux du crâne ;

c) La léonliasis ossea, hyperostose crânio-facigle avec foyers limités de calcification ;

d) Les formes localisées, au moins d’après les apparences cliniques, où l’on ne trouve que de l’hypertrophie osseuse avec les signes histologiques de l'ostéite fibreuse. Nous adopterons pour celles-ci, le terme d’attenté d’ « ostéite fibreuse », terme devenu classique, mais faisant préjuger d’une étiologie que nous ne connaissons pas.

L’ostléile fibreuse peul donc siéger au niveau des maxillaires comme une forme localisée.

10 Cliniquement, elle entraîne une hypertrophie lisse, indolore, recouverte par des téguments normaux. Des pseudo-cavités kystiques ont pu être notées au niveau du maxillaire inférieur. Ces hypertrophies n’ont pas d'ordre particulier d'apparition ou d'extension. Elles atteignent rarement un volume comparable à: celles de la léonliasis

ae ossea. Les signes de compression qu’elles engendrent sont plus tardifs. | | L'état général n’est jamais modifié et il n’y a pas de métastases. Leur évolution est lente, progressive, mais peut s’arrêter et devenir stationnaire. Il n’y a pas de rétro-

cession. La dégénérescence sarcomateuse a été signalée à titre exceptionnel.

2° La radiographie faite avec des rayons aussi mous que le permet l’épaisseur des tissus à traverser, doit être lue en comparant, sur le même cliché, les parties malades avec les parties saines. On appréciera ainsi si les rayons possédaient un degré de pénétration satisfaisant.

Les plaques intrabuccales, la radiographie de l'angle du maxillaire par la méthode Belot, la radiographie de profil du crâne, peuvent seules donner des images osseuses détaillées. L'image de l’ostéite fibreuse est une « image floconneuse » caractéristique.

La radiographie des sinus permet seulement d’apprécier leur envahissement.

S'il y a pseudo-cavité kystique, outre les contours nets du kyste, les parois apparaissent avec un aspect radiographique floconneux.

Dès que l’on soupçonne une pareille ostéopathie, l’examen radiographique doit êlre syslémalique el porler non seulement sur les régions voisines de la zone hypertrophiée, mais encore à distance là où aucun signe clinique n'altire l’allention. On sera surpris de découvrir ainsi des lésions typiques d’ostéite fibreuse souvent étendues.

La maladie est donc radiographiquement décelable avant de l’être cliniquement.

Sur les os plats, l’image radiographique de l’osléile fibreuse est identique à celle de la maladie de Paget el de la léontliasis ossea. Mais la léontiasis est moins fidèle à l’image floconneuse, car elle peut engendrer aussi des zones d’une imperméabililé homogène aux rayons X.

30 Analomiquemeni, le tissu de l’ostéite fibreuse est mou et se laisse facilement couper au bistouri.

Il est formé par une moelle fibreuse riche en fibroblastes,

en ostéoclastes et ostéoblastes, pauvre en cellules rondes. Il n’y a pas de cellule graisseuses.

Les travées osseuses présentent de nombreuses érosions logeant des ostéoclastes. En certains points, la périphérie des travées est occupée par des ostéoblastes englobés dans une substance fondamentale homogène non calcifiée. Par ailleurs, les travées sont comme effilochées et l’on assiste insensiblement au passage de la fibroglie à la substance fondamentale osseuse.

Les vaisseaux nous ont paru normaux.

Il peut se produire des formations pseudo-kystiques sans revêtement épithélial et des amas pigmentaires.

49 Le diagnostic de ces formes localisées présente de grosses difficultés avec les tumeurs. Il faut donc s’aider de la radiographie et de l'anatomie pathologique. Sans l’association de ces symptômes, le diagnostic est impossible.

Dans les formes plus diffuses, on éliminera facilement l’hypertrophie diffuse des gencives et l’acromégalie.

La maladie de Paget est une entité clinique bien distincte, s’accompagnant d’endovascularite. Elle hypertrophie le crâne de façon diffuse et respecte Le plus habituellement le massif facial.

La maladie osseuse de Reklinghausen atteint surtout les os longs. Mais elle est aussi susceptible de provoquer au niveau du crâne et de la face des hypertrophies diffuses.

La léontiasis ossea engendre une hypertrophie diffuse qui ressemble comme consistance et structure histologique au tissu de l’ostéite fibreuse, mais au sein de laquelle setrouve des productions qui se calcifient au point de devenir éburnées. Le début par les branches montantes des maxillaires supérieurs, l’extension symétrique, l’intensité des hyperostoses complètent ces différences avec l’ostéite fibreuse. La production des ostéomes éburnés n’est explicable ni par une réaction périostée, ni par un âge différent des lésions ; elle soulève au contraire le problème si obscur de la calcification.

ja HER :

0° L'intervention n’est indiquée que s’il y a des troubles

de compression ou des signes d'infection surajoutée. Dans

tous les cas, elle doit é/re modelante el jamais mulilante.

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