‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 110 sur 130 · V. céphaliques · texte numérisé non relu

V. céphaliques

occipital.

sphénoïdale

postérieure.

sphéno-

frontale.

36 INSECTIVORES; ERINACEUS.

G. Erinaceus, Lin.

Le petit nombre d’espèces de Mammifères que Linné comprenait sous le nom générique d’Erinaceus , et parmi lesquelles se trouvent les Tenrecs de Madagascar, reviennent un peu , sous le rapport de la forme générale du squelette, au raccourcissement du tronc et des membres que nous avons observé chez les Taupes. Le tronc même est encore plus court par la brièveté de la queue.

Dans les Hérissons proprement dits , par lesquels nous allons commencer, la série supérieure des os du squelette n’est composée que de quarante-six vertèbres; quatre céphaliques, sept cervicales, quinze dorsales, six lombaires, trois sacrées (i) et douze ou treize coccygiennes ; et comme toutes ces vertèbres sont généralement courtes , il en résulte que le tronc de cet animal est lui-même fort court.

Les vertèbres céphaliques commencent manifestement cette tendance à la brièveté du tronc en général, aussi bien dans leur partie basilaire, profondément canaliculée , que dans les arcs qui composent la voûte du crâne L’occipital formant un plan vertical postérieur, par suite de l’élévation de la crête , est même pourvue de doubles apophyses mastoïdiennes , descendantes , assez fortes , à sa partie latérale inférieure.

Le corps du sphénoïde postérieur est creusé d’une fosse arrondie rendue plus profonde par des espèces d’apophyses ptérygoïdiennes postérieures , larges et excavées par la caisse , mais distinctes des véritables apophyses ptérygoïdes , longues et surbaissées. Quant au pariétal constituant l’arc de cette vertèbre , il est long , et pourvu d’une crête sagittale peu élevée. La vertèbre sphéno-frontale offre, comme de coutume , un corps beaucoup plus étroit que la sphéno-pariétale , trèsresserrée au fond de la gouttière basilaire, et son arc frontal fort considérable , inter-orbitaire , avec indice de l’apophyse de ce nom.

(1) M. G. Cuvier compte sept vertèbres lombaires et quatre sacrées , mais certainement à tort.

Le vomer est court , médiocrement surbaissé , mais les os du nez sont toujours très-petits et fort étroits.

La mâchoire supérieure commence en dessous par une apophyse ptérygoïde interne surbaissée , assez distante de l’externe , se prolongeant en arrière jusqu’à la postérieure , en dessus par un lacrymal peu distinct avec son orifice ovale , médiocre et marginal ; enfin , de côté, par un zygomatique très-court , appliqué, sous forme d ’écaille allongée , en dehors de la jonction de l’apophyse zygomatique du maxillaire à celle du temporal. Elle se continue par un palatin assez considérable dans sa partie horizontale, fortement rebordé vers l’orifice nasal, et membraneux dans sa moitié externe , au palais, par un maxillaire court, très-élevé et large dans sa branche montante , et percé par un trou sous-orbitaire presque rond et médiocre. Enfin elle se termine par un prémaxillaire assez large, élevé dans sa branche montante, arrondi, et, au contraire, très -petit dans la branche horizontale, le trou incisif étant rond et lui-même assez petit.

La mâchoire inférieure est presque aussi longue que la tête.

Le rocher est cependant assez petit, subarrondi, convexe et peu saillant en dehors , sous forme de promontoire , également un peu convexe en dedans, quoique toujours excavé par un assez grand sinus entre les canaux semi-circulaires.

Les osselets de l’ouïe sont en général assez ramassés; l’étrier a sa platine étroite, ses deux branches fort grêles; l’enclume est surtout globuleuse ; son grand bras gros et court , le petit presque nul ; le marteau large et membraneux dans son col , renflé en tubercule à la racine du manche parallèle à une apophyse de Raw fort courte.

La caisse n’est encore formée que par un os en hausse-col assez large, et laissant une ouverture assez grande , oblique et arrondie.

Le mastoïdien triangulaire, ou mieux triquètre, assez épais, est échancré entre son apophyse mastoïde antérieure et sa coopération à la postérieure de l’occipital.

Enfin le squammeux, assez étendu dans sa partie verticale, plus

Vomèro-nasal.

Ses

Appendices.

Mâchoire

supérieure.

Apophyse

ptérygoïde.

Lacrymal.

Zygomatique.

Palatin.

Maxillaire.

Prèmaxillaire.

Mâchoire

supérieure.

Rocher.

Os de l'ouïe.

Étrier.

Enclume.

Marteau.

Caisse.

Mastoïdien.

Squammeux.

INSECTIVORES; ERINACEUS.

longue cependant que haute, s’élargit assez fortement en dehors pour former une large cavité glénoïde, presque convexe, avec un grand trou veineux en arrière, et une apophyse zygomatique horizontale, mais assez arquée en dehors.

Mandibule. La mandibule , assez forte à cause de sa largeur et de sa brièveté , offre surtout une courbure générale assez remarquable ; la branche verticale est grande, excavée en dehors, le condyle transversal, un peu oblique et fort élevé ; l’apophyse coronoïde encore plus triangulaire , obtuse, un peu recourbée en arrière et rebordée à son côté antérieur ; et enfin l’apophyse angulaire assez large, en crochet, convexe en dehors et légèrement excavée en dedans. La branche horizontale épaisse, oblique, fort convexe à son bord inférieur, s’atténuant un peu en avant, est percée , à sa face externe, de deux trous mentonniers dont l’antérieur est le plus grand.

De la Tête La tète osseuse du Hérisson , considérée en totalité , est courte , ses deux lignes longitudinales formant un angle de 1 5° environ ; ses deux orifices extrêmes tout à fait terminaux, l’occipital fort grand, subtriangulaire; le nasal encore plus grand, un peu oblique, presque entièrement formé par les incisifs, tant les nasaux sont petits; et le palatin triangulaire, bordé inférieurement par un épaississement notable des palatins , avec une petite apophyse médiane, à 1 intérieur A l’intérieur delà tête, la cavité cérébrale n’offre toujours de bien prononcée que la loge fort grande du lobe olfactif, comme la cavité de ce nom à la face ; aussi les cornets inférieurs des narines sont-ils assez à l’extérieur, complexes par des plis longitudinaux nombreux. L’orbite est, du reste, toujours fort incomplet , confondu entièrement avec une fosse temporale fort grande.

colonne ver- Le reste de la colonne vertébrale du Hérisson est, comme il a été dit plus haut, composé de vertèbres fort serrées, v. cervicales. Les cervicales larges, courtes, aplaties dans leur corps, surbaissées 7 dans leur arc, en toit, mais sans apophyse épineuse, sauf l’axis où elle est même assez peu élevée et arrondie, ont, au contraire, des apophyses

OS DU SQUELETTE, transverses, surtout aux troisième et quatrième , assez fortes. Le lobe inférieur de celle de la sixième est cependant assez peu développé.

Les vertèbres dorsales ont le corps également assez large, mais rond, et l’arc serré, presque imbriqué, avec une apophyse épineuse large, contiguë et assez élevée.

Les six vertèbres lombaires , à peine plus fortes que les dorsales , ont aussi le corps fort cylindrique ; leur apophyse épineuse, arrondie , à peine plus élevée ; les tubercules supérieurs des articulaires aussi élevés qu’aux dorsales, mais pas d’apophyses transverses.

Les trois vertèbres sacrées, constituant un sacrum un peu cunéiforme, ont aussi leur apophyse épineuse distincte , mais séparée.

La première coccygienne est seule dans le même cas ; toutes les autres, qui décroissent rapidement, n’ont plus guère, et encore seulement les antérieures, que des apophyses articulaires et transverses, sans os en Y même en rudiment.

Dans la ligne médiane inférieure.

L’hyoïde, composé de neuf pièces comme l’a dit Daubenton, a son corps transverse, aplati, dilaté un peu aux extrémités; les cornes antérieures de médiocre longueur, composées de trois articles, dont la moyenne est un peu plus longue, aplatie, un peu élargie et courbée vers son milieu ; les cornes postérieures bien plus courtes et d’un seul article , un peu plus épais et plus large aux deux extrémités.

Le sternum a pris le caractère raccourci de tout le squelette ; aussi les cinq sternèbres dont il se compose sont- elles larges , épaisses et assez courtes, sauf le manubrium, qui est toujours un peu plus long. Le xiphoïde est au contraire si court , qu’il semble rudimentaire.

Les côtes vertébrales, au nombre de quinze, huit vraies et sept fausses , sont en général larges, assez fortes , assez longues , mais courbées en dehors, et surtout sur leurs bords; les deux dernières, et surtout la quinzième , sont même presque toutes droites et très-petites , tandis que la première est notablement plus épaisse et plus courbe.

Page 1