‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 17 sur 130 · LXXV1II · texte numérisé non relu

LXXV1II

ÉTUDE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX dans ce mollusque, M. de Blainville s’était cru cependant autorisé à penser que la sortie des œufs se fait par la contraction de l’abdomen qui les exprime presque comme une éponge; soit qu’ils sortent à l’aide d’un fluide par les oviductes, en suivant la gouttière ou la rainure qui existe au-dessous de la racine de la branchie interne, soit qu’ils passent dans le canal de la branchie et se déposent successivement dans les loges qu’elles présentent, où, nourris par l’absorption de la matière gélatineuse accumulée dans les cloisons, ils en sortent en suivant la moitié du même trajet par l’orifice excrémenlitiel du manteau.

Dans le mémoire qui a donné lieu au savant et remarquable rapport de M. de Blainville, l’auteur voyait, à l’exemple deRanke, des animaux parasites dans les petites coquilles trouvées dans les branchies des Anodontes et dont ce dernier avait fait son genre Glochidium, tandis que la plupart des zoologistes, qui avaient examiné le même fait, reconnaissaient unanimement dans ces petites coquilles les fœtus de ces animaux développés dans l’organe respirateur.

Le nom et la juste réputation d’observateur exact et consciencieux de Jacobson, l’amitié qui le liait à M. de Blainville, demandaient un examen approfondi de la question. Aussi M. de Blainville fit-il de nouvelles observations, cette fois de concert avecM. de Roissy, son ami, qui portait un intérêt tout particulier à l’étude d’un groupe d’animaux dont il s’était occupé avec succès. Ces nouvelles observations, quoique interrompues par la mort de la belle-sœur de M. de Blainville, lui permirent néanmoins de conclure par des raisons victorieuses, avec M. E. Home et Bauer, que les jeunes coquilles que l’on rencontre en si grande abondance dans les branchies des Anodontes en sont évidemment les petits, bien loin d’être des animaux parasites, comme le voulait Jacobson. C’est maintenant une question définitivement jugée, mais disons-le, le rapport de M. de Blainville participe en quelque sorte de la délicatesse de ses sentiments, car il combat son ami, mais il le fait de manière à ne pouvoir blesser son amour-propre, et encore moins à altérer les rapports affectueux qui avaient existé entre eux du jour où ils avaient veillé auprès du fils mourant de G. Cuvier.

Le second mémoire de M. de Blainville, publié en 1827, est l’essai d’une monographie de la famille des liirudinëes , dont Caréna, auteur lui-même d’un bon travail sur les sangsues, n’a pas hésité à dire : c’est un véritable traité fait de main de maître. Il est inséré dans le dictionnaire des sciences naturelles, t. XLYII , au mot Sangsue, dans lequel M. de Blainville continuait à traiter des Mollusques et des Zoophytes.

La même année vit paraître également et même assez tardivement un mémoire

De m. de blainville.

LXXIÏ

considérable Sur les Bélemnites rangés par M. de Blain ville dans les Mollusques céphaliens, ordre des Polythalamacés, famille première des Orthocérés, qui ne renferment que des coquilles fossiles. Le nouveau Bulletin des sciences de la Société philomathique pour l'année 1825, p. 171, contenait déjà un extrait assez étendu de cet important mémoire, dans lequel M. de Blain ville décrit trente-six espèces appartenant à la formation crayeuse, les terrains au-dessus de la craie ne renfermant pas de véritables Bélemnites, mais des corps auxquels on a donné le nom de Béloptères, qui offrent une plus grande analogie avec ce que nous connaissons d’existant aujourd’hui à la surface de la terre d’animaux du même type d’organisation.

Pour M. de Blainville, ces coquilles ainsi nommées à une époque très-éloignée de nous, et sans aucun doute à cause de la forme qu’elles présentent, sont intermédiaires aux os de Sèche et aux coquilles polythalames des Spirules et des Argonautes; si les animaux auxquels elles ont appartenu nous étaient connus, ils viendraient combler une lacune dans la série animale. Comme les os de Sèche, elles étaient tout à fait intérieures, et une partie de l’animal était aussi contenue dans la cavité plus ou moins considérable et cloisonnée dont elles sont creusées; enfin, en suivant l’augmentation de cet.te cavité, on arrive insensiblement aux véritables Orthocératiles qui paraissent appartenir à des terrains plus anciens que les Bélemnites; ces dernières coquilles ont été trouvées en nombre considérable dans un espace souvent très-circonscrit , ce qui permet de croire que les animaux, dont elles forment aujourd’hui la dépouille, vivaient à peu près comme les Calmars et les Sèches, dont elles n’étaient pas sans doute très-éloignées sous le rapport de l’organisation et des mœurs.

Si pendant l’année 1828 M. de Blainville ne publia rien de très-important, puisque nous ne trouvons à signaler qu’une petite note Sur la différence des sexes dans une espèce de Gélasime, et un rapport fait à l’Académie des sciences sur un mémoire de M. Foville relatif à des recherches sur l’anatomie du cerveau de l’homme, c’est que M. de Blainville fit cette année même un assez long voyage d’exploration dans le midi de la France.

L année suivante, la plupart des esprits étaient tournés vers la politique, et déjà les hommes, assez calmes pour observer attentivement la marche du gouvernement, prédisaient une révolution nouvelle ; M. de Blainville doit être rangé au nombre de ces esprits prévoyants, comme le prouvent les nombreuses notes historiques qu’il a recueillies sur les causes qui ont amené la révolution de 1830. Sous l’empire de ces préoccupations, il commençait à la Faculté des sciences un cours de physio-

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