‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 54 sur 130 · DES OS CONSTITUANT LE SQUELETTE · texte numérisé non relu

DES OS CONSTITUANT LE SQUELETTE

Le système osseux , dans cette classe d’Animaux Vertébrés , se distingue assez bien de celui des autres classes, parce qu’il est formé d’une proportion assez considérable de matière inorganique , comparativement à la matière organique, presque entièrement gélatineuse , et que celle-ci , sans doute à cause de l’intimité de sa combinaison , persiste fort longtemps après la mort de l’animal; on sait, en effet, que des os fossiles des plâtrières de Montmartre ont encore noirci lorsque Vauquelin les exposa à l’action du feu.

Sa structure, sur laquelle les anatomistes sont encore loin d’être d’accord, du moins pour l’analyse microscopique, est en grande partie celluleuse dans les os courts et aux extrémités des os longs , et ces cellules sont tou-

Leur structure.

différente suivant l'os.

La partie de l’os ,

jours remplies d’une matière médullaire ; mais à la périphérie de ces derniers surtout , elle se serre quelquefois d’une manière si forte que l’os devient éburné, à cassure presque conchoïde , et présente alors une pesanteur spécifique considérable, tandis qu’au milieu, dans le centre de l’os, les cellules se dilatent, se raréfient, disparaissent même, et il en résulte une cavité fistuleuse remplie d’un cylindre de moelle.

Cependant il paraît que le système osseux des Mammifères est généralement plus dense que dans les quatre autres classes d’Ostéozoaires.

Chez les mammifères l’ossification se fait en général d’une manière assez rapide, quoique beaucoup moins que dans les oiseaux, et dès lors la réunion des épiphyses dans les os longs, quoique bien marquée, n’est pas aussi prompte que dans la classe que je viens de citer.

Comme dans la plupart des Mammifères les actions musculaires sont souvent très-intenses , non-seulement pour la translation , mais surtout pour quelques locomotions spéciales qui demandent des efforts considérables, il en est résulté que les apophyses, les crêtes, les lignes d’insertion musculaires sont en général bien plus prononcées que dans les autres classes; que les os sont plus anguleux, plus tourmentés, pour ainsi dire. Les surfaces articulaires sont plus profondes, plus engrenées, et, par conséquent, les articulations plus serrées.

Chez eux également l’influence de l’âge , du sexe , et des circonstances favorables ou défavorables, se fait sentir d’une manière beaucoup plus prononcée, non-seulement par un plus ou moins grand développement du squelette en totalité , mais encore par des différences dans les proportions de certaines parties; mais c’est surtout la tête qui, par suite des changements du système dentaire, implanté dans les mâchoires, offre les modifications différentielles les plus frappantes. En effet, avec l’allongement des maxillaires , s’harmonise une disposition concordante dans l’arcade zygomatique, dans les fosses temporales et dans les crêtes qui les étendent dans tous les sens. Avec une vie plus active , une respiration et des efforts plus soutenus, les sinus frontaux, et, par conséquent, les crêtes surcilières se développent; mais si la tête, dans toutes ses parties,

a éprouvé ainsi des modifications en plus , elle a elle-même une réaction sur les vertèbres, sur leurs apophyses et sur les côtes, réaction qui s’étend sur les os des membres, qui deviennent plus robustes et proportionnellement plus courts; car il est digne de remarque que, dans l’agrandissement du squelette et de ses parties , les dimensions en largeur croissent dans une proportion plus grande que celle en longueur.

Le nombre des os ou des pièces du squelette des Mammifères n’est nu nombre jamais assez fixe pour être pour ainsi dire classique , si ce n’est quand des0‘s' on en borne la considération à telle ou telle partie limitée , comme à celui de sept pour les vertèbres cervicales , ou de trois pour les phalanges des doigts; ce qui n’est pas même absolument constant.

Il en est de même dans la disposition des os pour la construction Lcurdisposilion, du squelette; mais dans la forme et la manière dont les pièces sternales sont placées bout à bout, on peut trouver quelque chose qui leur est exclusivement propre.

Quant à la forme de chaque pièce en particulier et à la manière dont ieurformeelles sont groupées et articulées, il en est peu qui n’offrent pas quelque chose de tout à fait caractéristique, comme nous allons le montrer facilement en les passant en revue dans un ordre un peu moins philosophique ou scientifique que dans notre aperçu exposé plus haut. En effet, n’adoptant pas la séparation tranchée des pièces médianes et des appendices, nous parlerons de ceux-ci immédiatement après l’exposition de celles des premières, auxquelles ils appartiendront.

Des vertèbres céphaliques , la première a son corps en forme de vomer Des vertèbres ou de lame triangulaire plus ou moins avancée, et son arc osseux est céphaliques:

, , nasale,

formé par une paire d’os nasaux en contact l’un avec l’autre par leur côté interne dans la ligne médiane. Cette disposition ne souffre aucune exception chez les Mammifères.

La seconde a un anneau frontal considérable, aussi bien que la troi- fronlaie sième et la quatrième ou dernière, avec laquelle s’articule la seconde partie de la colonne vertébrale par deux condyles ovales, divergents, plus ou moins rapprochés , mais jamais confondus en un seul.

pariétale , occipitale.

Des Mâchoires.

Supérieure.

Ses racines.

ses parties constituantes.

Inférieure ou Mandibule

Sa partie essentielle ;

indivise à tout âge.

l'os temporal.

Quant au corps de ces trois vertèbres exclusivement crâniennes, il s’accroît de la première à la dernière, qui forme la base du crâne , se dilatant plus ou moins de chaque côté en ailes, pour monter et atteindre l’anneau correspondant, et il est percé un peu diversement pour la sortie des quatre groupes de nerfs cérébraux.

Des deux paires d’appendices de la tète ou des mâchoires, l’antérieure a toujours au moins sa racine inférieure et postérieure , et l’os ptérygoï de qui la constitue est fort peu considérable, doublant à sa face interne une apophyse descendante du sphénoïde postérieur ou du corps de la troisième vertèbre, connue sous le nom d’apophyse ptérygoïde externe. Cette particularité du palatin postérieur est encore exclusivement propre aux Mammifères.

Des trois pièces qui en constituent le corps, toujours solidement et immobilement joint à la tête, la postérieure, constamment fort petite, ne porte jamais de dents , et l’antérieure ou prémaxillaire est toujours plus petite que la maxillaire, et sa branche montante ne se joint jamais à celle de l’os de l’autre côté de la ligne médiane.

L’autre paire d’appendice céphalique ou de mâchoire, souvent nommée mandibule, est toujours et à tout âge complètement indivise, ce qui est exclusivement propre à cette classe d’animaux; de ses deux branches , l’horizontale porte seule les dents, et la verticale se partage ordinairement en trois apophyses, l’une inférieure, dite angulaire; l’autre supérieure , dite coronoïde , et enfin une moyenne , dite articulaire , et pourvue en effet d’un condyle diversiforme pour l’articulation.

Cette mandibule se joint en effet sur les côtés du crâne par un os squammiforme ou temporal, immobile, appliqué contre les os de l’arc de la deuxième, de la troisième et quelquefois même de la quatrième vertèbre céphalique, comprenant, soudé inférieurement avec lui, le canal auditif externe, la caisse du tympan (contenant les osselets de l’ouïe), qui appartiennent aussi à cet appendice, et encore un os pierreux, irrégulier plus qu’aucun os du corps, nommé à cause de cela Rocher , et qui n’est, dans notre système d’anatomie, qu’une enveloppe du bulbe otique, et

OS DU SQUELETTE, qui , réuni avec les pièces solides qui entrent dans la composition de la sclérotique de certains Ostéozoaires , compose notre troisième sorte d’os ; mais que, pour la commodité de la description , nous conserverons dans les os de la tête.

Les vertèbres complètes du tronc des Mammifères ont pour caractère Des vertèbres commun de se joindre entre elles dans toute l’étendue de leur corps par 1 ’

continuité de substance et d’avoir à l’arc dorsal une échancrure plus ou en g™éral moins profonde de chaque côté de ses pédoncules, formant les trous dits de conjugaison, des apophyses d’articulation mobile, dites à cause de cela articulaires, une paire en avant, une paire en arrière, souvent une paire d’apophyses transverses et une apophyse épineuse dorsale.

Du reste, il n’est pas vrai que les vertèbres des Mammifères se distinguent toujours de celles des autres classes d’Ostéozoaires , parce que les surfaces qui en terminent le corps sont constamment planes; elles sont quelquefois convexes en avant et concaves en arrière, comme cela se voit évidemment aux vertèbres cervicales dans beaucoup de ruminants , et d’ailleurs plusieurs reptiles ont certainement les vertèbres plates, et certains poissons les ont convexo -concaves, avec mobilité synoviale.

Dans tous les Mammifères, la distinction des vertèbres en cervicales, dorsales, lombaires, sacrées et coccygiennes , est presque toujours facile, si ce n’est lorsque les membres postérieurs viennent à manquer, comme dans les cétacés, celles de chaque groupe ayant des caractères qui lui sont propres, et quoique les dernières de chacun passent assez insensiblement à la première du groupe suivant.

Les cervicales ne sont jamais au-dessus ni au-dessous de sept, à une Cervicales, exception près en plus et peut-être une autre en moins.

Les deux premières , nommées Atlas et Axis , la première parce quelle Atias, porte la tête, et la seconde parce que c’est sur elle que tourne la première emportant la tête avec elle, sont toujours aisées à distinguer, par l’échancrure du corps , l’absence d’apophyse épineuse et la dilatation aliforme des apophyses trans verses pour la première , et , au contraire, pour Axis, la seconde; par l’élévation du corps en apophyse odontoïde plus ôu

moins prononcée, la grandeur de l’apophyse épineuse en large crête, et l’absence des apophyses transverses.

intermédiaires. Les quatre cervicales suivantes ont pour caractère commun d’avoir l’apophyse transverse percée d’un trou à sa base pour le passage de l’artère vertébrale.

7' «rdin. Et la septième de ne pas offrir cette particularité, ce qui la fait assez proéminente. ]^en ressembler aux vertèbres dorsales, et cela d’autant plus que son apophyse épineuse est en général assez développée pour qu’on désigne quelquefois cette vertèbre par le nom de proéminente.

Dorsales. Les vertèbres dorsales, en quelque nombre quelles soient, ont pour caractère différentiel d’avoir une petite facette articulaire à l’angle supérieur du corps, en avant comme en arrière pour toutes les antérieures , et seulement vers la partie antérieure pour les deux ou trois dernières.

D’abord un peu plus larges dans leurs corps, elles diminuent ensuite, pour augmenter de nouveau à mesure quelles se rapprochent davantage des lombaires.

Toutes ont, du reste, les lames des arcs plus ou moins larges et recouvrantes , les apophyses articulaires bien marquées , les antérieures un peu imbriquées, et plus ou moins tuberculeuses en dehors; les apophyses épineuses en général fort élevées, plus ou moins couchées en arrière, sauf pour les dernières, qui se redressent et quelquefois s’inclinent un peu en sens inverse ; les apophyses transverses pourvues en dessous d’une facette articulaire à l’extrémité, et en dessus de tubercules d’insertion musculaire.

Lombaires. Les vertèbres lombaires se distinguent toujours aisément des précédentes par l’absence de facette articulaire au corps , qui est toujours large ; les lames ne s’imbriquent pas , les apophyses articulaires tendent à s’enchevêtrer par le développement d’une sous-apophyse en arrière, les épineuses sont larges, verticales ou couchées en avant, ainsi que les transverses horizontales.

sacrées. Les vertèbres sacrées, en nombre un peu variable, ont pour caractères de se souder non-seulement dans leurs corps, mais encore dans leurs

apophyses transverses élargies et épaissies , de manière à constituer ce qu’on nomme le Sacrum, dont la’ première des vertèbres composantes ressemble beaucoup à la lombaire contiguë , et la dernière à la première coccygienne; de leur réunion résulte une double série de trous en avant comme en arrière, une série d’apophyses épineuses formant ou non une crête médiane, et quelquefois de chaque côté une série moins marquée de tubercules , restes des apophyses articulaires.

Les vertèbres coccygiennes ou caudales, en nombre beaucoup plus variable chez les Mammifères qu’aucune des sortes précédentes, peuvent se partager en trois groupes : celles du premier, presque semblables à la dernière sacrée, offrent encore presque toutes les particularités de véritables vertèbres, c’est-à-dire un arc osseux avec deux parties d’apophyses articulaires, une apophyse épineuse et des apophyses trans verses ;

Celles du groupe suivant ont l’arc osseux beaucoup moins étendu et les apophyses transverses peu marquées ;

Enfin, celles du dernier groupe, qui constituent la plus grande partie de la queue , et qui la terminent , sont réduites au corps de la vertèbre, qui s’allonge et s’atténue avec quatre apophyses en croix égales ou inégales.

Les sternèbres n’existent d’une manière bien évidente et formant série que dans cette classe d’Ostéozoaires.

La partie subgutturale n’est jamais formée que par une seule pièce très-diversiforme , à chaque extrémité de laquelle se joignent deux paires d’appendices ou cornes de proportions diverses: l’une antérieure, qui remonte d’une manière variable jusqu’à la tête; l’autre postérieure, qui va se joindre à l’appareil laryngien.

La partie thoracique des sternèbres, située à une distance variable de la première, suivant la longueur du col, forme, parla réunion des pièces plus ou moins nombreuses qui la constituent , ce que les anatomistes nomment le sternum.

Chaque pièce composante ou sternèbre intermédiaire est plus ou moins étranglée an milieu, et par conséquent élargie aux extrémités par Généralités, 4

Vertèbres coccygiennes partagée»

trois groupe».

Second.

Troisième.

Des Sternèbre* constituant

l’Hyoïde ,

le Sternum.

Des Sternèbres intermédiaires.

terminales , ant.

Manubrium , post.

Xyphoïde.

Des Côtes,

sternales ,

asternales.

Des Membres en général.

Membres antérieurs ;

où elles s’articulent entre elles, avec échancrure articulaire à chaque angle.

Quant aux deux terminales , l’antérieure ou le manubrium a sa partie antérieure différente de la postérieure, et du reste très-variable; et au contraire pour la postérieure, dont c’est la partie postérieure qui est très-diversifiée , quelquefois en forme d’épée romaine , ce qui lui a valu sans doute le nom d’appendice xiphoïde quelle porte dans l’anatomie de l’homme.

Les appendices ou côtes qui, chez les Mammifères, se joignent ou s’articulent avec les deux séries de pièces médianes, sont assez variables de forme et de nombre.

Les antérieures, qui sont toujours vraies ou sternales, parce quelles se rencontrent constamment avec les appendices des sternèbres , offrent toujours supérieurement une tête articulaire avec et entre deux vertèbres dorsales, et un angle également articulaire, mais av ec l’apophyse transverse de la vertèbre inférieure, un col ou rétrécissement entre ces deux parties, et enfin un corps plus ou moins comprimé , plus ou moins recourbé, et dont l’extrémité se joint sans solution de continuité au cartilage appendiculaire du sternum.

Les côtes postérieures ou asternales ont encore une tête et même un angle articulaires , comme les antérieures ; mais la partie cartilagineuse qui les termine, quelque longue quelle soit, est toujours libre ou flottante sans se joindre au sternum ni à celle du côté opposé , et les deux ou trois dernières n’ont souvent qu’une tête articulaire avec une seule vertèbre.

Les appendices libres ou membres, chez les Mammifères, ne sont jamais au-dessous d’une paire ; et même dans le cas où les postérieurs semblent manquer à l’extérieur, ils sont représentés à l’intérieur par un os rudimentaire ischiatique suspendu dans les chairs par un long ligament sacro-ischiatique, et auquel s’insère comme de coutume le muscle ischio-caverneux de l’organe excitateur.

Les membres antérieurs des Mammifères, toujours complets, toujours formés des quatre parties normales, ont la première, ou l’épaule, com-

posée de l’omoplate seulement , ou bien de l’omoplate et de la clavi- composé, cule, ou enfin, dans la dernière sous-classe exclusivement, d’une omoplate, d’une clavicule et d’un préischion; mais dans tous les cas, la ceinture osseuse que ces pièces forment est toujours libre par son extrémité supérieure, et non soudée immédiatement par l’inférieure à la branche du côté opposé.

L’omoplate , dans tous les animaux de cette classe , est toujours un os Omoplate, large, plat, assez mince, convexe en dehors, concave en dedans, de forme habituellement triangulaire , offrant à son angle sternal ou inférieur, le plus épais, une cavité articulaire ovale ou arrondie, et un tubercule plus ou moins saillant , coracoïde , à l’endroit où le bord céphalique vient s’y terminer. Une lame en forme de crête plus ou moins saillante, et partageant sa face externe en deux parties nommées fosse sus-épineuse et fosse sous-épineuse , se prolonge quelquefois en une épine ou en une apophyse recourbée en dehors de l’articulation; c’est elle que l’on nomme acromion , et avec laquelle se fait la jonction avec la clavicule.

Quant à la face concave ou interne, elle porte le nom de fosse sousscapulaire.

La clavicule des Mammifères, quand elle est complète, est un os long, Clavicule, cylindrique, plus ou moins courbé, et se portant transversalement entre la première sternèbre, avec laquelle il s’articule quelquefois immédiatement, et la terminaison acromiale de la crête scapulaire.

Mais quelquefois cet os est entièrement suspendu dans les chairs , et n’atteint ni le sternum ni l’omoplate, en variant de longueur jusqu’à ce qu’il disparaisse entièrement.

Quant au préischion , comme il n’existe que dans les deux ou trois Prèischion. dernières espèces de Mammifères, nous nous bornerons à dire que, comme dans la plupart des Ostéozoaires ovipares, c’est un os qui, par une extrémité, entre dans la composition de la cavité articulaire, et de l’autre prend un point d’appui sur le sternum.

L’humérus, dans cette classe d’animaux, se distingue en général fort aisément de celui des animaux d’autres classes par ses crêtes , ses angles

Humérus.

MAMMIFERES.

en général bien plus arrêtés , et ensuite par la figure de sa tête scapulaire toujours arrondie, par la saillie des deux tubérosités d’insertions musculaires qui l’accompagnent , l’une en dehors plus grande , l’autre en dedans plus petite ; par l’élévation , la saillie et l'étendue plus grande des surfaces d’attache des muscles deltoïde et grand-pectoral , qui descendent de la grosse tubérosité , des crêtes d’insertion des muscles de la main en dehors et en dedans de la surface articulaire inférieure ou de l’avantbras, qui est toujours bien plus tourmentée, bien plus fouillée que dans l’humérus des autres animaux.

11 en est en général de même pour les deux os de l’avant-bras, même quand le cubitus est réduit à sa tête supérieure ou à son apophyse olécranienne; cest-à-dire que les crêtes, les angles, les apophyses d’insertions musculaires, les facettes articulaires ou de connexion sont toujours bien plus prononcées.

Radius. Le radius est toujours complet, s’articulant plus ou moins largement en haut avec 1 humérus par une tête qui de circulaire devient de plus en plus transversale et gynglymoïdale, en hasavecle carpe par une plus grande partie de son étendue , à mesure que la position de la main devient de plus en plus forcée dans la pronation ou l’application quadrupède.

Cubitus. Le cubitus suit cette dégradation de la main , et d’abord complet , se plaçant à coté du radius , qui peut rouler sur lui , entre une partie notable de 1 articulation humérale et de celle du carpe, il passe de plus en plus en arrière, n’occupant plus que la partie toute postérieure de 1 articulation humérale , et finissant même par être réduit dans cette partie à 1 apophyse d’insertion musculaire de l’extenseur de l’avant-bras , nommée olécrane , et alors n’ayant aucune part à l’articulation carpienne.

Carpe. Le carpe , par lequel commence la main , est toujours formé , même i« rangée: ^ans son P^us grand état de simplicité, de deux rangées bien distinctes Navicuiaire , Pet*ls os multiformes, l’une brachiale et l’autre digitale; la première Intermédiaire, pouvant être composée de quatre, et même de cinq os, qui sont,enmari riquètre, c^ant de dedans en dehors : le scaphoïde ou navicuiaire, l’intermédiaire, Hsiforme. le semi-lunaire , le triquètre et le pisiforme ; le premier et le troisième

s’articulant avec le radius, le troisième avec le cubitus, et le quatrième hors de rang, mais quelquefois réduits à trois, ce dernier compris.

La seconde rangée n’est jamais formée de plus de quatre os , nommés , en suivant le même ordre, le trapèze, le trapézoïde, le grand os et l’unciforme; le premier pour le pouce, le second pour l’indicateur, le troisième pour le médian, et enfin le quatrième pour l’annulaire et le petit doigt. Mais cette rangée peut être réduite à trois os, lorsque le nombre des doigts est lui-même réduit à ce nombre , complets ou rudimentaires.

Le métacarpe des Mammifères est presque toujours formé d’os assez longs, au nombre de cinq, quatre, trois, deux, et même d’un seul, du moins complet. Ces os, placés les uns à côté des autres, ayant 1 extrémité carpienne plate ou en gouttière fort peu profonde, et l’extrémité digitale en tête arrondie , ont du reste des proportions très- variables, en rapport avec les doigts qu’ils supportent.

Les phalanges , qui constituent ceux-ci , sont constamment , et sans autre exception que dans la nageoire des Cétacés et dans l’aile des Chéiroptères, l’une et l’autre profondément anomales, au nombre de trois pour tous les doigts , si ce n’est pour le pouce , qui n’en a jamais plus de deux ; et ces phalanges, dans leur proportion, varient un peu, quoiqu’en général la première soit la plus longue , et la troisième la plus courte.

La plus importante est certainement celle-ci, à cause de l’ongle quelle porte, ce qui lui a valu le nom de phalange onguéale.

Toute première phalange de Mammifère commence par une cavité arrondie et finit par une poulie en creux ou une véritable poulie.

Toute seconde phalange commence par une surface articulaire en contre-poulie , c’est-à-dire avec une crête entre deux gorges , et se termine à l’autre extrémité en poulie proprement dite.

Enfin toute phalange onguéale commence par une contre-poulie plus ou moins oblique , et se termine en s’amincissant diversement suivant la forme de l’ongle.

2« rangée :

Trapèze , Trapézoïde , Grand Os, Unciforme.

Métacarpe.

Phalanges.

1" Phalange.

2e Phalange Phalangine.

3e Phalange Phalangette.

Membres postérieurs.

Du Gassin en général ,

la colonne vertébrale ;

sa composition.

Iléon.

l’ubis.

Ischion.

Le bassin ou la ceinture osseuse des membres postérieurs est au moins aussi caractéristique chez les Mammifères que la ceinture osseuse antérieure, et cela aussi bien dans son ensemble que dans chacun des trois ou quatre os qui entrent dans sa composition.

En effet, dans la presque totalité de ces animaux, à une seule exception près, la demi-ceinture se joint par son extrémité supérieure à la colonne vertébrale par une articulation plus ou moins immobile avec le sacrum , et par son extrémité inférieure avec celle du côté opposé , d’où une symphyse dite pubienne , sauf encore une ou deux exceptions, où cette symphyse reste séparée.

Des trois os qui constituent chaque demi-ceinture , et qui se soudent de très-bonne heure entre eux en contribuant chacun à former la cavité articulaire fémorale, le plus important est l’iléon, et en même temps le plus considérable. En forme de palette ou d’éventail en avant , offrant par conséquent deux faces plus ou moins excavées nommées l’une iliaque externe, l’autre iliaque interne, il se rétrécit plus ou moins vers son milieu pour se dilater à son extrémité postérieure , et c’est par elle qu’il entre dans la composition de la cavité cotyloïde, dont elle forme la partie antérieure et supérieure. De ses deux bords principaux , le supérieur, plus ou moins rugueux , limite la surface interne d’articulation avec le sacrum , et l’inférieur ou antérieur commence par un angle nommé épine antérieure et supérieure, et finit au-dessus ou en avant de la cavité par un tubercule d’insertion musculaire.

Le second transverse et sternal ou ventral, est celui qui, par son extrémité interne, se joint dans la ligne médiane à celui du côté opposé, et qui , par conséquent , constitue la symphyse pubienne plus ou moins étendue; par son autre extrémité, il se joint largement au précédent pour former le côté inférieur de la cavité articulaire ou cotyloïde.

Enfin, le troisième os de chaque demi-ceinture, l’ischion, situé en arrière , en forme de fer à cheval , s’interpose entre les deux autres , le s branches ouvertes en avant, l’une ventrale, continuant la symphyse

pubienne; l’autre dorsale, complétant la cavité cotyloïde et prolongeant le bord vertébral de la ceinture, tandis que l’angle de jonction, souvent épaissi et élargi , se porte en arrière sous le nom de tubérosité ischiatique.

Le fémur des Mammifères présente, comme l’humérus, toutes ses parties d’une manière très-distincte; une tête en sphère, portée sur un col ou rétrécissement plus ou moins long, plus ou moins oblique; deux tubérosités d’insertions musculaires, ou trochanters, l’une beaucoup plus forte en dehors, le grand trochanter, et creusée à sa racine interne d’un enfoncement plus ou moins profond, nommé cavité digitale; l’interne plus basse et plus petite (petit trochanter), de laquelle part une ligne moyenne d’insertion musculaire, obliquement de dedans en dehors, qui se continue tout le long du col du fémur, et porte le nom de ligne âpre; enfin , inférieurement les deux condyles articulaires , bien arrondis, bien séparés entre eux, surtout en arrière et en avant, par une large poulie remontant plus ou moins haut, et dans laquelle glisse la rotule ou le gros os sésamoïde de l’extenseur de la jambe.

La jambe, dans cette classe d’animaux, est toujours formée de ses deux os; quelquefois cependant le péroné est réduit à l’une ou à l’autre de ses extrémités.

Le tibia, qui est toujours la principale pièce de la jambe, comme le radius à l’avant-bras, est ordinairement triquètre et un peu arrondi dans sa longueur.

Son extrémité supérieure, fortement élargie, présente une large surface articulaire en contre-poulie, dont les excavations sont peu profondes et la carène très-peu saillante , avec une autre facette articulaire externe , ovale ou arrondie pour le péroné. Son extrémité inférieure, généralement plus étroite que la supérieure, est également disposée en contrepoulie, plus ordinairement oblique, la gorge interne plus profonde que l’externe, par plus de saillie du bord interne constituant la malléole dite interne; l’externe offrant une petite facette articulaire pour le péroné.

Péroné. Ce dernier os , chez les Mammifères , est presque toujours , quand il est

complet , un os grêle, allongé, triquètre, peu ou point arqué , offrant , en haut comme en bas , un renflement ou élargissement plus ou moins considérable , le supérieur s’articulant avec le tibia par application oblique ; l’inférieur en faisant autant avec la partie correspondante de cet os, mais en outre la dépassant et faisant une saillie connue sous le nom de malléole externe.

Le pied des Mammifères est, comme la main, constamment formé de ses trois parties bien distinctes.

Tarse. Le tarse, dans la composition duquel entrent tout au plus sept os

disposés en deux rangées, l’une interne et supérieure, l’autre externe et inférieure.

i * rangée : Dans la première rangée , composée de trois os , le premier est l’astra-

Asiragaie. gale , qui forme presqu’à lui seul l’articulation avec les deux os de la jambe, qui le saisissent entre eux d’une manière plus ou moins serrée; aussi sa surface tibiale est-elle entièrement occupée par une large poulie articulaire plus ou moins profonde , tandis que l’autre tarsienne , plus compliquée, présente des surfaces articulaires très-diversiformes pour ses deux os congénères , le calcanéum et le scaphoïde, calcanéum. Le calcanéum , qui est généralement le plus gros des os du tarse , parce qu’il en représente deux réunis du carpe, est d’une forme toute particubère dans cette classe, en ce que, outre les facettes supérieures articulaires avec le précédent, il s’allonge en avant par une grosse apophyse tronquée carrément pour son articulation avec le cuboïde de la seconde rangée, et en arrière par une autre encore plus forte, plus ou moins renflée, en une tubérosité d’insertion musculaire dépassant plus ou moins l’axe de jonction de la jambe et du pied, scaphoïde. Le scaphoïde, qui forme le troisième os du métatarse, est encore un os très-caractéristique du pied des Mammifères ; sa forme, dans l’homme, lui a valu son nom ; sa face excavée ou interne est articulée avec l’astragale , et sa face convexe , partagée quelquefois en trois facettes , correspond à autant d’os de la seconde rangée.

Cette seconde rangée du tarse n’a jamais plus de quatre os, comme à la main; mais ce nombre peut être réduit à trois.

Les trois premiers en marchant de dedans en dehors , sont désignés sous le nom de premier, second et troisième cunéiforme, à cause de leur figure dans l’homme; en effet, plus ou moins hexagonaux , ils sont plus épais en dessus qu’en dessous. Du reste leur proportion, et même leur figure, varient considérablement. Le premier, sur lequel s’articule le premier doigt, n’a de facettes articulaires que de trois côtés. Les deux autres en ont de quatre côtés, et n’en manquent qu’en dessus et en dessous.

Le dernier os de cette rangée, le cuboïde, est encore désigné sous un nom qui rappelle sa forme générale dans l’homme. Il offre une large facette postérieure pour le calcanéum , une interne pour le cunéiforme, une ou deux en avant pour un ou deux doigts; le côté externe en étant totalement dépourvu, ainsi que les faces supérieure et inférieure, et celle-ci présentant une gouttière oblique qui la caractérise.

Les deux autres parties du pied ont tant de ressemblance avec leurs analogues à la main , qu’il est souvent difficile , dans certains Mammifères du moins , de décider si tel ou tel os métatarsien , ou telle ou telle phalange , diffère des pièces correspondantes à la main.

On peut cependant remarquer que l’extrémité interne du métatarsien est toujours sensiblement plus plate qu’au métacarpien; que le cinquième os, quand il existe, a sa tubérosité externe plus saillante; que les phalanges onguéales sont moins courbées.

Sans doute qu’entre toutes les pièces solides qui entrent dans la composition du squelette d’un animal vertébré en général , mais surtout de celui d’un Mammifère, il règne une harmonie appréciable de nombre, de forme , de position , de proportions, en un mot une combinaison qui doit avoir pour résultat tel ou tel genre de translation, telle ou telle particularité de locomotion; en sorte que l’on peut assez bien préjuger ou prévoir, dans certaines limites du moins , par une connaissance physiologique, certaines particularités ostéographiques, et vice

Généralités. g

2e rangée :

Cunéiformes.

2' et 3*.

Cuboïde.

Métatarsiens

et

Phalanges.

Réflexions sur l’harmonie des

du squelette des Mammifères.

vend, c’est là une observation qui n’a échappé à personne depuis Galien jusqu’à nous; mais croire que la science soit assez avancée, et même quelle puisse jamais l’être assez, qu elle puisse atteindre un tel degré de prévision , si même elle en est susceptible , au point qu’un seul os , qu’une seule facette d’os , étant connus dans un animal , on puisse reconstituer, recomposer son squelette entier, et par suite le reste de l’organisation de l’animal dont il provient, c’est une prétention qui paraîtra d’autant plus exagérée, d’autant plus extraordinaire, que l’on aura soi-même davantage étudié la question aussi bien à priori qu’à posteriori. Aussi n’est-il, suivant moi, jamais arrivé à personne de mettre à preuve cette prétention. Sans doute on a pu croire l’avoir fait , lorsqu’ayant un certain os d’un animal voisin d’un autre animal de forme ordinaire, connu dans son entier, et dont on avait le squelette sous les yeux , on a reconnu quelle forme devait avoir la partie des os en connexion avec lui. Mais au delà toute prévision devenait entièrement conjecturale; à moins que l’os conducteur n’ait été un de ces os caractéristiques de certaines familles, comme l’astragale, par exemple, chez les Ruminants, dont le squelette est d’une similitude remarquable et marche toujours avec un système dentaire et un appareil digestif tout particuliers; mais encore dans ce cas, cet astragale, outre la proportion des autres os, qu’il ne donnait certainement pas, ne pouvait jamais conduire à déterminer s’il existait ou non des ergots, c’est-à-dire des rudiments de la paire de doigts extrêmes, un péroné complet, et encore moins un cubitus également complet aux membres antérieurs, des dents canines à la mâchoire supérieure, et même si le frontal était dépourvu ou pourvu d’armes offensives, et, dans ce cas, si c’étaient des bois ou des cornes, et alors si elles étaient au nombre d’une ou de deux paires.

Mais s’il y a impossibilité absolue dans une famille si naturelle , formant pour ainsi dire un bloc, c’est-à-dire où la série est si peu manifeste , de déduire de l’examen d’un os, même aussi particulier que l’astragale dans les Ruminants, toutes les particularités que je viens d énumérer, que serait-ce si nous avions pris notre exemple dans une famille

où la dégradation est plus ou moins marquée, et surtout dans des genres d’animaux dont l’appareil locomoteur offre des anomalies évidentes dans telle ou telle de ses parties? On peut affirmer que de la considération d’un os même choisi ou pris à volonté , il serait presque toujours impossible de s’élever même à la connaissance totale de ceux qui sont immédiatement en contact avec lui.

De tous les os qui entrent dans le squelette du Magot, quel est celui, sauf le sacrum, d’où l’on puisse déduire qu’il n’a pas de queue, tandis que la plupart des autres Cynopithèques en ont souvent une fort longue ; il est même digne de remarque que les vertèbres lombaires ont leur apophyse épineuse aussi antéroverse que dans les Cercopithèques.

Quel os, si ce n’est le trapézoïde, pourra vous conduire à assurer qu’une Guenon de la division des Colobes, ou qu’un Sapajou de la division des Atèles n’a pas de pouce?

Quelle partie des extrémités d’un Paresseux vous fera prévoir s’il doit avoir sept, huit ou neuf vertèbres cervicales? Et si vous ne possédez que la tête du radius de cet animal, qui vous indiquera la forme singulière de sa main et du nombre des doigts?

Essayez donc de l’un ou l’autre des doigts si bizarres des Tatous de prévoir la forme et la proportion de l’autre?

Les Chéiroptères comme les Taupes, ont le sternum garni d’une sorte de crête longitudinale ou bréchet, et dans les uns comme dans les autres, pour augmenter l’épaisseur du grand pectoral, et par conséquent son action sur le bras; mais servez-vous-en pour deviner la forme de l’humérus , si excessivement différente , et encore mieux celle de l’omoplate , si large dans les unes, si étroite dans les autres, et vous tomberez dans des erreurs étonnantes.

De l’humérus si bizarre de la Taupe, devinez donc la forme de cette omoplate ?

Trouvez donc dans une partie quelconque de la main la prévision que l’humérus sera percé ou non d’un trou au condyle interne, dans tel ou tel groupe de Carnassiers et point dans un autre tout voisin?

Cherchez quelque rapport entre cette particularité, qui existe chez tous les Didelphes sans exception, et la coexistence des os dits marsupiaux , qui ne manquent pas davantage dans cette sous-classe ?

Si encore , plus à tort , vous prétendiez trouver un rapport de coexistence entre le système dentaire et l’ensemble et les particularités du squelette, comment auriez-vous deviné, en voyant le squelette du Chien à grandes oreilles du Cap, qu’il avait un système dentaire si différent de celui des autres Chiens, aussi bien sous le rapport de la forme que sous celui du nombre?

Quel rapport y a-t-il entre le système dentaire si carnassier des Dasyures et celui des Phascolomes complètement rongeurs, et cependant le condyle de la mâchoire inférieure n’est ni plus ni moins transverse dans les uns que dans les autres ?

Quelle particularité dans un os quelconque du membre antérieur d’un Carnassier vous fera prévoir qu’il y aura une clavicule ou qu’il n’y en aura pas , qu’il y aura un os dans le pénis ou qu’il n’y en aura pas ?

Du nombre des doigts aux membres postérieurs, concluez donc à celui des membres postérieurs, et vice verset, et vous tomberez presqua tout moment dans l’erreur.

Raisons pour G est la conviction acquise aussi bien à priori qu’à posteriori, c’est-à- ..e^onne^nT ^ire Par une expérience répétée, qu’une pièce quelconque du squelette Padileens!5onsSde ** un Ostéozoaire ne peut tout au plus conduire qu’à prévoir la forme de la partie de la pièce en contact articulaire avec elle , qui m’a déterminé à ne pas donner de longues tables de mesures des os, comme lont fait depuis Daubenton la plupart des ostéographes : en effet, j’ai la certitude quelles ne peuvent servir à rien ou à fort peu de chose, surtout quand elles sont absolues. Sans doute l’on conçoit ici fort aisément des rapports harmoniques ou proportionnels entre les pièces d’un même squelette, mais c’est encore dans des limites de variations trop peu restreintes pour qu’il soit possible , de la mesure d’un os, de conclure à celle d’un autre os plus ou moins éloigné. Les squelettes d’individus un peu nombreux d’une espèce vivante, sont là pour nous dé-

montrer la futilité de ces mesures poussées jusqu’aux millimètres. Aussi avons-nous préféré donner un certain nombre de longueurs relatives avec la colonne vertébrale; par exemple, prise comme mesure, et, dans ce cas, nous n’avons même rapporté que les principales et les plus importantes.

Encore dois- je faire l’observation, qui ne l’est pas moins, que non-seulement les proportions relatives des os du squelette varient suivant l’âge , ce qui est bien connu , et non pas seulement dans le premier âge comparé à lage adulte, mais aussi dans l’âge de la caducité.

Elles varient également suivant les sexes; c’est encore une chose bien reconnue; les pièces du squelette des individus femelles étant toujours plus grêles, plus faibles, plus élancées que chez les mâles.

Mais elles varient aussi, et dans des limites beaucoup plus grandes qu’on ne le croit généralement , dans les individus du même âge et du même sexe , par suite de causes sans doute en partie inappréciables , mais qui peuvent être facilement reconnues dans leurs résultats, comme on peut s’en assurer si aisément chez tous nos animaux domestiques , mais aussi bien chez les espèces sauvages de tous les pays. Il y a plus de deux mille ans qu’ Aristote a fait la juste observation que les animaux élevés dans les lieux difficiles et montueux deviennent plus forts et plus robustes; et comme ce sont les os qui constituent cette force et cette vigueur, on voit quelles différences ils doivent offrir. Et, en effet, nos collections d’animaux vivants et morts, nos collections de squelettes peuvent aisément donner la démonstration la plus complète de ces nombreuses et importantes variations aux personnes qui pourraient encore avoir quelque doute à ce sujet.

Au reste, toutes nos figures étant faites au diagraphe, instrument qui procède presque mathématiquement , on voit combien il sera facile d’avoir des longueurs proportionnelles à l’aide d’un compas et d’une mesure, puisque, lorsque les figures ne sont pas de grandeur naturelle , le chiffre de la réduction ou de l’ampliation sera constamment donné.

C’est certainement dans cette classe d’animaux que les os du squelette éprouvent par l'effet de l’âge le plus de variations, et cela presque sous tous les rapports que nous avons envisagés, c’est-à-dire tant sous celui de la composition chimique et anatomique que sous ceux de la forme générale et de la proportion de chaque pièce en elle-même , et considérée dans ses rapports avec les autres.

Dans le jeune âge les os sont beaucoup moins terreux, d’un tissu bien moins serré; ils sont proportionnellement moins longs, plus gros, plus renflés, surtout aux extrémités.

Dans lage adulte ils acquièrent toutes leurs qualités normales en composition , en forme et en proportions, en même temps que les apophyses, les crêtes, les empreintes, les trous, les canaux, les cavités se dessinent et se prononcent nettement.

Dans lage plus avancé, marchant à la caducité, les os gagnent en solidité, en densité; les proportions de forme changent notablement par plus d’épaisseur; ils deviennent plus robustes; les surfaces articulaires redeviennent plus larges; plusieurs sutures s’effacent complètement, et toutes les saillies s’augmentent , s’exagèrent, s’irrégularisent , tandis que les trous, les canaux, les cavités diminuent et tendent évidemment à se remplir.

Ce sont ces observations qu’il faut avoir sans cesse présentes à l’esprit , lorsqu’on veut faire une application convenable de l’ostéographie à la paléontologie.

DES DERMOS.

Défini, On ne connaît encore ce genre de parties solides parmi les Mammifères que dans le genre des Tatous ( Dasypus, L.) et dans les subdivisions que les zoologistes y ont introduites dans ces derniers temps, genre qui fait partie du sous-ordre des Édentés terrestres, et qui est exclusivement propre à l’Amérique méridionale, parieur position C’est dans le derme, ou plutôt c’est le derme même des Tatous qui,

q s’encroûtant de matière calcaire, et se partageant en fragments régu-

DERMOS ET DENTS.

liers, constitue les seuls dermos que l’on observe dans la classes des Mammifères ; en sorte qu’en enlevant les sels de chaux qui sont dépo- par leur nalUr* sés irrégulièrement dans les masses du tissu dermique, on obtient une <'himiqu<" peau entièrement flexible.

Ces dermos , d’épaisseur extrêmement variable, suivant les espèces et Distingué, les parties du corps , ont toujours une forme polygonale , souvent car- ’Trm'-" rée ou parallélogrammique , mais aussi fréquemment hexagonale sur certaines parties du corps. Plus ou moins lisses et concaves à leur surface interne ou adhérente, elles sont toujours un peu convexes , et constamment ornées d’espèces de guillochures en relief dont la forme semble être assez bien caractéristique des espèces.

Du reste, nous verrons que la plupart de ces dermos, lorsqu’ils sont leur di.po.iuon. en contact surtout , se disposent fort régulièrement de manière à former sur la tête , sur le col , sur toute la partie supérieure du tronc , et même sur la queue, des parties d’enveloppe solide dans lesquelles l’animal peut se mettre plus ou moins complètement à l’abri delà voracité de ses ennemis.

Lorsque nous serons arrivés à donner l’ostéographie des Édentés terrestres, ordre dans lequel entrent les Tatous, nous donnerons de plus grands détails sur ce genre d’os de la peau des Tatous , et d’autant plus que l’on en découvre tous les jours de nouvelles espèces à l’état fossile dans les diluvium et les cavernes de l’Amérique méridionale. En ce moment, qu’il nous suffise du peu que nous venons de dire, et passons aux phanéros.

Page 1