‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 55 sur 130 · DES OS VISIBLES OU EXTÉRIEURS · texte numérisé non relu

DES OS VISIBLES OU EXTÉRIEURS

PHANÉROS ( Plianerostea ).

Dans cette grande classe d’animaux vertébrés , ce genre de parties dures Dents, est réduit à la sorte la plus importante, à celle qui, se développant à la surface de l’enveloppe buccale, et pénétrant dans les mâchoires, porte le nom de dents. Et même chez eux , ces parties sont limitées aux deux

leurposulcmaux Premières portions de la mâchoire supérieure et à la branche horizon-

^parties termi- taie de l’inférieure , c’est-à-dire qu’il n’y a jamais que des dents préchoire supé- maxillaires et maxillaires en haut et des dents mandibulaires en bas ; jamais r inférieure* de palatines ni d’arrière-palatines.

De figure bico- Les dents des Mammifères ont un autre caractère qui n’est pas moins n,que important que celui de la position , et qui consiste en ce quelles sont toujours biconiques et implantées par l’un des cônes composants auquel on donne le nom de racine , dans un enfoncement correspondant et proportionnel que lui présentent les os sous-posés, enfoncements connus sous le nom d’alvéoles.

surunseuhang. Enfin ces dents ne sont jamais que sur un seul rang marginal, placées d’une manière plus ou moins serrée, les unes à la suite des autres, mais toujours parfaitement semblables de chaque côté, de sorte qu’il serait inutile de les considérer autrement que d’un seul , en haut et en bas.

Ce que nous avons dit plus haut dans les généralités sur l’organisation de ce genre de parties solides, ayant été tiré presque exclusivement de ce qu’il est dans les Mammifères, nous n’aurons pas besoin d’y revenir, d’autant plus que nous ne voulons pas ici faire un traité d’odontologie, mais nous avons besoin d’entrer dans quelques généralités sur les différences de nombre en général , et en particulier sur celui des différentes espèces établies d’après la forme , la position et même l’usage de ces dents.

Differente» Le nombre total des dents, chez les Mammifères, a une fixité extrêtouiîié mement remarquable (sauf les Édentés, qui font seuls exception sous ce rapport aussi bien que sous d’autres ) , mais il faut le prendre à son état de complet développement, et ce nombre n’est jamais considérable, puisqu’il ne dépasse jamais treize de chaque côté des deux mâchoires , les Cétacés toujours exceptés et aussi les Tatous.

Ces dents, rigoureusement semblables aux deux côtés de chaque mâchoire, tandis qu elles ne le sont jamais complètement aux deux, diffè-

DENTS

rent même quelquefois de nombre à la mâchoire inférieure de ce quelles sont à la supérieure.

Cette différence de nombre peut porter sur les trois sortes principales de dents; c’est-à-dire aussi bien sur les incisives ou prémaxillaires que sur les canines et sur les molaires, dont la position est constante, comme il a été dit plus haut, les premières en avant, les secondes ensuite et les troisièmes en arrière.

Leur disposition est même généralement assez fixe pour la manière dont les inférieures se placent par rapport aux supérieures : pour les incisives, lorsqu’elles sont terminales , ce sont toujours les inférieures qui se rangent derrière les supérieures; mais pour les canines et pour les molaires, c’est le contraire; c’est-à-dire que c’est toujours l’inférieure, dans chaque sorte, qui se place en avant delà supérieure; et cela a aussi bien lieu pour la dent en totalité que pour les divisions de la couronne , quand elle est multicuspide.

Mais c’est surtout dans la forme que les dents des Mammifères offrent le plus de variétés pour chacune d’elles et pour chaque espèce, aussi bien dans la couronne que dans la racine.

Les incisives véritables n’ont jamais qu’une seule racine plus ou moins longue, plus ou moins conique ou comprimée, quoique dans certains Mammifères la couronne qui les termine puisse être assez profondément lobée sur la tranche. Elle peut en outre présenter des différences nombreuses dans la forme.

Les canines sont dans le même cas que les incisives; elles n’ont généralement qu’une racine et une couronne simples assez bien proportionnelles dans leurs développements; mais elles peuvent , comme elles, offrir de grandes variétés de forme, étant quelquefois coniques, ou triangulaires, ou très-comprimées en couteau, dirigées en dehors ou en arrière.

Les molaires sont des trois sortes de dents celles qui présentent le plus de variétés de forme , pouvant être ou simples comme les incisives et les canines, et cela aussi bien dans leur racine que dans leur couronne, ou diversement compliquées dans les deux parties, et enfin pou-

généralités. 6

de disposition

haut et celles d'en bas;

de forme ;

pour

les Incisives;

les Canines,-

les Molaires ;

étudiées dans leurs parties.

Racines.

Couronne ; détermine

les Dents carnassières ou Molaires.

à distinguer les dentsmolaires

et Vraies;

celles-ci en

Carnassières.

vanl même être réellement complexes , au moins à certain âge , c’est-à- dire formées de plusieurs dents réunies.

Pour les racines, on peut dire d’une manière générale quelles traduisent assez bien les particularités de la couronne, au moins les principales et les plus prononcées, c’est-à-dire qu’au-dessous d’un gros mamelon ou tubercule de celle-ci se trouve une grosse racine , et vice versd.

Pour les couronnes , qui , dans l’action des dents inférieures sur les supérieures, peuvent d’horizontales agissant comme des meules, devenir verticales agissant comme des lames de ciseaux , on voit comment dans le premier cas les tubercules plus ou moins prononcés de la couronne seront autant égaux que possible, ce qui arrive rarement; en effet, on trouve bien plus souvent que l’un des bords, externe pour les supérieures, interne pour les inférieures, tend à prédominer; et alors il y a un commencement de croisement latéral des deux armatures.

Pour parvenir au maximum de cet entre-croisement, il suffit de concevoir que l’un des bords de la couronne s’accroît tandis que l’autre diminue , ce qui marche avec l’amincissement total de la dent ; alors les dents inférieures se placeront tout entières en dedans des supérieures, ou les croiseront dans le sens transversal , comme elles se peuvent croiser dans le sens longitudinal ; c’est ce qui constituera les carcharodontes d’Aristote.

Une dent molaire pourra même être en partie, en avant , par exemple , dans ce cas, tandis que l’autre sera restée tuberculeuse.

Ce sont toutes ces combinaisons si variées, et à la fois si fixes, qui donnent au système dentaire une importance tellement grande dans la distinction des espèces, et par suite dans la paléontologie.

Ce sont ces différentes considérations qui ont fait d’abord distinguer les dents molaires en fausses molaires et en molaires vraies , les premières en avant , les secondes en arrière , les unes plus simples et les autres plus complexes ; ensuite , comme dans certains Mammifères on peut remarquer trois sortes de molaires, des fausses molaires en avant, des molaires vraies en arrière, et une intermédiaire à ces deux sortes, et dans ce cas

DENTS

évidemment tranchante et carnassière, M. F. Cuvier a introduit la considération de celle-ci sous le nom de carnassière.

Dans notre travail sur la signification des dents composant le système Et par moi en dentaire, nous avons été obligé d’abandonner cette classification des AVp".^p^re' molaires des Mammifères et d’en établir une autre qui les considère comme et Arrièrc-

, . Molaire.

partagées en avant-molaires , en principale et en arrière-molaires , qu’importe quelles soient simples ou complexes, tranchantes ou tuberculeuses.

Ainsi, pour prendre notre exemple dans l’homme, j’admets que chez lui le système dentaire est ainsi composé : à chaque mâchoire et de chaque coté , deux incisives , une canine, cinq molaires, dont deux avantmolaires, une principale et deux arrière-molaires; ce que je formule souvent ainsi pour abréger :

?I|lc-fgM dont ~ av.m.+ -^pr. + | ar.m.

Pour déterminer quelle est la principale dans un système dentaire de Mammifères , il faut avoir recours quelquefois à des considérations plus ou moins indirectes ; mais dans le plus grand nombre de cas , on peut la reconnaître aisément à la mâchoire supérieure , qui est toujours le point de départ pour la signification des dents, en prenant pour telle celle qui se trouve implantée sous la racine de l’arcade zygomatique , ou mieux de l’apophyse zygomatique du maxillaire, et qui dans l’homme est certainement la plus forte : celles qui seront en avant seront les avantmolaires , et en arrière les arrière-molaires.

Quant à la mâchoire inférieure, il suffira de croiser les dents dans la position normale pour en avoir la signification : celle qui croisera en avant la principale d’en haut sera celle d’en bas, d’où l’on tirera les avant et les arrière-molaires. Or, dans l’homme, c’est encore la plus grande des cinq qui est la principale.

Mais en voilà assez pour le but que je me suis proposé en ce moment.

DES os d’enveloppe.

BOLBOS ( Bulbostea ).

Définis. Une troisième sorte de parties dures est celle qui solidifie dans certaines classes l’enveloppe extérieure des organes des sens bulbiformes , tels que l’œil et l’oreille interne ou labyrinthe , comme nous l’avons déjà fait observer dans nos généralités sur les différentes espèces d’os qui peuvent entrer dans l’organisation des Ostéozoaires.

Nous avons vu qu’il ne s’en était rencontré ou qu’on n’en avait encore observé que de deux genres , suivant l’organe du sens dont ils proviennent.

Bornés chez les Dans les Mammifères , jamais le bulbe oculaire ne renferme de parties

Mammifères j

solides dans son enveloppe extérieure ou dans la sclérotique, ce qui a au contraire constamment lieu chez les Oiseaux , et chez un certain à l'os pétreux nombre de Vertébrés ovipares. Mais aussi les Mammifères sont peut-être ^intèrae!"6 ^es seu^s c^ez lesquels le bulbe auditif , plus connu sous le nom d’oreille considéré interne ou de labyrinthe , est considérablement doublé ou épaissi à l’extérieur par une matière osseuse très-dense , de nature assez particulière , de forme assez variable , mais en général trièdre ou pyramidale, dans sa^ compo Cette pièce , de composition chimique analogue à celle de la partie

compacte des os du squelette , et où par conséquent la matière terreuse dans s» structure l'emporte beaucoup sur la matière organique, offre aussi dans sa strucanatonnque, ture anatomique un aspect tout particulier, en ce que la disposition celluleuse est nulle ou fort peu apparente, au contraire de celle de dépôt, en sorte que cet os est souvent cassant comme du verre.

dans sa position. Sa position est toujours la même, étant intercalée obliquement entre les ailes et le corps des deux dernières vertèbres et la racine squameuse de l’appendice céphalique postérieur; d’où il résulte que par suite des progrès de l’ossification , non-seulement il est retenu , mais encore il se soude avec les diverses portions de celles-ci au point de ne former qu’un

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