‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 71 sur 130 · L. Laniger · texte numérisé non relu

L. Laniger

ta courbure des premières et des secondes phalanges , plates en dessous et convexes en dessus. Les phalanges onguéales sont toutes élargies et aplaties à l’extrémité. Du reste , c’est toujours le quatrième doigt qui est le plus long en totalité et dans chacune de ses parties , si ce n’est peut-être pour son métacarpien que celui du milieu égale, s’il ne le surpasse. L’indicateur est le plus court, sauf le pouce , et le plus grêle.

Les membres postérieurs de l’indri sont encore plus particuliers que les antérieurs.

L’os des des , articulé vers la moitié de sa longueur, et cela longuement et obliquement, avec deux ou trois vertèbres sacrées, a ses fosses iliaques et surtout l’externe bien plus larges que dans aucun Maki , et son bord antérieur, large et recourbé à son épine, s’avance jusqu’au niveau de l’avant-dernière vertèbre lombaire. L’éminence iléo-pectinée est une véritable apophyse aplatie. Le pubis a sa branche antérieure encore moins oblique que dans le Maki, et sa symphyse plus longue. L’iskion , toujours très-court , a sa tubérosité plus marquée et plus plate , en sorte que toute cette disposition du bassin, jointe à celle du tronc, indique une plus grande tendance à la station verticale et iskiatique.

Le fémur de l’indri ne diffère de celui du Maki que par une longueur proportionnelle plus grande même que dans le Lori grêle; il égale en effet la longueur de toutes les vertèbres du tronc , sauf la dernière , et est presque double de l’humérus, proportion que je ne connais dans aucun autre animal.

Le tibia et le péroné ont aussi la même ressemblance et sont moins disproportionnés ; mais le pied est , comme la main , long et étroit. Du reste , la proportion des doigts et la forme des os qui les composent n’offrent que des différences assez légères avec ce qui existe dans les Makis.

Nous ne connaissons guère de l’autre espèce d’Indri , celui à bourre {L. Laniger), autrement l’Indri à longue queue, que la tête osseuse, et cette tête au premier aspect semble différer beaucoup de celle de l’indri ordinaire pour se rapprocher de celle des Loris paresseux , parce que

les mâchoires sont excessivement courtes ; mais en y regardant attenti- Tète, vement, on y retrouve absolument toutes les mêmes particularités; seulement le canal lacrymal est moins avancé dans la face et presque marginal; les orbites sont plus grandes, l’incisif est encore plus petit, et la mâchoire inférieure a son angle plus large, plus arrondi, et sa symphyse plus longue et plus oblique.

Quant au reste du squelette, je n’en ai vu qu’une partie des membres, Membres.

et ils conservent toutes les particularités de ceux des Indris ; l’humérus, Humérus.

percé d’un trou au condyle interne , et égalant à peine la moitié de la

longueur du fémur ; le radius et le cubitus longs et grêles ; le carpe Radius . , j • ■ , et Cubitus.

sans os intermediaire; luncilorme très-grand; mais ici le métacarpien carpe, de l’annulaire est notablement plus gros et plus long que celui du doigt médian. Le fémur et les os de la jambe, à peu près égaux, sont Fémur,

longs et grêles, surtout le péroné, et les os du tarse sont dans lapropor- Tarse,

tion ordinaire.

Le Maki diadème, dont M. Bennett a fait, dans ces dernières années, l. DiaJema. son genre Propithecus, ne m’est connu ostéographiquement que par une tête du second âge, en sorte qu’il est assez inutile de nous arrêter Tête, longtemps à détailler ses particularités. Tout ce que je puis en dire, c’est quelle a la plus grande ressemblance avec une de pareil âge environ , provenant de l’Indri ordinaire ; seulement le museau est notablement plus court, l’espace inter-orbitaire un peu plus large, et l’os incisif plus développé.

L’Aye-Aye offre encore une modification importante, mais tellement L’Aye-Aye prononcée, quelle est devenue une sorte d’anomalie dont tous les ( L\yîm)ac~ points ne sont pas encore rattachés d’une manière un peu certaine à ses particularités de mœurs ; nous ne connaissons malheureusement du squelette de l’Aye-Aye que la tête et quelques os des membres.

Sa tête, considérée en totalité, est encore plus courte que celle de Tête, l’indri diadème ou Propithèque , avec laquelle elle a cependant de cer- En général, tains rapports par la forme un peu courbe de ses lignes basilaire et frontale, celle-ci étant cependant beaucoup plus fortement et régulièrement

En particulier.

Dans

ses Vertèbres.

Dans ses Appendices :

supérieur.

Lacrymal .

•lugal.

Palatin.

Incisifs.

Inférieur.

Rocher.

Mastoïdien.

Caisse.

Squammeux.

Mandibule.

24 PRIMATÈS; LEMUR.

arquée , depuis lepine occipitale jusqu’à l’extrémité des os du nez , un peu comme chez les Chats. Du reste , la série du corps des vertèbres ; les apophyses ptérygoïdes ; l’avance de l’occipital supérieur au delà de la crête et formant un large os wormien ; l’étendue et la convexité des pariétaux , s’articulant assez largement avec l’aile du sphénoïde postérieur; la largeur et la convexité du frontal, qui se joint aux pariétaux en ligne presque droite, se retrouvent dans l’Aye-Àye, comme cela est dans l’Indri diadème ; seulement l’intervalle inter-orbitaire est encore plus considérable , ce qui écarte davantage les orbites , et les os du nez sont notablement plus grands, mais surtout plus larges.

Les os de la face ou de la mâchoire supérieure présentent encore un grand degré de ressemblance avec ce qu’ils sont dans le même animal ; l’os lacrymal , à moitié facial , montre dans cette partie l’orifice du canal nasal ; l’os jugal a au moins la même largeur, mais est encore plus bombé en dehors. Le palatin , qui remonte largement dans l’orbite , n’a pas son bord libre rebordé ; mais il est percé d’un grand trou ovale, comme dans plusieurs Makis; enfin, ce que cet animal offre de plus remarquable, c’est que les prémaxillaires ou incisifs, très-développés , remontent par leur branche supérieure entre le nasal et le maxillaire, de manière à atteindre le frontal, comme dans tous les mammifères rongeurs ou non qui exécutent un effort un peu considérable avec les incisives supérieures. Quant aux trous incisifs , ils sont au moins médiocres et ovales.

Pour l’appendice mandibulaire , les différences avec les autres Makis sont plus grandes ; l’os du rocher est cependant encore ovale, médiocre, et sa face postérieure offre un sinus considérable pour un lobule cérébelleux. Le mastoïdien est assez grand , mais non bulleux ; la caisse assez renflée et un peu comprimée; le canal auditif externe large et peu profond; mais le squammeux est plus élevé; l’apophyse zygomatique forte, courte, sub-canaliculée en dehors, avec une large surface articulaire, presque plate et sans apophyse condyloïdienne à sa racine inférieure ; et surtout l’os mandibulaire est très- différent de ce que l’on connaît chez

les autres Lemurs , quoiqu’il rappelle un peu celui du Propithèque. En effet, la branche montante très-large et fort courte , comme l’horizontale, est très-ouverte, de manière que lecondyle, qui est ovale, longitudinal, est presque dans la direction de celle-ci. L’apophyse coronoïde est en pointe de triangle fort peu élevée , et l’apophyse angulaire est en lame arrondie fort peu saillante. Enfin , la symphyse , presque linéaire , est sub-verticale , entièrement occupée par le bord alvéolaire de la dent incisive.

Du reste du squelette de l’Aye-Aye , je n’ai vu des membres antérieurs Membres que l’avant-bras tout entier et le carpe, et eux seuls suffiraient pour mettre anter,ears hors de doute la place de cet animal dans cette famille. En effet , le radius Radius et le cubitus sont bien complets , assez forts , assez arqués ; la tête supé- et Cublt,l!’ rieure du radius est parfaitement circulaire, et l’inférieure, ovale et élargie , s’articiüe avec les deux premiers os du carpe. Le cubitus , qui a son apophyse olécrane assez forte , présente sa surface articulaire sigmoïde subantérieure , et sa tête inférieure portant sur le triquètre.

Les os du carpe sont au nombre de neuf, comme dans les Primatès, OsduCarpe,» quatre à la première rangée , dont le semi-lunaire est même plus développé que dans les Indris, quatre également à la seconde; mais en outre, entre le scaphoïde et le trapézoïde est un os intermédiaire considérable.

Quant aux doigts que nous ne connaissons pas à l’état de squelette , Doigts, nous savons seulement que c’est toujours l’annulaire qui est le plus long de tous, que l’indicateur est le plus grêle et le plus court, le pouce étant le plus gros, et tout cela aussi bien en avant qu’en arrière, et même avec une disproportion des membres très-grande et une élévation du tarse , qui m’avait fait présumer que le calcanéum et le scaphoïde devaient être très-longs.

Pendant en effet que je m’occupais de l’ostéographie de l’Aye- Tarse. Aye, ayant fait chercher dans nos collections tout ce que nous possédions du squelette de cet animal, M. Laurillard, garde des galeries d anatomie, m’a remis, parfaitement étiquetés, les quatre os princi-

G. Lemür. ,

paux du tarse, c’est-à-dire l’astragale, le calcanéum, le scaphoïde et le cuboïde , que je ne connaissais pas , et que M. Cuvier avait , dès longtemps sans doute , fait extraire de la peau bourrée de la collection de zoologie, comme je l’avais d’abord fait moi-même pour la tête, les os de l’avant-bras et le carpe. Dès lors j’ai pu confirmer ce qui n était pour moi qu’une présomption , savoir, que le calcanéum et le scaphoïde sont presque aussi longs que dans le Tarsier et les Galagos. Ils ont du reste à peu près la même forme , seulement ils sont plus robustes , ce qui les fait paraître encore proportionnellement plus courts, comme on pourra aisément s’en assurer en comparant la figure du tarse du Galago ( planche des parties caractéristiques des membres ) avec les os du tarse de l’Aye-Aye représentés dans la planche exclusivement consacrée à l’ostéographie de ce dernier, chez les La dernière forme enfin que présente le squelette des Lemurs est celle (L.roiam). fournie par le Galéopithèque , forme assez anormale au premier aspect pour que les zoologistes qui ont eu le plus de prétentions à suivre la méthode naturelle en zoologie en aient , après discussion, formé un genre de la famille des Chauves-Souris parmi les Secundatès ; et cependant, comme il va nous être facile de le montrer, il n’est presque pas d’os du squelette du Galéopithèque qui n’indique un Lemur. série supérieure. La série des pièces médianes supérieures, dans son ensemble, est vertèbres : atténuée aux deux extrémités comme chez les Makis , mais avec des particularités qui lui sont propres , et qui indiquent le dernier degré des Primatès.

céphaliques. La tête, légèrement cambrée ou arquée, aussi bien dans sa ligne basilaire ou inférieure que dans la supérieure, est en général de forme ovale, et plus déprimée même que chez les Galagos, et sans étrangle- Occipitaie. ment post-orbitaire un peu marqué. La vertèbre occipitale est surtout très -déprimée et très-élargie en arrière par le développement énorme des mastoïdiens , qui dépassent les condyles et lobent l’extrémité occipitale d’une manière très-singulière. Toutes les crêtes, occipitale, temporale et même médio-basilaire sont fortement accusées, et celle-ci

l’est tellement, quelle se continue insensiblement avec le vomer, de manière à prolonger la distinction des fosses nasales en demi-canal au delà du bord palatin. Du reste , les apophyses ptérygoïdes sont encore assez larges , et terminées en une petite fourche.

Quant aux appendices maxillaires , le supérieur a le lacrymal encore à Leurs moitié facial et à moitié interne , mais son canal est tout à fait orbitaire ; Agu^lui\ le jugal , fort large et déversé à son origine , ne remonte pas jusqu’à l’apo- Jugai. physe orbitaire externe assez grande cependant , de manière que l’orbite , qui n’était qu’incomplet dans sa paroi chez tous les Primatès précédents sans exception , est ici pour la première fois incomplet dans son cadre ; il est du reste toujours très -grand et son bord tranchant est fort évasé.

Le palatin est court et rebordé; le maxillaire est large, voûté ainsi Palatin, que le prémaxillaire , arrondi et tranchant, sans alvéole à son extrémité Prèmaxiiiaire. inférieure, de manière à donner à la mâchoire supérieure quelque ressemblance avec le bec d’un canard.

L’appendice inférieur offre un rocher très-petit, très-serré, sub-ovale, ^jeurà face postérieure bien plus large que l’antérieure , creusé d’un large et profond sinus cérébelleux, et d’un canal auditif interne également assez large.

Les osselets de l’ouïe ne me sont malheureusement pas connus.

La caisse est petite, seulement un peu échancrée par le canal caroti- caisse, dien ; le canal auditif externe est long, quoique assez ouvert.

La cavité glénoïde est ovale, transverse, et pourvue en arrière d’une apophyse condyloïde épaisse et fortement recourbée.

La mandibule élargie , divergente et arrondie à son angle postérieur, Mandibule, pourvue d’une apophyse coronoïde très-petite, un peu en crochet, et d’un condyle tranverse assez long comme chez les Carnassiers , se prolonge en une branche horizontale étroite, se déversant en dehors, de manière à devenir presque déprimée à l’extrémité recourbée et à former avec celle de l’autre côté une sorte de fer à cheval. L’orifice du canal dentaire est extrêmement petit, assez élevé à l’aplomb de l’apophyse

Cervicales, 7.

Dorsales, 13.

Lombaires, 6.

Sacrées, 6.

Coccygiennes ,

Série inférieure:

Hyoïde.

Cornes

antérieures,

postérieures.

Sternèbres, 6.

coronoïde , et sa terminaison en trou mentonier un peu plus grand a lieu à l’aplomb de la quatrième dent.

Les vertèbres du col sont assez bien comme dans les Makis et les Indris , mais encore plus larges dans leurs lames. L’atlas est surtout remarquable par sa largeur plus forte encore que dans l’Indri , avec des apophyses aliformes , un peu comme chez les Carnassiers. L’apophyse épineuse de l’Axis est aussi assez bien comme chez ces animaux, mais moins élevée; quant aux autres vertèbres cervicales, leur apophyse épineuse est extrêmement courte; les transverses, assez imbriquées; celle de la sixième ayant son lobe inférieur dolabriforme assez dilaté.

Les vertèbres dorsales, au nombre de treize comme dans le Maki et l’indri, ont leur apophyse épineuse assez peu élevée, mais large, serrée et un peu inclinée en arrière , sauf les deux ou trois dernières qui sont à peu près verticales.

Les lombaires, au nombre de six, dont la dernière au moins et plus petite est comprise entre lesiskions, ont leur apophyse épineuse large, assez courte, à peu près verticale, un peu comme dans l’Indri. Les transverses sont aussi larges et courtes.

Le sacrum est formé de cinq vertèbres soudées entre elles au moins par le corps et les apophyses articulaires , celle du milieu un peu plus étroite que les deux terminales de chaque extrémité et dont la première seule est articulaire , disposition qui se voit assez bien dans le Galago.

Quant à la queue, médiocre mais effdée, on y compte trois premières vertèbres courtes et plates, et treize autres prenant peu à peu la forme ordinaire et devenant grêles depuis la sixième.

L’hyoïde présente un corps court, sternebroïde, comprimé, portant des cornes antérieures médiocres , à deux articles grêles seulement comme dans le Galago , et des cornes postérieures semblables au corps , mais plus longues.

Le sternum est encore plus court que dans aucune espèce de cette famille; il n’est formé en effet que de six sternèbres dont les quatre antérieures sont larges et plates, croissant en largeur de la première à la der-

nière. Le manubrium est assez large en avant et présente une pointe courte, mais assez marquée; le xiphoïde est au plus médiocre.

Les côtes ne sont qu’au nombre de treize, sept vraies et six fausses, comme dans les Makis ; mais , ce qui les rend remarquables , c’est qu’au delà des trois premières qui sont assez étroites , les dix autres sont plates et larges au point de presque se toucher à leur origine. Les parties cartilagineuses sont au contraire généralement fort étroites et comprimées.

Les membres des Galéopithèques qui ont assez bien les proportions de ceux des Makis, sont cependant proportionnellement plus longs et plus grêles.

L’omoplate ressemble davantage à celle des Loris; c’est-à-dire quelle est un peu plus large que chez les Makis. Son acromion se termine en s’arrondissant : mais de son bord antérieur naît une bifurcation par laquelle elle est en connexion avec la clavicule. L’apophyse coracoïde donne aussi à la base de sa partie descendante une branche qui atteint également la clavicule; celle-ci est assez longue mais fort grêle.

L’humérus est aussi assez long, puisqu’il égale la totalité des treize vertèbres dorsales ; il ressemble du reste assez bien à celui du Lori paresseux étant également percé au condyle interne.

Les deux os de l’avant-bras sont bien plus grêles et bien plus longs , d’un cinquième au moins , que l’humérus ; en effet , le radius tout à fait droit égale les seize premières vertèbres troncales, le cubitus moins long lui étant collé en forme de filet dans sa partie inférieure , sans aller jusqu’au carpe : aussi l’articulation humérale, en forme de double poulie inégale, est-elle presque entièrement occupée par la tête supérieure élargie du radius, dont l’extrémité inférieure, qui l’est peut-être encore plus, un peu comme le tibia, comprend toute l’articulation carpienne.

La main est bien aussi celle d’un Maki , quoique un peu dégradée par la forme comprimée de toutes les phalanges , et surtout des onguéales.

Le carpe est fort court. La première rangée n’est formée que de trois

Côtes, 13, dont 7 vraies et 6 fausses.

Membres.

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Radius.

Cubitus.

Main.

Carpe , 7.

Doigts.

Pouce.

Phalanges.

Premières.

Secondes.

Troisièmes.

Postérieurs.

Bassin.

Iléon.

Pubis.

Iskion .

os, le scaphoïde, le triquètre et le pisiforme très-petit; alors il semble que définitivement le semi-lunaire a complètement disparu ainsi que l’os intermédiaire. A la seconde rangée , composée de ses quatre os , le trapèze est encore plus fort que le trapézoïde , et même que le grand os qui de fait est ici le plus petit de tous : la facette articulaire du pouce sur le trapèze est assez large et obliquement intérieure; aussi ce ce doigt est-il hors de rang des autres.

Le pouce est en effet encore le plus gros des doigts, aussi bien que le plus court. Des quatre autres , c’est le métacarpien de l’annulaire qui est le plus long ; quant aux phalanges, c’est plutôt au petit doigt quelles sont un peu plus longues et un peu plus fortes , mais certainement ce n’est pas au médian. Un caractère propre à cet animal , c’est que ce sont les secondes phalanges qui sont plus longues que les premières , et que les onguéales sont très -minces, très -hautes, un peu arquées, et aiguës à l’extrémité.

Les membres postérieurs rappellent encore mieux ceux du Lori grêle que les antérieurs. Aussi, pour le bassin , la ressemblance est telle que, sauf la taille double, l’on pourrait prendre celui de l’un pour l’autre; seulement l’articulation avec le sacrum se fait un peu plus en arrière dans le Galéopithèque que dans le Lori , et le bord pubien est aussi plus oblique que dans celui-ci où il se porte plutôt un peu en avant ; du reste 1 os des iles grêle et étroit , la symphyse pubienne extrêmement étroite, l’iskion très-large à son angle postérieur, sont dans l’un comme dans l’autre de ces animaux.

Fémur. Le fémur, notablement plus long que l’humérus , puisqu’il égale les quatorze premières vertèbres troncales , a absolument la même forme que dans le Lori. Son troisième trochanter est seulement un peu plus prononcé.

osdeia .ïambe. La ressemblance se soutient fort bien pour les deux os de la jambe;

cependant ils sont encore un peu plus longs chez le Galéopithèque , puisqu ils égalent le fémur , et le péroné est encore plus grêle , surtout supérieurement.

Le pied est au contraire un peu plus court en totalité et surtout plus serré. Les os du tarse sont en général assez courts. L’astragale a sa poulie élevée bien saisie entre les malléoles , mais peu profonde ; la tubérosité du calcanéum est comme dans le Maki , seulement un peu plus courte. Le scaphoïde , de forme ordinaire , est extrêmement inter-osseux à cause d’un grand sésamoïde qui occupe tout son bord interne. Le premier cunéiforme est toujours le plus gros des trois , et sa surface articulaire digitale est verticale et assez arrondie. Les doigts sont presque comme à la main ± ainsi c’est le pouce qui est le plus gros et le plus court , et le petit doigt qui est le plus long et presque aussi gros que le pouce. Cependant c’est le métatarsien du quatrième qui est un tant soit peu plus long que les autres. Le cinquième est remarquable par la grande saillie de l’apophyse externe de sa base. Les trois phalanges sont assez bien comme à la main , seulement notablement plus petites en totalité , les premières et les secondes moins inégales.

Je suis assez porté à croire que l’on pourrait trouver quelques différences dans le squelette des deux espèces que je crois devoir admettre parmi les peaux bourrées de Galéopithèques de nos collections , mais je n’en ai vu malheureusement que la tête et le système dentaire.

Cela est plus certain pour le Galéopithèque à grande queue, de M. Temminck , quoiqu’on n’en connaisse encore que le tronc et les membres. En effet, cette nouvelle espèce n’a que trois vertèbres sacrées et vingt-et-une coccygiennes au lieu de seize ou dix-sept coccygiennes au plus qu’offre le Galéopithèque volant ; les côtes sont en même nombre , mais bien moins larges; l’omoplate plus grande , plus arrondie; l’humérus bien moins long proportionnellement et surtout des os de l’avant-bras, le cubitus bien plus complet et bien plus gros et les doigts plus longs; enfin le péroné est dans le même cas que le cubitus, ce qui indique une espèce moins anomale et plus voisine des Makis.

Du Pied.

Tarse.

Calcanéum.

Scaphoïde.

Cunéiformes.

Des Doigts.

Différences dans les espèces de Galéopithé-

Dans le Galéopithèque à grande queue.

DES OS SÉSAMOÏDES.

En général ; Ces petits os , chez le Maki , que j’ai pris pour type de ce grand genre linnéen , me semblent être moins nombreux que dans les autres Primatès. en particulier En effet , aux membres antérieurs, je n’ai trouvé, comme Daubenton,

aux Membres , . . ni • , .

antérieurs, (lue celui fful occupe 1 intervalle des premiers os de chaque rangée et

qui appartient au long abducteur du pouce , et ceux qui fort petits

sont sous l’articulation métacarpo-phalangienne de chaque doigt.

prieurs. Aux membres postérieurs existe une rotule longue et étroite, bien

a la Jambe, plus que chez les Sapajous ; les osselets pisiformes des gastrocnémiens ,

de même forme , mais encore plus petits ; celui du tendon d’attache du

muscle poplité qui est dans le même cas, et enfin un cinquième situé en

dedans du ligament latéral externe , et qui appartient à l’attache du

cartilage semi-lunaire.

Au pied. Quant aux sésamoïdes du pied , je n’en ai pas rencontré au tarse , pas même celui du cuboïde , mais bien sous l’articulation tarso-phalangienne, et surtout au pouce , qui en offre aussi de très-petits à celle de la première phalange. Nous avons noté plus haut le sésamoïde fort gros , subcarré , aplati , collé contre le scaphoïde à son côté interne chez le Galéopithèque.

DES DENTS

En général. Les dents chez les Lemurs n’ont plus cette fixité de nombre, de forme et même de disposition que nous avons vue chez les Primatès des deux groupes précédents , dans lesquels en effet leur signification n’a jamais souffert de difficultés.

Suivant Erxie- Ici il n’en est pas tout à fait de même, puisque Erxleben admet six ben- incisives à chaque mâchoire , au lieu de quatre ; trois dents canines de chaque côté des deux mâchoires, et de plus un petit nombre de molaires qu’il ne désigne pas.

Les zoologistes Tandis que les zoologistes actuels s’accordent presque tous, avec

modernes.

DENTS

Schreber et Gmelin, pour donner aux Lemurs deux paires ou quatre incisives en haut, trois paires ou six en bas, une paire de canines à chaque mâchoire, six paires de molaires en haut et cinq en bas, et que M. E. Geoffroy-Saint-Hilaire formule ce système dentaire par quatre in- m.e. Geoffroy, cisives en haut comme en bas, deux canines et six molaires à chaque mâchoire. Voyons ce qu’il en est. En Particulie' -

Chez le Maki Vari , que nous prenons toujours pour type, le nombre Dans total des dents , en haut comme en bas , est le même que chez les Sapajous, c’est-à-dire de neuf, et à la mâchoire supérieure ces neuf dents sont aussi comme dans ceux-ci : deux incisives , une canine et six mo- Au nombre laires , dont trois avant-molaires , une principale et deux arrière-molaires. total de *j La forme et surtout la proportion ont encore une certaine analogie , mais une différence dans la disposition , c’est qu’il y a un intervalle considérable entre la canine et la première molaire, et qu’il n’y en a pas entre celle-ci et la seconde incisive. Ce changement , dans la disposition dentaire de la mâchoire supérieure, tient à ce qu’à l’inférieure les neuf dents ont une forme et une disposition anomale dont nous avons vu une indication dans les Ouistitis. En effet, comme la première des molaires inférieures, que l’on reconnaît telle parce quelle croise en avant la première supérieure de cette sorte, est assez caniniforme, il en est résulté que pour se loger , il lui a fallu une lacune supérieure après et en dedans de la canine; dès lors la véritable canine inférieure doit être reconnue dans l’externe des dents inclinées en avant en forme de peigne , et dont les deux plus petites sont les incisives. D’après cela la formule dentaire des Makis proprement dits est

dont

Passons à la description de ces dents.

(1) Il est assez difficile de s’expliquer comment Buffon et Daubenton ne sont pas d’accord sur le nombre total des dents du Mococo , de trente-six pour le premier, et de trente-huit pour le second , et comment Vicq-d’Azir, en relevant cette dissidence , attribue presque l’erreur à Buffon, G. Lemur. s

Décrites

Incisives, 2.

Avant- Molaires , 3,

Principale.

Arrière- Molaires, 2.

inférieurement :

Incisives, 2.

Canine, 1.

Avant- Molaires, 3.

Principale.

Arrière- Molaires, 2.

A la mâchoire supérieure , les deux incisives sont très-petites, verticales, semblables , un peu en pince, quand elles sont entières et tout à fait latérales ; les deux premières séparées par un intervalle médian considérable.

La canine est au contraire fort longue, arquée, pointue, comprimée, tranchante sur ses deux bords , et surtout en arrière.

Les trois avant-molaires qui viennent ensuite après un intervalle assez marqué, sont triquètres à leur base, le côté le plus long en dehors se prolongeant en un lobe anguleux pointu , tranchant , et l’angle opposé est en forme de talon , presque nul à la première , plus prononcé à la seconde la plus élevée des trois , et bien plus large et plus tuberculeux encore à la troisième. La principale qui vient ensuite est en effet la plus large des molaires, par la grande étendue de son talon, ce qui la rend presque carrée ; mais elle est fort basse , quoiqu’un peu moins que les deux arrière-molaires, et comme chez celles-ci son bord externe est partagé en deux denticules pointus , égaux à la principale , sub-égaux à la première arrière - molaire notablement plus petite, et assez inégaux à la seconde encore beaucoup plus petite que celle-ci.

A la mâchoire inférieure, les deux paires d’incisives sont égales, serrées, très-comprimées, pointues, très-peu arquées , déclives , et presque dans le prolongement de la mandibule.

Les canines ne diffèrent des incisives , avec lesquelles elles ne font qu’un paquet, également déclives , qu’en ce quelles sont un peu plus fortes, obliquement sub-triquètres et pointues à leur couronne allongée.

Les trois avant-molaires sont peu distantes ou espacées, et leur couronne plus ou moins épaissie est formée par une pointe antérieure tendant à devenir de plus en plus médiane , bien plus élevée à la première , ce qui lui donne un aspect caniniforme , et d’un talon postérieur plus prononcé au contraire à la troisième. La principale des vraies molaires est comme en haut la plus forte des trois, comme elles, assez étroite , basse et

qui s est seulement trompé en imprimant les cinq molaires en haut au lieu d’ere bas, tandis que l’erreur réelle est à Daubenton ; il dit en effet positivement que le Mococo a, avec six incisives et une canine en bas, six molaires à chaque côté de chaque mâchoire.

DENTS

formée de deux lobes sub-égaux, même à la postérieure, notablement plus petite que les précédentes, et les lobes tranchants exclusivement externes sont fortement croisés ou dépassés par ceux encore plus prononcés des dents supérieures. Il en résulte que dans la partie molaire du système dentaire du Maki Yari la partie carnassière est bien plus prononcée que chez les Sapajous.

Les autres espèces de véritables Makis ne présentent , dans le système dentaire, que des dissemblances spécifiques portant sur des différences de proportions de chaque dent : c’est du moins ce que j’ai vérifié sur les Makis à front blanc , rouge , etc. ; mais il n’en est pas tout à fait de même pour le L. murinus et surtout pour le L. Milii, dont la tête a quelque chose de celle desGalagos; en effet, les canines supérieures sont plus coniques, moins comprimées : les avant-molaires sont moins tranchantes , plus inclinées en avant , et les principale et arrièremolaires ont le bord interne de la couronne presque aussi élevé que l’externe ; mais les incisives sont sub-égales et très-petites. Au contraire , dans le L. furcifer, voisin du genre Cheirogale de M. E. Geoffroy-Saint- Hilaire, la première paire d’incisives est notablement plus forte que l’externe, fortement convergente; au contraire, la canine incisiforme inférieure est à peine un peu plus grosse que les véritables incisives ; par contre , les fausses canines inférieures et supérieures , c’est-à-dire les premières avant-molaires sont bien plus longues , plus lancéiformes que chez les autres Makis , où c’est au contraire la seconde avant-molaire qui est la plus haute.

En remontant la série des Lemurs, nous trouvons que toutes les espèces supérieures ont toujours le même nombre de dents que les Makis , chez les Galagos absolument semblables aux premières espèces de ceuxci , mais notablement différentes chez les Tarsiers où elles sont en totalité beaucoup plus insectivores , et plus semblables à ce qui existe chez les Ouistitis, tous leurs tubercules étant plus élevés, plus coniques et plus pointus. A la mâchoire supérieure en outre , la première paire d’incisives est terminale et bien plus longue que l’externe et même que la canine ; à la

Différences suivant les espèces de Makis.

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