TOTAUX
lignes.
lignes.
lignes.
lignes.
Pouce .
Indicateur .
Médian .
Annulaire .
Auriculaire .
D’où l’on voit que le quatrième doigt est un peu plus long que le médian, et que l’indicateur, plus court que le cinquième, a un ongle proportionnellement plus long, puisqu’il est au reste du doigt comme 5 t est à i5, tandis que pour le doigt médian, par exemple, il n’est que comme 5 ; est à 20.
D’après cette description détaillée, mais surtout comparative des parties extérieures seulement d’un individu femelle de l’espèce animale qui nous occupe , il me semble déjà qu’il n’y a aucun caractère pour le rapporter à la famille des Rongeurs en général , pas plus qu’au genre des Ecureuils en particulier, et qu’il n’est au contraire anomal à la famille des Makis , dans laquelle je propose de le ranger, que par la position des mamelles. L’examen des parties du squelette que nous connaissons nous conduit au même résultat.
(1) L’ongle compris.
SUR L’AYE-AYE
S II. — Description du crâne de lAye-Aye.
Si nous considérons en effet d’abord la tête osseuse en général, nous ne trouvons réellement aucuns rapprochements à faire avec celle de quelque Rongeur que ce soit , et nous verrons au contraire quelle est presque en tout semblable à celle des Galagos et des Loris. Ainsi d’abord , la position des condyles occipitaux d’où l’on peut tirer de si bons caractères , est tout à fait comme elle devait être dans un animal de la famille dans laquelle nous proposons de ranger l’Aye-Aye. En effet , le bord antérieur du trou vertébral se trouve presque vis-à-vis le conduit auditif : aussi y a-t-il une partie assez saillante de l’occiput au delà de son bord postérieur, et la face extérieure de l’occipital est-elle assez bombée et obliquement dirigée en avant pour aller se réunir au trou, tandis que chez les Rongeurs , quelque élevés qu’ils soient , cette face postérieure de l’occipital est verticale, et les condyles sont tout à fait à l’extrémité du diamètre longitudinal de la tête, à moins que la totalité du crâne ne semble, pour ainsi dire, avoir été arquée ou courbée dans sa longueur , comme on le voit surtout dans les espèces du genre Lepus, L. Cependant cette disposition un peu anomale ne change réellement pas la position tout à fait terminale des condyles. Quant au profil de toute la tête , considérée en masse, il est également impossible de confondre , sous ce rapport , ce crâne avec celui d’aucun Rongeur. En effet , dans ceux-ci toute la convexité de la ligne supérieure appartient presque entièrement à la face ou au chanfrein, tandis que dans notre animal, c’est le crâne lui-même qui est ainsi courbé. Aussi, en étudiant la proportion de la face et du crâne, on voit que, même à l’extérieur, il n’y a aucune comparaison à faire. La face , c’est-à-dire la partie de la tête comprise entre le bord postérieur de l’orbite et l’extrémité des mâchoires , est dans l’Aye-Aye à peu près égale au crâne proprement dit, tandis que dans le Porc-Epic, par exemple, la ligne comprise entre le bord postérieur de l’orbite et la terminaison de l’occipital, n’est que la moitié à peu près
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de la longueur de la face ; mais cette disproportion énorme est encore bien plus visible à l’intérieur. En effet , par une coupe longitudinale de toute la tête , que j’ai faite moi-même avec le plus grand soin , on voit aisément que l’aire du crâne, proprement dit, ou de la cavité cérébrale , est plus grande que celle de la face ou de la cavité nasale chez 1 Aye- Aye , tandis que dans le Porc-Épic elle en est à peine la moitié.
Aussi donc la position du grand trou occipital , la proportion des aires du crâne et de la face, permettent d’assurer que l’Aye-Aye doit appartenir aux Quadrumanes beaucoup plus qu’aux Rongeurs , ce que confirme encore le rapport du diamètre du grand trou occipital avec celui de la cavité cérébrale , ces diamètres étant comme i : 3 ; dans l’Aye-Aye , et comme 2 : 3 dans le Porc-Épic.
Voyons maintenant si les détails des différentes parties qui entrent dans la composition de cette tête que nous venons de considérer en général , confirment ces premiers résultats.
Le crâne , très-grand , très - bombé en tout sens, forme en arrière une convexité assez saillante pour aller rejoindre en dessous le grand trou occipital , d’où l’on doit conclure que le lobe postérieur du cerveau était au moins assez développé; sa crête occipitale fort médiocre semble netre que la continuation de la racine supérieure de l’arcade zygomatique , comme dans le Lori Paresseux , au lieu d’être perpendiculaire à la direction de cette arcade , comme dans les Rongeurs. U n’y a aucune trace de crête sagittale, quoique les parties latérales du crâne soient très-bombées , tout au contraire de ce qui a lieu chez ces derniers animaux, et l’on observe évidemment que la surface d’insertion des muscles temporaux est extrêmement large et profonde ; les deux lignes supérieures étant fort rapprochées l’une de l’autre , comme cela a lieu dans les Loris , en sorte que toutes les fibres du muscle crotapliyte doivent se diriger presque perpendiculairement vers l’apophyse coronoïde à laquelle elles s’attachent , tandis que dans les Rongeurs cette fosse temporale est d’abord toujours forte petite , parce que le crâne l’est lui-même ; elle est ensuite fort reculée en arrière , offrant aux fibres
SUR L’AYE-AYE
musculaires qui en naissent une direction oblique d’arrière en avant pour produire les mouvements de va-et-vient nécessaires au mode de mastication chez ces animaux.
A la face interne de ce crâne , on trouve encore de plus grands rapports avec les animaux du premier degré d’organisation des mammifères , dans le grand nombre de saillies d’enfoncements qui s’y remarquent, ce qui fait présumer que les circonvolutions cérébrales sont à la fois nombreuses et prononcées , au contraire de ce qui a lieu chez les Rongeurs. On voit en outre au bord postérieur de la petite aile du sphénoïde un sillon qui sépare d’une manière tranchée la fosse antérieure ou susorbitaire de la fosse moyenne ou temporale qui est très-profonde. En sorte que l’on peut en conclure une scissure de Sylvius également profonde , et une grande saillie inférieure du lobe cérébral moyen ; or, chez les Rongeurs cette saillie et le sillon n’existent presque pas , de manière que le cerveau est à peu près plane en dessous en même temps qu’il est sans circonvolutions en dessus.
La disposition pour l’attache de la tente du cervelet fait aussi voir qu’il y a au moins une partie de cet organe couverte par le lobe postérieur du cerveau ; tandis que dans les Rongeurs les deux parties de l’encéphale sont pour ainsi dire placées l’une après l’autre.
La grande saillie du corps du sphénoïde formant la selle turcique , et surtout en arrière une large dépression qui s’y voit , indiquent aussi un pont de Yarole ou mésocéphale large et saillant ; tandis qu’au contraire la moindre profondeur de l’excavation de la selle fait présumer une glande pituitaire beaucoup plus petite que chez les Rongeurs où elle est toujours volumineuse.
Envisageant maintenant les principales pièces qui composent la tête de l’Aye-Aye, nous ferons remarquer les faits suivants :
A la face inférieure du crâne , il n’y a aucune trace d’apophyse mastoïde, ou mieux occipitale, qui est au contraire extrêmement développée chez tous les Rongeurs.
La grande aile du sphénoïde s’articule avec le frontal , le pariétal et
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le temporal , comme dans tous les Singes , au lieu que chez les Rongeurs elle est fort loin d’atteindre le pariétal.
Les pariétaux sont parfaitement distincts ou séparés , caractère qui a rarement lieu chez les Rongeurs; du reste, leurs connexions sont comme à l’ordinaire.
Le frontal est divisé en ses deux parties latérales comme chez les Rongeurs; mais cette disposition se retrouve aussi chez les Loris.
Les loges des sens rappellent aussi généralement ce quelles sont chez ces derniers animaux.
La caisse du tympan est assez grande , comprimée , ou plus large d’avant en arrière que transversalement; elle a en avant une petite apophyse et est parfaitement soudée ou adhérente à l’os squammeux , au contraire de ce qui se remarque chez les Rongeurs , où la caisse du tympan est tout à fait libre et pour ainsi dire suspendue sur les parties latérales du crâne, presque comme dans les Pachydermes.
L’orifice du canal auditif externe , ou mieux la caisse du tympan , car il n’y a pas de canal proprement dit , est percé à la base de la racine de 1 arcade zygomatique elle-même, et par conséquent son bord antérieur est formé par la racine même de l’apophyse zygomatique. Il est extrêmement grand comme dans les Loris, et presque tous les Lemurs, dirigé en arrière et nullement en haut ainsi qu’il est chez tous les Rongeurs.
L’orbite est fort grand, dirigé au moins aussi en avant que celui des Loris et des Tarsiers; tandis que chez tous les Rongeurs il est tout à fait latéral , et son cadre ou sa circonférence est parfaitement complète , ce qui n’a jamais lieu chez les Rongeurs, quoiqu’il communique largement dans la fosse temporale , comme dans les Ruminants; mais ce caractère se retrouve aussi dans les deux espèces de Loris , un peu moins dans les Tarsiers, et en général on peut dire qu’il va toujours en augmentant depuis les premiers Makis jusqu’aux derniers, et cela par l’accroissement de la fente sphéno-maxillaire.
L’os unguis ou lacrymal entre dans la composition de la face par une
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assez grande partie de son étendue , comme dans les Loris et les Tarsiers, et l’ouverture du canal lacrymal est dans tous hors de l’orbite et dans la face elle- même; tandis que chez les Rongeurs cet os entre à peine dans la composition de celle-ci. 11 offre en outre une petite apophyse d’insertion musculaire plus ou moins saillante, mais dont il n’existe aucune trace dans l’Aye-Aye , en même temps que l’orifice du canal nasal , qui est fort grand , est tout à fait intra-orbitaire.
L’espace inter-orbitaire , de même que le dos du nez lui-même , est excessivement large dans l’Aye-Aye , et cela beaucoup plus que dans les Loris et les Galagos, chez lesquels cet espace n’est presque qu’une cloison comme chez les oiseaux, et dans ce point on ne peut nier qu’il n’y ait quelque ressemblance avec ce qui existe chez les Rongeurs; cependant, chez ces animaux , cet espace sur le dos du nez et sur le chanfrein est véritablement plus grand que celui qui sépare les orbites euxmêmes.
La cavité nasale est en générale assez grande, quoique beaucoup moins que dans les Glires. L’os vomer forme une cloison complète, mais qui va jusqu’à l’extrémité postérieure , comme cela a lieu dans le Lori paresseux et dans les Tarsiers ; mais chez les Rongeurs c’est bien différent, le vomer ne formant qu’une crête médiane; chez eux la pointe des os du nez saille plus ou moins au-dessus de l’orifice nasal, et le surplombe , ce qui n’a pas lieu dans notre animal pas plus que dans les Galagos et les Tarsiers.
L’arcade zygomatique de l’Aye-Aye est fort large, bombée en dessus et en dehors, comme chez les Loris, au lieu que dans les Rongeurs elle est toujours faible, étroite, plus ou moins surbaissée inférieurement, plus ou moins serrée, et comme aplatie sur les côtés de la tête. Chez ces animaux la racine postérieure de cette arcade , au lieu de se porter en haut, se dirige au contraire plus ou moins en bas, en présentant le plus ordinairement une sorte de gouttière dans laquelle glisse le muscle temporal , dont nous avons vu que la fosse était fort petite , tandis qu’à sa partie inférieure et postérieure elle est excavée profondément par
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une autre gouttière , dirigée d’arrière en avant , et dont le bord libre postérieurement constitue une sorte de canal dans lequel se meut le condyle de la mâchoire inférieure , sans quelle arrive cependant , il s’en faut de beaucoup, jusqu’à l’orifice de la caisse du tympan. Dans l’Aye-Aye, au contraire, la racine de l’arcade zygomatique qui sert à la formation de la cavité glénoïde, est fort large, comme dans les Loris et les Tarsiers ; la surface articulaire , tout à fait plane , et à peine excavée dans le sens antéro-postérieur, n’est cependant pas bornée en arrière , soit par le bord antérieur de la caisse du tympan , comme dans le Lori paresseux , soit par cette caisse elle-même , comme dans le Lori grêle , soit par le conduit auditif lui-même , comme dans le Tarsier, ce qui établit une différence réelle entre ces animaux; mais en fait cette cavité n’est réellement pas plus plane que dans le Lori paresseux.
Les apophyses ptérygoïdes de l’Aye - Aye sont fort grandes, fort distinctes, et presque verticales, comme dans ce dernier animal. Elles sont même si larges, que l’externe va jusqu’à toucher la caisse du tympan , ce qui se voit également chez les Tarsiers , où elle est collée au côté externe de la caisse.
Il y a un-très grand trou sphéno-palatin au côté externe du prolongement postérieur de l’apophyse ptérygoïde, et cette lame elle-meme est percée d’outre en outre par un trou plus petit qui communique dans la fosse ptérygoïdienne.
Les os palatins sont carrés et pénètrent assez avant dans la voûte palatine , au moins jusqu’au niveau de la seconde dent molaire , ce qui a également lieu dans le Lori grêle et surtout chez le Lori paresseux; ils sont cependant plus étroits que dans ces deux animaux, ce qui présente quelque rapprochement avec les Rongeurs.
Le bord postérieur de ces os forme dans la ligne de leur réunion une petite apophyse, qui ne se retrouve chez aucun Rongeur.
L’os malaire complète , comme dans la très - grande partie des Mammifères, l’arcade zygomatique, dont le bord inférieur, au lieu de se terminer vers la dernière molaire ou l’avant-dernière au plus ,
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comme dans les Loris et les Tarsiers, se prolonge jusque vers la première, à peu près comme chez les Rongeurs.
Los malaire est du reste très-fort, très-large; sa branche orbitaire est très-élevée, et forme avec le corps de l’os la moitié inférieure et externe de l’orbite, quelle complète dans son cadre, ce qui n’a jamais lieu dans aucun Rongeur. Son apophyse zygomatique est également très-forte, très-large, très-bombée horizontalement en dehors.
Le maxillaire supérieur est, comme nous l’avons dit en comparant le crâne avec la face sous le rapport de l’étendue, très-court, très-épais et fort élevé : articulé , comme à l’ordinaire, avec l’os malaire en dehors , l’os du nez en dessus , le frontal et le lacrymal en arrière ; il est libre en avant, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’incisif dans cet animal, et que les dents désignées sous ce nom ne sont peut-être que des canines sous cette forme: c’est ce que nous essaierons de prouver plus loin.
Cet os maxillaire supérieur diffère essentiellement de celui des Rongeurs , en ce qu’il n’offre aucune trace de la grande fosse sous-orbitaire qui existe dans la très-grande partie de ces animaux et qui sert à loger un muscle particulier qui leur est propre , ou mieux peut - être une division du muscle masseter, et non pas, comme on le dit dans plusieurs ouvrages, à laisser passer le nerf sous-orbitaire. En effet, tout à fait à la racine antérieure de l’arcade zygomatique, se trouve dans ces animaux le véritable trou sous-orbitaire fort distinct de la fosse dont nous venons de parler. Dans l’Aye-Aye il n’y a également qu’un seul trou sous-orbitaire, ou deux très-petits à l’intérieur, comme cela a lieu dans les deux espèces de Loris.
Je dois ajouter que vers le milieu du bord antérieur ou externe de los unguis on voit le commencement d’une suture qui se porte vers le milieu de l’os maxillaire et qui semblerait le subdiviser en deux parties , l’une postérieure et l’autre antérieure qui serait l’os incisif. C’est même ainsi que j’ai envisagé la chose au premier abord ; mais plusieurs considérations m’ont ramené vers l’opinion que je propose.
En effet, il serait assez singulier que l’os incisif fût entièrement réuni G. Le mur. c
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au maxillaire , si ce n’est dans sa partie supérieure , lorsque toutes les autres sutures sont encore parfaitement visibles, au contraire de ce qui a lieu dans les Rongeurs eux-mêmes, où l’os incisif a toujours ses sutures apparentes.
Une autre anomalie assez remarquable, c’est que, dans cette supposition , les os maxillaires supérieurs ne s’articuleraient pas avec les os du liez, ce qui a toujours lieu chez les mammifères de 1 ordre où je crois devoir placer l’Aye-Aye ; au contraire , il est vrai, de tous les Rongeurs , chez lesquels c’est même un caractère presque exclusivement distinctif.
Il en est de même de l’articulation des os incisifs avec le frontal ; c’est encore une particularité presque exclusive des mammifères de l’ordre des Rongeurs, et qui ne se retrouve en effet que dans un petit nombre d’autres genres.
Mais une anomalie dont on ne trouve aucun autre exemple dans la classe des mammifères , dans le cas supposé , ce serait de voir que l’os maxillaire supérieur ne s’articulerait pas avec l’os frontal , caractère qui , je le répète , appartient à tous les mammifères , et peut-être même à tous les animaux vertébrés ou articulés intérieurement.
Si l’on n’acceptait pas notre manière de voir sur l’absence des os incisifs, il faudrait regarder ces os comme extrêmement développés, puisque, comme nous le verrons plus tard, ils portent une dent singulièrement remarquable par la grandeur. Or , ces os , en général très - petits chez les Makis , sont très-grands chez les Rongeurs , et comme dans ces derniers animaux ils offriraient la particularité , en se glissant entre les os du nez et l’os maxillaire supérieur, de se porter en haut jusqu au frontal; circonstance qui, je le répète, se retrouve dans tous les Rongeurs, et qui semble dépendre de ce que cet os, à cause des dents qui lui sont implantées, devant exercer des efforts considérables , avait besoin d’un point d’appui solide. Il en est résulté que l’os du nez ne s’articule plus avec l’os maxillaire , comme chez les Rongeurs; mais une singularité que je n’ai encore observée que dans notre animal , c’est que cet incisif prétendu, en même temps qu’il se joint au frontal, le fait aussi avec le
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lacrymal, auquel seul touche la branche montante du maxillaire.
Ce qui doit porter à penser que cette anomalie des os incisifs chez l’Aye-Aye est déterminée, comme chez les Rongeurs , par une disposition dentaire assez analogue , c’est que d’abord il y a des trous incisifs plus grands et plus arrondis que dans les Loris, à peu près comme dans les Tarsiers, quoique moins étroits , moins allongés, et surtout moins reculés que dans les Rongeurs , et ensuite que chez le Tarsier de Daubenton , dont la première paire de dents incisives est extrêmement développée ; on trouve que l’os incisif envoie une production assez grêle qui passe entre l’os du nez, au côté externe duquel il s’articule entièrement, et le maxillaire , se prolongeant jusqu’au frontal. De plus , comme dans ce même animal , le maxillaire supérieur n’atteint plus jusqu’au frontal (i), caractère qui ne se trouve pas plus dans les Rongeurs que dans les autres mammifères, du moins à notre connaissance.
La mâchoire inférieure, quoiqu’au premier aspect elle soit assez ressemblante à celle des véritables Rongeurs , en diffère cependant dans toutes ses parties Ainsi , d’abord chez tous les mammifères de cet ordre , la mandibule est réellement plus courte que la mâchoire , de manière que la ligne même du bord antérieur de celle-là répond environ au milieu de l’espace édenté de celle-ci ; dans l’Aye-Aye , au contraire , les deux mâchoires sont sensiblement égales , ce qui fait que sans doute les dents incisives sont beaucoup moins exsertes.
La forme générale de la mâchoire inférieure de l’Aye-Aye dénote une partie forte, large, ou mieux haute et très-comprimée; la branche horizontale beaucoup plus longue que la verticale , qui est presque dans la même direction.
Le condyle qui termine cette branche verticale dans les autres animaux, est droit ici et presque à l’extrémité postérieure de toute la mâchoire. Sa forme qui est si caractéristique , et qui devrait être tout à fait
(1) Il paraît que M. Fischer, dans son anatomie des Makis, ne s’est pas aperçu de cette particularité ; en effet , il dit , dans sa description d’une nouvelle espèce de Tarsier, que les intermaxillaires sont séparés sur le devant et oblitérés sur les deux côtés à la mâchoire supérieure.
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semblable à ce qui existe chez les Rongeurs, si les dents regardées comme incisives avaient le même usage , en diffère cependant beaucoup. En effet, la tubérosité articulaire est certainement plus longue que large ; mais elle est ovalaire , un peu plus étroite en avant , absolument comme dans le Tarsier , qui n’offre en effet pas de trace de cavité glénoïde, et au contraire de ce qui a lieu chez le Lori Paresseux , où le condyle est tout à fait transversal.
Dans les Rongeurs , le condyle a généralement une forme toute particulière, c’est-à-dire qu’il est comprimé de dedans en dehors, presqu’en lame épaissie , mais toujours plus en arrière qu’en avant. Il peut être cependant quelquefois élargi en une sorte de tête ; mais la cavité articulaire est constamment conformée , comme il a été dit plus haut.
L’apophyse coronoïde est ici perpendiculaire à la direction générale de la mâchoire; elle est forte, large, courte, comprimée, dépassant assez le niveau de l’arcade zygomatique , et répondant à peu près au milieu de la fosse temporale , assez bien comme dans les Loris. Chez les Rongeurs au contraire , cette apophyse, assez grêle et assez élevée, se recourbe pour se diriger en arrière, disposition en rapport avec la direction presque horizontale du muscle temporal.
Enfin, l’échancrure qui sépare les deux apophyses est très - large , quoique peu profonde, déversante d’avant en arrière chez l’Aye-Aye, tandis quelle est toujours fort étroite et beaucoup plus petite dans les Rongeurs : mais la ligne descendante du bord antérieur de l’apophyse coronoïde , se prolonge à peu près comme dans ces derniers animaux , jusqu’à la première dent molaire, ce qui n’a pas lieu dans le Galago ni dans le Tarsier.
Quant à l’orifice interne du canal dentaire , il n’y a rien de bien différentiel , non plus que pour le trou mentonnier qui est unique ; mais il n’en est pas de même de la face interne de la branche montante , qui est tout à fait plane comme dans le Tarsier et le Galago , au lieu d’offrir une excavation plus ou moins profonde se prolongeant le long de
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l’apophyse angulaire , et qui sert à loger un muscle ptérygoïdien externe puissant.
S III. — Du système dentaire de lAye-Aye.
Gomme c’est sur cette partie de l’organisation de l’Aye-Aye qu’on s’est le plus appuyé pour le ranger parmi les Rongeurs, et qu’en effet c’est elle qui offre le plus de rapports , du moins en apparence , avec eux nous devons davantage nous appliquer à faire voir les différences qu’il y a entre ces animaux à ce sujet.
Dans cet appareil , il faut considérer le nombre des dents , et la combinaison de leurs différentes sortes , leur disposition générale , et enfin leur forme particulière.
Quant au nombre et aux différentes sortes , on ne peut nier qu’il y a réellement un certain rapport entre l’Aye-Aye et les Rongeurs. En effet , celui-là n’a, comme ceux-ci, que deux sortes de dents, des molaires et des incisives , séparées par un espace ou barre considérable dépourvue de canines. Quant à cette barre,, nous avons déjà fait observer qu’aux deux mâchoires le rebord édenté est tranchant , comme si dans un âge moins avancé il avait porté des dents qui seraient tombées , et dont les alvéoles se seraient oblitérées par le rapprochement des deux tables de l’os; tandis que chez les Rongeurs la barre est toujours arrondie , à quelque âge de l’animal qu’on l’examine.
Les dents molaires sont au nombre de quatre de chaque côté de la mâchoire supérieure et de trois seulement à l’inférieure , et cette différence dans le nombre des dents aux deux mâchoires, qui est constante chez les Galagos, les Loris et les Tarsiers, ne se trouve que fort rarement dans les Rongeurs.
Les incisives ne sont qu’au nombre de deux en une seule paire, à chaque mâchoire , toutes deux terminales , disposition regardée comme caractéristique de l’ordre des Rongeurs.
Quant à la disposition des molaires , il faut faire remarquer que dans
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notre animal elles sont implantées verticalement , et disposées en lignes parallèles , c’est-à-dire , que les deux postérieures aux deux mâchoires ne sont pas plus distantes entre elles que les deux antérieures ; tandis que chez les Rongeurs les dents molaires supérieures sont toujours implantées obliquement , de manière que leur couronne regarde en dehors , au contraire de celles de la mandibule , dont la couronne est dirigée en dedans , le bord externe étant plus haut que l’interne.
Pour la forme et la structure des quatre molaires supérieures , qui toutes sont ovales , obliques , la pénultième est la plus grosse , l’antipénultième ensuite , puis la dernière , et enfin la première est la plus petite de toutes. Du reste, elles sont simples, c’est-à-dire, composées de deux substances , l’ivoire et l’émail qui ne fait qu’entourer le premier sans former aucun repli à l’intérieur , comme cela a lieu chez beaucoup de Rongeurs. Malheureusement elles sont fortement usées , et les deux plus grosses seules offrent dans le milieu de la couronne un petit trou , que je crois être la partie supérieure de la cavité de la dent, ou mieux le reste de l’excavation qui existait entre les quatre tubercules que je suppose avoir hérissé la couronne de la dent.
Des trois molaires de la mâchoire inférieure, et qui toutes ont la couronne rasée par usure , la première me semble la plus grosse et la dernière la plus petite.
Les incisives sont surtout extrêmement remarquables , aussi bien par leur forme que par leur grand développement qui est même bien plus considérable que dans aucune espèce de Rongeurs véritables. Très-comprimées sur leurs faces latérales , par conséquent beaucoup plus épaisses que larges , elles représentent dans leur entier un demi-cercle presque complet , dont les deux tiers sont enfoncés dans la mâchoire même , de manière à dépasser de beaucoup en arrière la dernière molaire , et à remonter dans la base de l’apophyse coronoïde. La partie qui sort se recourbe aussi presque verticalement pour se rencontrer tranchant à tranchant avec l’incisive supérieure, sans s’appuyer sur un talon basilaire que lui présenterait celle-là, ainsi que cela a lieu chez tous les
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Rongeurs ; clou l’on peut supposer un usage tout différent de celui qu’ont les incisives chez les Rongeurs qui employent ces dents à ronger par un mouvement de va-et-vient des inférieures sur les supérieures. On pourrait, en effet, supposer que l’animal s’en servirait comme d’une espèce de pince tranchante , au moyen de laquelle il entaillerait l’écorce des arbres , et peut-être le bois lui-même pour y chercher les Larves ou les insectes dont il ferait sa nourriture.
Quoiqu’il en soit de cette hypothèse, qui pourrait aisément être appuyée sur tout le reste de l’appareil de la mastication , la partie exserte de cette dent, appuyée contre celle du côté opposé, présente en devant un bord épais, arrondi, convexe, qui remonte, comme il a été dit plus haut, verticalement, en se terminant par un petit bord supérieurement convexe et tranchant. Le bord postérieur ou interne est formé dans ses trois quarts supérieurs par une grande excavation ovale, un peu plus large en haut qu’en bas, et dans laquelle on voit très-bien que la substance osseuse est entièrement entourée par l’émail, plus épais cependant en avant qu’en arrière , structure qui ne se retrouve dans aucun Rongeur, où la substance émaillée ne revêt jamais que la face antérieure de la dent, de manière à en former le tranchant seulement. Ainsi , quoiqu’on puisse admettre des rapports entre ces incisives inférieures de l’Aye-Aye et celles des Rongeurs, on voit quelles présentent aussi des différences importantes. Il en est de même pour les supérieures.
Les incisives supérieures sont également très-fortes, moins cependant que les inférieures , dont elles ont à peu près la forme. Très-profondément implantées dans l’os incisif et maxillaire, elles n’ont également de sortie qu’une très-petite partie de leur longueur, et l’on observe la même disposition des deux substances qui les composent. Ce que l’on doit surtout faire remarquer, c’est quelles sont beaucoup plus séparées à leur racine postérieure que dans aucun Rongeur, et qu’il se pourrait que dans le jeune âge il y eût quelque autre incisive intermédiaire. Elles n’offrent pas non plus tout à fait la courbure de celles des Rongeurs.
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En effet, chez ceux-ci le bord antérieur des incisives tombe presque verticalement et même plutôt en arrière, tandis qu’icices dents se portent en avant, de manière à dépasser de beaucoup la pointe antérieure des os du nez. Il y a encore à faire observer que l’une de ces dents, la droite, est un peu plus avant que l’autre , ce qui semble encore dénoter que les dents incisives intermédiaires n’étant pas tombées à la fois, l’une des incisives a dû moins s’avancer que l’autre.
Ainsi , en définitive , quoiqu’il y ait peut-être en apparence plus de rapprochement, quant à la disposition des incisives, entre l’Aye - Aye et les Rongeurs qu’avec les Makis connus jusqu’ici, il ne faut pas croire cependant que nous ne trouverons pas chez ceux-ci des traces évidentes d’une disposition analogue. Ainsi l’inclinaison presque horizontale des incisives inférieures se retrouve déjà dans les Makis proprement dits, et surtout dans le Tarsier de Daubenton, animal avec lequel le nôtre a évidemment le plus de ressemblance. En outre, chez lui, la paire externe d’incisives à la mâchoire supérieure est bien plus grande que l’interne , et à l’inférieure il n’y a plus qu’une paire d’incisives. En sorte que , pour atteindre à la spécialité de l’Aye-Aye, il faudrait admettre que les quatre molaires véritables ou postérieures seraient restées, et en effet elles ont les mêmes proportions de grandeur relative; que les deux fausses molaires auraient disparu avec l’âge, ou même n’auraient jamais existé , ce qui est moins probable , et ce qui l’est davantage pour les canines, et que des quatre incisives, les externes encore plus petites, ou sont tombées avec lage ou par le grand développement de l’autre paire , accident qui n’est pas tellement extraordinaire qu’on ne puisse en trouver des exemples dans d’autres Mammifères (i).
Quant à la mâchoire inférieure , il y aurait encore moins de suppositions à faire, puisqu’il n’existe que deux incisives, et, comme dans le
(1) Dans l’hypothèse où l’on admettrait que les prétendues incisives seraient des canines véritables, il faudrait admettre la chute des fausses molaires seulement et l’oblitération des deux paires dans l’écartement que laissent entre elles les grandes dents terminales.
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Lori , l’anomalie n’aurait donc lieu que pour les canines et les fausses molaires.
§ IV. — Des autres parties du squelette.
Du reste du squelette je n’ai vu que les os de l’avant-bras; mais ils sont venus confirmer pleinement ce qu’avait démontré l’inspection seule du crâne.
L avant-bras est en effet composé de ses deux os parfaitement distincts dans toute leur étendue.
Le radius, toujours un peu plus court que le cubitus, est à peu près arrondi , et il s’élargit à mesure qu’il devient plus inférieur. Son extrémité humérale est formée par une tête subovalaire, excavée supérieurement en un godet presque hémisphérique, comme dans l’Homme, sans aucune trace, ou à peine sensible, d’une éminence qui correspondrait à une gorge de l’humérus. Mais au côté interne de son bourrelet est une très-large surface articulaire pour le cubitus, et l’éminence bicipitale est fort haute et assez prononcée.
Quant à l’extrémité inférieure de ce radius, que nous avons dit s’élargir d’avant en arrière à mesure quelle se rapproche du carpe, elle est un peu bombée en avant et excavée en arrière, avec une facette arrondie au côté externe pour la connexion avec le cubitus. Elle se termine du reste par une large excavation , partagée en deux parties par une très-petite saillie , formant contre-poulie. Elle correspond à deux os du carpe, le scaphoïde et le semi- lunaire, qui constituent par leur réunion une sorte de tête articulaire.
Le cubitus, qui dépasse supérieurement le radius de toute l’apophyse olécranienne, au moins, est plus grêle et plus comprimé. Son extrémité humérale, plus grosse , comme de coutume, présente un olécrane comprimé, assez fort et coupé obliquement à sa terminaison, une large cavité humérale sigmoïde, au contraire de la radiale , qui est fort petite et très-bien circulaire. Inférieurement, et au-dessous de sa facette
G. Lemüb.
MEMOIRE
d’articulation avec le radius , le cubitus se termine par une sorte de pointe, qui va au côté externe du triquètre, en arrière du pisiforme.
Le carpe se compose de deux rangées d’os courts, absolument comme dans les Singes.
La première, formée de quatre, dont les deux internes, le scaphoïde et le semi-lunaire , forment une sorte de tête qui s’articule avec le radius , disposition qui se trouve dans les Singes et nullement chez les Rongeurs, où ces deux os sont remplacés par un seul ; le troisième , analogue du triquètre, s’articule avec le cubitus; et, enfin; le quatrième, ou pisiforme , est hors de rang comme à l’ordinaire et assez saillant.
La seconde rangée est également formée de quatre os : le premier, ou trapèze , pour le pouce ; le second , ou trapézoïde , pour l’indicateur; le troisième, ou grand os, pour le doigt médian, et enfin l’unciforme, qui est ici le plus grêle de tous, pour les deux autres doigts.
Mais ce qui établit encore mieux le rapprochement de l’Aye-Aye avec les Quadrumanes, en le distinguant nettement des Rongeurs , c’est qu’il y a un os intermédiaire aux deux rangées, et qui se trouve entre-toucher à tous les os de la première rangée ainsi qu’à ceux de la seconde.
Les os du métacarpe, que je n’ai pu voir en entier, ne m’ont présenté rien de remarquable, si ce n’est dans leur longueur, qui se trouve toujours rapprocher notre animal des Quadrumanes et non des Rongeurs, chez lesquels ces os sont toujours fort courts.
Ainsi, en dernière analyse, il est aisé de voir que toutes les parties de cet avant-bras indiquent les plus grands rapports avec les Quadrumanes; en effet, les articulations, soit radiale, soit carpienne, dénotent la première, des mouvements de pronation et de supination, et la seconde, de flexion et d’extension aussi faciles qu’étendus; le scaphoïde étant nettement séparé du semi-lunaire, comme chez tous les Mammifères du premier degré d’organisation , disposition qui ne se trouve chez aucun Rongeur, le Lièvre excepté.
SUR L’AYE-AYE
A l’époque où ce mémoire fut lu à la Société philomatique, je ne connaissais du squelette de l’Aye-Aye que les pièces qui viennent d’être décrites; mais, tout dernièrement, en faisant des recherches dans nos collections, M. Laurillard, garde des galeries d’anatomie du Muséum , m’a remis en outre, les quatre os principaux du métatarse, c’est-à-dire l’astragale, le calcanéum, le scaphoïde et le cuboïde, qui avaient sans doute été tirés de la peau bourrée de la collection zoologique , sur la demande de M. Cuvier. Or, à eux seuls ils devaient suffire pour déterminer la place de l’Àye-Aye à côté du Tarsier et des Galagos ; car le calcanéum et le scaphoïde offrent la même forme et le même allongement singulier qui a déterminé Daubenton à donner au premier de ces animaux le nom sous lequel il est encore désigné ; ce que j’avais supposé autrefois d’après le seul examen de l’individu monté. La figure que nous en donnons dans la planche V de notre ostéographie des Lemurs suffira pour mettre cette assertion hors de doute; aussi est - il véritablement étonnant que M. Cuvier, qui avait à sa disposition ce tarse, et de plus, comme moi, l’avant-bras, le carpe et la tête osseuse de cet animal, qu’il a même figurée, quoiqu’il m’eût promis formelle meut de ne pas le faire, ait persisté, dans les deux éditions de son Règne animal , à ranger l’Aye-Aye parmi les Rongeurs, à côté des Écureuils , en se bornant à dire qu’il fait le passage aux Makis.
§ V. — Des mœurs et des habitudes de V Aye-Aye.
Les mœurs et les habitudes qui résultent de l’organisation de cet animal se trouvent aussi assez semblables à celles des Makis. En effet, suivant Sonnerat, le seul observateur qui ait encore vu l’Aye-Aye vivant, c’est un animal tout à fait nocturne dont il compare l’œil couleur d’ocre à celui du Chat-Huant : or aucun Rongeur n’est peut-être dans ce cas , si ce n’est les Gerboises; tandis que les Tarsiers, les Galagos et la plupart des Makis qui ont la même organisation n’entrent aussi en activité que pendant la nuit. C’est également un animal extrêmement lent et
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paresseux, portant la queue traînante et non relevée comme les Écureuils, dormant sans cesse, et ce n’était, ajoute Sonnerat, qu’en le secouant plusieurs fois, que l’on pouvait le déterminer à marcher. Les animaux de l’ordre des Rongeurs sont au contraire remarquables par leur pétulance et leur activité presque inépuisable, et surtout par leur agilité, et cela même chez ceux qui sont dépourvus d’yeux , comme le Zemni. Parmi les Lémuriens au contraire, on trouve des animaux également nocturnes, timides, paresseux, répugnant au mouvement , en un mot ayant toutes sortes de rapports avbc l’Aye-Aye; ainsi l’espèce de Lori qui à cause de cela a reçu le nom de paresseux.
Cet animal se nourrit d’insectes à l’état de larve, suivant Sonnerat qui cependant dit qu’il n’a mangé que du riz cuit pendant les deux mois qu’il a vécu en captivité. Il paraît même qu’il va les atteindre sous l’écorce des arbres ou dans les trous dont ceux - ci sont percés , et cela au moyen du long doigt de ses mains , qui lui sert en outre à les pousser dans son gosier ; nourriture et mode de la chercher qui ne se rencontrent certainement chez aucun Rongeur. Peut - être aussi s’aide-t-il de ses dents incisives pour déchirer le bois. )
Quant à ce qu’ajoute Sonnerat, que l’Aye-Aye semble terrier, cela est plus douteux; à moins d’admettre que ce n’est pas lui qui creuse sa retraite ; en effet, ni ses doigts, ni ses ongles ne sont conformés pour cet usage. C’est plutôt un animal arboricole , et son terrier est sans doute dans les arbres creux.