‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologie (volume 2)Chapitre 88 sur 130 · V. coccygien · texte numérisé non relu

V. coccygien

Appendices thoraciques.

Côtes ,13.

Série

inférieure.

Hyoïde.

Corps.

Cornes.

Sternèbres, 6.

Manubrium.

Inter¬

médiaires.

Xiphoïde.

Cornes

sternales.

Thorax.

Membres en général.

Membres

antérieurs.

Épaule.

Omoplate.

Acromion.

Coracoïde.

Clavicule.

de côtes, des sept sternèbres et de leurs six paires de cornes, est remarquable par sa largeur, presque égale à sa longueur, sa forme conique, le diamètre transverse étant plus long que le s terno -vertébral , et au contraire par le peu d’étendue des hypocondres.

Les membres des Chauves-Souris sont ce que le squelette de ces animaux présente certainement de plus singulier, par leur grande disproportion. Aussi dans l’espèce qui nous sert de type, et dans laquelle cependant cette disproportion n’est pas la plus grande ; la longueur des membres antérieurs, depuis leur racine jusqu’à l’extrémité du plus long doigt, est à celle du tronc en totalité, comme 4 : i, ce qui donne à l’envergure huit fois au moins la longueur du corps.

L’épaule est remarquable par l’étendue des deux os qui la constituent.

L’omoplate, dont la longueur égale celle de la série des vertèbres thoraciques a une forme ovale un peu allongée , le bord dorsal égalant au moins le bord axillaire, et comprenant en effet la plus grande partie du bord antérieur par l’arrondissement de l’angle cervical. Sa face externe est partagée en deux grandes fosses , la postérieure cependant notablement plus que l’antérieure, par une crête assez courte, peu saillante d’abord, mais se produisant vers sa terminaison en une assez forte apophyse acromion , s’arquant beaucoup pour couvrir la tête de l’humérus et se joindre à la clavicule. La face interne est , comme la fosse sous-épineuse , partagée en deux fosses sub-égales par une crête basse, oblique, d’insertion musculaire; et la cavité glénoïde, assez ovale, donne naissance à une apophyse coracoïde fort longue, brusquement recourbée en dedans et en arrière , encore plus que chez les Primatès.

La clavicule est presque aussi longue que l’omoplate, en sorte quelle porte le moignon de l’épaule fortement en avant et en haut ; elle est en outre robuste, comprimée, arquée dans toute sa longueur, de manière à ressembler à une petite côte qui n’aurait qu’une seule courbure. Son articulation scapulaire à l’acromion est solidifiée par son appui sur la

coracoïde; et par l’autre extrémité elle est unie d’une manière ligamenteuse, très-serrée, à la cavité cotyloïde du manubrium.

L’humérus des Chauves-Souris est toujours fort long, et dans le Yam- Humérus, pire, il égale la longueur réunie du cou, du thorax et de la moitié des lombes, étant du reste courbé en S presque droit. Sa tête est ovale, un peu comprimée comme dans les Oiseaux , et à peine plus saillante que supérieur*, les deux tubérosités, l’une et l’autre, il est vrai, fort saillantes; l’interne menl un peu plus grosse que l’externe. La crête deltoïdienne est également assez saillante , tranchante , mais fort peu descendue. Le corps de l’os est arrondi , sans crête , et ce n’est que vers son extrémité articulaire inférieure qu’il s’élargit subitement , présentant, entre deux tubérosités assez sail- inférieurement lantes, l’interne un peu plus que l’externe, sans être percée, une trochlée légèrement oblique pour l’articulation du radius.

C’est déjà dans la forme de cette articulation et dans la composition Avant-bras, de l’avant-bras des Chauves-Souris que se trouve une modification importante déterminée par l’anomalie de leur mode de locomotion , et malgré , pour ainsi dire , leur position élevée dans la série. En effet , dans cette famille , l’avant-bras n’est réellement composé que d’un seul os, l’autre étant rudimentaire, comme cela a également lieu chez les Ongulogrades.

Le radius du Vampire est des deux tiers plus long que l’humérus, et Radius, plus même que la colonne vertébrale tout entière sans la tête. Arrondi et légèrement arqué dans toute son étendue, sans crêtes ni rugosités d’insertion musculaire, il ne présente à l’extrémité supérieure qu’une cavité articulaire un peu oblique, assez large, outre une facette sigmoïde articulaire , et tout à fait en arrière, presque comme chez les Ruminants. L’extrémité inférieure , un peu moins large , est sillonnée en dessus de gouttières étroites pour le passage des tendons des muscles extenseurs, et terminée en avant par une large gouttière articulaire transverse.

Le cubitus n’est plus, comme dans les Ruminants, qu’un os styloïde, cubitus, situé tout à fait à la partie postérieure du radius ; dont l’extrémité supérieure , un peu élargie et courbée , s’applique sur cet os, et dont le

Carpe.

1" rangée :

Scaphoïde.

Pisiforme.

2e rangée :

Trapèze.

Trapézoïde.

Grand os.

Uneiforme.

Main.

Doigts.

Os Métacarpiens, 3.

12 CHEIROPTERES; FESPER TILIO.

corps très-grêle finit en style aigu vers le tiers supérieur de l’avant-bras.

Le carpe n’est qu’un nœud fort court, mais très-compliqué par les profondes enchevêtrures des os multi-anguleux qui le constituent.

La première rangée n’est cependant formée que d’un seul os transverse, offrant une articulation radiale scaphoïde dans le même sens; mais il est évident que cet os est le résultat de la réunion du scaphoïde , du semi-lunaire , et peut-être même du triquètre ; en effet , à la corne externe de cet os unique s’articule un pisiforme assez petit , mais fort distinct et multi-anguleux.

La seconde rangée est plus normale; en effet, ses quatre os sont bien distincts. Le premier, ou trapèze , est assez grand , de forme un peu scaphoïdienne , placé transversalement, en poulie peu concave en avant, et en contre-poulie en arrière. Le trapézoïde , beaucoup plus petit que le précédent, très-comprimé, en forme de V, très-ouvert, touchant à peine le second métacarpien. Le grand os , un peu plus grand que le trapézoïde, et offrant deux têtes d’articulation, l’une à l’os de la première rangée, l’autre au métacarpien du doigt médian. Enfin l’unciforme, le plus grand de tous, en forme de tête de marteau, la partie la plus large arrondie pour l’os de la première rangée , l’autre , anguleuse , se glissant entre les troisième et quatrième métacarpiens, et touchant à peine au cinquième.

La main des Chauves-Souris est ce qui fait la partie la plus extraordinaire de l’organisation de ces animaux , à cause de l’énorme développement de ses parties, conservant cependant tous les caractères de Mammifères élevés dans sa composition.

Le nombre des doigts est en effet constamment de cinq, dont le premier ou pouce jouit d’une liberté et d’une étendue de mouvements qui ne se voit que dans les Primatès. Quant aux autres doigts , c’est , dans le Vampire, le médian qui est le plus long, puis le cinquième, le quatrième , et enfin le second est le plus court après le pouce.

Dans ce même animal , la proportion en longueur des os métacarpiens qui, sauf celui du pouce, sont toujours fort longs, et plus même que

les plus longues phalanges, n’est pas celle des doigts; en effet, c’est le cinquième métacarpien qui est le plus long et le plus fort de tous, puis le quatrième , le troisième et le second. Ils sont tous arqués et assez grêles; leur tête carpienne est comprimée, et l’autre, plus petite, en tête de clou , avec surface articulaire en poulie peu profonde.

Les phalanges , encore plus grêles que les métacarpiens , et renflées Phalanges en petite tête à leurs extrémités, ont pour les premières la proportion premières, inverse de ceux-ci; c’est-à-dire que c’est celle du doigt médian qui est la plus longue. Les deux doigts externes l’ont subégale , et celle du second doigt est bien plus courte , styloïde et terminale.

11 n’existe de secondes phalanges qu’aux trois doigts externes; elles secondes, sont styloïdes et terminales au quatrième et au cinquième , plus longues que la première au troisième ou médian , qui seul est pourvu d’une troi- troisième, sième phalange, également styloïde, comme toutes les terminales.

Le pouce, qui seul fait exception sous ce rapport, et qui seul agit Au Pouce, comme un doigt véritable, demande une description particulière.

Son métacarpien , fort court, et presque également renflé à ses deux extrémités, porte une première phalange un peu plus longue, assez bien de même forme , mais plus arquée , et celle-ci porte elle-même une véritable phalange onguéale, courte, arquée, comprimée, avec une rigole à sa base pour l’insertion de l’ongle.

Les membres postérieurs des Chauves-Souris sont en général , comme Membres

postérieurs.

il a été dit plus haut, beaucoup plus faibles, bien plus grêles que les antérieurs, mais encore y a-t-il quelque différence en plus ou en moins suivant les groupes naturels d’espèces. Ainsi dans le Yampire :

Le bassin, remarquable par sa grande étroitesse en général, présente Bassin la particularité que , joint solidement par l’iléon aux vertèbres sacrées, et par l’iskion avec celui du côté opposé, en sorte qu’il y a une symphyse iskiatique dorsale, il est largement ouvert à son extrémité abdominale , les pubis étant fort loin de se toucher.

L’iléon est du reste d’une étroitesse et d’une gracilité singulières , de iléon, forme triquètre ou subcylindrique , tant les fosses iliaques externe et in-

terne sont peu étendues, ce qui donne une épaisseur notable à l’épine

antérieure , se déversant en outre en dehors.

rubis. Le pubis est court et assez large ; mais ce qui le caractérise le mieux , c’est que l'éminence iléo-pectinée est très-saillante, en forme d’épine recourbée, s’avançant sous le ventre un peu comme l’os marsupial chez les Mammifères Didelphes.

iskion. L’iskion , en forme de demi-anneau, plus épais à la partie postérieure, d’où résulte une assez forte tubérosité iskiatique , soudée à celle du côté opposé , constitue avec le pubis un grand trou sous-pubien tout à fait circulaire, et au-dessous d’un trou sacro-iskiatique ovale et parfaitement fermé.

m'h La cavité cotyloïde qui résulte de la convergence des trois os , est parfaitement circulaire , assez peu profonde , et légèrement échancrée à son rebord supérieur.

Fémur. Le fémur, encore assez long dans cette espèce, puisqu’il égale les trois quarts de l’humérus, est par contre très-grêle , entièrement droit et cylindrique dans son corps. Sa tête , bien sphéroïdale, est tout à fait dans supérieure- i’axe de celui-ci, entre le grand trochanter, divergeant en pointe au côté externe d’un cou fort court , et le petit , tranchant et assez étendu , ce qui donne à l’extrémité supérieure du fémur une forme aplatie trèsinférieurement. sensible. L’extrémité inférieure est au contraire peu dilatée; ses condyles subégaux étant peu saillants, et la poulie peu large, peu profonde, et surtout fort peu remontée.

Jambe. La jambe est , comme l’avant-bras , incomplète , mais à sa partie supérieure , au contraire de ce qui a lieu dans celui-ci , où c’est à l’inférieure.

Tibia. Le tibia , à la fois plus grêle et plus long que le fémur, au point d’ésupérieure- galer l’humérus en longueur, et d’atteindre un peu au delà de la moitié du radius, est à peu près droit et cylindrique; assez renflé, triquètre et un peu comprimé à l’extrémité supérieure, où son bord interne montre une sorte de trochanter pour l’insertion du muscle poplité , inférieurement, sans facette d’articulation , au côté externe ; son extrémité inférieure est

comprimée et élargie dans le sens opposé , avec facette d’application au bord externe pour le péroné.

Ce dernier os, encore plus rudimentaire que le cubitus à l’avant- Péroné, bras, est également styloïde; mais sa partie aciculée est supérieure, commençant vers la moitié de la longueur du tibia, et sa partie renflée est inférieure , et descend même assez bas pour s’articuler avec la face externe du calcanéum ; particularité propre aux Chauves-Souris.

Le pied en totalité n’égale pas la septième partie de la main; il est Med. essentiellement plantigrade, et les cinq doigts, dont il est toujours pourvu dans toutes les Chauves-Souris sans exception , sont à peu près égaux en force et en longueur, et tous dirigés en arrière par suite de la direction du fémur dans son articulation coxale.

Le tarse est à peine plus long que le carpe à la main ; et ce sont peut- Tarse, être les Mammifères dans lesquels ces deux parties ont le plus de ressemblance. En effet, l’astragale ne forme pas ici une poulie uniquement Astragale, saisie entre les malléoles , mais bien une saillie convexe au côté externe de laquelle le corps du calcanéum se place, de manière que les deux os sont articulés à la fois avec ceux de la jambe , le tibia avec l’astragale , et le péroné avec le calcanéum. Aussi la tubérosité de celui-ci n’est qu’un Calcanéum, crochet dirigé obliquement de dehors en dedans et un peu en arrière , sans renflement ou épaississement terminal. Seulement celui-ci est représenté par un prolongement plus ou moins cartilagineux , en forme de long éperon , qui sert à soutenir la membrane dite inter-fémorale du Éperon Lophoderme. Le scaphoïde, avec sa forme ordinaire, les cunéiformes , le Scaphoïde, cuboïde , sont assez bien comme dans les derniers Primatès ; au point que cuboïde, le premier cunéiforme, plus fort que les deux autres, présente au méta- cunéiforme, tarsien du pouce, élargi et excavé à cet effet, une surface articulaire, convexe, oblique en dedans; ce qui montre que ce pouce doit avoir quelque indépendance dans ses mouvements.

Les os métatarsiens , en général courts et subégaux , décroissent ce- Métatarsiens, pendant graduellement un peu de longueur du premier au dernier. 5 Tous ont leur extrémité tarsienne assez comprimée; les deux extrêmes

Phalanges :

au Pouce.

aux 4 Doigls.

premières et secondes.

troisièmes ou Onguéales.

Différences

dans

les espèces.

En remontant la série ; chez les

Stiîxodermes.

f 6 CHÉIROPTÈRES; V ES P ER T IL IO.

avec apophyse externe assez saillante, et la tête digitale arrondie.

Le pouce n’a que deux phalanges comme à l’ordinaire, mais dont la première, assez arquée, est deux fois plus longue que sa correspondante aux autres doigts, où elle décroît du second au cinquième.

Les premières et secondes phalanges de ces autres doigts sont à peu près égales en grosseur et en longueur, s’articulant entre elles par une poulie assez serrée.

Quant aux phalanges onguéales, elles sont proportionnellement assez longues et arquées, épaisses et un peu élargies à la base de leur bord inférieur, formant talon. Du reste, elles sont fortement comprimées, subégales, et presque en ligne droite par l’allongement de la première phalange du pouce qui porte sa phalange onguéale au niveau des quatre autres.

Dans cette description presque absolue des os du squelette des Chauves- Souris, nous avons pris pour type, pour mesure, une assez grande espèce de la division des Yespertilions à feuille nasale , comme assez bien intermédiaire à celles qui sont pour ainsi dire le moins Chéiroptères, et à celles qui le sont le plus. Voyons maintenant à évaluer et à indiquer les différences que les espèces présentent, soit en remontant, soit en descendant. On conçoit cependant quelles ne seront jamais bien considérables , toutes les Chauves-Souris ayant éprouvé la même modification pour le vol à l’aide des membres antérieurs.

En remontant la série, nous trouvons d’abord les Sténodermes, chez lesquels la tête est en général plus courte, plus ramassée, un peu même dans sa partie vertébrale , mais surtout dans sa partie appendiculaire , qui est quelquefois d’une brièveté et d’une forme arrondie tout à fait remarquable , dans le Sténoderme de la Jamaïque , par exemple ; en sorte que le palais et la mâchoire inférieure ont quelque ressemblance avec ce qu’ils sont dans l’espèce humaine.

Il faut considérer à part l’espèce de Sténoderme à laquelle M. de

Le Desmodds.

Newied a donné le nom de Desmodus , et qui présente la seule anomalie réelle du système dentaire qui ait été observée jusqu’ici parmi les Chéiroptères; en effet, plusieurs parties de son squelette sont un peu différentes. La tête est d’abord remarquable par la petitesse de la face et du palais, et la manière brusquement pointue dont la mâchoire supérieure se termine, par la largeur de la branche montante de la mâchoire inférieure, la nullité de l’apophyse coronoïde et la forme de l’angulaire arrondie. Dans le reste du squelette, je trouve encore à noter que le grand doigt de la main a ses trois phalanges bien complètes , et surtout que le fémur est très-comprimé, comme canaliculé en dessus; le tibia lest également en arrière, et le péroné, bien complet, est aussi assez large pour être en contact avec le tibia dans toute sa longueur, de manière qu’il n’y a aucun espace interosseux. Le calcanéum a aussi son apophyse très-recourbée en dessous.

Chez les Glossophages , la tête en totalité, et dans ses appendices, est Les au contraire plus grele et plus allongée que dans le Vampire, comme Giossoph^GKs on pourra s’en assurer en jetant un coup d’œil sur la PI. VII où le crâne de ces animaux a été représenté.

Nous avons décrit plus haut leur hyoïde, qui a sans doute beaucoup de rapport avec celui des Vampires, que nous ne connaissons pas.

Mais les différences deviennent bien plus évidentes, et par consé- Les quent plus susceptibles detre indiquées autrement que par l’iconogra- RoDSSETTt!’ phie chez les Roussettes, ou Pteropus de Brisson. Elles ne portent cependant pas sur l’ensemble du squelette , ni même toujours sur les proportions des parties.

Ainsi le tronc paraît encore comme tronqué par l’absence plus ou Pour le Tronc moins complète de la queue, et en effet le nombre total des vertèbres en generaI est presque le même; quatre céphaliques, sept cervicales, quatorze dorsales, trois lombaires, trois sacrées et trois ou quatre coccygiennes , dans les espèces qui ont le minimum de queue; ce qui fait un total de trentehuit au lieu de trente-six.

La tête des Roussettes , plus ou moins allongée suivant les espèces , u Tête.

G. Vespertilio. 3

18 CHÉIROPTÈRES; FESPERTILTO.

et surtout suivant le nombre et l'écartement des dents, ce qui par conséquent dépend plutôt des mâchoires que du crâne , est en général un peu plus arquée dans la série des vertèbres qui le constituent ; en sorte que la région occipitale est plus verticale et les condyles plus terminaux. La crête sagittale est aussi bien moins prononcée; et surtout le frontal présente une particularité notable, d’abord dans la grandeur du trou surcilier devenu pleinement surorbitaire , mais surtout dans l’existence d’une apophyse orbitaire externe plus ou moins étendue , qui donne au cadre de l’orbite quelque chose de plus complet que dans presque toutes les autres Chauves-Souris.

Les Mâchoires: Les mâchoires, quelles soient longues comme dans certaines espèces,

ou courtes comme dans d’autres , sont toujours bien moins étroites et supérieure resserrées que dans le Vampire. La supérieure a en effet sa voûte palatine beaucoup plus large à son bord libre , qui est arrondi ; l’arcade zygomatique est bien plus arquée en dehors et en haut, et le prémaxilinfèrieure. laire plus épais. L’inférieure offre un rocher bien moins bulleux dans son limaçon , et un cercle du tympan plus étroit , et dans la mandibule une branche montante notablement large; le condyle un peu moins étendu en travers et surtout plus relevé au-dessus de la ligne dentaire; l’apophyse coronoïde tout autrement formée, étant très-large, arrondie et recourbée; l’apophyse angulaire, également arrondie, mais peu ou point saillante ; la symphyse bien moins longue, os de l'oreiiie. Nous devons aussi noter que les os de l’oreille des Roussettes ont quelques particularités différentielles : d’abord par la forme discoïde assez épaisse du lenticulaire très-distinct , et ensuite par l’élargissement du col et la disposition presque bulleuse de son angle de jonction avec le manche du marteau.

Le corps Les vertèbres du tronc offrent assez bien la même disposition et les du^roncT mêmes proportions que dans le Vampire, décroissant assez régulièrement de la première cervicale aux dernières coccygiennes. Celles du cou sont cependant encore plus robustes, et surtout l’atlas et l’axis ; celle-là ayant des apophyses transverses longues et assez larges, et celle-ci une

apophyse épineuse en fer de hache , assez élevée. Les intermédiaires manquent toujours de cette même apophyse; mais leurs transverses sont larges et assez saillantes. Elles le sont encore davantage à la pénultième avec une forme arrondie. Enfin la dernière, la plus petite de toutes, offre une apophyse épineuse assez marquée.

Les vertèbres dorsales n’ont de particulier que leur nombre, qui monte à quatorze, et un peu plus de saillie dans les apophyses épineuses.

Il en est de même des lombaires , qui ne sont qu’au nombre de trois; des sacrées, des coccygiennes, qui, soudées entre elles, ne forment qu’une seule pièce fortement serrée entre les iléons et les iskions. Seulement dans les Roussettes à queue , au delà de ces derniers os , il sort quatre à cinq vertèbres libres, ce qui porte le nombre des caudales à neuf ou dix; mais elles sont toutes sans aucun indice d’apophyses.

Les côtes , au nombre de treize ou quatorze paires , ne sont élargies et aplaties que dans leur partie supérieure, et surtout les troisième, quatrième , cinquième , sixième et septième. Dans le reste de leur étendue, elles le sont beaucoup moins. La première est toujours bien plus robuste que les autres.

L’os hyoïde, que j’ai observé sur deux espèces ( P. fuscus et Dussumieri), est composé d’un corps en barre transverse, à peine courbé, et de deux cornes dont l’antérieure, à peine plus longue que l’autre, est formée de deux pièces assez épaisses , courtes et subégales , et dont la postérieure indivise est forte et en forme de petite clavicule.

Mais dans une autre espèce de ce même genre (P. marginatiis ) , le corps de l’os est en plaque courbée presque carrée, de chaque angle de laquelle partent les cornes, constituées du reste comme dans les espèces précédentes.

Le sternum n’est réellement formé que de six sternèbres , à moins de considérer la base de l’appendice xiphoïde comme en faisant une septième; le manubrium, beaucoup plus fort que les autres, a sa crête inférieure divisée en deux apophyses ; les trois suivantes n’en ont qu’une

cervicales, 7.

dorsales, 14.

lombaires, :t.

sacrées.

coccygiennes,

Côtes, 13—14.

Hyoïde.

Cornes.

Sternèbres, fi.

Cornes.

Membres

antérieurs.

Omoplate.

Clavicule.

Humérus.

Radius.

inférieurement.

Maiu

en général.

l’ouce

Indicateur.

20 CHEIROPTERES; FESPERTIHO.

qui , se continuant entre elles à la base , constitue une sorte de bréchet

dentelé.

Les cornes sternales , ossifiées comme dans le Vampire , sont au nombre de sept; la première toujours large et courte, et les autres d’autant plus longues quelles sont plus postérieures.

Les membres des Roussettes ont assez bien la meme proportion entre eux que chez les Vampires et les Phyllos tomes.

Aux antérieurs, nous devrons cependant faire remarquer que l’épaule est proportionnellement moins étendue, l’omoplate plus courte, puisqu’en effet elle n’égale que le tiers de l’humérus, et surtout bien plus étroite , moins arrondie à son bord antérieur. Du reste , les apophyses acromion et coracoïde sont peut-être encore plus prononcées. C’est le contraire pour la clavicule qui est évidemment plus courte , étant à l’humérus comme un est à trois et demi , au lieu de un à deux un quart.

L’humérus est au contraire peut-être plus long et surtout plus arqué dans sa double courbure; sa tête est ronde, sa troklée tout à fait interne, la tubérosité externe seule existant.

Le radius n’est que d’un quart plus long que l’humérus, au lieu de letre d’un tiers comme dans le Vampire ; du reste , il ne diffère de celui de ce dernier que par plus de force, sa surface articulaire supérieure étant triangulaire , creusée dans son milieu d’une cavité circulaire. Sa tête inférieure, fortement élargie en travers et profondément canaliculée à son bord dorsal par quatre gouttières, dont l’externe est la plus large, est creusée à sa face articulaire par une rimule transverse prolongée dans une tubérosité externe très-prononcée.

La main est elle-même proportionnellement un peu plus courte que dans le Vampire, surtout dans la partie digitale , dont le plus long doigt , celui du milieu , est double du radius ; mais la proportion et la composition des doigts sont évidemment différentes. Ainsi au pouce, toujours bien court , la première phalange est ici deux fois et demie plus longue que le métacarpien ; tandis que dans le Vampire ce n’était que moitié en sus. Chez les Roussettes, et c’est leur caractère zoologique essentiel, le

second doigt, le plus court après le pouce , comme dans toutes les Chauves-Souris , est composé de ses trois phalanges assez bien dans la proportion habituelle, et la dernière est arquée, comprimée et véritablement onguéale. Des trois autres doigts , le plus long est encore le médian , dans les deux seules phalanges qui le constituent , la seconde étant terminale; car c’est toujours le cinquième métacarpien qui est le plus long , les deux autres égaux.

Les membres postérieurs des Roussettes ont presque complètement la proportion générale et particulière , et même, dans les os qui les composent, la forme de ceux de la Chauve-Souris, que nous avons prise pour type. Ainsi le bassin , soudé supérieurement par l’iléon au sacrum , et par l’iskion au coccyx intermédiaire, est au contraire libre à son extrémité pubienne, comme dans le Vampire; seulement l’apophyse iléo-pectinée est beaucoup moins prononcée. La proportion du fémur , des deux os de la jambe , du pied et des doigts , est sensiblement la même; mais le calcanéum , plus ou moins recourbé en dessous , n’est pas pourvu du long éperon qui existe dans toutes les Chauves-Souris. Nous devons en outre faire observer que dans les Roussettes, le pouce est un peu plus court que les autres doigts, ce qui tient à ce que sa première phalange est un peu moins longue que dans le Vampire; que les doigts extrêmes sont un peu plus forts que les intermédiaires, du moins pour les os du métatarse, qui sont sensiblement égaux; celui du pouce cependant un peu plus court. Les premières et les secondes phalanges sont encore plus semblables entre elles de longueur et même de forme, ce que l’on peut dire avec plus de raison encore des onguéaux.

Les Roussettes à queue ne présentent de différences susceptibles d etre exposées, qu’en ce que les dernières vertèbres dorsales, et surtout les lombaires, ont leur apophyse épineuse plus prononcée et antéroverse; ce qui est en rapport avec un plus grand nombre de vertèbres coccygiennes, dont quatre ou cinq dépassent celles qui sont engagées entre les tubérosités iskiatiques. Quant à la forme de la tête, elle peut être allongée ou courte dans cette division comme dans la première.

Mais l’espèce qui sous ce rapport offre le plus de différences est la

Autres Doigts.

Membres

postérieurs.

Bassin.

Fémur:

Calcanéum.

Pouce.

Doigts.

Dans

les Roussettes à queue.

Dans

la R. kiodote.

22 CHÉIROPTÈRES; FESPERTILIO.

Roussette kiodote; sa tête est en effet remarquable par sa gracilité, son allongement et la minceur de ses os; cependant, au fond, c’est assez bien la même forme générale , arquée à sa base, et même un peu plus que dans les autres espèces. Les bosses pariétales sont peut-être encore plus renflées, au contraire du rétrécissement post-orbitaire moins prononcé ; mais surtout le cercle du tympan devient plus large et tend à cacher davantage la face externe du rocher. L’arcade zygomatique est cependant bien plus grêle et moins arquée dans le sens vertical : aussi la mâchoire inférieure, dans toutes ses parties, montre-t-elle une faiblesse proportionnelle. Son condyle, plus ovale, moins transverse, descend presque au niveau de la ligne dentaire; l’apophyse coronoïde, bien plus étroite, est à peine courbée; et enfin, la branche horizontale elle-même offre une particularité notable dans la manière dont elle est courbée en dessous dans sa longueur , les deux bords étant parallèles.

Différences si maintenant après avoir énuméré les différences principales que prétTscèmiant^8 sentent les os du squelette des Chauves-Souris, en remontant de notre point de départ aux espèces évidemment les plus rapprochées des Makis , nous le faisons en descendant vers celles qui touchent davantage aux in- Dans les sectivores, on trouve d’abord les Phyllostomes, chez lesquels les différences

n’étant, pour ainsi dire, que spécifiques, ne portent que sur la proportion du crâne et des mâchoires; aussi ne méritent-elles pas de nous arrêter.

Dans les 11 en existe de plus notables dans les espèces qui constituent le

mégadermls. groupe c]es Mégadermes , que les productions du derme aux conques nasale et auditive distinguent au premier coup d’œil, à l’extérieur, de toutes les autres ; mais elles ne portent cependant guère que sur les proportions et surtout sur le raccourcissement de la tete et 1 allongement de la queue, du moins dans les dernières espèces.

Tête. Dans les Mégadermes proprement dits, la tête est encore plus rac¬

courcie que dans aucune des espèces ascendantes; mais en même temps elle devient comme bulleuse, à cause de la grande minceur de ses parois. Du reste, elle ne présente à noter dans la partie vertébrale quun

rétrécissement post-orbitaire encore plus grand , l’absence complète des apophyses orbitaires, l’élargissement en forme de selle de voltige du point de jonction des frontaux et des nasaux , et dans ses appendices l’absence presque complète des prémaxillaires, réduits à une petite plaque palatine presque cartilagineuse à la mâchoire supérieure et à l’inférieure, la forme divergente en dehors de l’apophyse angulaire de la mandibule.

C’est aussi dans ce groupe que le limaçon commence à se présenter Hocher, sous la forme d’une bulle presque séparée du reste du rocher, et faisant une saillie considérable à la partie inférieure du crâne, et montrant les tours de sa spire.

La colonne vertébrale présente toujours la forme ordinaire dans les vertèbres . Chauves-Souris; mais les vertèbres cervicales ont leur anneau encore cervicales , 7. plus lisse et leur corps plus large, et comme canaliculé en dessous par la disposition des apophyses transverses.

Les dorsales, au nombre de douze, les lombaires de cinq, n’offrent dorsales, 12.

rien de particulier ; mais les deux ou trois sacrées sont plus distinctes, sacrées-2-3

, 1 coccygiennas,

et les coccygiennes , au nombre de cinq, sont toutes libres, constituant s.

une queue conique , courte , qui dépasse à peine les iskions.

Les douze paires de côtes, dont sept sternales, sont toutes larges, côtes, 12. plates et serrées dans toute la longueur.

L’hyoïde ne m’est pas connu , n’existant pas sur nos squelettes. Hyoïde.

Le sternum est peu allongé , étroit, caréné dans toute sa longueur, sternèbres, 6. composé de six sternèbres, dont les deux dernières, fort courtes, sont peu distinctes.

Le manubrium est surtout remarquable par sa brièveté et par le Manubrium, grand élargissement de ses bras , offrant à la clavicule une cavité articulaire presque cotyloïde.

Les membres présentent aussi quelques particularités différentielles; Membres:

. antérieurs,

ainsi , pour les antérieurs , l’humérus est d’une brièveté remarquable Humérus.

chez les Chauves-Souris , puisqu’il égale à peine la longueur totale des vertèbres cervicales et thoraciques. En outre, il est plus droit, plus

Radius.

Cubitus.

Doigts.

Phalanges.

Membres

postérieurs

Bassin.

Fémur.

Tibia.

Péroné.

Calcanéum.

Dans les Rhinolophes et Rhinopomes.

Tête.

Mâchoires.

robuste, et ses éminences sont plus prononcées. Le radius a suivi le même raccourcissement, un peu moins cependant, et le cubitus, toujours fort grêle , est soudé avec lui vers son tiers supérieur. La main et les doigts ont aussi des proportions assez différentes. Le pouce est fort petit et très -grêle; le second doigta son métacarpien plus long que celui du troisième ou médian, plus même que celui du quatrième, mais moins que le cinquième. Les phalanges sont proportionnellement et en général assez courtes, surtout les premières, et les terminales un peu plus, le doigt médian n’en ayant que deux comme les deux autres.

Les membres postérieurs sont fort grêles, mais proportionnellement assez longs. Le bassin , très-oblique , n’est articulé supérieurement qu’avec le sacrum sans qu’il y ait inférieurement de symphyse pubienne; mais l’apophyse iléo-pectinée est très-forte. Le fémur, presque aussi long que l’humérus , ressemble presqu a un fétu , tant il est grêle et cylindrique ; le tibia est plus long , mais encore plus grêle , et son péroné est réduit à l’état de filet à peine plus long que l’éperon calcanéen, qui est lui-même fort petit ; quant aux doigts , il ne semble y avoir dissemblance que dans plus de compression des os qui les constituent.

Les Rhinolophes et Rhinopomes, qui doivent suivre les Mégadermes dans la série, ne présentent guère de différences un peu marquées qu’en ce que toutes les pièces du squelette sont encore plus grêles et plus ténues. La tête, par exemple, est évidemment plus bulleuse au crâne, plus raccourcie et plus tronquée à la face, avec un large aplatissement de la région fronto-nasale , et un développement singulièrement bulleux des sinus maxillaires. Les mâchoires sont du reste assez bien comme dans les Mégadermes , seulement le prémaxillaire , qui manque encore dans les Rhinolophes, existe, quoique encore assez peu complet, dans les Rhinopomes.

Le reste du tronc ne présente guère de différences que dans la longueur des vertèbres de la queue , qui ne sont peut-être pas en plus grand nombre que chez les Mégadermes , mais qui étant très - allongées

Tronc.

et excessivement grêles portent la queue au delà des membres postérieurs, surtout dans les Rhinopomes.

Les autres os, qui constituent la poitrine, n’offrent non plus de différences appréciables ni dans le nombre ni dans la forme , du moins dans les Rhinopomes; mais il n’en est pas tout à fait de même dans les Rhinolophes, dont les côtes, et surtout les postérieures, sont singulièrement élargies, au point de presque se toucher.

Nous ferons en outre remarquer que, dans ce genre, l’hyoïde est conformé un peu différemment que dans les autres groupes, du moins à en juger par ce qu’il est dans le grand Fer-à-Cheval. En effet , dans cette espèce il est large, excavé, courbé fortement en dessus, et ses cornes postérieures prolongées en forme de bras dilatés, spatulés, sont bien plus fortes que les antérieures , extrêmement déliées dans les deux articles qui les constituent.

Le sternum est également assez singulièrement conformé par sa brièveté et le grand élargissement des parties latérales du manubrium , la grande saillie de la crête médiane , et la largeur des cornes et surtout de la sixième et dernière.

On peut en dire autant des membres dont les os sont, comme le reste du squelette, fort grêles. Cependant l’humérus est plus long et moins robuste ; le radius un peu plus arqué, surtout dans les Rhinolophes; le cubitus filiforme et non soudé , mais surtout la main est beaucoup plus courte encore; en effet, le plus long doigt, qui est le troisième ou médian , est à peine plus long que le radius. Quant à la composition et à la proportion des doigts entre eux , elle est assez bien , comme dans les Mégadermes , le second étant cependant plus long.

Les membres postérieurs différant encore moins que les antérieurs , nous passerons immédiatement à l’examen du squelette des espèces de Chauves-Souris insectivores à nez simple, parmi lesquelles se trouvent la plupart de nos Chauves-Souris.

Dans les Taphiens , qui commencent la série de ces espèces , on peut remarquer, dans la forme de la tête , et surtout dans celle de la région

G. VeSPKRTIUO. 4

Côtes.

Hyoïde.

Ses Corues.

Sternum.

Membres

antérieurs.

postérieurs.

Dans

les Chauves- Souris à nez simple.

Les Taphiens.

fronto-nasale aplatie et élargie, ainsi que dans la petitesse des prémaxillaires, des rapports évidents avec les Rhinopomes; mais le reste du squelette indique plus de rapprochement avec les Chauves-Souris proprement dites. Ainsi l’humérus, le radius et même le cubitus sont plus longs que dans les Mégadermes , et surtout la main , dont le doigt médian , toujours de deux phalanges seulement, le plus long , l’est de deux tiers de fois plus que le radius : les métacarpiens des trois doigts externes décroissant rapidement de longueur. Quant aux membres postérieurs, il faut encore noter que le péroné , quoique fort grêle , commence à être complet * ce qui n’a lieu dans aucune des espèces précédentes, et se retrouvera dans presque toutes celles qui vont suivre, et que l’éperon du calcanéum , assez long , est complètement osseux.

Les Le Bec-de-Lièvre ou V. leporinus, type du genre Noctilio de Linné ,

présente dans la forme de la tête quelque ressemblance avec le Taphien et avec les Molosses qui vont suivre , seulement il n’y a pas d’élargissement fronto-nasal ; la crête sagittale est beaucoup plus relevée , et le prémaxillaire est complètement soudé à l’extrémité du maxillaire. Quant au reste du squelette , il présente des différences assez notables.

Membres Ainsi aux membres antérieurs, l’humérus , dont la tête est comprimée

antérieurs. , . ,

un peu , comme dans les oiseaux , est robuste et même assez court , n’étant que la moitié du radius. Le cubitus est toujours fort grêle; mais la main est très-grande. Au carpe le pisiforme est assez gros ; il n’y a pas de trapézoïde, le grand os donnant articulation au second et au troisième métacarpien , comme l’unciforme au quatrième et au cinquième. Les quatre grands métacarpiens sont sub-égaux et fort longs ; les premières phalanges des trois doigts externes bien plus courtes que les terminales , et les secondes bien moins longues que dans les Chauves- Souris ordinaires. Le doigt médian n’a encor que deux phalanges , comme dans les Molosses et tous les genres suivants (i).

(1) C’est par inadvertance sans doute que M. G. Cuvier a attribué trois phalanges au doigt médian des Noctilionset des Molosses. Les Sténodermes et les Phyllostomes sont seuls dans ce cas parmi tous les Chéiroptères.

Les membres postérieurs sont au contraire généralement plus courts que chez les Taphiens. Le bassin , outre la symphyse sacro-iliaque, en a encore une iskiatique, à l’extrémité de laquelle s’articule la partie mobile de la queue , ce qui fait que le détroit postérieur forme un trou ovale complet. Le fémur et le tibia sont assez courts et assez robustes , celui-ci comprimé et tranchant à son bord interne. Le péroné est au contraire filiforme et moins complet que chez les Taphiens. Le calcanéum est pourvu d’un éperon osseux, articulé, encore plus considérable que dans ces derniers et qui est évidemment l’analogue du pisiforme de la main. Enfin le pouce est notablement plus court que les autres doigts, au reste sub-égaux et croissant du premier au cinquième.

Les Chauves-Souris proprement dites, que l’on peut placer ici, et avant les Molosses , sous le rapport de l’ensemble du squelette , comme moins marcheurs, ont une forme de tête un peu variable suivant les agroupements d’espèces , mais généralement un peu plus allongée que dans les trois ou quatre groupes précédents ; avec une crête sagittale assez prononcée. Du reste c’est le même nombre de vertèbres, de sternèbres, de côtes et de cornes. Les corps des vertèbres cervicales s’imbrique assez fortement en dessous, et est pourvu d’une paire de tubercules d’insertion musculaire; leurs apophyses transverses sont aussi assez développées, même aux intermédiaires.

L’os hyoïde, dans le Murin du moins, a son corps court, triangulaire , arrondi , donnant de chaque côté naissance à un bras , portant à son extrémité deux bifurcations, l’une courte, thyroïdenne; l’autre bien plus longue, de deux pièces, dont la dernière ou terminale est un peu élargie et recourbée à son extrémité.

Le sternum est court, assez caréné en dessous, et formé de cinq à six sternèbres très-inégales ; les terminales beaucoup plus grandes. Ses cornes ne sont jamais au-dessus de cinq , la sixième côte vertébrale se soudant par son cartilage à la cinquième corne.

Les membres ont du reste assez bien les mêmes proportions ; l’humérus, dont la tête est assez ronde, n’étant guère que la moitié du ra-

postèrieurs.

Calcanéum.

Dans les Vespertiuons.

Tête.

Vertèbres.

Hyoïde.

Sternèbres,

Membres

antérieurs.

postérieur?.

Péroné.

Dans

les Nodules et les

Pipistrelles.

Dans

les Nyoticées.

Dans

les Molosses.

28 CHÉIROPTÈRES; FESPERTILTO.

dius, et le doigt médian les deux tiers en sus de celui-ci; mais ici ce sont les premières phalanges qui sont plus longues ou au moins égales aux terminales.

Quant aux membres postérieurs, il n’y a qu’une seule symphyse au bassin , et c’est entre l’iléon et le sacrum , les pubis étant fortement séparés. Le fémur et le tibia sont proportionnellement un peu plus longs. Le péroné est toujours complet, quoique très -fin; les cinq doigts sont sub-égaux, les extrêmes étant cependant un tant soit peu plus forts, et le calcanéum pourvu d’un long éperon osseux à sa base seulement.

Le squelette des Noctules et des Pipistrelles diffère un peu de celui des Murins. Aussi les premières ont, sous ce rapport, quelque ressemblance avec les Molosses dont il va être question dans un moment, surtout par la disposition des membres, les postérieurs étant plus petits que dans les Chauves-Souris ordinaires, par plus de développement du péroné, la petitesse des doigts du pied; et cependant il n’y a aussi que six côtes immédiatement sternales, la septième se joignant à la corne de la sixième. Le crâne est en outre élevé, formant avec la ligne dentaire un angle de 45°. Les mâchoires sont courtes, larges et comprimées à l’extrémité.

Les Nycticées ou Chauves-Souris, avec une seule paire d’incisives à la mâchoire supérieure, ont le squelette presque en tout semblable à celui des véritables Vespertilios. Le sternum est cependant peut-être plus plat, plus large , sans carène et plus court, n’étant formé que de cinq sternèbres , à moins que d’admettre que la pénultième compterait pour deux; et en effet elle reçoit une paire de cornes outre celle qui touche à son extrémité. Les doigts de la main sont aussi proportionnellement plus courts, et n’ont toujours que deux phalanges, en ne comptant pas la partie terminale cartilagineuse comme telle.

Enfin les Molosses, qui, de toutes les Chauves-Souris, sont les plus marcheurs, et chez lesquels les expansions cutanées ont le moins d’étendue , puisqu’elles ne comprennent pas la queue , présentent dans leur squelette des particularités assez distinctives. La tête ressemble cepen-

Tête.

dant davantage à celle des Noctilios par la brièveté, le degré du rétrécissement post-orbitaire et le peu de longueur des mâchoires. Mais le nombre des vertèbres du reste de la colonne vertébrale est un peu différent , puisqu’on y compte treize dorsales , sept lombaires, trois sacrées, formant un sacrum en coin , et douze caudales , ce qui indique plus de longueur dans le tronc et dans chacune de ses parties. Les côtes , au nombre de treize paires, dont huit sternales, la septième et la huitième portées sur une corne commune , sont plus étroites et un peu comprimées d avant en arrière comme dans les Carnassiers. L’hyoïde est en forme de mandibule, assez épaisse au milieu, et donnant naissance, de chaque extrémité de ses branches , aux deux cornes composées du reste comme à l’ordinaire. Les sternèbres sont également plus étroites et à peine carénées. Le manubrium a même une avance antérieure, ce qui le fait ressembler à une croix.

Aux membres antérieurs, qui sont peu étendus, l’humérus, qui égale les deux tiers du radius , présente supérieurement la tubérosité externe plus élevée que la tête qui est ovale-oblique, une crête deltoïdienne assez forte , et inférieurement une double poulie articulaire fort prononcée , avec la tubérosité interne très-saillante. Le cubitus dépasse la moitié du radius ; et les doigts offrent un système assez particulier dans la proportion de leurs parties , le second doigt étant presque égal au cinquième en totalité, tant leurs métacarpiens sont inégaux. Du reste, c’est toujours le troisième doigt qui est le plus long, beaucoup plus même que le cubitus et que le quatrième , quoique les métacarpiens soient égaux.

Les membres postérieurs sont peut-être plus courts, proportionnellement , que dans les autres groupes de Chauves-Souris , mais aussi plus robustes et plus complets. L’os des iles est large et aplati , plus même que dans les Chauves-Souris ordinaires. Les iskions et les pubis ne sont cependant pas réunis , et sont même fort distants entre eux ; la jambe est pourvue d’un péroné bien complet , très-arqué en dehors et même assez fort. Les doigts sont aussi plus courts , plus épais , dans les os qui les

Vertèbres :

dorsales, 13.

lombaires, 7.

sacrées, 3.

caudales, 12 Côtes, 13.

Hyoïde.

Sternum.

Membres

antérieurs.

Humérus

Cubitus.

Doigts.

postérieurs.

Pubis.

Péroné.

Doigts.

composent, et surtout le pouce qui, le moins long des cinq, joue sur un premier cunéiforme arrondi. Du reste, les pieds sont en général fort petits.

DES OS SÉSAMOÏDES.

En général. Le peu d’efforts que les animaux de cette famille ont à faire sur un sol résistant , qu’ils ne touchent qu’à peine par le poignet et le pouce des mains en avant , par la plante et les doigts des pieds en arrière , donne sans doute la raison pour laquelle les os des tendons ou sésamoïdes sont si peu nombreux chez les Chauves-Souris.

En particulier Ainsi, aux membres antérieurs, le carpe n’olfre que le sésamoïde du '“SS8 : long abducteur du pouce, assez gros même proportionnellement; mais les doigts n’en présentent aucune sorte, si ce n’est encore sous l’articulation de la première phalange du pouce , où il en existe deux bien distincts et sigmoïdes ; mais par une sorte de compensation , il existe une véri- Rotuie table rotule au coude dans une ostéïde de forme quadrilatère oblique , olécranienne. signalée depuis longtemps par Daubenton comme la tubérosité olécranienne , séparée du reste de l’os par un joint cartilagineux, postérieurs. Aux membres postérieurs, la rotule du genou est toujours extrême- Rotuie tibiale, ment petite , même dans les Roussettes. Sa forme est constamment ovale et fort mince. On trouve encore l’ostéide du muscle poplité, mais au tarse comme au métatarse et aux doigts , il n existe certainement aucun os sésamoïde.

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