‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 12 sur 36 · CARNASSIERS; G. VI VERRA, L · texte numérisé non relu

CARNASSIERS; G. VI VERRA, L

Arabes qui les premiers avaient signalé la Civette. Ainsi , P. Castelli , dans une dissertation ad hoc , pensait avoir prouvé que cet animal n était ni la Panthère des anciens, ni le Chaus de Pline, ni la véritable Hyène. ('Jonston. Hist. nat . Quadruped. de Hyœnâ o don fera , zibethum gignente , quod Civetta vulgo appellatur.) Mais suivant M. Dureau de Lamalle, le Gale des champs de Silphium , ressemblant beaucoup à celui de Tartesse dont parle Hérodote dans son énumération des animaux qui se trouvent dans le pays des Libyens nomades (le royaume de Tunis actuel), était une véritable Civette. En effet, Suidas, en parlant de la ville de Tartesse, la signale comme située sur l’Océan , hors des Colonnes d Hercule , où naissent les plus grands Galès , et le scoliaste d’Aristophane, Heysichius , dit que les Galès de cette ville sont synonymes de grands Galès. Or, en remarquant que des trois parfums cités par INicétas comme employés par les anciens, savoir : le Manchon , le Zapetia et Y A nubar, le second est nommé Galaneum par Acharius dans l’Onésicrite , et ' que cet auteur désigne aussi par le nom de Gale l’animal qui fournit le musc , appelé par Avicenne Galia, ou Algalici, que le lexique grecarabe explique aussi Galia par Tapetes , M. Dureau de Lamalle en conclut que le Galè de Tartesse, le plus grand des Galès, était celui qui fournissait le parfum nommé Galeum , ou la Civette, animal qui est certainement originaire d’Afrique, et qui était sans doute alors, comme il l’est aujourd’hui, élevé en beaucoup de lieux pour en obtenir le parfum.

D’après cela, il est à croire que la Civette n’a pas cessé d’ètre connue des Européens, qui font le commerce des parfums et des substances médicamenteuses depuis les temps les plus reculés.

Les médecins arabes paraissent en effet en avoir parlé d’une manière positive , et cependant il n’est pas certain que ce qu’ils nommaient TjIbethum soit réellement la matière odorante de la Civette.

Quoi qu’il en soit, les premiers indices de cette matière, et même de l’animal qui la fournit , dans un écrit moderne , se trouvent chez, un médecin célèbre alors (1478), nommé Alex. Benedicti , Véronais ( De eu randis singillatim morbis , i 5 , 26 ); il parle de l’animal comme apparte-

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liant au genre des Chats , quoique , suivant lui , il n’ait pas la langue rude, mais bien le poil court , une barbe (sans doute des moustaches) et les yeux brillants : à quoi il ajoute que le parfum , dont le prix était de huit pièces dor Fonce , étant situé entre les organes de la génération et l’anus, aussi bien dans la femelle que dans le mâle, se retirait avec une espèce de cure-oreille d’os.

Ruell ( 153 g) nous apprend de plus que l’animal dont on tirait le zibethum, et qu’il compare au Felis qui habite les anciens édifices ruinés, était nommé Zapetion par les Grecs; mais n’y a-t-il pas là quelque confusion, puisque nous avons vu plus haut que, suivant Nicétas, c était le nom d’un parfum.

i553. Belon fut peut-être le premier naturaliste qui donna une fort bonne description de cet animal ( 1 ), d’après un individu vivant qu’il avait observé; mais il pensa que c’était l’Hyène des anciens; et en effet, il publia la figure d’une Hyène véritable pour un Loup marin dans son Traité des Aquatiles, p. 34- C’est dans cet auteur que se trouve pour la première fois le mot Civetta. Mais bientôt quelques-uns de ces animaux paraissent avoir été répandus dans diverses contrées de l’Europe , et surtout chez les gens riches qui en recherchaient le parfum : aussi Cay, en latin Caius , en envoya une bonne description et même une assez bonne figure à Gesner qui les inséra dans son Grand Dictionnaire , et cela d’après un individu venant d’Afrique et vivant à Londres.

Kentmond, dans le même Gesner , cite un autre individu qui avait été acheté 70 tbalers par l’Électeur de Saxe, Jean-Frédéric, en 1 545.

Léon l’Africain avait dit que cet animal vit sauvage dans les bois de l’Éthiopie où les marchands vont acheter les petits qu’ils élèvent en domesticité pour en tirer le parfum.

D’un autre côté , on savait aussi par Amatus Lusitanus que les Portugais tiraient ce parfum et l’animal lui-même des Grandes Indes , en sorte que , dès la première moitié du seizième siècle, on avait réellement vu en

Ruell ,

Helou .

Cay

Kentmond ,

Léon

l'Africain.

Amatus

Lusitanus

(1) Observations, cliap. xx, p 95.

Seal iger .

Fab. Colunna,

Fabri.

F. Castelli.

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