CARNASSIERS: G. V [FERRA, L
Europe les deux espèces distinguées par Buffon, mais alors complètement confondues. Et en effet, ces animaux devinrent de plus en plus communs. Ainsi Scaliger , en critiquant ce que Cardan avait publié du Zibethdansle livre X de son traité De Sublilitate , et en le critiquant même à tort sur ce que le premier il avait dit qu’on tirait cet animal d’Espagne , assure que la Genette est bien de ce pays, mais non la Civette que I on y transporte d’Alexandrie ou des Indes Orientales : il ajoute qu’il en a vu quatre individus vivants , l’un à Mantoue , et les trois autres à Rome , chez le cardinal Galeoti, auquel, suivant lui, les parfums, les armes, les pelleteries, les chevaux et les chiens servaient de bibliothèque.
Fabius Colunna, dans une lettre à Fabri, en date d’octobre 1 62 5 , ne se borna pas à sa simple citation, mais il donna une fort bonne description avec figures de deux individus, l’un mâle et l’autre femelle, qu’il put observer à Naples; en sorte que Fabri lui-même, en s’aidant d’autres observations que lui fournirent un sieur de Corduba et F. Georges de Bolivar, qui nourrissait de ces animaux à Naples , put , dans un chapitre de son exposition sur les animaux de la Nouvelle-Espagne, par Recchi, donner une histoire fort, intéressante de la Civette , et montrer par le nombre et la forme des dents que c’était plutôt un Canis qu’un F élis.
Il fut alors aisé à P. Castelli d écrire une assez longue dissertation citée plus haut sur le Zibeth, dans laquelle, recueillant avec sagacité tout ce qui avait été fait avant lui, mais pouvant surtout s aider d’un animal mort, et même de son squelette, qu’il possédait, l’histoire de cet animal fut au moins extrêmement avancée.
Depuis lors, c’est-à-dire depuis l65i , il n’a jamais cessé d’être apporté en Europe, et surtout, à ce qu’il paraît, à Venise et à Amsterdam, pour en retirer la matière odorante , et dans les ménageries d animaux vivants montrés à la curiosité publique. Aussi a-t-il été fréquemment observé , aussi bien par les anatomistes que par les zoologistes. Seulement il ne faut pas mettre de ce nombre, comme l’a fait d’abord M. G. Cuvier dans l’article de l'ouvrage intitulé : Ménagerie du Muséum ,
G. Cuvier.
HISTOIRE ZOOCLASSIQUE.
qu’il a consacré à cet animal, le Musc de Laperonye; car, comme M. Cuvier l’a reconnu aisément depuis, ce Musc n’était autre chose que la Genette de l’Inde.
La manière de voir de Castelli , que la Civette était plutôt un Chien qu’un Chat, fut adoptée par les premiers zoologistes systématiques , ainsi par Ray et par Klein. Linné balança longtemps, et après en avoir fait une espèce de son genre Meles , ce qu’imita Brisson , il finit par créer le genre Viverra presque pour elle, dans la dixième édition du S. N . , qui parut en 1758; mais on peut dire que ce genre 11e put être un peu convenablement circonscrit que depuis la publication du IX e volume de Y Histoire naturelle de Buffon et Daubenton, qui parut en 1761. C’est en effet là que fut mise hors de doute la distinction de la Civette d’Afrique de celle d’Asie , et l’absence complète d’espèces de ce genre dans le nouveau continent.
Linné.
Brisson .
Buffon
et Danbenton.