CARNASSIERS; G. F ELIS, L
tantinople , où ils étaient domestiques comme des Chats , une figure fort reconnaissable qui a été longtemps copiée par les zoologistes.
Depuis Gesner, qui n’en connut et n’en figura que la peau, objet de commerce venant de Lyon, jusqu a Buffon et Daubenton, qui donnèrent dans le volume IX e de leur Histoire naturelle , une description et une bonne figure , aucun naturaliste n’avait réellement revu la Genette en nature; mais depuis ce temps elle a été observée dans nos ménageries venant d Europe, ou même d’Afrique , par plusieurs naturalistes et entre autres par M. Cuvier.
Longtemps ce joli animal a été considéré comme appartenant aux Mustelas, et ce n’est que depuis la dixième édition du S. N. qu’il a passé dans les Viverras.
Autour de cette espèce sont venues successivement s'en grouper quelques autres, ainsi celle de Madagascar, ou la Fossane, par Buffon, en 1 760. Le V. tigrfna, Thumberg, 1775, la Genette de l’Inde, de Lapeyronnie , et plusieurs autres espèces nominales qui rentrent dans l’une ou l’autre des précédentes , que plusieurs zoologistes ont réunies, et entre autres M. G. Cuvier, sous le nom subgénérique de Genetta, diaprés une considération erronée. En effet, la différence dans la poche, notée dans son article Civette de la Ménagerie , rectifiée en grande partie dans celui sur la Genette du même recueil , et cependant reproduite d’une manière plus tranchée que jamais dans son règne animal , n’existe pas. Les Genettes ont une poche tout aussi développée que les Civettes.
Dans cette même division des Viverras de Linné, une espèce que Buffon avait parfaitement décrite, en 1782, dans ses Suppléments, vol. III, p. 2 36 , pl. 47 ? comme un animal de l’Inde, mais que son graveur, par inadvertance, a intitulée Genette de France, et qui a été retrouvée fréquemment depuis ces vingt dernières années, et nommée V. prehensilis par les zoologistes anglais, est devenue le type d’une subdivision générique, nommée par M. F. Cuvier Paradox unis , à cause de sa queue fort longue, subpréhensile, et caractérisée par ses tarses plus courts, presque nus, et enfin par un système dentaire moins carnassier.
HISTOIRE ZOOCLASSIQÜE. 33
Dans celle section se sont trouvées successivement inscrites un assez grand nombre d’espèces , ou bien nominales, comme me semblent etre la plupart de celles que M- Gray croit avoir caractérisées dans un mémoire exprof esso } publié il y a peu d’années, ou bien assez distinctes dans quelques particularités du système dentaire , pour quelles aient pu être considérées comme types de genres. C’est ainsi qu’ont été établis successivement lesG. Cynogale, par M. E. Gray, en i 836, et Hémigale et Ambliodon, par M. Jourdan, en i 85j.
Arl. 6. — Des Carnassiers du G. F élis , L.
Si les naturalistes anciens paraissent n’avoir connu qu'un fort petit nombre d’espèces de carnassiers du genre Linnéen précédent , il n’en est pas de même pour celui que l’on avait désigné longtemps avant Linné sous le nom de Felis , donné par les Latins à notre Chat domestique, et dont l’étymologie est assez douteuse. En effet les anciens connaissaient, ou du moins avaient eu l’occasion de voir, surtout les Romains dans les jeux du Cirque, un certain nombre d’espèces de ce genre , savoir , en allant des plus petites espèces aux plus grandes : le Cbat , le Lynx , le Léopard ou la Panthère, le Lion et le Tigre.
Les anciens Grecs , et Aristote à leur tête , paraissent avoir connu :
i° Le Chat proprement dit, qu’ils nommaient Ailuros, sauvage dans toutes les grandes forêts de l’Europe, et déjà domestique, quoique beaucoup moins qu’il ne l a été depuis, et sur lequel ils ne nous ont laissé que fort peu de chose ;
2 ° La Panthère, qu’ Aristote a nommée Parclalos, et qu’il assure n exister qu’en Asie et nullement en Europe. Malheureusement le peu qu’il en dit ne peut suffire à déterminer positivement quel est cet animal , parmi ceux que nous connaissons aujourd’hui. On trouve en outre le mot de Panifier employé par Aristote (H. A., VI, 35), pour un animal dont les petits naissent aveugles comme ceux des Loups;
G. Carnassiers. S
E. Gray,
Jourdan.
Feus.
En général.
Des Espèces.
Chez
les Anciens.
Aristote.
Ailuros.
Pardalos.
Panther.
Lynx.
Lion.
Elien.
Pline.
CARNASSIERS; G. FËLIS , L.
3° Le Lynx , qui est à peine pins que nommé par Aristote , mais que les modernes ont considéré comme étant l espèce de Felis d’Europe, que l’on connaît aujourd’hui sous ce nom , parce que Élien a dit qu’il avait des pinceaux de poils aux oreilles ;
4° Le Lion, dont le naturaliste grec a parlé longuement en différents endroits de ses ouvrages , aussi bien sous le rapport de son organisation extérieure et intérieure, que sous celui de ses mœurs et de ses habitudes. Il a même indiqué deux espèces : l’une plus courte , plus ramassée, avec la crinière plus crépue, et de nature plus timide; l’autre, plus allongée , à crinière plus lisse , et plus courageuse. Il paraît même avoir confirmé l’assertion d’Hérodote , que l’Europe nourrissait des Lions dans les parties montueuses et boisées de la Thrace et de la Macédoine.
À l’époque où Élien compila ses anecdotes sur les animaux, le nombre des espèces de Felis connues alors paraît n’avoir pas été augmenté. On commence cependant à trouver mieux désigné le Tigre , dont Aristote n’avait fait que prononcer le nom.
Il en est réellement à peu près de même de Pline , chez lequel on ne remarque guère qu’un peu plus de précision dans la distinction des espèces ci-dessus , mais sans augmentation dans le nombre. Ainsi outre le Chat, la Panthère, dont il décrit les taches, en disant qu’elles sont comme des yeux semés sur un fond blanc , et à laquelle il applique définitivement le nom de Pardalos d’Aristote, il parle du Lion , en admettant aussi les deux espèces, comme fauteur grec qu’il traduit ici mot à mot , en ajoutant cependant plusieurs faits sur la nature de cet animal: et enfin du Tigre, qu’il cite pour sa grande vitesse.
M. Mongès, dans un mémoire fort intéressant sur les animaux montrés dans les jeux du Cirque chez les Romains, a émis l’opinion que la première espèce de Lion d’Aristote , plus petite et plus timide , pouvait être celle que Linné a nommée F. jubata. Mais malgré cette dénomination , il est bien connu que cette espèce de Chat , beaucoup plus petite que le Lion , n’a pas de crinière proprement dite , et sa bande de poils,
un peu plus longs sur le dos du cou seulement , n’a certainement rien de crépu.
Je ne trouve pas que le nombre des espèces de ce genre se soit accru , dans le long intervalle qui sépare les naturalistes grecs et latins, de ceux delà renaissance des sciences et des lettres en Europe. Seulement on doit remarquer l’introduction du nom de Leopcirclus faite par J. Capitolinus et Ælius Spartianus , et appliqué à la Panthère de Pline.
Les premiers naturalistes de la renaissance ne furent pas beaucoup plus loin non plus , quoiqu’ils commencèrent à mentionner sous la déno mination de Lions et de Tigres, tous lesFelisde l’ancien monde.
G est encore ce qui eut lieu jusqu’à Ray lui-même, quoique les Felis du nouveau continent , mieux connus , surtout par les observations de Marcgrave, commençassent à être désignés sous le nom d’Onça, et principalement par des noms de pays , que Buffon , par la suite , abrégea considérablement, ce qui permit de les rendre vulgaires.
C’est réellement à dater de la publication du IX e volume du grand ouvrage de Buffon et Daubenton en 1761 , que le nombre des espèces de ce genre fut notablement augmenté. On trouve en effet, dans ce volume et dans le X 11 T, la description extérieure et souvent même intérieure de treize espèces au moins, que Linné, Pennant, Erxleben , Schreber et Gmelin introduisirent en bloc dans le Systema naturœ , sous des dénominations latines qui ont été adoptées par tous les zoologistes subséquents.
Cependant Buffon et Daubenton , induits en erreur par des renseignements fautifs sur le Jaguar véritable , qu’ils eurent pourtant l’occasion d’observer vivant, appliquèrent ce nom à l’Ocelot ou à une espèce voisine, et ce ne fut qu’assez tard que cette erreur fut entièrement reconnue; au reste, cette erreur fut au fond très-peu importante, puisque cela n’empêcha pas les deux espèces Jaguar et Ocelot d’être parfaitement définies et distinguées par tous les auteurs systématiques, et entre autres par Linné.
Quoi qu’il en soit, à l’époque où Gmelin publia la dernière édition
J. Capilolinus.
Chez
les Modernes.
Ray.
Marcgrave.
Buffon
et Daubenton
Linné.
Gmelin.
D’Azzara.
’Molina,
Sparman.
shaw •
Pérou.
Pt. Geoffroy.
(G Cuvier,