‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 22 sur 36 · CARNASSIERS; U RS US · texte numérisé non relu

CARNASSIERS; U RS US

vidus se sont trouvés clans des circonstances plus ou moins favorables , non-seulement de nourriture, mais encore de calme et de repos, qui leur ont permis de profiter de leur alimentation , et de pousser leur carrière plus ou moins loin. Et comme la continuité de circonstances favorables ou défavorables, après avoir commencé son action sur des individus, finit par la prolonger sur leur progéniture, on voit aisément, comment dans certains temps, dans certaines localités , telle ou telle modification obtenue pourra se perpétuer, tant que les circonstances resteront les memes ; d où résulteront des variétés constantes , ou des races qui n arriveront cependant jamais à être des espèces, ces races étant susceptibles de remonter au type primitif, par le croisement avec des individus non modifiés, ou par la suppression ou le changement de telle ou telle des circonstances modificatrices.

Or, f action de ces circonstances ne se borne pas au pelage plus ou moins abondant, plus ou moins laineux, plus ou moins coloré , mais porte aussi sur le système locomoteur et, par suite, sur ceux de la nutrition et de la génération.

Les variations qui affectent les appareils de ces deux grandes fonctions ne devenant que très-difficilement appréciables et ne pouvant servir à caractériser les espèces , nous nous bornerons à parler de celles qui portent sur le squelette, parce qu’en effet ce sont les seules qui aient présenté des différences assez grandes pour qu elles aient pu être regardées comme spécifiques.

Nous noterons d’abord les différences qui tiennent à l’âge et qui, quoique les plus faciles de toutes à apprécier, ne l’ont peut-être pas été tout à fait encore assez par les ostéographes.

Je ne parle pas seulement de la mollesse des os, de la séparation de leurs épiphyses, des sutures non effacées , du peu de saillie des apophyses , des crêtes , des rugosités d’insertion , et , au contraire , du peu d’enfoncement des impressions, des échancrures , des cavités , des fosses d’insertion , ou des gouttières ou trous de passage : tous les anatomistes savent en effet que, suivant l’âge, la différence peut être fort considérable sous

CLASSIFICATION

tous ces rapports ; mais il en existe aussi dans la proportion des os qui entrent dans la composition du squelette, et qui n’est certainement pas la même à tous les âges ; en sorte que , de la mesure d’un os long pris dans le squelette d’un jeune animal, conclure à la grandeur totale du squelette ou à celle de quelques autres de ses parties, c’est risquer de donner une conclusion erronée. En effet, nous nous bornerons à faire remarquer que toutes les parties de la charpente osseuse ne se développent pas à la fois ni du même pas, et que toutes augmentent encore en épaisseur, lorsque l’augmentation en longueur est déjà terminée.

Ainsi dans chaque os, les apophyses deviennent plus longues, plus grosses et plus rugueuses; les crêtes plus élevées, plus étendues en longueur, proportionnellement à celle de l’os, descendant plus bas, remontant plus haut; les rugosités d’insertion plus prononcées , plus saillantes et plus inégales ; les angles ou carènes plus aigus, d’où les os plus, polygones et souvent même comme tordus et plus épais , ou proportionnellement plus courts.

Les variations dépendantes du sexe ne sont pas moins à prendre en d» sexe, considération , aussi bien dans les os des Ours que dans ceux des autres Carnassiers, et même que dans tous les Mammifères ; et ces différences ne portent pas seulement sur la grandeur totale , sur plus de gracilité de toutes les pièces du squelette chez les femelles que chez les mâles, sur moins de développement des apophyses et des crêtes d’insertion , etc. ; mais encore, et plus essentiellement, sur tout le bassin en totalité, dont les détroits sont proportionnellement plus larges et plus ouverts dans les femelles, sur le crâne considéré en totalité, et qui dans celles-ci est plus petit, plus allongé, plus étroit, moins renflé au front, moins élargi en arrière, avec les fosses temporales moins larges et moins profondes, les apophyses orbitaires frontales oujugales moins saillantes, les arcades zygomatiques moins larges et moins arquées , la crête occipitale moins élevée et moins épaisse.

En sorte que joignant à ces nombreuses différences d’âge et de sexe detindividuacellesqui sont individuelles , il est aisé de voir à quel degré elles peuvent

G- Carnassiers.

sur le Système dentaire.

Canines.

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