‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 27 sur 36 · DE LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE ACTUELLE DES CARNASSIERS · texte numérisé non relu

DE LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE ACTUELLE DES CARNASSIERS

Généralités.

Influence.

D’au 1res Animaux.

Herbivores.

Carnassiers.

De l'Homme.

Quoique nous ne possédions pas encore tous les éléments nécessaires pour dessiner d’une manière complète la distribution actuelle des Carnassiers à la surface de la terre , il est cependant de la plus rigoureuse nécessité de traiter ce point important, si nous voulons donner aux conséquences que l’on pourrait tirer de letude des traces qu’ils ont pu laisser à l’état fossile, un appui de quelque valeur.

Parmi les conditions de l’existence des animaux, en tant qu’individus, celle qui comprend la nourriture étant évidemment la plus importante, et cette nourriture étant ici elle-même animale, on voit comment, pour ies Carnassiers, la distribution géographique est déterminée parlaco-existence d’autres animaux, soit de la même classe, soit de classes différentes, et beaucoup moins qu’on 11e l’a cru par la température ; aussi l’on peut dire d’une manière générale qu’aux lieux où se trouvent un grand nombre d’animaux herbivores, surtout où les Carnassiers pourront être à l’abri des poursuites de Carnassiers plus forts qu/eux, et surtout de celles de l’espèce humaine , qui seule a reçu de Dieu la haute prérogative de faire servir la nature entière à son usage , et de paraître l’opprimer, ils seront plus nombreux en espèces et même en individus, comme l’Afrique en est un exemple remarquable , surtout dans son intérieur, où la civilisation à peine a pénétré de nos jours. C’est là en effet que, sauf le Tigre, toutes les formes particulières de Carnassiers existent en grand nombre; parce que , outre la condition de température , se trouve la première bien plus importante, l’abondance de la nourriture fournie

par les Singes , par les Ruminants et autres animaux. Et comme parmi ceux-ci il s en trouve de toute taille et de toute grandeur dans les eaux, et dans les airs comme sur la terre, on voit comment la forme carnassière s’est pour ainsi dire modifiée d’une manière si variée , pour atteindre à toutes ces nécessités d’harmonie générale, aussi bien dans la dimension que dans le mode et le degré de carnivorité.

On voit encore comment l’espèce humaine exerce une influence si grande sur les Carnassiers plus peut-être que sur la plupart des autres espèces de Mammifères.

Après ces quelques généralités sur la distribution géographique ac- En particulier tu elle des Carnassiers à la surface de la terre, entrons dans plus de détails en prenant chaque grand genre en particulier.

Des Phoques.

Les Phoques, par lesquels nous commençons, étant nécessairement littoraux des rivages de la mer, sont, sous le point de vue qui nous occupe , un peu comme les Oiseaux aquatiques et les Poissons avec lesquels ils vivent , ou mieux dont ils se nourrissent , c’est-à-dire que la circonscription de leur position géographique ou de leur habitat est beaucoup moins limitée que pour les autres Mammifères.

On remarque cependant qu’en général ils sont beaucoup plus nombreux en espèces, et même en individus, dans les régions polaires que dans les régions tempérées, et surtout que dans les intertropicales.

On a même fait l’observation que jusqu’ici on ne connaît pas encore de Phoque dans la mer des Indes.

Spécifiant maintenant la répartition des différents groupes de Phoques, il est reconnu que les espèces sans oreilles sont bien plus abondantes et plus nombreuses dans les mers arctiques que dans les mers antarctiques. Il semble même qu’il n’y ait pas de Phoques de la division ~ incisives , par conséquent du même groupe que le Phoque commun ,

En général.

Dans

les Régions polaires.

Dans la mer des Indes.

En particulier.

Pour

les Phoques communs.

Pour le Morse.

Le Phoque à Oreilles.

Pour

telle ou telle Espèce.

P. monachus.

P. leptonix.

P. vitulima.

Des Ours.

En général.

76 CARNASSIERS; URSÜS.

autre part que dans les mers du Nord , et cela est certain pour les Morses, que Ion n’a pas encore rencontrés ailleurs que dans ces mers.

Au contraire, les Phoques à oreilles, ou Otiphoques, n’existent que dans les mers de l’hémisphère austral , du moins de la mer Atlantique , car clans la mer Pacifique américaine , on en connaît depuis le cap Horn , au sud , jusqu’au Kamstchatka , au nord.

Quant aux espèces suffisamment déterminées, il en est même un certain nombre qui paraissent, pour ainsi dire, limitées à des mers assez peu étendues. Ainsi le P. monachus n’a encore été trouvé que dans la mer Adriatique, et suivant M. de Nordman, clans la mer Noire, tandis qu une espèce fort voisine , que j’ai nommée P. leptonix à cause de la petitesse de ses ongles, appartient exclusivement aux mers du Sud. Au contraire, le Phoque commun, le P. vitulima, L., n’a jamais été rencontré au delà de la partie la plus septentrionale de la Manche , en Europe, et du Groenland, sur les côtes de la Nord- Amérique, où il est excessivement commun et d’une très-grande importance pour les peuples de ces contrées.

On dit aussi que la mer Caspienne nourrit des Phoques, et, suivant M. de Nordman, d’une espèce particulière; mais elle n’a pas encore été caractérisée.

Des Ours.

Les Ours étant, comme nous l’apprend leur histoire naturelle, des animaux qui habitent constamment des régions froides, l’on peut présumer que toutes les espèces doivent se trouver en plus grande abondance dans les régions polaires ou dans les montagnes élevées au voisinage des neiges perpétuelles; et en effet, c’est ce qui a lieu; tandis que Ion peut, au contraire, prévoir qu’il ne doit pas s’en trouver dans les pays de plaines et surtout dans les contrées équatoriales. Ce genre occupe donc les parties septentrionales du globe dans l’ancien comme dans le nouveau monde, et les chaînes de montagnes élevées dans les régions méridionales

des deux continents. Ce n’est que dans la Nouvelle-Guinée et dans la Nouvelle-Hollande qu’il n’existe pas d’Ours , ou du moins qu’on n’en a pas encore trouvé. On en dit autant de toute l’Afrique, sauf le versant nord de l’Atlas , et encore il y a quelques doutes à ce sujet.

Mais si ce genre de Carnassiers se trouve à peu près répandu partout, les espèces qui le constituent sont plus ou moins limitées à certaines parties du monde.

Ainsi l’Ours blanc maritime habite tous les rivages des îles etdescon tinents compris entre le cercle polaire et le pôle Nord, aussi bien en Amérique qu’en Europe et en Asie; et s’il arrive quelquefois jusqu’en Islande et en Norwége, c’est qu’il y a été porté par quelque banc de glace, entraîné lui-même à l’époque du dégel annuel.

Les Ours proprement dits sont assez répandus dans toute l’Europe, et surtout au nord, en Norwége, en Russie, en Pologne, et aussi dans les Alpes, dans les Pyrénées et sur le versant septentrional des montagnes qui, en Europe, en Asie et en Afrique, ceignent le Périple de la Méditerranée. Forskall en cite, et M, Ru ppell aussi , en Arabie.

Ils le sont également dans la N ord- Amérique , depuis une mer jusqu’à l’autre, et depuis le golfe du Mexique jusqu’au Canada; mais avec l’espèce d’Europe plus rare peut-être, il s’en trouve une ou deux autres qui sont particulières à la Nord-Amérique.

La partie méridionale de l’Afrique , ainsi que la grande île de Madagascar, paraissent ne nourrir aucune espèce d’Ours; tandis que dans le versant septentrional de l’Atlas se trouve l’Ours commun.

Il n’en est pas de même de l’Asie méridionale continentale, et même insulaire, qui possèdent, la première, l’Ours du Thibet, qui habite les parties les plus montueuses , et l’Ours à grandes lèvres ( TJ. labiatus ), qui paraît se trouver aussi dans l’archipel Indien.

Cette partie du monde renferme , surtout dans les grandes îles qui la constituent, l’Ours malais ( TJ. Malayanus ) , dont la forme de tête rappelle beaucoup l’espèce qui habite les Cordillières , dans la Sud-Amérique, dont ont parlé depuis longtemps les voyageurs, mais qui ne se

En particulier,

Pour

l’Ours blanc.

L’Ours

commun.

L’Ours du Thibet.

L’Ours à grandes lèvres.

L’Ours malais.

En général.

En particulier

Pour

le Blaireau.

Les Coatis.

Les Ratons.

Le Kinkajou.

L’Arctitis.

En général, g

78 CARNASSIERS; SUBURSUS-MUSTELA.

trouve dans nos collections que depuis un assez petit nombre d’années.

Sauf les grandes îles de l’Asie , on ne connaît d’Ours clans aucune autre , pas même dans les deux îles de l’Angleterre ; ainsi la Sicile , la Sardaigne , la Corse ne nourrissent pas d’Ours.

Des Petits-ours.

Sauf l’Australie, la Sud-Afrique et Madagascar, on peut dire que ce genre a , dans toutes les parties du monde , quelque espèce qui le représente, et même le Blaireau, qui en est le type, est encore un animal qui se trouve dans toutes les parties septentrionales surtout de l’Europe, de l’Asie et de l’ Amérique.

Quant aux Petits-ours à longue queue non prenante, les Coatis et les Ratons n’existent que dans le nouveau monde; mais ils sont représentés dans l’ancien , et seulement jusqu’ici dans l’Inde , par le Panda.

Les Petits-ours à queue longue et prenante, ou Caudi volves, existent aussi parle Kinkajou dans la Sud- Amérique, et par l’Arctitis en Asie.

11 n’y a que f Afrique qui ne nous a encore offert aucune espèce de ce genre, du moins au delà de l’Atlas, car l’animal nommé quelquefois Blaireau du Cap n appartient pas à ce genre , et le Blaireau proprement dit ne paraît exister que sur le versant septentrional de l’Atlas. Madagascar est dans le même cas, et toute l’Australie, c’est-à-dire l’archipel Indien et la Nouvelle-Hollande n’ont pas d’animaux de ce genre.

Des Mustelas.

Dans l’état de nos connaissances, au sujet de la distribution géographique actuelle des Mustelas à la surface de la terre , nous pouvons assurer que ce genre se trouve réparti dans tous les pays, sauf toujours la Nouvelle-Hollande et les îles de la mer du Sud.

On en connaît en effet aussi bien dans les pays chauds que dans les pays froids; dans les vallées et sur le bord des rivières aussi bien que

dans les pays de montagnes jusque dans le voisinage des neiges perpétuelles.

Il y a cependant certains groupes d’espèces qui sont propres à des régions plus ou moins circonscrites.

C’est le nouveau continent qui me paraît réunir le plus de formes particulières de Mustelas, puisqu’il nourrit à la fois des Moufettes, des Putois y des Grisons , des Martes et des Loutres.

C’est au contraire la Nouvelle-Hollande qui en offre le moins, puisque aucune espèce ne s’y trouve.

Ainsi, il n’y a de véritables Moufettes ou de Putois plantigrades que dans l’Amérique , et cela sur les deux versants des Cordillières.

Les Gloutons peuvent, jusqu a un certain point, les représenter dans le nord de l’Europe , où ils existent seulement.

Les Ratels et les Zorilles sont de la Sud-Afrique la plus avancée.

Les Mélogales , de l’Asie méridionale exclusivement.

Les Grisons , qui commencent les Martes proprement dites , sont exclusivement de l’Amérique méridionale.

La subdivision des Putois présente des espèces de toutes les parties du monde, plus cependant des contrées chaudes que des contrées froides.

Les Martes , qui sont aussi d'Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique , sont au contraire plutôt des régions froides ; et l’on n’en connaît même pas encore de la Sud-Amérique. La collection d’anatomie comparée du Muséum possède cependant un crâne d’une espèce de ce genre envoyé par M. d’Orbigny , et probablement de l’Amérique méridionale.

Le Bassaris , espèce de Marte viverroïde , appartient exclusivement au nou veau continent , au Mexique , et semble y représenter, quoique incomplètement, le genre des Yiverras, qui manque entièrement en Amérique.

Quant aux Martes aquatiques ou Loutres, il s’en trouve également partout ; seulement certaines espèces bien distinctes sont limitées à des pays circonscrits.

En particulier.

Pour

les Moufettes.

Les Gloutons.

Les Ratels et Zorilles.

Les Mélogales.

Les Grisons.

Les Putois.

Les Martes.

Le Bassaris.

Les Loutres.

C ARN A SSIERS ; V [VERRAS.

Ainsi la grande Loutre marine est bornée au Kamstchatka et sur les rivages de l’Asie et de l’Amérique qui s’éloignent peu du détroit de ce nom.

Les Loutres sans ongles sont de l’Afrique australe.

Quant aux autres espèces plus ou moins voisines de notre Loutre d’Europe , il y en a une , la plus grande de toutes , la Sarico vienne , de l'Amérique méridionale, et peut-être au delà; deux autres de l’Asie continentale et insulaire.

Il n’y a toujours que la Nouvelle-Hollande et Madagascar qui ne nous aient pas encore fourni de Loutres.

Des Vi verras.

En général.

En particulier.

Pour les Ichneumons.

L’Euplère,

Les

Paradox u res.

Toutes les espèces de ce groupe jusqu’ici connues appartiennent exclusivement à l’ancien continent , et , sauf une , des contrées chaudes de l’Europe , à l’Afrique et à l’Asie.

C’est évidemment en Afrique que l’on a reconnu le plus de formes distinctes appartenant à ce genre.

La division des Ichneumons est , par exemple , presque exclusivement propre à l’Afrique dans les formes que l’on a désignées sous les noms de Surikate, Cynictis , Lasiopus , Athïlcix , de Vansire et de Crossarque; quant aux Ichneumons proprement dits , ils sont également de l’Asie et de l’Afrique, et même septentrionale.

Madagascar a fourni dans cette division le singulier animal nommé Euplère par M. Doyere, et qui rappelle réellement une forme d’insectivore.

Par contre , la division des Viverras plantigrades et à longue queue plus ou moins volubile, est peut-être entièrement asiatique , sous quelque forme dentaire qu’elle se présente ; aussi les Paradoxures proprement dits et les sections nommées Ambliodon , Pciyenia, Hémigale, Cynogale, Prionodonte , sont toutes de l’Asie continentale ou insulaire.

Il n’y a peut-être que le singulier Cryptoprocta de Bennett qui soit d’Afrique ou mieux de Madagascar.

Les Civettes se retrouvent , une espèce en Afrique, une en Asie et une autre à Madagascar, et même cette dernière est-elle plutôt une Genette.

Celles-ci sont dans le même cas, une en Asie et une en Afrique; mais celle-ci s étend en Europe dans le périple de la Méditerranée, et un peu au delà, dans Les provinces du sud-ouest de la France.

Des Felis.

Le genre des Felis, que l’on peut considérer comme le type le plus élevé du groupe des Carnassiers, celui dont Faction d’harmonie sur la création animale est la plus puissante, est aussi celui qui se trouve répandu de la manière la plus uniforme , ou mieux la moins inégale , à la surface de la terre ; aussi trouve-t-on des espèces de ce genre dans toutes les parties du monde, si ce n’est à la Nouvelle-Hollande, clans tous les climats, à toutes les hauteurs; cependant en plus grand nombre dans la zone torride, mais dans les deux continents.

Certains groupes d’espèces, comme celui des Lynx, paraissent cependant appartenir aux régions froides, soit par latitude , soit par altitude ou élévation au-dessus du niveau de la mer.

L’Europe ne possède que le Chat sauvage et deux espèces ou variétés de Lynx.

L’Afrique, beaucoup plus riche en espèces de ce genre, nourrit le Lion, la Panthère, le Serval, le Caracal, le Chat botté, le Chat ganté, qui se trouvent aussi dans l’Inde, et de plus, le Chat du cap de Bonne- Espérance , qui lui est propre.

L’Asie, outre les six ou sept espèces qui lui sont communes avec l'Afrique , possède en propre le Tigre, qui appartient à sa partie la plus élevée, ainsi que les F. Jctvanensis et les IL vwerïccps.

L’Amérique méridionale surtout présente huit espèces de ce genre, dont aucune ne peut être identique avec une espèce de l’ancien continent.

Ce sont , parmi les espèces unicolores , les F. concolor ou Couguar et le G. Carnassiers. 11

Les Civettes.

En général.

En particulier.

En Europe.

En Afrique.

En Asie.

En Sud- Amérique.

Kn général.

En particulier

En Afrique.

Mégalo lis.

Cynohyœna.

Jaguarondi ; parmi les espèces à taches ocellées, le F. onça ou Jaguar, qui représente très-bien la Panthère de l’ancien continent ; parmi les plus petites espèces , les F. pcirdalis , mitis ou Chatï , le Margay , ou F. tigrina , le F. pajeros , et enfin , parmi les Lynx , le F. canciclensis , et plusieurs autres espèces bien voisines et peut-être même nominales.

En sorte que l’assertion de Buffon , qu’aucune espèce de mammifère de l’ancien continent ne se trouve dans l’Amérique du sud, peut être , pour les Felis, étendue à toute l’Amérique; ce qui ne laisse pas que d’être un fait extrêmement remarquable.

Des Canis.

La distribution géographique des espèces actuellement vivantes du genre Canis est bien plus difficile à apprécier d’une manière un peu satisfaisante, d’aborcl parce que la distinction des espèces est bien moins facile que dans le genre précédent, et surtout parce qu’une espèce au moins, et dont la souche sauvage n’est pas encore complètement assurée, s’est trouvée partout où l’homme existait, et dont elle semble être le parasite utile et d’association. En faisant cependant abstraction du Chien domestique ; on sait que ce genre est véritablement ubiquiste , habitant les climats chauds comme les climats froids , mais surtout ceuxci , dans les régions polaires les plus avancées aussi bien au nord qu’au sud; les pays de plaine, cependant, plus que les pays montueux , mais avec des degrés d’abondance ou de rareté pour lesquels f espèce humaine n’a pas été sans influence très-appréciable.

Toutefois, il est encore digne de remarque que c’est liAfrique qui possède le plus de formes particulières de Canis; ainsi le C. megalotis , dont le s} r stème dentaire est si singulier, qu’on a cru devoir en former un genre distinct sous ce dernier nom; l’espèce qui est dépourvue de pouce aux pieds de devant comme à ceux de derrière , ce qui l’a fait nommer Cynohyœna; cette autre, dont les oreilles sont si grandes et les ongles si aigus, le Fennec, se trouvent exclusivement en Afrique; et de plus,

communément des Chacals, des Renards et même des Loups, qui semblent cependant rester plus septentrionaux.

L’Asie , avec des Renards , des Loups et des Chacals , possède quelques formes nouvelles , et entre autres celle qui n’a que six dents aux deux mâchoires, ou le C. primœvus de M. Hogdson.

L’Amérique, à ses deux extrémités septentrionale et méridionale, ne nourrit que des Loups et des Renards, au nombre desquels il faut compter très-probablement, du moins pour la Nord-Amérique , le Loup et le Renard ordinaires , mais en outre plusieurs espèces nouvelles , comme les C. mexicanus , antarcticus , Azarœ au sud, et le Canis Lycaon, Kirginianus , decussaius , nubilus , lai rems , au nord.

De toutes ces espèces l’Europe n’en a encore offert que trois ou quatre, le C. Lupus, Vulpçs , Melanogcisler (i), bien plus abondants au nord qu’au sud , au point que le loup manque en Sardaigne et le Chacal , C. aureus , dans la partie orientale et méridionale , seulement.

Enfin la Nouvelle-Hollande n’a encore présenté aux voyageurs qui l’ont visitée, et même seulement à l’état domestique, qu’un Chien, que Blumenbach a nommé C. Dingo , et dont la souche pourrait bien habiter le versant méridional des Himalayas.

Madagascar est encore une partie de la terre dans laquelle on n’a pas encore trouvé d’espèce de ce genre , du moins à l’état sauvage. Il semble même que les espèces de Canis sont en général plus continentales qu’insulaires, de même qu’elles sont plutôt polaires ou des contrées froides, qu’intertropicales ou des pays chauds.

Quant aux espèces dont la patrie est évidemment le plus répandue, ce sont : le Loup, le Renard, à l’occident, et le Chacal, à l’orient.

Des Hyènes.

Les espèces du genre Hyène, il est vrai beaucoup moins nombreuses,

(I) Il est douteux que cette espèce, établie parM. Charles Bonaparte, dans sa Faune d’Italie, diffère réellement du Renard commun.

En Asie.

En Amérique.

En Europe.

En Nouvelle- Hollande.

A Madagascar.

En général.

C ARN ASSIERS; HYÆNA .

En particulier.

D’Afrique.

d’Asie.

Des Changements dans la distribution des Espèces.

En général.

Pour

les Phoques.

quon y comprenne ou non ces fausses Hyènes que l’on a découvertes dans ces derniers temps , et qu’on a nommées H. Viverroïde et H. peinte, offrant encore des formes animales assez particulières pour qu’on en ait fait autant de genres distincts; toutes sont encore des productions de l’Afrique, et une seule , l’Hyène rayée, l’Hyène commune, se retrouve en Asie, mais seulement dans l’Asie continentale.

Ainsi les Hyènes sont aujourd’hui exclusivement des animaux de l’ancien continent, et dont on ne connaît pas même le moindre équivalent dans le nouveau.

Il est aussi à remarquer que les deux ou trois espèces d’Hyènes connues , ne se trouvent que dans la partie continentale et centrale de l’ancien monde , que composent l’Afrique tout entière, l’Asie occidentale, jusque dans le Dekan, où M. Sikes nous apprend qu’on les apprivoise comme des Chiens. L’Europe orientale même, c’est-à-dire la Grèce, la Turquie d’Europe, ne paraissent pas nourrir d’Hyènes aujourd’hui, quoiqu’on y trouve encore le Chacal , qui semble l’accompagner partout.

En terminant ce chapitre sur la distribution actuelle des espèces de Carnassiers à la surface de la terre, nous devons faire l’observation importante que depuis les temps historiques nous connaissons des changements plus ou moins étendus que cette distribution a éprouvés , et qui sont le résultat d’une action plus ou moins immédiate de la part de f espèce humaine ; en effet, des animaux de cet ordre ont abandonné certains pays, soit que les conditions d’existence n’v existassent plus pour eux, soit parce qu’eux- mêmes ont été le sujet de chasses, de poursuites, qui ont fini par détruire certaines espèces , ou les refouler dans des contrées nouvelles , après avoir quitté celle quelles habitaient.

La science possède en effet des preuves que les Phoques, et surtout certaines espèces des mers du sud, non-seulement sont devenus beaucoup moins abondants depuis les expéditions nombreuses dépêché que les Nord- Américains, les Anglais et les Français ont envoyées dans ces parages , mais qu’ils ont abandonné certaines localités plus au nord , et où ils trouvaient les dispositions les plus favorables à leur existence ,

pour se retirer plus au sud. On doit peut-être en dire autant du Phoque commun en Europe , et du Phoque moine de la Méditerranée. Le premier s’est en effet de plus en plus retiré vers le nord , abandonnant nos rivages de la Manche et de l’Océan , tandis que le second n existe plus que sur quelques points de l’Adriatique , et semble s’être réfugié dans la mer TNoire.

11 en est de même pour l’Ours commun d’Europe, qui, par suite des embûches continuelles auxquelles il est exposé , n’existe plus que dans les parties les plus inaccessibles de nos Alpes et de nos Pyrénées , et qui existait dans toutes nos montagnes européennes un peu élevées , et depuis les temps historiques, comme objet de chasse chez les Grecs, les Romains, et les peuples de l’Europe, jusque vers le XV e siècle.

Les petites espèces de Carnassiers, comme les Blaireaux, et surtout les Martes, les Fouines, les Belettes, les Putois et les Hermines, ayant pu échapper à l’action de l’homme par la facilité qu’ils ont de se cacher et de trouver aisément leur principale condition d’existence , étaient sans doute réparties à peu près comme elles l’ont toujours été. Mais il n’en est pas de même des grands Carnassiers des genres F dis , Canis et Hyœna.

Pour les Hyènes, nous n’avons pas de preuves historiques de leur ancienne extension au delà de ce qu’elles en ont aujourd’hui.

Il n’en est pas de même des Lions et même des Panthères , sur lesquels les anciens auteurs grecs , poètes , mythographes , historiens de l’homme ou de la nature , nous ont laissé des preuves indubitables de leur existence dans les parties orientales et méridionales d’Europe.

Et même pour le Loup nous avons la date certaine de l’époque à laquelle il a disparu de l’Angleterre.

Pour les Ours.

Pour les Lions et

les Panthères.

Pourles Loups,

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