‹ Ostéographie, ou, Description iconographique comparée du squelette et du système dentaire des Mammifères récents et fossiles (volume 3)Chapitre 26 sur 36 · CARNASSIERS; FELIS · texte numérisé non relu

CARNASSIERS; FELIS

Principes de leur classification,

Tirés :

à l’intérieur.

Du Squelette.

Clavicule.

Humérus.

Phalanges

onguéales.

Du Canal intestinal.

Des Glandes anales.

A l'extérieur.

A la Tète.

6° Dans les Felis.

Quoique ce grand et beau genre de Carnassiers renferme peut-être à lui seul plus d’espèces que les précédents réunis, cependant les nuances de dégradation ou de passage au genre suivant ou à celui des Canis sont beaucoup moins manifestes , même quand on les envisage sous le rapport du système dentaire, qui n’offre presque aucune différence dans le nombre, ni dans la forme ni dans la proportion des dents qui le constituent. On peut même dire avec Pallas, le créateur de l’anatomie zoologique, que ce groupe d’animaux doit être cité comme un type véritable de ce qu’on doit nommer genre en zoologie.

En effet, toutes les espèces ont absolument le même nombre de vertèbres costifères et lombaires , ainsi que de sternèbres.

Toutes ont un rudiment de clavicule plus prononcé que dans aucune espèce de cet ordre, et, sous ce rapport, sembleraient devoir être remontées dans la série , si les mains et les pieds n’étaient pas évidemment dégradées.

Toutes ont l’humérus percé d’un canal au condyle interne.

Enfin toutes ont une modification particulière dans la seconde phalange digitale, comme excavée au côté interne pour donner à la phalange onguéale, de forme également assez particulière, la faculté detre constamment relevée dans le repos.

Le canal intestinal est pourvu d’un cæcum conique assez long au point de jonction des deux parties de l’intestin, et il y a à la marge de l’anus une paire de glandes sébacées.

A l’extérieur, le genre Felis n’est pas moins uniforme dans ses caractères.

Ainsi la tête est toujours large et arrondie , par la grande arqure des arcades zygomatiques; le museau est toujours fort court ; les yeux trèsgrands, avec la pupille ronde ou verticale. Les oreilles courtes, arrondies, mais larges et très-ouvertes à leur base; la langue hérissée d’épines.

CLASSIFICATION

Le corps , médiocrement allongé , est terminé par une queue très- Du corps, variable en longueur, mais toujours cylindrique.

Les membres robustes, à carpe et à tarse assez élevés, constamment et Des Membres entièrement velus , sont toujours terminés par des doigts raccourcis, dont le pouce, plus court que les autres en avant, manque constamment Des Doigts, en arrière, et tous armés d’ongles ou grilles rétractiles, surtout en avant.

Le pelage , formé de poils doux, courts, annelés, est presque constant- du pelage, ment orné de tacbes diversiformes de couleur plus foncée que le fond.

Quant au système dentaire, nous avons déjà fait remarquer qu’il est Des Dents, peut-être encore plus uniforme que le reste, aussi bien pour le nombre des dents que pour leur forme et leur proportion. La seule diiïérence observée dans le nombre des molaires , qui est normalement de Nombre total

- , dont 3 ’

consiste en ce que, chez certaines espèces, l’avant-molaire supérieure manque constamment, et que, dans d’autres qui la possèdent, elle est pourvue de deux racines , au lieu d’une qu’elle a ordinairement. Du reste, dans tous les Felis, la principale supérieure est assez petite, triangulaire, comprimée à deux racines; la première arrière-molaire est bien plus grande, également triangulaire, avec un petit talon interne en avant; et la seconde arrière -molaire est très-petite et transverse.

A la mâchoire inférieure, l’avant-molaire est fort petite, la principale est un peu plus grande , triangulaire et comprimée avec une dentelure simple et rarement double au bord postérieur, et l’unique arrière-molaire est à deux lobes tranchants presque égaux.

D’après ces observations et en remarquant que le genre qui va suivre est celui des Canis , dont le caractère essentiel sérial est d’être de plus en plus digitigrade, avec des ongles fixes fossoyeurs, on voit comment la disposition des espèces de Felis doit être telle que les espèces à ongles non rétractiles et moins aigus doivent être à la fin. Parmi celles qui ont les griffes aiguës et essentiellement rétractiles, et c’est le bien plus

supérieures.

inférieures.

D’où

la Disposition des Espèces.

et leur Distinction.

Principes de leur classification.

Tirés :

Du Système digital.

grand nombre , on peut avoir égard à l’absence ou à la présence de l’ avant-molaire supérieure , et surtout au système de coloration uniforme, ou varié de bandes ou de taches rondes pleines ou ocellées ; mais cette dernière considération n’a rien de véritablement sérial.

Quant, à la distinction des espèces elles-mêmes, il est à remarquer que celles dont la coloration est uniforme ont une livrée dans le jeune âge, c’est-à-dire sont tachetées, et que les sexes offrent quelquefois une différence dans le système pileux; et surtout que la saison même, dans les espèces boréales, y produit des changements considérables aussi bien que dans la couleur qui , de fauve plus ou moins roussâtre , peut descendre cl’une part jusqu’au blanchâtre dans les pays froids , ou monter jusqu’au noir dans les contrées chaudes.

Pour le système dentaire dans le jeune âge , il y a comme dans tous les Carnassiers trois molaires à chaque côté des deux mâchoires , une avant-molaire , une principale et une arrière-molaire , différant un peu de celles qui les remplaceront, mais ayant avec elles une grande ressemblance.

7° Dans les Canjs.

Nous avons déjà eu l’occasion de faire observer que la place de ce genre est assez difficile à déterminer, et qu’elle doit être très-différente, suivant qu’on a égard au système dentaire ou au système digital, et que dans le premier cas on envisage le nombre total des dents ou la forme de certaines de ces dents, par exemple de celle qu’on a nommée la carnassière , ou de la dernière tuberculeuse.

En effet, en prenant en première considération le système dentaire, le G. Canis doit suivre immédiatement les Civettes et les Paradoxures, comme ayant la dent carnassière, en haut comme en bas, méritant davantage cette dénomination qui s’accroîtra encore dans les Hyènes pour atteindre le summum dans les Felis ; mais en mettant au contraire en première ligne le système digital , comme nous le faisons d’après les principes que nous avons déjà exposés plusieurs fois , on voit qu’étant

CLASSIFICATION

plus digitigrades, moins claviculés que les Chats, ils doivent passer après eux et précéder les Hyènes.

D’après cela, l’ordre dans lequel les espèces de ce genre doivent être rangées se déduisant du même principe, celles qui n’ont que quatre doigts en avant comme en arrière doivent être à la fin ; et parmi les autres bien plus nombreuses qui en ont cinq en avant comme les Felis, celles qui ont la pupille verticale comme ceux-ci, c’est-à-dire les Renards, devront être à la tète. Toutefois, après le C. Megaiotis , dont le système dentaire est si particulier , étant presque comme dans les Paradoxures les plus omnivores.

On pourra ensuite avoir égard au système dentaire et même à la longueur des oreilles, si l’on veut admettre les sections génériques proposées ; mais il se pourrait que Ton rompît ainsi la série naturelle.

La distinction des espèces de ce genre ne laisse pas que d’être assez difficile quand on veut n’avoir égard qu’au système de coloration extrêmement variable non-seulement suivant l’âge et le sexe , mais surtout suivant la saison, chez les espèces septentrionales ou alpines, leur pelage devenant alors beaucoup plus touffu , plus long, et de couleur bien plus blanche.

Suivant les sexes , les différences sont à peu près comme dans les autres mammifères, c’est-à-dire que les femelles sont toujours plus petites , plus grêles dans la tète et les membres, et moins vivement colorées.

I, âge apporte aussi des différences analogues dans la taille et le pelage ; mais surtout dans le système dentaire, qui passe par deux phases avant d'être parfait. Dans la première, le système dentaire est ainsi composé en totalité :

- — -f- — , dont — H — -f- — :

dans la seconde , il devient

s + ï + r dont 2 + ï + ï ;

Des Oreilles.

Du Système de coloration ;

variable

suivant la saison ,

suivant le sexe ,

1 âge.

Du Système dentaire ; variable

suivant

l’âge.

Des Caractères différents des Espèces.

Tirés :

De la Pupille.

De la Queue.

Des Oreilles.

De la Dernière Molaire supérieure.

De l'Apophyse angulaire.

De

la Mandibule.

Des Principes de leur classification.

Tirés :

à lintérieur.

Du Squelette.

enfin, dans letat complet, il devient

§ + ï + 7’ <lon ' S + ï + s'

Les véritables caractères différentiels des espèces portent, outre le nombre des doigts et celui des dents , et la forme de la pupille dont il a été déjà question , sur la taille en général ;

Sur la proportion de la queue et la manière dont elle est chargée de poils également dans toute sa circonférence , comme dans les Renards , ou bien plus en dessous qu’en dessus , comme dans les Loups ;

Sur la grandeur proportionnelle des oreilles et la forme de l'échancrure basilaire du bord externe ;

Sur la forme et la proportion delà dernière arrière- molaire comparée à la précédente ;

Et enfin sur la forme du crâne en général, et surtout sur celle de l’apophyse angulaire de la mâchoire inférieure , et peut-être sur celle de l’apophyse coronoïde. Malheureusement ce caractère est tout à fait anatomique ; car c’est celui qui me paraît de beaucoup le plus constant, de tous ceux que j’ai signalés jusqu’ici.

8° Dans les Hyènes.

Ce que nous venons de dire tout à l’heure pour déterminer la place des Canis dans la série des Carnassiers , s’applique ici d’une manière rigoureuse, et montre comment les Hyènes ayant de tous le moindre nombre de doigts 4~4> et surtout offrant dans la grande élévation des membres, principalement des métacarpes et des métatarses, la disposition la plus quadrupède, doivent nécessairement occuper la fin de l’ordre des Carnassiers.

Le genre quelles forment est réellement distinct par la considération de toutes les parties de l’organisation.

En effet, à l’intérieur, on remarque une combinaison des vertèbres du tronc qui lui est particulière : seize costifères et quatre lombaires ;

CLASSIFICATION

sternèbres; absence complète de clavicules, de canal au condyle interne de l’humérus ; la langue douce ; un cæcum assez considérable à l’intestin ; les glandes anales versant dans une poche intermédiaire à la queue et à l’anus ; point d’os dans la verge.

Et à l’extérieur des oreilles encore plus grandes que dans les Chiens , et sans incision à la base de leur bord externe ; un pelage grossier, touffu , hérissé , de couleur variée de bandes ou de taches plus foncées; un système digital et même un système dentaire qui sont propres à ce genre.

Ce système , intermédiaire à celui des Gloutons parmi les Mustelas , et à celui Felis, est formé de f dents molaires , dont 7 + 7-f-f

Les ax T ant molaires à trois lobes, dont le médian beaucoup plus grand que les autres ; les principales tranchantes et les arrière-molaires trèscarnassières , surtout celle d’en bas, bilobée et tranchante comme dans les Chats,

Du reste , le nombre des espèces d’Hyènes est trop peu considérable pour qu’il soit besoin de principes pour les disposer et les distinguer. Nous devons cependant faire observer que la coloration offre un trop grand nombre de variations d âge, de sexe, et surtout individuelles, pour qu’on puisse appuyer sur sa considération la distinction des espèces; mais qu’il n’en est pas de même en recourant aux particularités du système dentaire. On trouve en effet dans l’existence ou l’absence d’un tubercule au côté interne antérieur de l’arrière- molaire inférieure, un caractère distinctif d’autant meilleur, qu’il est en même temps sérial sous le rapport de la carnivorité ; mais comme il y a encore quelques variations assez étendues dans le talon de cette dent , la considération de la dent tuberculeuse ou de la dernière molaire de la mâchoire supérieure est d’un usage à la fois plus facile et plus certain.

Quant à la place de ce genre dans la série , on trouve ici la même difficulté que pour les deux autres grands genres de véritables Carnassiers , et par conséquent se présente de nouveau la question de savoir si la considération de la partie molaire du système dentaire doit l’emporter sur

celle du système digital. Ayant déjà donné les raisons qui nous ont fait G. Carnassiers.

A l’extérieur des Oreilles.

Des Dents.

Molaires.

D’où

Distinction des Espèces.

Place du Genre.

donner la préférence à celui-ci, nous n’avons pas besoin d’y revenir pour démontrer pourquoi nous avons dû placer les Hyènes à la fin des Carnassiers, par conséquent finir par elles l’ordre des Secundatès.

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