L.Volfstinegel
Daubenlon ,
Un assez grand nombre d’auteurs ont donné une description plus ou moins détaillée du squelette du Lion, le plus souvent cependant d'une manière plus comparative qu’absolue.
De très-bonne heure, R. Columbo ( Anatom. , lib. i, cap. >4, p. 62) (i55g), et M. A. Severino ( Zootom . Dérn., p. 1 38 et 388) (i645), et même avant ce dernier, Scaliger (Exercitat. , 208, ann. 1 592 ), avaient relevé, comme erronée, l’assertion d’Aristote, que les os du Lion, pleins ou sans cavité médullaire, étaient assez durs pour faire feu avec le briquet, et que son cou netait formé que d’un seul os ; ce que réfuta aussi aisément Th. Bartholin, par l’anatomie du Lion qu’il fit à Stockholm en 1 656 ; et les anatomistes de l’ancienne Académie des sciences de Paris en 1667. Mais ceux-ci firent plus, ils démontrèrent dans la structure des deux dernières phalanges la disposition propre à loger celle qui porte l’ongle en dehors de celle avec laquelle elle s’articule.
Peu d’années après, Laurent Volfstinegel, dans son Anatom. Leonis splanchnic'e , myologicè et osteologicè, Vienne, 1670, reprit le sujet d’une manière plus complète : aussi fit-il connaître la clavicule, le trou dont le condyle interne de l’humérus est percé, et même les os sésamoïdes qui existent dans les tendons d’origine des gastrocnémiens.
Depuis lors, l’occasion de disséquer le Lion s’étant présentée , on eut la possibilité d’y faire connaître un plus grand nombre de particularités du squelette de cet animal : c’est ce dont on peut trouver un bel exemple dans l’article que Daubenton a consacré à ce sujet dans la grande et magnifique Histoire naturelle du Lion que nous devons à Buffon, t. IX, p. 26. Daubenton y donne en effet une description du squelette du Lion , comparativement avec celui du Chat, et dans laquelle il a touché aux particularités les plus essentielles dans la forme de la tête , par exemple , en donnant, suivant sa coutume, cinq pages de mesures linéaires prises sur un individu mâle , d’après un Lion d’Afrique de la collection du Muséum, sans oublier même l’os du pénis; de plus, il a donné, pl. VHF, p. 48, une figure de ce squelette qui n’est pas mauvaise , sauf la position
de l’omoplate. Je ne voudrais cependant pas garantir que les phalanges onguéales sont bien placées.
Depuis ce temps, les auteurs d’ouvrages généraux d’anatomie comparée, comme G. Cuvier, Meckel, etc., ou bien les paléontologistes, et surtout le premier des anatomistes que je viens de citer, ont insisté sur quelques particularités importantes à leur sujet, mais sans le compléter, même en iconographie. MM. Pander et d’Alton ont cependant représenté rander un squelette de Lion d'une manière fort satisfaisante dans leurs Raube- et ^on’ thiere , pl. I ; mais leur description n’a rien d’absolu.
La nature du système osseux du Lion est extrêmement solide, comme Nature des os. éburné dans une grande partie des os qui le constituent, au point que les anciens, Aristote à la tete, et même quelques modernes, sans l’avoir vu sans doute , ont admis que ses os longs faisaient feu avec le briquet, et meme qu ils n avaient pas de cavité médullaire , assertions qui ne sont pas plus vraies l’une que l’autre , comme cela a été reconnu, depuis longtemps. Mais ce qui 1 est davantage , c’est que le tissu osseux est assez fort dense, dense , assez serré , pour que la graisse n’y pénètre et ne s’y dépose qu’avec difficulté ; en sorte que ces os , aussitôt qu’ils sont dépouillés de leurs chairs , et presque sans macération, par la seule dessiccation à l’air, fort blanche, deviennent remarquablement blancs.
Les extrémités articulaires des os du squelette du Lion et des Felis, en Leurs articoiagénéral, offrent aussi , plus que dans aucun autre genre de Carnassiers, tlons pro"
, ° 9 fondes. serrées
les saillies et enfoncements ou anfractuosités par lesquelles elles se correspondent plus dégagées , plus étroites et peut-être même plus profondes; en sorte que, le système ligamentaire aidant, le jeu des pièces doit etre plus limité dans les directions déterminées de flexion et d extension. Je nai pas besoin d’ajouter que les apophyses, les tubé- Leurs saillies rosités, les crêtes, les lignes d’insertion, sont aussi plus saillantes, plus prononcées, et que les fibro-cartilages sont d’un tissu plus dense, plus serré , plus élastique peut-être que dans les autres Carnassiers.
Le nombre total des os qui entrent dans la composition du squelette
Leur nombre total.
Étudiées dans la série vertébrale.
Ses courbures.
Dans leur nombre régionnaire
A la Tête.
Dans
ses parties.
Vertèbres :
Occipitale.
Os interpariétal.
Pariétale.
Sphéno-posté-
rieur.
du Lion , ne diffère cependant presqu’en rien de ce que nous l’avons vu dans la plupart des espèces de Viverras.
La série vertébrale présente aussi les mêmes courbures, mais plus prononcées ; plus courte dans la partie cervicale , plus longue et plus coudée dans la partie lombaire , et peut-être aussi dans chacune des vertèbres coccygiennes ou caudales ; toutes les apophyses d’insertion musculaire étant, en général, plus prononcées, plus saillantes proportionnellement, ce qui tient aux circonstances biologiques ; en avant, de l’emploi de la pince maxillaire , et , en arrière , de l’acte physionomique de la queue.
Le nombre total des vertèbres est le même que dans la Civette , et réparti de la même manière ; seulement il n’y a que treize vertèbres dorsales , et dès lors sept lombaires , ce qui donne à la région de ce nom plus de longueur que dans la Civette (i).
La tête du Lion est tout à fait caractéristique et ne peut être que fort difficilement assimilée à celle d’un autre carnassier , surtout à cause de la brièveté et de la largeur de la face ; mais aussi par suite de celle de la boîte crânienne et de l’élargissement de l’arcade qui joint ces deux parties en dehors.
Les vertèbres céphaliques suivent nécessairement cette forme générale ; ainsi l’occipitale se fait remarquer par la largeur de son apophyse basilaire , la saillie et l’évasement en dehors de ses condyles, la petitesse de son apophyse mastoïde , moindre que celle du temporal , et surtout par l’élévation et la forme triquètre de l’occipital supérieur se projetant obliquement en arrière et constituant presque entièrement l’apophyse occipitale , avec un interpariétal plus ou moins prononcé dans le jeune âge , mais toujours en avant du tubercule de jonction des deux crêtes. La vertèbre pariétale plus courte dans son corps que le basilaire, et même que la frontale , s’élargit à droite et à gauche en des apophyses ptéry-
(1) C’est donc à tort que M. G. Cuvier d’abord, et ensuite MM. Pander et d’Alton, ( Raubthiere , p. 12), donnent treize vertèbres dorsales et six lombaires au Lion comme à la Civette.
goïdes largement canaliculées , et remonte en formant des ailes larges et assez élevées , jusqua l’angle tronqué d’un pariétal presque quadrilatère, et se portant en arrière pour joindre l’interpariétal et l’occiput. La vertèbre sphéno-frontale étroite, mais assez longue dans son corps basilaire , caché qu’il est par les ptérygoïdiens , se dilate au delà en ailes assez considérables qui , vers le milieu de la fosse et en s’avançant fort peu dans l’orbite, se joignent assez largement au frontal. Celui-ci, séparé dans sa longueur, en deux parties presque égales, par une apophyse frontale assez saillante , n’est guère plus rétréci en arrière de celle-ci qu échancré en avant par le rebord de l’orbite assez avancé. Enfin , la vertèbre voméro-nasale , courte, mais large, dans son corps vomérien, est close en dessus par deux os du nez triangulaires, assez courts, fortement courbés dans leur largeur et se terminant largement en avant par un bord légèrement et fort inégalement échancré.
La mâchoire supérieure se joint d’une manière aussi large que solide à la tête : le palatin postérieur , en lame triangulaire, se soudant de trèsbonne heure et se portant fortement et obliquement en arrière en un crochet assez aigu ; le palatin antérieur fort grand et comme ployé à angle droit et arrondi pour former ses deux parties subégales , l’horizontale égalant la longueur du maxillaire ; en haut, le lacrymal presque quadrangulaire, irrégulier, un peu facial dans son bord antérieur, peu relevé en crochet et percé, en bas, d’un trou rond pour le canal lacrymal ; et de chaque côté par un large zygomatique de forme losangique , le côté antérieur le plus droit appliqué , le supérieur fortement échancré par le rebord orbitaire , se relevant en une épine assez saillante en arrière, le postérieur le plus long et le plus oblique se glissant longuement sous l’apophyse jugale du temporal, et enfin l’inférieur taillé en biseau presque tranchant, rentré et peu arqué. Le maxillaire ainsi fortement appuyé sur ses trois racines, est remarquablement court , triangulaire dans sa partie externe ou verticale et remontant fortement par son angle supérieur dans une échancrure assez profonde du frontal et quadrilatère assez voûtée pour l’horizontale : quant à l’os incisif, il G- Feus. 2
Sphéno-fron¬
tale.
Sphéno anté-
Voraéro-
nasale.
Vomer.
Os du Nez.
Mâchoire
supérieure.
Palatin
postérieur,
antérieur.
Lacrymal.
Zygomatique.
Maxillaire.
Mâchoire
inférieure.
Hocher.
Mastoïdien.
Osselets de l'Ouïe.
Étrier.
Lenticulaire Enclume Marteau.
Caisse.
■Squammeux.
est au contraire proportionnellement assez grand, ses deux branches formant un angle assez aigu , la supérieure s’avançant en pointe trèsfine entre la base du nasal (i) et le maxillaire, et l’inférieure échancrée fortement à son bord postérieur par un très-grand trou palatin , se continuant en une large gouttière antérieure.
L’appendice de la mâchoire inférieure commence aussi à la tête patune masse temporale très-solidement intercalée aux vertèbres occipitale et pariétale.
Le rocher qui saille à peine en avant de la caisse , est fort petit , triquètre , fortement retenu , n’offrant à sa seule face crânienne qu’un petit canal auditif interne.
Le mastoïdien, épais, triquètre, est terminé inférieurement par une partie arrondie assez petite , intercalée à l’apophyse mastoïde de l’occipital latéral , et à une plus épaisse et excavée inférieurement du squammeux , comme tronquée à l’extrémité.
Les osselets de l’ouïe ne présentent rien de remarquable que leur grandeur. L’étrier a la forme pyramidale tronquée assez élevée, avec la platine ovale allongée; le lenticulaire est bien distinct, assez long; l’enclume, fort épaisse à sa tête , est pourvue de deux bras courts, subégaux et assez divergents ; enfin , le marteau , très-étendu par la longueur de son col fort large , offre des apophyses bien prononcées , et un manche de longueur médiocre et spatulé à son extrémité. La caisse qui les contient est très-considérable , bulleuse , ovale , arrondie , occupant toute la longueur du rocher : elle est fortement confondue avec le cercle du tympan plissé, rugueux et subsessile.
Le squammeux , assez étendu et bombé dans la partie qui lui a mérité ce nom, donne naissance, à son extrémité antérieure et externe, à une énorme apophyse zygomatique commençant en dehors et en arrière par une crête prolongée de celle de l’occipital , se recourbe un peu sur le canal auditif , se continue en dedans par une large barre transverse,
(1) M. Cuvier dit, à tort, à moitié des os du nez (IV, p. 275).
OS DU SQUELETTE. u
creusée en gouttière entre deux lames recourbées , surtout la postérieure, en crochet , d’où sort , en se portant fortement en dehors et en dessus , la moitié postérieure de l’arcade zygomatique.
La mandibule , qui s’articule avec la cavité glénoïde étroite et transverse dusquammeux , est aisément caractérisée par sa force, son épaisseur, la direction presque droite ou fort peu courbée, si ce n’est en avant, de toute la branche horizontale , sans apophyse géni , et parce que la branche verticale fort dilatée, s’étendant sans se relever, offre une apophyse angulaire obtuse, épaisse, assez recourbée en dedans, descendant un peu au-dessous du bord , un condyle sessile transverse , bien plus épais en dedans qu’en dehors , s’élevant à peine au-dessus du niveau de la série alvéolaire , et une apophyse coronoïde assez large et assez recourbée sur ses deux bords , et surtout fortement excavée à sa face externe.
En considérant maintenant la tête entière du Lion , on peut s’assurer que l’angle facial , par suite de la brièveté de ses mâchoires , est assez considérable, puisqu’il s’élève à quarante-cinq degrés, peut-être au delà ; que la série basilaire des vertèbres céphaliques est à peine arquée inférieurement, tandis que le chanfrein, produit par la succession de leurs arcs , est au contraire assez fortement mais régulièrement convexe , malgré l’espèce d’interruption que forme en arrière la grande saillie de la crête occipitale , le culmen étant à peu près au bord postérieur des orbites, avec un aplatissement presque concave du front.
La cavité cérébrale du Lion est au plus médiocre , à peu près arrondie , ou ovale peu allongé , partagée par une cloison osseuse fort étendue , très-épaisse en arrière dans l’occipital supérieur, s’amincissant et se portant fort obliquement jusque sur les parties latérales de la selle turcique , en ses trois cavités cérébrale , cérébelleuse et basilaire. La première peu allongée , et par conséquent très-serrée dans la selle turcique fort oblique et creusée entre des apophyses clinoïdes assez prononcées, surtout les postérieures , dans sa surface du chiasma presque plane , et même dans sa cavité olfactive ovale verticalement , assez mé-
Mandibnle.
Sa branche
horizontale.
verticale.
angulaire.
Condyle.
Coronoïde.
En totalité.
Extérieurement.
Angle facial , 45°.
Courbure.
Inférieurement.
Intérieurement .
Cavités :
cérébrale.
Selle turcique
Sinus olfactif.
CA.RNA.SSIERS; FEUS.
cérébelleuse.
basilaire.
des Loges sensoriales ,
auditive.
oculaire.
olfactive.
Ses Sinus.
Ses Cornets inférieur.
diocrement perforée dans ses parois , et sans apophyse crista-galli bien marquée, si ce n’est en arrière. Les loges frontales, et surtout les temporales inférieures , sont du reste assez prononcées et fortement anfractueuses , comme le reste des parois de la cavité cérébrale.
La cavité cérébelleuse doit être considérée comme assez petite , du moins dans ses parties latérales et même supérieures ; mais il n’en est pas de même de la partie basilaire fort large, quoique assez peu profondément canaliculée.
Les loges sensoriales participent assez à cette médiocrité de la cavité cérébrale.
La partie fondamentale de l’auditive est même remarquablement petite dans chacune de ses trois divisions. Il n’en est pas de même de la caisse qui forme une énorme bulle arrondie , à parois fort minces, comme soufflée, à la partie inférieure du crâne, et dont l’orifice externe ovale très-reculé, est au fond d’une enfoncement étroitement resserré entre l’apophyse mastoïde et le bord postérieur de l’apophyse zygomatique.
L’orbite est notablement plus grand , entièrement ouvert dans toute sa partie postérieure , mais aux trois quarts au moins fermé dans son cadre , du reste de forme ovale et très-obliquement dirigé en avant et fort peu en dehors.
La cavité olfactive est courte , mais fort large dans toute son étendue : en dessus elle s’ouvre dans des sinus frontaux considérables , occupant tout le frontal et la moitié du pariétal , se poursuivant en deux ou trois cellules , et en demi-canaux , dans et sous les os du nez , sans pénétrer ordinairement dans le sphénoïde , mais en occupant tout le corps du maxillaire largement ouvert à la face interne.
Les cornets qui remplissent cette cavité sont assez larges, mais peu nombreux, du moins pour l’inférieur, qui ne se dichotomise guère que deux fois, et encore seulemeut dans la branche inférieure; mais il n’en est pas de même du cornet moyen dont toute la masse fort
moyen.
considérable , occupant tout le sinus maxillaire , est composé d’une multitude de replis longitudinaux extrêmement serrés.
Quant aux orifices de cette cavité sensoriale , nous avons déjà vu dans le crâne que la lame criblée était médiocrement étendue ; mais il n’en est pas de même des deux autres, l’antérieur est véritablement fort grand , en forme de cœur renversé et très-oblique , et le postérieur également fort large , prolongé assez au delà de la dernière molaire , et échancré en trèfle fort surbaissé dans le milieu du bord palatin.
La loge gustative du Lion est remarquable par sa largeur et sa brièveté; la voûte palatine, tronquée carrément en avant, étant en outre assez excavée et subcanaliculée de chaque côté, outre un enfoncement arrrondi tout à fait en arrière du bord alvéolaire pour loger le lobe postérieur de la dernière dent molaire d’en bas. Quant à la mâchoire inférieure, les deux côtés qui la constituent forment un angle de 45°, et se touchent par une symphyse large, ovale et assez étendue.
Les crêtes, les apophyses, d’où résultent les loges superficielles de la tête du Lion, sont plus marquées que dans tout autre genre de Carnassiers, la Hyène exceptée; ainsi, de la grande saillie de la crête occipitale, il est résulté que les fosses postérieures de ce nom sont très-profondes, fort obliques, et comme serties par un rebord sinueux et saillant; l’arqûre si prononcée, surtout en dehors de l’arcade zygomatique, a déterminé des fosses temporales occupant, outre lesquammeux, le pariétal et partie du frontal ; la fosse ptérygoïde externe est elle-même large et fort étendue; la fosse canine occupe toute l’apophyse montante du maxillaire ; enfin , presque toute la branche montante de la mandibule est profondément creusée en dehors par une excavation triangulaire qui n’avance cependant pas au delà du bord postérieur de la dernière dent molaire.
Les trous nerveux et vasculaires de la tête du Lion sont, comme on le pense bien , nettement formulés. Il n’y a qu’un seul trou condyloïdien rond , assez grand , et fort rapproché du trou déchiré postérieur, qui mérite assez peu ce nom, tant il est régulièrement circonscrit , et du reste
Ses Orifices :
supérieur, antérieur, postérieur.
Loge gustative.
Des Cavités superficielles.
occipitale.
temporales.
ptérygoï-
dienne.
canine.
masselérienne.
Des Trous nerveux
et vasculaires.
condyloïde.
déchiré postérieur.
de la Corde du tympan.
Carotidien.
rond.
ovale.
optique.
sphèno-pala-
tin.
Lacrymal.
Sous-orbitaire.
Incisif.
dentaire infé- Mentonnier.
Des Condyles du
trou vertébral.
Du reste de la colonne vertébrale.
fort grand. En arrière et en dehors de la caisse , sous l’apophyse mastoïdienne, sont deux autres trous : le postérieur est rond, plus petit pour le nerf de la corde du tympan ; l’antérieur, infundibulaire pour une veine péricrânienne. En avant de l’ouverture de la trompe est un trou ovale assez petit, carotidien, et séparés de lui par un support sphénoïdal de l’apophyse jugale, les trous rond et ovale très-rapprochés et sur la même ligne que le trou optique, le trou ovale bien plus petit que ce dernier. Plus en avant est le fronto-nasal, assez grand, beaucoup moins cependant qu'un premier et énorme sphéno-palatin circulaire qui perce dans les arrière- narines, et à peu près égal à un second dont l’orifice au palais est unique et fort oblique. Au bord inférieur du lacrymal sont deux petits trous rapprochés, géminés, sans doute vasculaires, et audessus d’eux l’orifice du canal lacrymal rond et assez grand. Le canal sous-orbitaire, fort court, s’ouvre en arrière en entonnoir fort large et se termine en avant assez près du rebord orbitaire par un énorme trou de forme subcirculaire.
Nous avons déjà fait remarquer l’étendue et la forme ovale semi-canaliculée de l’incisif, il ne nous reste donc plus qu’à noter la grandeur de l’orifice, presque rond, d’entrée du nerf dentaire inférieur, et sa sortie mentonnière par un groupe de trois trous très- dissemblables sous la barre, en avant de la première molaire, et par un autre trou oblique sous la seconde incisive.
La tête du Lion se joint au reste de la colonne vertébrale par des condyles presque pédiculés, s’écartant ou divergeant en V, et interceptant un orifice ovale , transverse ou déprimé , dont le diamètre intérieur est à celui de la cavité cérébrale dans sa partie la plus large, comme 0,02 5 . 0,088; tandis que dans un Ours de même taille à peu près que le squelette du Lion qui sert à notre description, nous avons trouvé ce rapport de 0,02 5 à 0,076.
Le reste de la colonne vertébrale du Lion va nous offrir des différences assez bien de même sorte dans la dimension du calibre de la ca-
OS DU SQUELETTE. f5
vité médullaire et dans l’augmentation des apophyses dont leur arc est hérissé.
Les vertèbres cervicales sont proportionnellement plus courtes que dans la Civette , mais aussi plus larges et plus imbriquées ; elles le sont même plus que dans l’Ours , dont le col est évidemment plus long.
L’atlas, fort large , bien moins cependant dans son corps que dans son arc , est pourvu d’apophyses transverses , dilatées en ailes largement arrondies , mais peu recourbées en arrière , avec l’échancrure de la base du bord antérieur profonde , bien plus que dans l’Ours, par exemple, et le trou d’entrée de l’artère verLébrale bien au-dessus du bord postérieur, ce qui n’existe dans aucun des genres précédents, encore moins dans l’Ours, où il est tout à fait au bord, et un seul trou de sortie à la face supérieure.
L’axis est encore plus considérable que dans lesViverras. Son apophyse épineuse est cependant un peu moins voûtée à son bord supérieur ; mais elle est au contraire bien plus épaisse et plus triquètre à son extrémité postérieure pour l’attache du ligament jaune, en s’avançant beaucoup plus sur la troisième cervicale.
Des trois vertèbres intermédiaires , l’apophyse épineuse est presque nulle , tant elle est courte à la première , mais large , distante et élevée aux deux autres ; les apophyses transverses étant assez bien comme dans la Civette.
La sixième est remarquable par son apophyse transverse , large , linguiforme , se portant fortement en arrière dans son lobe postérieur , et la septième a cette même apophyse en tête de clou , simple et assez semblable à la partie supérieure de la précédente. Ces deux vertèbres ont le corps tout à fait plat et lisse , mais coupé fort obliquement.
Celui des treize dorsales est arrondi , d’abord d’égale longueur , puis croissant jusqu’à la dernière , avec l’apophyse épineuse large et haute , très -inclinée sur les dix premières , fort petite et pointue sur la onzième, plus haute et antéroverse aux deux dernières, qui comme d’ordinaire prennent le caractère des lombaires.