III. Dans les Membres
antérieurs.
Ses Fosses.
Sa Crête.
Cavité çlénoïde ,
coracoïde.
Clavicule.
Humérus.
Supérieure-
Sa tète.
Tubérosité.
Inférieurement
Condyle
externe.
interne.
Articulation.
rieur, de manière à former une fosse supérieure plus grande que l’inférieure ; le bord postérieur étant en effet presque droit, avec une légère gouttière vers son angle assez prononcé , et non une sorte de lobe comme dans les Ours. Sa crête est du reste complète, fort élevée, recourbée en arrière et terminée en avant par un acromion assez peu épais, pourvu à son bord postérieur d’une apophyse récurrente triangulaire, recourbée en crochet. La cavité glénoïde est également un peu arquée et du reste de forme ovale, assez large, et peu profonde, avec un rudiment plus ou moins marqué d’apophyse coracoïde à son côté interne.
La clavicule est manifeste, quoique assez loin d’être complète et articulée, elle est fortement comprimée, courbée sur son plat, et dilatée à son extrémité scapulaire (i).
L’humérus, fort et robuste, égale en longueur celle du corps des huit ou neuf vertèbres dorsales. Assez droit ou fort peu arqué, il est trèslarge et très-comprimé supérieurement, et au contraire déprimé et peu élargi inférieurement. Sa tête, presque sessile et comme recourbée , porte en dedans une petite tubérosité, réniforme, fort remontée et en avant, peut-être un peu plus haut quelle, une grosse tubérosité fort large, sinueuse, formant la base d’une empreinte deltoïdienne triangulaire, ne dépassant pas les deux cinquièmes de la longueur totale de l’os. L’extrémité inférieure , épaisse et à peine aussi large que la supérieure par le peu d’étendue du bord externe , qui est en ligne droite et même comme rebroussée, est percée au-dessus du condyle interne, saillant, en forme d’apophyse obtuse, particularités différentielles de cet humérus avec celui de l’Ours. Quant à la surface articulaire, elle est assez large, en gorge de poulie, presque simple, à côtés subégaux, avec une très-profonde excavation oblique en arrière seulement , un peu recouverte par l’avance d’une lame partant du condyle externe.
(1) C’est donc à tort que MM. Pander et d’Alton disent qqe les Carnassiers sont privés de cia vicules. Nous devons cependant faire observer que ces os dans les Felis , ainsi que dans les autres espèces où ils sont rudimentaires , n’existent sur les squelettes de la collection du Mu séum que depuis notre professorat.
L’avant- bras du Lion , dans sa partie inter-articulaire , est un peu plus court que le bras, comme le montre le radius.
Cet os, un peu arqué dans son corps, est surtout remarquable par sa forme large et aplatie dans toute son étendue. Sa tête supérieure ellemême, ovale, transverse, un peu semi-circulaire, relevée au bord antérieur de sa cavité, par une avance arrondie qui en occupe le tiers interne , est portée sur un col fort peu rétréci , mais pourvue d’une tubérosité saillante pour l’insertion du biceps. L’extrémité inférieure du radius est surtout fort élargie , creusée à sa face dorsale par une double gouttière profonde, bien plus que dans l’Ours, et à son extrémité par une fosse scaphoïdienne grande, transverse, limitée en dedans par une apophyse malléolaire considérable.
Le cubitus, dont la forme générale rappelle assez bien celle d’un bâton d’éventail, légèrement courbe , aplati en haut, presque triquètre en bas , offre supérieurement un olécrane plus long que dans l’Ours , et du reste large, comprimé, si ce n’est à son extrémité, dont le bord se rebrousse un peu en dedans, en se bicornant en dessus; inférieurement cet os se bifurque aussi , mais très-inégalement, par une échancrure profonde. La corne la plus courte est comme tronquée par une surface articulaire plate ; la plus longue forme une apophyse odontoïde épaisse , arrondie et considérable, correspondant à une excavation fort peu marquée , formée à la réunion du triquètre et du pisiforme.
La main du Lion est notablement plus courte que l’avant-bras, quoiqu’elle soit éncore assez large et assez puissante.
Le carpe, formé, comme dans tous les Carnassiers, de sept os, offre comme particularité remarquable que le scaphoïde, très-large, est pourvu à sa partie inférieure d’une apophyse fort saillante, et comme tronquée à son extrémité par une surface articulaire arrondie , pour le sésamoïde du long adducteur.
Le trapézoïde me semble aussi assez caractéristique , d’abord parce qu’il est assez fort, plus même que le grand os, le plus petit de tous est dessus ; qu’il est creusé d’un enfoncement très - marqué pour la pénétration
Avant-bras.
Radius
Supérieure-
Inférieuremenl .
Cubitus , Sa forme :
La main.
Carpe :
scaphoïde.
Trapézoïde.
Grand Os.
Pisiforme.
Métacarpiens :
du pouce.
dea 4 autres doigts.
Phalanges :
premières.
secondes.
de la tubérosité de la tête du second métacarpien , et que sa facette articulaire est oblique interne, au lieu d’être antérieure. Le pisiforme est aussi de forme triangulaire, plus large à la base et moins au sommet , et en tout plus grêle que dans l’Ours.
Les os du métacarpe ont assez bien, sauf la grandeur , les proportions que nous avons remarquées dans la Civette. Celui du pouce est cependant bien plus court , et surtout bien autrement figuré. En effet , sa forme est presque irrégulière, un peu arquée et coupée obliquement et parallèlement à ses deux extrémités, l’antérieure étant en portion de cylindre. Des quatre autres métacarpiens, fort serrés à leur articulation carpienne , et en général assez arqués, le premier est remarquable par un sillon en gouttière qui le traverse obliquement à sa base. Du reste, aucun ne peut être confondu avec son analogue dans l’Ours , ni pour la forme ni pour les proportions , qui sont bien plus grêles.
Les phalanges de la main du Lion sont en général courtes et épaisses , et celles des trois sortes sont fort dissemblables. Les premières, un peu plus longues que les secondes, sont fort régulières , du moins les quatre externes, un peu arquées, convexes en dessus, piales en dessous, renflées et excavées obliquement un peu en sabot bilobé à l’extrémité métacarpienne, et en poulie assez profonde se prolongeant beaucoup en dessous à l’autre. Au pouce , cette phalange est bien plus courte , mais plus large , coupée en biseau obliquement en arrière et à peine excavée en poulie en avant.
Les secondes phalanges présentent à un haut point le caractère distinctif de toutes les espèces du genre. De forme, en général, assez grêle, surtout en dessus , leur corps étant triquètre , l’angle solide supérieur et la base inférieure, le côté externe bien plus excavé que l’interne (i);
(1) C’est à tort, et probablement parce qu’il observait un squelette mal monté , queM. G. Cuvier dit que c’est au côté interne, ou du côté qui regarde le pouce , que la face latérale des phalangines de Felis présente une sorte de torsion. Pinel , qui a parfaitement décrit le mécanisme de la rétractilité des ongles de la Panthère ( Décade philosophique, 20 vend. , an IX) , n’avait pas commis cette erreur.
‘Jt
leur tête postérieure est elle-même triangulaire, avec une contrepoulie assez profonde, mais l’antérieure est encore plus renflée, surtout en dehors , en forme de poulie fort peu profonde.
Les cinq phalanges onguéales, croissant graduellement de la première à la cinquième, sont remarquables par leur force et par leur forme; elles sont en effet bien plus hautes qu’épaisses et même que longues, étant pourvues inférieurement d’une sorte de talon , qui s'abaisse en s’élargissant pour soutenir la pelote de chaque doigt , tandis que supérieurement elles sont arrondies à leur angle; du reste, elles sont très-minces, arquées, coupantes et presque entièrement cachées en forme de languette dans une large excavation formée par une sorte de capuchon basilaire, prenant naissance de chaque côté de la partie inférieure. C’est cette espèce de capuchon qui sert de gaîne à la base de l’ongle recouvrant la languette , et qui donne à celui-ci la possibilité d’être renversé en dehors de la seconde phalange, la pointe en l’air, dans l’état de repos.
Les membres postérieurs du Lion sont, en général, plus longs dans les os qui les composent, que les antérieurs dans les os correspondants, ce qui paraît peu dans l’état de vie à cause des angles assez prononcés qu’ils font entre eux dans la station ordinaire.
L’os innominé participe déjà un peu. à cette longueur ; en effet , en totalité , il égale celle du corps des neuf premières vertèbres dorsales ou celle de l’humérus; la partie iliaque, encore assez large, bien moins cependant que dans l’Ours, ovale-allongée, à bords presque parallèles , un peu excavée dans la fosse externe, et étant notablement plus longue que la partie iskiatique ; celle-ci est du reste fort large dans sa tubérosité , et étalée presque horizontalement dans ses deux branches ; la symphyse pubienne étant remarquablement longue, ce qui donne peu d’obliquité au bord pubien et une assez grande étendue au trou de ce nom. Quanta la cavité cotyloïde, elle est presque parfaitement circulaire et assez médiocre.
Le fémur du Lion est assez facile à reconnaître par sa brièveté , qui
troisièmes ou onguéale?
Membres
postérieurs.
Os innominé
Iléon.
Ischion,
Symphyse
pubienne.
Cavité
cotyloïde.
Fémur.
dépasse à peine d’un cinquième celle de l’humérus , sa très-légère coursupéiieure- bure , son aplatissement oblique, surtout supérieurement, où il est élargi et tranchant à partir du bord externe du grand trochanter.
Tète. Toute l’extrémité supérieure participe à ce grand aplatissement , la tète , Grand assez petite, se portant proportionnellement obliquement un peu en trochanter. jiant et ]e granfJ trochanter fort épais et polygonal en dehors, à peu près à son niveau, peut-être même un peu plus haut, est profon- Fosse digitale dément excavé dans toute sa partie interne par une énorme fosse digitale.
Le petit trochanter est au contraire fort peu saillant et entièrement inférieurement, postérieur. L’extrémité inférieure du fémur est assez large, quoique moins que dans l’Ours, et surtout très-épaisse , les condyles subégaux fort saillants étant profondément séparés en arrière par une mortaise subsymétrique , et en avant par une large et haute gouttière rotulienne. Un peu au-dessus de l’externe est une tubérosité d’insertion musculaire très-prononcée, et tout contre l’interne une fossette moins marquée. Jambe La jambe du Lion est d’un sixième environ moins longue que la Tibia. cuisse et à peu près de la longueur du pied : aussi le tibia , à cause de
son épaisseur, paraît-il court, quoique bien moins que dans l’Ours. Sa supérieure- forme est du reste, comme d’ordinaire, triquètre, surtout supérieurement, où la surface articulaire est fort large , un peu oblique dans ses deux parties, et la crête bicipitale assez peu saillante, presque droite, à peine inférieurement, un peu courbée , mais fort épaisse. L’extrémité inférieure de cet os, également assez large et assez épaisse , est creusée d’une contre- poulie fort oblique , très-fortement sinueuse dans son bord antérieur , terminée en dedans par une malléole large, fort descendante, et très-oblique, légèrement sinueuse au bord postérieur, et profondément creusée de deux gouttières presque verticales.
Péroné. Le péroné est tout à fait droit , mince , tranchant , presque lamelleux dans la plus grande partie de son bord interne, et dilaté presque
(1) Je ne conçois pas trop comment M. G. Cuvier peut dire que le col du fémur du Lion est presque nul et non oblique (IV , p. 270).
également à ses deux extrémités; la supérieure plus épaisse que l’autre, et toutes deux subtrilobées; le crochet de réflexion du long péronier étant très-prononcé à l’inférieure.
Le pied, comme nous l’avons déjà fait remarquer, est en totalité au moins aussi long que la jambe, et ce grand allongement est dû surtout à celui des métatarsiens ; aussi est-il peu étalé et plus serré, dans son articulation péronéo-tibiale
L’astragale, assez semblable à celui de l’Ours au premier aspect , s’en Astragale, distingue cependant aisément, d’abord par un peu plus d’étroitesse, d’obliquité et d’inégalité des deux côtés de la poulie; mais surtout parce que la tête scaphoïdienne est portée sur un col plus allongé, plus rétréci , sa tète, et que la tête elle-même est moins arrondie et plus oblique sur le plan de position.
Le calcanéum du Lion est encore plus aisé à distinguer de celui de calcanéum l’Ours que l’astragale, et cela dans presque tous les points, mais surtout dans la forme générale bien plus allongée, plus comprimée de l’apophyse , dont la tubérosité est fort oblique , et au contraire dans une largeur et une étendue proportionnelle de la partie articuculaire , évidemment moindres. La surface articulaire scaphoïdienne est aussi plus avancée et bien plus réniforme dans le Lion que chez l’Ours.
Quoiqu’il y ait plus de ressemblance entre les scaphoïdes de ces deux scaphoïde, animaux , on doit cependant faire observer que, dans le Lion , la partie supérieure ou dorsale de la circonférence est à peine égale à l’inférieure, ce qui donne à l’os une figure presque carrée; il est aussi plus épais; et les facettes des trois cunéiformes sont d’une tout autre figure et proportions, comme l’Iconographie le montrera plus aisément que le plus long discours.
Les cunéiformes étant en rapport principal avec ces facettes , il est Cunéiformes aisé d’en conclure une certaine différence pour chacun d’eux, et surtout pour le premier, qui, dans le Lion, est fort comprimé, plat d’un côté, premier, convexe de l’autre, et surtout bien plus long d’avant en arrière que
second.
Cuboïde.
Au bord externe.
Leurs
caractères
communs.
Différences.
Indicateur.
Médian.
Annulaire.
Auriculaire.
Métatarsien
du
gros Orteil.
haut, ce qui est justement le contraire dans l’Ours. Il y a beaucoup plus de ressemblance pour le second et moins pour le troisième. Seulement celui-ci chez le Lion est d’abord proportionnellement beaucoup plus gros, plus régulièrement carré; et ensuite il est pourvu inférieurement d’une forte apophyse dont il n’existe pas de traces chez l’Ours.
Enfin le cuboïde, dont la proportion est encore assez bien la même, mérite mieux son nom dans le Lion que dans l’Ours , sa face postérieure étant plus droite et moins oblique ; il en résulte que le bord externe étant plus long, la gouttière péronière est bien plus prononcée, et même convertie en trou par un crochet externe allant toucher la tubérosité du cinquième métatarsien. Toutefois la facette articulaire pour ce dernier est notablement plus petite.
Les métatarsiens du Lion ne peuvent être confondus avec ceux d’aucun animal mammifère d’un autre genre que de celui desFelis; en effet , outre qu’ils ne sont qu’au nombre de quatre, du moins complets, dans une proportion assez différente, croissant de l’indicateur au médius, et décroissant de celui-ci à l’auriculaire, ils ont pour caractères communs de tendre à s’imbriquer à l’extrémité métatarsienne de dedans en dehors, ce qui n’a jamais lieu dans les Ours; d’être longs et assez arqués, arrondis dans leurs corps , et enfin d’avoir leur tête antérieure plus étranglée, plus profondément séparée de l’élargissement bicorne du corps, et peutêtre aussi la carène inférieure plus prononcée. Quant aux différences particulières à chacun de ces os, l’indicateur, très-plat en dehors, verse fortement en dedans et même en se courbant un peu dans ce sens , avec une facette interne pour l’articulation de rudiment du pouce; le médian verse aussi, mais fort peu, dans le même sens, mais il est, en outre, plus fort et plus long : l’annulaire, un peu plus fort que l’indicateur, se courbe et verse un peu en dehors; enfin l’auriculaire, le plus grêle et le moins long de tous, suit encore davantage le même mouvement, fortement imbriqué par le précédent vers le tarse , et sans tubérosité basilaire externe bien prononcée.
Quant au métatarsien du gros orteil, il est, dans le Lion, représenté
OS DU SQUELETTE, par un petit os ovale, comprimé, un peu onguiforme, tranchant au dos, et canaliculé en dessous, articulé à sa base avec le premier cunéiforme.
Les phalanges des trois sortes sont bien plus semblables à leurs ana- Phalanges , logues à la main que les métatarsiens aux métacarpiens , au point que je n’oserais assurer d’une manière positive leurs différences, du moins poulies phalanges et les phalangines. Il me semble cependant que les premières sont un peu plus grosses et un peu moins longues que leurs correspondantes en avant ; il en est à peu près de même des secondes , également tant soit peu plus courtes. C’est ce qui est encore plus évident pour les phalanges onguéales, certainement plus petites qu’à la main , avec la gaine basilaire laissant saillir davantage la pointe de la phalange.
La plus forte ou celle du second orteil égale la cinquième des antérieures ; les autres décroissent suivant la même progression qu a la main.
Avec un Ours de même taille que le Lion qui nous sert de type , il ne comparées peut y avoir de doutes que pour les premières phalanges, tant les deux ajeç^elles autres sortes sont différentes; quant aux premières, on peut encore assez bien les distinguer, en voyant que chez celui-là elles sont toujours proportionnellement plus courtes, plus déprimées et moins arquées.
Passant maintenant aux différences que les espèces de Felis peuvent Des Différence* présenter dans leur squelette , nous ferons de nouveau observer que le nombre des os étant toujours rigoureusement le même , la dissemblance ne pourra porter que sur les proportions des parties et un peu sur la forme. Dès lors, puisque la dégradation est à peine manifeste dans ce genre, nous allons, dans notre comparaison, suivre l’ordre de grandeur, ce qui rendra notre travail plus facile.
Continuant l’espèce du Lion qui nous a servi de type , nous dirons ce individuelle* que nous croyons avoir remarqué , suivant le sexe , lage et même la dl1 Llon patrie , lorsque nous avons eu des renseignements suffisants, ce qui est généralement assez rare.
Les collections du Muséum possèdent aujourd’hui huit squelettes de Lionsethuit crânes séparés d’animaux de même espèce.Quatre squelettes ou G. Felis. 4
sur la pairie.
Afrique.
Sur le sexe.
Femelles
crânes sont connus pour provenir d’individus mâles et sept de femelles. Un seul est de l’Inde , et tous les autres d’Afrique. Presque tous les exemplaires qui s’y trouvaient avant notre époque sont sans indication de sexe, et même de patrie, en sorte qu’il est assez difficile de déduire de leur examen quelque chose d’un peu concluant.
Ayant pu examiner un certain nombre de crânes d’individus africains provenant de Barbarie et du Sénégal, du Cap et de la Haute-Nubie, et par conséquent les comparer sous tous les points de vue que je regarde comme spécifiques, la forme de l’extrémité des os du nez, celle du bord palatin , des apophyses ptérygoïdes, et même sous ceux qu’on est, à tort ou à raison, habitué à considérer comme tels, la forme et le développement de la caisse, la forme des trous incisifs, celle et la proportion des trous sous-orbitaires , des apophyses orbitaires , des apophyses coronoïde et angulaire de la mandibule , sans oublier les crêtes pariétale et occipitale, et même l’arcade zygomatique, évidemment variables avec l’âge et la force individuelle , je n’ai pu , dans les légères différences que ces parties m’ont présentées, trouver rien d’assez fixe, d’assez lisible pour devenir spécifique, ni même pour indiquer de véritables races.
Il n’en a pas été tout à fait de même lorsque j’ai eu égard aux sexes : il m’a semblé , en effet, que les femelles ont la tête en totalité plus courte dans ses deux parties, d’où résulte que la courbure du chanfrein, et même de la ligne palato-basilaire , est plus marquée, surtout parce que l’apophyse occipitale, moins forte, s’élève moins et se prolonge moins en arrière. L’arcade zygomatique est aussi plus courte, plus arquée. Au contraire, l’enfoncement, la dépression orbito-frontale est plus prononcée à l’origine de la crête sagittale, par suite du soulèvement plus marqué des apophyses orbitaires, et les trous sous-orbitaires sont plus rétrécis.
Parmi les individus mâles , les crânes de Lion qui m’ont paru s’éloigner davantage du type commun , sont celui du Cap et celui de Nubie. Toutefois, nous devons faire observer que le premier provient d’un individu encore jeune, quoique adulte: dès lors, chez lui, l’arcade zygomatique est
plus arrondie , ou secarte moins à angle droit à sa racine ; le front est moins excavé , l’apophyse frontale moins prolongée, caractères qui tous indiquent le jeune âge , et par conséquent se rapprochent de ceux de la femelle en général. Quant au crâne de Nubie, il est évidemment plus court, plus semblable encore à celui d’une Lionne , et surtout de la Lionne de l’Inde ; du moins à en juger d’après un seul crâne que nous possédons de l’un et de l’autre.
Parmi les crânes d’individus femelles , ceux de Barbarie et du Sénégal ne m’ont offert aucune différence exprimable. Dans celui de l’Inde, je crois, au contraire, avoir remarqué une crête occipitale plus large ou moins étroite , celles de l’orbite également plus larges et plus arrondies, l’espace inter-orbitaire plus enfoncé avec le pli d’origine de la crête sagittale plus prononcé , le trou sous-orbitaire bien plus étroit et vertical ( i ) , ce qui tient peut-être à ce que l’animal étant plus âgé, il y avait déjà diminution dans le système nerveux qui se rend aux moustaches. Au reste , je m’empresse de répéter que je n’ai vu que cet individu de la Lionne de l lnde , et que, par conséquent, ces différences peuvent être individuelles. Ce qui le prouve, suivant moi, c’est qu’aussitôt qu’on porte la comparaison sur les véritables espèces de ce genre, on trouve des particularités différentielles aussi évidentes que saisissables.
Commençons par le Tigre, dont la taille , à l’état sauvage, paraît certainement surpasser celle du Lion , ce qui n’est jamais dans nos ménageries. Nous possédons aujourd’hui dans les collections du Muséum quatre squelettes et dix têtes osseuses séparées de cette espèce , malheureusement le plus souvent sans renseignements sur le sexe et sur le lieu d’où ils proviennent.
Le squelette du Tigre ne diffère pas de celui du Lion et des Felis en général , sous le rapport du nombre des os , ni même sous celui de la
(1) Il n’y a toutefois à ce crâne qu’un seul trou sous-orbitaire de chaque côté comme dans ceux d’Afrique , vus par moi. Sur quatre crânes de Lions indiens signalés par M. R. Owen ( Proceed. Zool. Soc. Lond., 1834, pag. 2) , dans une note sur le crâne du Lion comparé à celui du Tigre, le trou sous-orbitaire était séparé en deux sur l’un des deux côtés au moins.
Femelles de différents
d’Afrique; de l'Inde
spécielles.
Dans le Tigre.
(F. Tigris.)
à la tête.
Crèle
occipitale.
Chanfrein.
Os du Nez.
Trou
sous orbitaire.
Bord palatin.
Apophyse
coronoïde.
Apophyse
géni.
au reste du Sqnelette.
Atlas
Sixième cervicale.