‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 109 sur 171 · V. coccygiennes · texte numérisé non relu

V. coccygiennes

Hyoïde.

Membres.

M. antérieurs.

Omoplate.

Humérus.

Radius.

Carpe.

Métacarpe.

Phalanges.

M. postérieurs.

Osinnominé.

Fémur.

Tibia et Péroné.

Pied.

Limites de variations.

blable dans les deux espèces , quoique moins différents que le scaphoïde.

Les métacarpiens du Tigre sont encore sensiblement plus robustes : un médian , par exemple , mesuré dans son milieu , surpasse en largeur de deux ou de quatre millimètres celui de même longueur d’un Lion de même sexe. Aussi , dans la largeur totale des quatre os du métacarpe, prise sur le Lion et sur le Tigre, y a-t-il une différence de plus d’un centimètre.

Les premières phalanges sont également plus fortes dans ce dernier , mais aussi plus longues, et cela d’une quantité notable.

Les secondes sont dans le même cas; bien plus fortes, mais moins excavées au côté externe.

L’os innommé est, en général, plus court, mais surtout dans sa partie antérieure ou iliaque; en effet, il y a égalité entre les deux parties mesurées du bord antérieur de la cavité cotyloïde, tandis que, dans le Lion, il y a un septième de plus pour la première.

Le fémur diffère beaucoup moins. L’extrémité inférieure est cependant plus épaisse dans le Tigre.

On trouve un résultat assez semblable pour le tibia et le péroné.

Les surfaces articulaires sont toujours proportionnellement un peu plus larges dans le Tigre que dans le Lion. La forme même du péroné est assez différente , mais c’est à peine si l’Iconographie peut le faire voir nettement.

Le pied du Tigre, mesuré de l’extrémité postérieure du calcanéum à l’antérieure du plus long doigt, est de près de o,o3o plus grand dans le Tigre que dans le Lion , et cette différence se répartit dans le calcanéum , dans les trois os externes de la seconde rangée du tarse, ainsi que dans ceux du métatarse et des doigts à peu près comme à la main.

Les différences proportionnelles, que nous venons de signaler, quoique nos mesures aient été prises sur deux squelettes de même grandeur générale, et de même sexe, sont indubitablement susceptibles de quelques variations en plus ou en moins , mais il restera cependant hors de

doute que ces deux espèces different notablement dans les proportions de tous les os qui constituent leur squelette , comme au reste Daubenton l’avait parfaitement reconnu (Buffon, IX, p. i4 6), surtout pour les membres.

Le Jaguar, sous ce rapport, est l’espèce qui se rapproche le plus du Tigre.

La tête , par exemple , présente encore une sorte d’arquire plus prononcée dans son chanfrein; mais le culmen ou le point le plus saillant de la courbe est plus reculé que dans le Tigre, en sorte que la déclivité du front et du nez est encore plus prononcée , plus rapide , plus étendue , et que le crâne est plus court. Toutes les autres particularités différentielles sont, pour ainsi dire, intermédiaires à ce quelles sont dans le Tigre et dans la Panthère. En effet, en portant la comparaison avec celle-ci, on trouve la tête en général plus courte, la crête occipitale plus étroite, le front plus bombé dans les deux sens, avec les cavités ethmoïdales plus renflées , et les apophyses post-orbitaires plus petites et plus aiguës , les os du nez plus relevés , un peu plus courts , coupés plus obliquement et plus étroitement échancrés à leur terminaison, les apophyses ptérygoïdes plus courtes, l’apophyse lacrymale plus large et plus saillante, le bord palatin échancré étroitement dans son milieu , la caisse plus ronde, plus dilatée ou moins ovale, comprimée, les arcades zygomatiques plus brusquement écartées à angles droit , l’apophyse coronoïde de la mandibule moins droite et l’angulaire moins saillante (i).

Le reste du squelette complète un certain degré de rapprochement avec le Tigre.

Le trou d’entrée de l’artère vertébrale dans l’axis, est cependant tout à fait marginal comme dans la Panthère.

L’apophyse transrerse de la sixième cervicale est à peine bifide , au lieu de l’être profondément comme dans celle-ci, et l’apophyse épineuse

(1) Ce sont toutes ces particularités différentielles qui me portent à considérer la tête de grand Felis figurée par Spix (Céphalogénésie , tab. I et II, fig. 3) sous le nom de F. Léo, non pas comme de Tigre , ainsi que l’a proposé M. Cuvier , mais comme de Jaguar.

(F. On ça.) Tète.

Comparé au Tigre et à la l’anthère.

Crète occipitale.

Os du nez.

Palatin.

Mandibule.

Squelette.

Axis.

Sixième cervicale.

V dorsales.

Onzième.

Hyoïde.

M. antérieurs :

Omoplate.

Humérus.

Radius

Main

M. postérieurs :

Os innominé.

Fémur.

Tibia.

pied.

Panthère (F. Pardus)

des vertèbres dorsales et lombaires est comme dans le Tigre. Il faut cependant faire observer que la onzième dorsale est entièrement dépourvue d’épine. Mais ce sont surtout les membres et leurs os longs qui offrent plus d’analogie , à cause de leur brièveté , avec ce qu’ils sont dans ce dernier.

L’os hyoïde est complet, c’est-à-dire que ses grandes cornes sont formées, comme dans toutes les moyennes et petites espèces de Felis, de trois pièces , en connexion immédiate , ce qui est tout différent dans la Panthère.

L’omoplate égale le radius en longueur ; ce qui n’est pas encore tout à fait dans le Tigre , mais ce qui est très-différent dans la Panthère , où la différence est d’un cinquième en faveur du radius. Du reste , elle est plus large dans le Jaguar que dans toute autre espèce de Felis.

L’humérus, un peu plus long que le radius, est remarquablement court; son empreinte deltoïdienne descend au tiers environ de sa longueur.

Le radius participe à cette grande brièveté aussi bien dans son corps que dans ses extrémités. L’inférieure, par exemple, égale en largeur le quart de la longueur totale ; dans un Lion, elle n’en est que le sixième.

Le carpe, le métacarpe, et les phalanges continuent cette brièveté et cet élargissement, comme le montre l’Iconographie.

Les os des membres postérieurs sont à peu près dans la même proportion entre eux que ceux des antérieurs; ainsi, l’os inominé très-large, trèsfort , n’est que d’un cinquième plus court que le fémur, qui, lui-même, n’est que d’un sixième plus long que l’humérus. Il est du reste épais et large, surtout à ses deux extrémités. Le tibia, qui participe nécessairement à cette largeur, surtout en haut, est d’un cinquième plus court que le fémur. Les os du tarse et du métatarse, et les phalanges, sont aussi plus courts et plus épais, même que dans le Tigre; le métatarsien du médius égalant cependant deux fois un tiers le tibia , comme dans cet animal.

Le squelette de la Panthère est, en général, inférieur de taille à celui du Jaguar; mais si cela n’a pas lieu pour tous les individus, du moins

il est toujours plus grêle, plus allongé dans toutes ses parties (1).

On reconnaît assez bien la tête de la Panthère par la forme du chanfrein qui est assez peu et assez doucement arqué, avec l’espace frontoorbitaire aplati transversalement ou fort peu convexe. Les apophyses post-orbitaires sont médiocres et assez arquées; les os du nez assez étroits et peu profondément échancrés à leur terminaison ; le bord palatin est relevé en pointe dans son milieu, et les apophyses ptérygoïdes sont longues et fort grêles.

Les os de l’oreille m’ont paru être tout à fait comme dans le Lion.

Le nombre des vertèbres est du reste le même , si ce n’est à la queue où il est en général plus considérable , mais variable de vingt-deux à vingt-cinq.

Parmi les vertèbres, je ne trouve guère à noter, comme différence un peu saisissable, que la profonde bifurcation de la lame inférieure de l’apophyse transverse de la sixième cervicale ; la gracilité et l’acuité de l’apophyse épineuse des dorsales en général , et son existence , quoique petite, à la onzième ; et l’étroitesse des épineuses et transverses des lombaires.

Los hyoïde de la Panthère manque, comme celui du Lion et du Tigre , de la pièce intermédiaire des grandes cornes, remplacée par un ligament étroit, dans lequel on trouve quelquefois un petit rudiment , plutôt cartilagineux qu’osseux, de cette pièce. Daubenton décrit cet os autrement; mais c’est une nouvelle preuve que l’espèce dont il a étudié le squelette sous le nom de Panthère était un Jaguar.

Je dois , en outre , faire observer que , dans la Panthère noire de Java , j’ai trouvé le rudiment de la pièce intermédiaire de la grande corne plus normalement développé que dans la Panthère ordinaire.

Aux membres antérieurs, l’omoplate est proportionnellement plus petite, surtout par comparaison avec l’humérus * qui est d’un tiers plus

Hyoïde de la P. noir

(1) Si Ton trouve une assertion contraire dans Daubenton ( Buffon , IX, p. 187) , lorsqu’il dit que les os du bras , de l’avant-bras et de la jambe sont beaucoup plus courts que ceux du Tigre , c’est que Daubenton avait sous les yeux un squelette de Jaguar et non celui d’une Panthère.

G. Feus. 5

Radius. long. Le radius lui-même est assez grêle, et même assez long , pour n’être cubitus. surpassé que d’un cinquième par l’humérus. Le cubitus suit la gracilité du radius, du reste avec la forme ordinaire. La même gracilité, et même Métacarpe. pius Je longueur , se remarquent dans les os du métacarpe et dans les phalanges, phalanges, de manière à ce qu’aucun de ces os ne puisse être confondu avec son analogue dans un Jaguar de même taille.

Aux membres postérieurs, la même prédominance des os longs qui les os innoniinè. constituent se manifeste; ainsi l’os innommé diffère en longueur d’un Fémur. quart seulement, au lieu d’un cinq ou sixième, du fémur qui est aussi bien plus grêle et moins déprimé que dans le Jaguar.

Tibia. Le tibia est presque aussi long que le fémur, et surtout bien moins large à son extrémité supérieure.

Métatarse. La longueurproportionnelle des os du métatarse, leur gracilité augmen¬

tent encore, ce quia également lieu pou r les phalanges; en sorte qu’il serait assez facile de distinguer un os de Panthère de son analogue dans un Jaguar.

J’ai pu examiner un assez bon nombre de squelettes, surtout de têtes osseuses de Panthères d’Afrique (de la Barbarie, du Sénégal et du Cap); d’autres de l’Inde, et surtout de Java, sans pouvoir y trouver de différences évidentes, que dans la taille, qui est quelquefois de près d’un quart en plus ou en moins, lorsqu’on compare surtout des individus de sexes différents.

Léopard je ,]0is même dire que sur des crânes notés d’après M. Temminck luim. Temminck. même, si je ne me trompe, comme de son Léopard, je n’ai trouvé aucune différence appréciable en les comparant avec ceux de sa Pan- \raie tlière. J’ai cependant observé deux ou trois crânes de Panthères, l’une îantiure. Cap , les autres de Barbarie , et chez lesquels le bord palatin était évi¬

demment échancré dans son milieu, au lieu d’être relevé en pointe, espèces de Après cet examen des espèces de Felis les plus rapprochées de notre

taille moyenne L

ou petit ', type sous le rapport de la grandeur, nous devons maintenant , pour ter¬

miner notre comparaison, passer en revue les espèces de moyenne et, plus souvent encore, de petite taille, en remontant vers celles qui sont plus viverroïdes, et en descendant vers celles qui sont plus caninoïdes

Dans le premier sens , nous ne connaissons encore que trois ou qua- Espèces tre petites espèces à tête longue et à queue médiocre, appartenant exclu- a cendan,es’ sivement à l’Asie continentale et insulaire.

L’espèce dans laquelle la forme de la tête s’éloigne le plus de celle des feus vides Felis ordinaires, est le F. Planiceps ou Viverriceps ; j’ai pu en 'ERROlDESexaminer, dans nos collections, trois crânes plus ou moins complets, et un squelette envoyé de l’Inde par M. Diard.

Outre l’allongement de la tête dans ses deux parties, qui rappelle fort F. Planiceps. bien celle d’une Genette, on doit remarquer l’aplatissement du front, déformé losangique régulière, déterminée par l’origine des crêtes temporales; l’apophyse orbito -frontale large, subcanaliculée, et assez longue pour atteindre celle correspondante de l’os jugal, et complétant ainsi le cadre de l’orbite ; le nez assez pincé et les naseaux fort étranglés dans leur milieu , et en général très-petits, et terminés par deux lobes subégaux; le trou sous-orbitaire rond et assez petit ; et , enfin , le canal palatin étroit et échancré au milieu de son bord.

La tête osseuse du F. Jcivanensis est également assez allongée , mais F^Javanensensiblement moins; d’ailleurs le cadre de l’orbite est moins complet, ^ et le bord palatin est pourvu d’une petite pointe médiane, au lieu d’être échancré.

Le F. Sumatrana se rapproche encore moins du F. Planiceps , et F- Sumatra rentre davantage, par sa tête, dans la forme des Chats ordinaires. Elle m' est cependant encore un peu allongée , arquée ; mais le front est plus convexe dans les deux sens; l’orbite est encore moins complet, quoiqu’il puisse letre encore quelquefois ; l’orbite lui-même est énorme ; les os du nez sont en général plus larges, et surtout moins étroits au milieu.

Le F. Rubiginosa a plus de rapports avec le F. Javanensis , par le F. Ruiiginorétrécissement de l’espace inter-orbitaire, par la grande largeur et le *a' rapprochement des apophyses orbitaires; cependant on conçoit qu’il forme une espèce distincte par un certain nombre de particularités plus faciles à voir qu a exprimer.

Je ne connais, de ces espèces viverroïdes, le reste du squelette, que

squcieiie dans le F. Planiceps et le F. Siunatrana. Le premier est remarquable par

des espèces J

viverroïdes. sa petitesse et la gracilité des os qui le constituent. Je ne vois, du

Vertèbres dor- reste , guère à signaler que la nullité presque complète de l’apophyse épineuse de la dixième dorsale, et la petitesse, en général, de celle de toutes les suivantes, et des transverses des lombaires; ce qui est en rapv. coccy- port avec le peu de développement de la queue, formée de dix-huit ver- Membres tèbres fort petites. Les os des membres sont au contraire , en général , proportionnellement longs et grêles.

Le squelette du F. Sumatrana rentre davantage dans la forme et les proportions de celui du Chat d’Europe, quoique sa queue, formée de dix-neuf vertèbres, soit encore assez petite; la dixième dorsale a , du reste, son apophyse épineuse assez marquée, ainsi que la onzième, assez bien comme dans le F. Catus.

Espèces Les autres espèces de Felis de la partie descendante du genre sont

descendantes beaucoup p]us nombreuses et susceptibles d’être partagées en un certain nombre de petits groupes.

Servaloïdes : Le premier est celui qui comprend le Serval, avec une nouvelle espèce

découverte récemment dans l’Himalaya , et qui se distingue par une queue assez courte.

serval Nous possédons deux squelettes entiers du Serval et plusieurs crânes ,

(F. Serval). r 1

tous d Afrique. Au premier aspect, c est de celui du Lynx quil se rapcrâne. proche davantage ; seulement la tète est en général un peu plus allongée, le chanfrein moins bombé, la crête sagittale courte et l’occipitale plus étroite , avec les apophyses orbitaires plus larges , l’espace frontal plus plat , l’os mandibulaire plus en bateau ou moins droit à son bord inférieur, et l’apophyse angulaire un peu plus longue. Du reste, le bord palatin, assez large, est quelquefois anguleux, et d’autres fois un peu écliancré dans son milieu; ce qui tient peut-être au degré d ossification.

vertèbres. Les autres parties du squelette indiquent aussi une espèce un peu lyncoïde, par la brièveté de la queue, formée de dix-huit vertèbres seulement, et par la forme un peu élancée des membres. On peutyremar-

quer, de plus, l’allongement fort surbaissé de l’apophyse épineuse de l’atlas , l’apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale peu bifide , l’épineuse de la dixième dorsale fort petite et presque cachée; les transverses des lombaires très-obliques, longues et subégales; les sternè- stemèbres. bres, et surtout le manubrium, fort comprimées; le prolongement marqué de l’apophyse coracoïde; l’humérus très-droit et de près d’un Membres, tiers plus long que l’omoplate , autant proportionnellement que dans un Lynx; l’avant-bras peut-être encore plus serré dans ses deux os, également plus arqués, avec un sillon prononcé à la partie supérieure du radius , et le cubitus presque tranchant à son bord postérieur ; la main longue et étroite , surtout dans les métacarpiens , plus proportionnellement peut-être que dans le Lynx, ce qu’on peut dire d’une manière générale de toutes les parties des membres postérieurs, et surtout pour les os du métatarse , plus grêles et même plus longs.

Quant au F. Viverrina ou Himalajana , sa tête me semble avoir de F. Fiverrina. grands rapports avec celle du Serval , même dans la forme des crêtes sagitto-occipitales; seulement elle est encore plus allongée. Le nez est bien crâne, plus pincé, et par conséquent les os du nez bien plus étroits; les apophyses orbitaires sont aussi moins larges , mais plus longues , au point de compléter le cercle orbitaire. Le bord palatin est un peu échancré dans son milieu.

La queue, dans cette espèce, a dix-neuf vertèbres. v.cocc.desFe-

C’est évidemment avec la tête du Serval que celle de l’Ocelot a le plus '^ocelIt^ de rapports, pour la forme du moins, car pour la grandeur elle égale au (*"• PardaHs). moins celle d’un grand Lynx , au point qu’il serait assez difficile de les crâne, distinguer par la taille et même par la forme. C’est, en effet, assez bien la même arqûre du chanfrein ; le front est cependant plus bombé dans les deux sens , et non canaliculé à l’origine du nez. L’apophyse sous-orbitaire est plus longue, plus étroite , plus dirigée en arrière. Le nez est toujours assez pincé à sa racine entre les maxillaires ; aussi les os du nez sont-ils plus étroits , plus dilatés subitement à la base , le lobe externe de celle-ci étant proportionnellement plus prolongé. L’ouverture naso-palatine est

F. Mitii).

Margay F. Tigrina.

F. Elegans.

Autre espèce du même groupe.

Squelette des Felis oceloïdes.

également moins transverse et plus en ogive. Enfin , le côté antérieur de l’apophyse coronoïde est plus rectiligne, plus oblique , et toute l’apophyse moins arquée et plus verticale.

J’ai pu comparer à la fois sept crânes d’Ocelot, dont le sexe netait certain que pour deux , l’un mâle et l’autre femelle , et il m’a semblé que celui-ci était plus court, plus ramassé; mais je ne voudrais pas assurer qu’il en soit toujours ainsi.

J’ai pu comparer à ces têtes d’Ocelot deux crânes de l'espèce désignée par M. F. Cuvier sous le nom de Chati {F. Milis), et l’individu même qui a servi à son établissement; en portant la comparaison sur un individu de même sexe femelle de l’Ocelot, je n’ai pu trouver aucune différence véritablement appréciable, que dans la taille, en général moindre. J’ai cru cependant que la tête du Chati avait encore plus de ressemblance avec celle du Serval, par une excavation plus marquée du front.

Je n’ai eu à ma disposition qu’un seul crâne de Margay (F. Tigrina ) adulte, et il m’a semblé que ce n’était encore qu’un crâne d’Ocelot, plus petit, plus raccourci, avec le front bombé dans les deux sens , l’apophyse fronto-orbitaire plus courte , plus aiguë, le nez un peu moins pincé, et ses os un peu plus courts et plus larges.

J’ai pu m’assurer que le Felis désigné dans ces derniers temps sous le nom de .F. Elegans, netait qu’un véritable Margay, de taille encore plus petite. Du moins le crâne d’un Chat du Pérou, ayant tous les caractères assignés à cette espèce , ne m’a offert aucune différence appréciable, comparé à celui d’un F. Tigrina.

On pourrait assez bien en dire autant d’un autre Felis oceloïde rapporté de Buénos-Ayres par M. d’Orbigny, et qui paraît être de la taille d’un Chati. Sa tête osseuse, la seule partie du squelette que j’aie vue, m’a paru en effet indiquer quelque chose d’intermédiaire au Chati et au Margay, plus rapprochée de celui-ci que de celui-là.

Outre la tête de ces quatre espèces ou variétés d’Ocelot , j’ai pu observer deux squelettes d’Ocelot proprement dit, deux de Chati, un de Margay et un du F. élégant, et la ressemblance m’a paru très-grande,

même dans les proportions des membres, qui sont dans les Ocelots toujours moins élevés que dans le Serval, et les différences ne porter guère que sur la taille. On peut cependant remarquer plus de force proportionnelle dans le squelette de l’Ocelot , l’apophyse épineuse des vertèbres dorsales étant plus large, plus dilatée vers la base, et par conséquent bien moins grêle, ce qui a également lieu pour les apophyses transverses des vertèbres lombaires. Le nombre de vertèbres caudales est aussi de vingt-deux au lieu de vingt. De plus , le bord postérieur du cubitus de l’Ocelot est large et épais , au lieu d’êti'e mince et presque tranchant, comme dans le Chati etl’Élégant. Du reste, dans ces quatre squelettes l’apophyse épineuse de la onzième dorsale est également spiniforme.

Avant de passer au petit groupe qui renferme notre Chat d’Europe , nous devons dire quelque chose de deux espèces remarquables par la même particularité de robe qui distingue le Lion , c’est-à-dire par l’uniformité de coloration du corps et du dos des oreilles, du moins dans lage adulte. Ces deux espèces sont le Cougouar (1) et le Jaguarundi. Nous connaissons du premier huit crânes de taille très-différente, ainsi que deux ou trois squelettes. Du second, nous ne possédons que deux têtes tronquées à l’occiput , sans sexes déterminés.

La tête osseuse du Cougouar , quoiqu’en général plus ramassée , peut être assez bien comparée à celle de la Panthère. Elle montre, pour différences principales , un front moins large , mais plus soulevé, plus convexe; un museau plus court et plus rapidement déclive, et par conséquent des os du nez moins allongés , et la branche montante du maxillaire plus large et plus courte. Il en est de même de l’os mandibulaire qui est moins étroit dans toutes ses parties et surtout dans son apophyse angulaire. Les caisses sont aussi plus globuleuses , et le bord palatin est légèrement excavé vers son milieu.

(1) Daubenton en donnant une description différentielle du squelette de cette espèce ( Buffon , IX, p. 228) , avait parfaitement noté la grande convexité du front, l’échancrure profonde de l’apophyse transverse inférieure de la grande cervicale , et la longueur proportionnelle plus grande du radius, comparativement avec le Jaguar (son Léopard).

F Pardalis.

F. Milis

Tigrina.

des Feus américains

ONICOLORES.

Cougouar [F. Concolor).

Son Crâne.

Atlas.

Dixième

dorsale

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