DES CANIS
Le genre Canis , quelque intéressant qu’il soit , quand on le considère sous le point de vue de l’association primitive , et peut-être divine , du Chien avec l’espèce humaine , et par conséquent sous le rapport de son histoire naturelle et de la nôtre, devra pourtant nous occuper bien moins longtemps que celui des Felis , apogée des animaux carnassiers , dont le Lion est le terme. En effet, ce n’est évidemment déjà qu’une sorte de dégradation de ce grand genre, et comme il ne forme pas un type aussi rigoureusement circonscrit que lui , letude minutieuse des espèces qu’il renferme , ne pourrait nous offrir une importance scientifique ou zoologique aussi marqué.
Toutefois , cette diversité dans le type générique nous conduira, jusqu’à un certain point, à un résultat assez analogue à celui qu’a déterminé le grand nombre de variétés de taille chez les Felis , et nous forcera encore à descendre à des développements qui ne seront pas sans intérêt. Nous le ferons d’autant plus volontiers, que ce genre a laissé des traces de son ancienneté et de son existence dans des terrains au moins aussi variés que celui des Felis; qu’il offre à notre étude un plus grand nombre d’espèces encore actuellement vivantes dans notre Europe, et que, d’ailleurs, il renferme , au nombre de ces espèces , le fidèle compagnon de l’Homme, espèce qui doit nous fournir les éléments les plus importants pour la résolution de la grande question de la domesticité des animaux; à quoi je puis encore ajouter que le Chien , sujet malheureusement trop souvent entre les mains des anatomistes et des physiologistes, a été fréquemment pris pour type de l’organisation des Mammifères digités. L’ostéologie et l’odontologie des espèces de ce genre nous demandera G. Canis. 1
Généralités.
Intérêt de 1 étude du genre Canis.
À cause des Espèces fossiles.
Du nombre des Espèces vivantes en Europe.
De l’Espèce domestique.
De l'Ordre à suivre.
Du Type à choisir.
Le Loup
(C. ÏMjms).
Histoire et étude de son
Par Vèsale.
Blasius.
Daubenton.
Nous avons déjà fait pressentir plus haut que les Canis , qui comprennent les Renards, les Chacals et les Loups, ne forment pas un genre aussi nettement circonscrit que les Felis : d’où il est résulté que la dégradation y est bien plus manifeste que chez ceux-ci. En effet , nous verrons que , si les premières espèces ont quelque chose des Felis , comme les Renards, qui ont la pupille verticale et une petite clavicule presque normale , les dernières , dont la pupille est ronde , n’auront plus que quatre doigts en avant comme en arrière, ainsi que cela a lieu chez les Hyènes.
D’après cela , on voit comment , après avoir pris pour type du genre, et décrit le Loup, espèce évidemment la plus répandue, la plus commune , et regardée , à tort ou à raison , comme la souche de notre Chien domestique, nous lui comparerons , suivant notre méthode, les espèces de Canis dont nous avons pu nous procurer le squelette , d’abord , celles ascendantes, c’est-à-dire qui remontent vers les Felis, et ensuite , celles descendantes vers les Hyènes , par lesquelles nous terminerons l’ostéographie des Carnassiers.