CHAPITRE PREMIER
L’étude du squelette du Loup, et surtout de celui du Chien, c’est-àdire de l’animal qui se trouve à chaque instant sous le scalpel de l’anatomiste, a été essayée d’une manière plus ou moins complète par un grand nombre de personnes , mais malheureusement trop souvent sans une marche bien rationnelle. Ainsi , sans parler de Yésale , ni même de G. Blasius f Daubenton, qui commençait alors, il est vrai, le grand ouvrage de Buffon, ne fut pas heureusement guidé par suite du plan adopté par ce dernier, en faisant porter sa comparaison du squelette du Chien avec ceux du Cochon, du Cheval, et autres animaux domestiques, par lesquels Buffon, imitant Pline , avait cru devoir commencer sa vaste
entreprise. Cette faute de Daubenton ne put être réparée, lorsque, venant à parler du Loup dans un autre volume, il crut devoir donner cinq grandes pages de mesures linéaires; car ce genre de mesure ne peut jamais remplacer une description comparative.
M. G. Cuvier, qui, dans ses leçons d’anatomie comparée, n’avait g cuvier, parlé que fort rarement du Chien , et du Loup en particulier, et même d’une manière assez erronée, répara cette omission dans la seconde édition de ses Recherches sur les ossements de quadrupèdes (i 82 5) , en prenant cette espèce comme type du groupe des Carnassiers , et même en donnant d’excellentes figures, malheureusement de la tête seulement, mais sans une description suffisamment détaillée ni comparative. C’est Meckei. ce que l’on peut également dire de Meckel , qui n’a pas été beaucoup plus loin, en donnant quelques particularités dans ses Généralités sur les Carnassiers, non plus que MM. Pander et d’Alton, qui n’ont pas même Mander figuré le squelette d’une espèce de ce genre. Nous espérons donc qu’il etdAlton nous sera possible d’ajouter quelque chose à ce qui a été dit sur le squelette du Loup, et , au moins , de le faire envisager un peu autrement que nos prédécesseurs , d’abord parce que notre plan est tout différent , et ensuite parce que nous pouvons nous étendre bien plus qu’ils ne le devaient dans des ouvrages généraux.