‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 128 sur 171 · De la Colonne vertébrale · texte numérisé non relu

De la Colonne vertébrale

Nombre des Vertèbres.

Courbures.

Forme.

En particulier.

A la Tête.

Vertèbres :

occipitale.

6 CARNASSIERS; CANIS (Lupus).

mouvements qui leur sont permis; ce qui demande nécessairement des ligaments moins lâches ou plus serrés, comme on peut le voir surtout aux articulations des vertèbres et des membres antérieurs et postérieurs. En effet, le Loup et les Canis en général ont bien moins de souplesse et d’ondulations dans leurs mouvements que les Felis.

Le nombre des os en totalité, et même celui des os qui entrent dans la composition de chaque partie du squelette sont absolument les mêmes que dans les Felis , ce qu’on peut également dire de leur disposition.

Ainsi, la série vertébrale, formée de quatre vertèbres céphaliques, sept cervicales, treize dorsales , sept lombaires, trois sacrées et de dix-sept ou dix-huit coccygiennes, présente-t-elle absolument les mêmes courbures que dans les Felis; seulement, celle du cou est moins profonde , et surtout celle du dos se continue avec celle des lombes, sans former à la jonction de ces deux parties , l’angle prononcé que nous avons fait remarquer dans les Chats. On peut ajouter que la courbure de la queue en dessus est peut-être moins marquée , moins tombante à sa racine , au contraire de celle en sens inverse de sa partie terminale.

On peut aussi faire observer que la colonne vertébrale du Loup est un peu plus large, moins étroite que dans la Panthère , par exemple , qui est à peu près de la même taille, et que dans les Felis, en général, moins cependant que dans les Ours et que dans les Primates.

Si , maintenant , nous examinons à part chaque région de cette colonne , nous verrons que les différences les plus grandes portent sur les deux extrêmes, la tête et la queue.

La partie vertébrale de la tête du Loup est , en général , plus allongée, non-seulement que dans les Felis , mais peut-être même que dans tous les autres Carnassiers de sa taille. Du reste, la vertèbre occipitale, en forme de plaque verticale, excavée en arrière , et tout à fait terminale dans son arc fortement relevé de crêtes , et se prolongeant , en forme d’interpariétal, assez en avant de la crête occipitale(i), est large et

(J) Meckel regarde ce prolongement comme un véritable interpariétal distinct ; M. G. Cu-

plate dans son corps du reste assez avancé. La sphéno-pariétale est , au contraire, assez allongée , même dans son corps, dont l’aile sphénoïdale est assez grande pour s’élever au niveau de la suture du squammeux , et pour s’articuler largement avec le pariétal , dont l’allongement contribue pour beaucoup à celui de la tête en général. La sphéno-frontale est encore considérable , du moins dans son arc ou os frontal , plus même que la précédente ; sa longueur étant partagée par l’apophyse orbitaire en deux parties égales : l’antérieure assez rapidement déclive et profondément incisée par la pointe du maxillaire, et la postérieure fortement déprimée latéralement , pour sa contribution dans la formation de la fosse temporale.

Quant au vomer et aux os du nez , ils participent à la longueur de la face , déterminée par celle des mâchoires : aussi sont-ils bien plus étendus que chez les Felis, le premier étant, comme à l’ordinaire , continu avec le corps de l’ethmoïde , mais fort étroit , et les seconds ensellés ou un peu excavés en dessus , prolongés en pointe arrondie jusqu’au frontal , et partagés en deux lobes très-inégaux à leur bord terminal , l’interne presque nul , l’externe en pointe assez aiguë et libre.

Les appendices céphaliques ou les mâchoires du Loup ont un CaraC- Appendices 1ère particulier dans leur allongement , et même dans la manière dont céphaliquesils s’atténuent, en forme d’avance pyramidale.

La mâchoire supérieure commence : à) en bas par un ptérygoïdien in- supérieur, terne, large, squammiforme, concave en dedans, à bord interne presque Ptérygoïdien droit, prolongé en arrière en une apophyse très-petite et pointue,- b)e n haut, par un lacrymal assez petit, plus intra qu’extra-orbitaire, et ne Lacrymal, formant que la moitié externe du canal lacrymal, tandis que, dans les Felis , cest la moitié interne; c ) en dehors, par un zygomatique assez ar- zygomatique, qué, mais plus long, moins large, et surtout bien moins bifurqué en arrière que dans les Felis, qui sont au summum de cette disposition.

Le palatin , qui , dans sa branche verticale fort large , monte assez peu

vier assure ( Ossem . foss., 1Y , p. 27l) ne l’avoir jamais trouvé à cet état , même dans des fœtus de tout âge. Je n’ai pas été plus heureux.

sphéno-

pariétale.

sphéno-

frontale.

Vomero-

nasale.

Palatin.

8 CARNASSIERS; CAN1S (Lupus).

élevé pourtant dans l’orbite , se porte au contraire , par une lame horizontale large et arrondie en avant . presque vers le tiers postérieur du palais, au niveau du milieu de la première dent tuberculeuse, et, en arrière, assez loin pour border l’orifice nasal.

Maxillaire. Le maxillaire, bien plus long que dans les Felis, et qui entre pour la plus grande part dans l’allongement de la face , assez élevé et convexe dans sa branche montante , arrondie à son extrémité supérieure , est , au contraire , presque plane , ou à peine sub-canaliculée dans sa branche ou lame horizontale , dont le bord est inégalement creusé par des alvéoles profondes , nombreuses et variées.

Prémaxiiiaire. Le prémaxillaire est aussi bien plus grand que dans les Felis ; sa branche montante s’interposant à l’os du nez et au maxillaire , par une pointe très-eflilée qui dépasse la moitié de la longueur de celui-là , et sa lame horizontale assez projetée en avant , en formant un bord arrondi , creusé de trois profondes alvéoles.

Inférieur. La mâchoire inférieure , qui commence fort en arrière , a pour base un Rocher rocher assez développé , très-serré entre les os qui l’entourent , fortement caréné à son angle solide supérieur , et profondément perforé à sa face interne, de trois trous subégaux, le sinus du lobule cérébelleux le p'us grand.

caisse Contre ce rocher s’applique une caisse ovale renflée, moins cependant et canal e dans les Felis , se continuant en dehors en un canal auditif large,

auditif. 1

appliqué à sa racine , se prolongeant en une gouttière fortement déchirée à son bord , et constituant avec le squammeux un tube complet assez long et dirigé un peu en haut et en arrière.

Osselets Les osselets de l’ouïe ont la forme ordinaire , l’étrier en pyramide tron- ^Vtrier6 quée, avec la platine ovale et largement percée; le lenticulaire trèstenticuiaire. mince et ovale ; l’enclume en dent molaire, avec ses deux bras ou racines Marteau presque égales et très-divergentes; le marteau enfin, très-arqué, à tête assez petite, à col fort dilaté avec ses deux apophyses bien marquées, et dont le manche est court, assez épais et presque canaliculé dans sa longueur.

Enfin , le squammeux , la dernière pièce du temporal , est assez large et mince dans sa partie supérieure, dont le bord est plutôt échancré qu arrondi ; mais son apophyse zygomatique est moins arquée, moins écartée, en un mot, moins large que chez les Felis, quoique cependant encore assez forte; aussi, sa cavité glénoïde est-elle bien moins profondément canaliculée , toutefois avec l’apophyse d’arrêt postérieure plus saillante que chez ces derniers.

La mandibule du Loup correspondante par son étendue générale à celle de la mâchoire supérieure, se laisse aisément distinguer de celle des Felis, et même de celle des Ours par la longueur, l’étroitesse et un peu de courbure en bateau de sa branche horizontale , fort épaisse du reste à son bord inférieur , et s unissant à celle du côté opposé par une symphyse ovale et oblique , ainsi que par le peu d’élévation de la branche montante. Celle-ci présente, du reste, un condyle transverse subovale, assez large, fort peu détaché; une apophyse coronoïde fort élevée et peu arquée , mais inclinée sur ses deux bords , et comme tronquée à sa terminaison ; enfin , une apophyse angulaire à crochet épais , arrondi , oblique en dehors , saillante presque à l’aplomb du condyle , sans arrêt au commencement de son sinus de jonction avec le bord de la branche horizontale.

L’angle facial , sous lequel la mâchoire supérieure se joint au crâne est nécessairement diminué de ce qu’il est chez les Felis , et , en effet , il ne dépasse guère une vingtaine de degrés, surtout en faisant abstraction des bosses frontales.

Les cavités et fosses internes ou externes , ont également éprouvé des modifications importantes.

Ainsi, laire crânienne et l’aire faciale sont à peu près égales, par suite surtout du grand développement de celle-ci.

La cavité cérébrale est toujours partagée en deux parties par une lame occipitale oblique , un peu excavée en arrière , formant presque toute la tente du cervelet.

Les fosses basilaires sont peu marquées; la selle turcique presque

G. Canis. 2

Squammeux.

Mandibule.

Branche

horizontale.

montante.

Condyle.

Coronoïde.

Angulaire.

Angle facial.

Cavités et Fosses.

Dans le Crâne ou intérieures

Médianes

basilaires.

Turcique.

Latérales.

Olfactives.

Extérieures.

Occipitales.

Temporales.

Ptèrygoï-

diennes.

Cavités

sensoriales.

Auditive.

Oculaire ou Orbite.

Olfactive.

10 CARNASSIERS; CANIS (Lupus).

effacée, à défaut d’apophyses clinoïdes; la selle chiasmatique est également peu indiquée et peu étendue. Les fosses latérales sont aussi moins profondes que dans les Felis, et surtout les sphéno-temporales. Mais c’est le contraire pour les fosses olfactives ou de la lame criblée ; elles sont en effet très- larges, très-profondes, cordiformes, sans apophyse cristagalli intermédiaire, et chacune divisée en trois groupes de trous : l’externe triangulaire plus large, le supérieur bien plus grand, arrondi, et l’interne de beaucoup le plus petit.

A l’extérieur de la tête, les diverses fosses sont aussi dans des proportions assez particulières.

Ainsi les occipitales, très-prononcées par le grand développement de la crête de ce nom, se portant obliquement jusque derrière le trou auditif, laissent au-dessous d’elles trois grandes aires d’anfractuosités d’insertion musculaires, une médiane et deux latérales, réniformes.

Les fosses temporales occupent toutes les parties latérales du crâne, et même celles d’une crête sagittale considérable, naissant quelquefois sur les frontaux et se portant sur l’occipitale , devenant ainsi triptère et fort élevée au culmen ou point de jonction.

Les fosses ptérygoïdiennes sont, au contraire, fort petites et presque superficielles.

Les cavités sensoriales sont généralement assez grandes et dans un degré de développement à peu près égal.

L’auditive est en effet médiocre, aussi bien en dedans qu’en dehors.

L’oculaire est assez bien dans le même cas, et par conséquent notablement moins grande que dans les Felis, mais plus ovale, plus oblique en dehors, et surtout encore moins fermé dans son cadre que chez eux ; par suite d’un moindre développement des apophyses orbitaires.

La cavité olfactive est, par contre, bien plus étendue, non -seulement en elle-même, à cause du prolongement des os du nez , des maxillaires, mais encore par suite du grand développement des cornets, surtout des inférieurs, et même des sinus maxillaires et frontaux, qui soulèvent quelquefois le front de manière à former une sorte de rigole dans

la ligne médiane du chanfrein , et à augmenter notablement le degré de l’angle facial.

Enfin la cavité linguale ou gustative a suivi le même accroissement , ce qu’indique l’allongement des mâchoires. Aussi le palais, presque aussi large que dans les Felis, est bien plus long, peu profondément excavé ou voûté , si ce n’est dans l’angle formé par l’écartement des deux arrière-molaires, où se voit un assez profond enfoncement pour loger la carnassière inférieure; mais l’angle sous lequel les deux mandibules se joignent est bien plus aigu , puisqu’il dépasse à peine vingt degrés, et la symphyse étant assez longue.

Les ouvertures de la tête du Loup sont aussi plus grandes que chez les Felis.

L’antérieure , ou nasale , est plus oblique, moins terminale, plus ovale, et comprise entre les prémaxillaires et les nasaux seulement.

La médiane , ou palatine , percée un peu au delà de la moitié de la longueur basilaire, est plus étroite, assez large du reste, à rebord mince , avec pointe médiane fort peu marquée.

Quant au grand trou occipital , il est presque complètement terminal , son diamètre transverse un peu plus grand que le vertical, et dans la proportion de 1 à 3 avec celui de la cavité cérébrale.

Les orifices vasculaires et nerveux n’offrent rien de bien particulier, que de légères différences de proportion.

Parmi les premiers, le canal carotidien est médiocre et tout à fait à l’extrémité antérieure de la caisse ; le trou déchiré postérieur est ovale ou semi-lunaire, bien circonscrit.

Parmi les seconds, les condyloïdiens, au nombre de deux, sont ronds , fort avancés et bien distants ; les trous rond et ovale, presque égaux et de même forme arrondie; la fente sphénoïdale est en trou de serrure et plus grande qu’eux; le trou optique, fort oblique et petit; les orbitaires internes, au nombre de deux , le sont excessivement; l’orifice du canal palatin , médiocre , communique dans le palais par deux trous fort avancés, dont un plus grand que l’autre ; le canal sous-orbi-

Gustative.

Palais.

Angle inter mandibulaire.

Ouvertures

terminales.

Antérieure

Médiane.

Postérieure ou Occipitale.

Orifices et Trous.

Vasculaires.

Carotidien.

Déchiré.

Nerveux.

Condyloïdiens.

Rond.

Ovale.

Optique.

Palatin.

Sous-

orbitaire.

Dentaire.

Mentonniers.

Des Condyles.

Vertèbres cervicales, 7.

Atlas.

Axis.

Inter¬

médiaires.

Sixième.

12 CARNASSIERS; CANIS [Lupus).

taire s’ouvre à l’extérieur par un orifice ovale, comprimé verticalement.

A la mandibule l’orifice interne du canal dentaire est médiocre , fort oblique et assez inférieur, et sa terminaison se fait par deux trous mentonniers sur la même ligne assez grands, l’antérieur plus que le postérieur, celui-là à l’aplomb de la première avant-molaire , celui-ci dans l’intervalle de la seconde et de la troisième.

La tête du Loup se joint au reste de la colonne vertébrale par des condyles subterminaux , assez saillants et ovalaires.

Les vertèbres cervicales sont assez différentes de celles des Felis et des Ours de même taille, par un peu plus de longueur en général, et par la forme des apophyses transverses, qui sont plus larges d’avant en arrière.

L’atlas a son corps pourvu inférieurement d’une épine au milieu de son bord postérieur, et ses ailes , projetées en arrière , un peu plus étroites que dans les Felis , avec les deux trous artériels , très-rentrés et écartés, tout à fait en dessus ; l’axis , son apophyse épineuse très-longue , d’avant en arrière, mais très-peu élevée, et presque tout à fait rectiligne à son bord supérieur.

Les trois cervicales intermédiaires, qui ont pour caractère commun d’avoir le corps pourvu en dessous d’une sorte de carène apophysaire , diffèrent entre elles par l’apophyse épineuse , nulle à la première , assez large à la seconde, et plus étroite à la troisième, par les tubercules supérieurs des apophyses articulaires décroissant de la première , où elle est presque nulle, à la troisième, et enfin parles apophyses transverses fort longues, d’avant en arrière, sinueuse à leur bord, et augmentant un peu de largeur, mais sans tendre à s’imbriquer comme dans les Felis.

La sixième cervicale se distingue par une apophyse épineuse presque aiguë et antéroverse, ainsi que par son apophyse transverse, dont le lobe inférieur est assez large et non sinueux à son bord.

Les vertèbres dorsales , au nombre de treize , sont , au contraire des cervicales, en général plus courtes ou plus épaisses de corps; les apo-

Dorsales, 13.

physes épineuses sont aussi moins étroites, moins aiguës que dans les Felis, mais bien moins larges que dans les Ours ; et celles de la onzième et de la douzième inclinées en sens inverse, de manière à se regarder par leur côté droit , sont de la même hauteur.

Les sept lombaires forment surtout une région plus courte que dans les Felis, mais bien moins que dans les Ours. Leurs apophyses épineuses croissent de hauteur en diminuant de largeur jusqua la quatrième, pour décroître ensuite assez rapidement jusqu a la septième. Les apophyses transverses sont en général plus grêles, et d’autant plus quelles sont plus postérieures ; la plus longue est la cinquième , et la plus petite la septième, remarquable par sa gracilité ; les antérieures surtout ont une sorte d’épine à l’angle antérieur de leur extrémité.

Les trois sacrées constituent un sacrum étroit , à bords ou côtés presque parallèles , mais plus court et plus ramassé que dans les Felis. Les deux dernières vertèbres, assez semblables, très-déprimées, arquées, et la première presque seule articulée avec l’iléon.

Enfin les vertèbres coccygiennes , au nombre de dix-neuf au plus , ont pour caractères communs d’être en général plus petites , plus grêles , et surtout de décroître bien plus rapidement , de manière à constituer une queue bien plus effilée, bien moins puissante que dans les Felis.

La série sternébrale du Loup rappelle beaucoup ce qui existe dans les Felis à cornes hyoïdiennes complètes.

Ainsi l’hyoïde , composé du même nombre de pièces , offre un corps transverse peu étroit et moins épais, triquètre dans sa coupe , des grandes cornes , dont l’article basilaire est le plus court et le plus large ; les deux autres étant subégaux ; le dernier assez arqué , et enfin une corne thyroïdienne plus forte et plus longue que les articles de l’antérieure.

Le sternum est , comme à l’ordinaire , formé de ses huit pièces , sans compter le xiphoïde , assez longues et étroites , à coupe trapézoïdale, la base en dessous, subégales, sauf le manubrium, double des autres, et la huitième cubique, et n’étant distincte du xiphoïde qu’en dedans.

Quant aux côtes et aux cornes, qui descendent des vertèbres dorsales.

Lombaires, 7.

Sacrées, 3.

Coccygiennes, 19.

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