‹ Osteographie, ou, Description iconographique comparee du squelette et du systeme dentaire des mammiferes recents et fossiles pour servir de base a la zoologie et a la geologieChapitre 129 sur 171 · II.Sternèbres · texte numérisé non relu

II.Sternèbres

Hyoïde.

Corps.

Cornes

antérieures,

postérieures

Sternum.

Côtes, 13

Thorax.

a) antérieurs.

Omoplate.

Sa forme.

Sa Crête.

Acromion.

Coracoïde.

Clavicule

Humérus.

rieurement.

Os

de l’ Avant-

Bras.

14 CARNASSIERS; CAN1S [Lupus).

ou remontent des sternèbres pour constituer le thorax , elles sont en même nombre et disposition que dans la panthère ; seulement elles sont un peu plus larges et plus plates, surtout inférieurement, les antérieures plus que les autres : caractère qui se retrouve assez bien dans la Civette.

Le thorax , qui en résulte est aussi un peu plus long , plus comprimé, et, par suite, plus haut dans le sens vertical que dans la Panthère.

Les membres du Loup sont aussi , en général , un peu plus élevés, plus redressés que dans celle-ci; peut-être même sont-ils un peu moins distants entre eux.

Aux antérieurs :

L’omoplate est évidemment plus étroite, surtout par moins d’avance de son bord antérieur que dans les Felis, et, à fortiori , que dans les Ours, ce qui rend ses deux côtés subsemblables; sa crête, qui est submédiane (la fosse sous-épineuse étant cependant un peu plus grande), haute et presque droite, se termine par un acromion peu développé , arrondi , mais non bifurqué , de manière à ressembler un peu à ce qu’il est dans l’Ours. L’apophyse coracoïde est réduite à un simple tubercule épais, à peine saillant au-dessus d’une cavité glénoïde ovale, et appointie supérieurement.

La clavicule semble ne pas exister, mais, lorsqu’on la cherche convenablement , on trouve quelle est réduite à une petite pièce osseuse, plate, large, arrondie à une extrémité , et se terminant brusquement en pointe à l’autre.

L’humérus court , assez gros, avec sa double courbure assez marquée, assez large et comprimé supérieurement, ce qui est produit par une empreinte deltoïdienne assez forte, ne dépassant pas le tiers de la longueur totale, est, au contraire, étroit inférieurement, plus même que dans la Panthère, par suite d’une absence presque complète de crête au-dessus du condyle. La surface articulaire est en double poulie bien marquée , sans trou ou canal au condyle interne , mais avec un trou d’ossification incomplète dans le fond de la fosse sigmoïdale.

Les os de l’avant-bras du Loup ne se distinguent pas moins aisément

En général.

de ceux des Ours et des Felis, et, en général , de ceux de tous les autres carnassiers, et cela, par des caractères évidents de dégradation, entre autres, par plus d’élévation proportionnelle, plus de rapprochement entre eux, et par la position presque tout à fait antérieure du radius, ce qu’indique la place de la facette sigmoïde du cubitus.

Ainsi , le radius , presque aussi large supérieurement qu’inférieu rement, est fortement comprimé au-dessous de la tête humérale, et arqué dans toute sa longueur; sa tête supérieure, bien plus large qu’épaisse, est manifestement transverse, semi-circulaire ou sigmoïde, tandis que l’inférieure, proportionnellement peu large, offre sa cavité articulaire également transverse , mais étroite et sans gouttière dorsale ni tubercule interne aussi prononcés que dans la Panthère.

Le cubitus , qui suit la courbure du radius dans toute sa longueur , en se collant presque contre lui, est encore assez large , assez épais dans son apophyse olécrâne , presque carrée , bicornée à l’angle antérieur et supérieur , et bien moins épais et recourbé que dans les Felis ; mais , dans le reste de son étendue , il s’amincit et s’atténue assez rapidement en se courbant , de manière cependant à conserver le même diamètre , en formant une apophyse odontoïde, assez large, comprimée et arrondie à son extrémité.

Dans les os du carpe , nous ferons remarquer que ceux de la première rangée sont en général plus forts que dans les Felis , au contraire de ceux de la seconde, notablement plus petits. Le scaphoïde, par exemple, de tous le plus grand et le plus large, est pourvu en dedans d’une apophyse encore plus forte , et surtout plus épaisse que dans les Felis , et qui offre en dedans et en arrière, une facette articulaire sigmoïde pour un sésainoïde. Le triquètre est encore assez gros, bien plus que dans la Panthère , pourvu d’une apophyse interne ou carpienne bien plus forte , et d’une fossette articulaire cubitale évidente ; au contraire , le pisiforme est plus court , plus épais, et surtout plus dirigé en arrière.

La seconde rangée est plus restreinte que dans les Felis; le trapèze très-petit , semblable à un cunéiforme ; le trapézoïde et le grand os sub-

En particulier.

Radius.

Supé¬

rieurement.

Inférieurement.

Cubitus.

Supé¬

rieurement.

Inférieurement.

Carpe.

1« rangée.

Scaphoïde.

Triquètre.

Pisiforme.

2e rangée.

Trapèze.

Trapézoïde.

Métacarpe.

En particulier.

Phalanges.

En général.

En particulier.

Premières.

Secondes.

Troisièmes ou Onguéales.

Du Pouce.

a ) postérieurs.

En général.

Os innominè.

16 CARNASSIERS; CANIS (Lupus).

égaux, ce dernier pourvu en dedans d’une apophyse épaisse, plus que

celle de l’unciforme.

Les os du métacarpe sont, en général, plus longs, plus étroits, plus serrés, plus rectilignes sur les bords que ceux des Felis. Des quatre externes, bien plus grands que l’interne, deux divergent en dedans, et deux en dehors, et leur déclivité dorsale est dans le même sens. Le plus gros et le plus court est le cinquième : les troisième et quatrième sont presque égaux et presque semblables , le second est le plus courbé en dedans. Tous plus étroits à la face palmaire, plus larges et presque plats à la face dorsale, offrent , comme caractère, d’avoir la tête articulaire bien moins dilatée au bord externe et en bas , audessus des poulies que dans les Felis.

Les phalanges participent assez peu à cette augmentation de longueur des membres antérieurs ; elles sont même, en général , proportionnellement plus courtes que dans les Felis, et les deux dernières d’une forme très-différentes. Des premières , celles des deux doigts intermédiaires sont subégales , celles du second et cinquième doigt plus courtes. La différence est encore plus marquée pour les secondes : en effet , les extrêmes sont remarquables par leur brièveté et leur largeur proportionnelle , toutes deux versant faiblement en dedans. Quant aux onguéales, elles sont étroites, triangulaires, peu comprimées, peu arquées, du reste assez pointues et pourvues à la base seulement d’une sertissure peu avancée.

Le métacarpien et les phalanges du pouce ne diffèrent de ce qu’ils sont aux autres doigts, que par leur petitesse; du reste, c’est la même forme, très-différente de ce qui existe chez les Felis.

Les membres postérieurs du Loup sont peut-être encore plus longs, plus élevés que les antérieurs, et l’augmentation porte également sur les os de la jambe et du cou-de-pied.

L’os innominè n’offre pas de grandes différences, comparé avec celui de la Panthère ; il est cependant évidemment plus déprimé, plus élargi , plus raccourci dans toute son étendue. Il est , en effet , d un cinquième plus court que le fémur, plus large dans l’iléon, arrondi dans son

bord antérieur, plus court dans la symphyse; le trou souspubien est également moins grand, au contraire de la tubérosité ischiatique plus développée.

Le fémur est aussi bien plus court que dans les Felis, et surtout que dans les Ours. En effet , sa longueur est à celle de l’os innominé , comme six est à cinq; il est même sensiblement courbé, surtout inférieurement, peu épais dans sa partie supérieure, plus arrondi dans son corps , et même avec une sorte de ligne âpre; il devient surtout assez large inférieurement , où ses condyles sont subégaux , séparés par une poulie rotulienne, plus étroite et plus remontante que chez les Felis.

Les os de la jambe ne contribuent guère à rallongement des membres abdominaux. En effet, le tibia est encore assez épais, assez robuste, à double courbure plus marquée que dans les Felis; son articulation supérieure est cependant assez peu élargie, au point que le diamètre , dans la direction de la crête, est plus grand que le transversal. Quant à la surface articulaire inférieure, elle est plus profonde, plus serrée, plus oblique que dans les Chats.

Le péroné, au contraire du tibia , est fort grêle, fort mince, surtout dans son corps , qui , dans sa moitié inférieure , se courbe subitement pour s’appliquer contre le tibia (i). Ses deux têtes sont, du reste, assez également dilatées , et l’inférieure forme une malléole assez saillante.

La dissemblance entre le pied du loup et celui de la panthère est peutêtre moindre que pour la main ; cependant le pied est généralement plus étroit et plus serré.

Les os du tarse font un tout sensiblement plus long dans ce dernier animal.

L’astragale est très-profondément excavé par une poulie à bords inégaux, et sa tête, très-étroite dans le sens vertical, est portée par un col également fort étroit et dans la même direction.

(1) C’est par faute de rédaction , sans doute, que M. G. Cuvier dit, Anal, comp., IV, p. 365, que le Chien a le péroné attaché dans toute la longueur du tibia , en arrière.

G. Canis. 3

Fémur.

Supé¬

rieurement.

Inférieurement.

Os

de la Jambe.

Tibia .

Supé¬

rieurement.

Inférieurement.

Péroné.

Pied

Tarse.

Astragale.

Calcanéum.

Scaphoïde.

Cunéiformes.

Premier.

Deuxième.

Troisième.

Cuboïde.

Métatarsiens.

Premier.

Doigts.

Comparaison du Loup d’Eorope.

CARNASSIERS; CANIS ( Lupi ).

Le calcanéum , également plus étroit , moins comprimé , plus échancré en arrière, offre une proportion encore moindre, pour la surface articulaire comparée à la partie apophysaire; et, d’ailleurs, son apophyse interne est beaucoup moins saillante.

Le scaphoïde a le plus grand diamètre de sa cavité astragalienne vertical, en sorte que ses trois facettes, pour les cunéiformes, sont dans le même sens d’arrière en avant.

Les trois os de ce nom existent , quoique le premier soit fort rentré au bord postérieur du tarse ; il est du reste mince et plat ; le second , plus petit, est encore presque marginal , mais avec sa forme ordinaire; enfin le troisième , le plus gros , est dans le même cas.

Le cuboïde du loup est plus long que large ou épais ; il est échancré au bord externe par une entaille assez profonde , limitée en arrière et en dedans par une assez large tubérosité.

Quant aux os du métatarse et aux phalanges , ils sont assez bien , comme leurs analogues , aux pieds de devant.

Toutefois, les métatarsiens sont plus étroits, plus serrés, et même un peu plus longs , plus divergents , deux dans un sens et deux dans un autre, qu’à la main.

Quoiqu’il n’y ait à l’extérieur que quatre doigts , on remarque cependant que le premier cunéiforme porte, articulé sur lui, un rudiment de premier métatarsien , de forme triangulaire et collé fortement à la base du second, pourvu d’une facette à cet effet

Quant aux os des doigts proprement dits, on ne peut guère trouver , comme différence avec leurs analogues à la main , que dans un peu plus de gracilité.

Le type du genre Canis étant ainsi étudié , comparativement avec les autres carnassiers de taille à peu près semblable , voyons maintenant à lui comparer les espèces qui constituent ce genre, et d’abord celles qui ont été considérées comme de véritables Loups.

Tous les zoologistes ont accepté comme tels plusieurs animaux étran-

gers qu’ils rapprochent du Loup d’Europe, aussi bien pour la ligure que pour la taille.

D’abord, de notre Loup d’Europe, j’ai pu comparer un assez bon nombre de crânes d’individus de sexes différents, et j’ai pu m’assurer que les mâles ont la tête plus courte et plus large, le front plus élevé, plus bilobé par la grande saillie des sinus frontaux , le coup de hache de la racine du front plus marqué , la protubérance occipitale plus saillante et plus soulevée; et qu’au contraire, dans les femelles, la tête est toujours plus longue et plus étroite.

Je n’ai remarqué rien de particulier dans le crâne du Loup noir d’Europe^. Lycaon ) , dont j’ai examiné , il est vrai, un seul squelette provenant d’un individu assez jeune et sans doute femelle. Les os du nez m’ont cependant paru remonter un peu moins haut.

La tête osseuse du Loup du Canada, à en juger d’après le crâne d’un animal adulte , quoique peu âgé , probablement mâle , m’a semblé indiquer quelque chose de différentiel, sa forme étant un peu plus courte, plus pyramidale , plus ramassée dans toutes ses parties , et les os du nez étant plus longuement étroits et scalènes et à l’angle externe de leur terminaison plus pointus et plus détachés du prémaxillaire. Mais ces différences sont-elles spécifiques? c’est ce que je n’oserais assurer, n’ayant vu que deux crânes et un seul squelette qui ne m’a offert rien de différent de celui du Loup d’Europe, dans aucun des os qui le composent.

Je ne connais du C. pallipes , le Loup de l’Inde, que la tête, ainsi qu’une partie des mains et des pieds.

Les métacarpiens sont, en général, courts, assez gros, assez fortement divergents, fort serrés, ce qui est encore plus exact pour les métatarsiens, qui ne sontrqu’un peu plus longs , ainsi que les phalanges.

Quant à la tête, elle rappelle tout à fait celle du Loup d’Europe aussi bien dans sa forme générale que dans les particularités des os du nez , du front , de l’orbite , du bord palatin , de l’apophyse coronoïdeet angulaire de la mandibule , qui , du reste , est absolument semblable à celle du Loup d’Europe.

Étudié dans le Mâle.

la Femelle.

Avec

le Loup noir [C. Lycaon).

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